‹ La Belgique et la HollandeChapitre 6 sur 73 · PASSEPORT · texte numérisé non relu

PASSEPORT

3 à 4 fr. pour le dîner, IV2 fr- pour la demi-bouteille de Bordeaux, 1 fr. pour le service. Pour désigner les prix des hôtels, nous nous servirons dans le cours de ce livre des abréviations suivantes : eh. = chambre, d^. = déjeuner, d. = dîner, serv. = service, 6. = bougie, ht. ^ bouteille.

Les pourboires à payer pour la visite des curiosités ne pouvant guère en moyenne dépasser 3 à 4 fr. par jour, la dépense journalière s'fleverait ainsi à 12 fr. environ. Joignez-y 8 fr. pour les voitures et les menues dépenses, et le chiffre de 20 fr. se présente comme le montant des frais journaliers pour celui qui est habitué à fréquenter les hôtels de premier rang.

Le touriste qui ne vise pas si haut, qui n'éprouve aucune privation en substituant la bière au vin, qui se tient à Técart de ces copieuses tables d'hôte dont on ne retire que de la pesanteur physique et une perte de temps sensible; celui, en un mot, qui voyage bourgeoisement, en sortira aisément avec la moitié de cette somme. Certaines personnes, pour être pleinement rassasiées, réclament de la variété dans les mets; pour celles-ci la table d'hôte, qui dans les premiers hôtels est généralement servie de 4V2 à 5 heures, sera préférable au restaurant à la carte. Les soupers ne se prennent pas habituellement en Belgique à la carte ; on demande tout court à souper pour IV2 G^ P^us bas prix, dans les grands hôtels) ou 2 fr. , en abandonnant le choix des plats au maître dliôtel. Que vous ne demandiez qu'un seul plat, attendez-vous toujours à le voir figurer sur votre note à titre de souper pour IV2 francs.

La Belgique compte, comme la France et la Suisse, par francs et centimes. Le franc = 100 centimes, équivaut à 28 kreuzer rhénans, à 8 silbergros de Prusse, à 47 cents hollandais, à 97^ pence anglais Les pièces d'argent frappées en Belgique sont de 5, 2V8, 2, 1, Vai Vs fr. (ces derniers = 20 cent.); toutefois l'argent français y circule au même taux. Depuis la démonétisation des pièces de 25 et de 10 francs, l'or n'avait plus de cours légal dans le pays; cependant, la loi du 4 juin 1861 a restitué le cours légal des pièces d'or françaises et autres frappées dans la proportion de 1 kilogramme d'or fin pour IÔV2 lûlogr. d'argent fin.

Les billets de la banque nationale, fondée en 1850, (Bruxelles, rue Royale 27), ainsi que le petit nombre de ceux qui circulent encore de la Banque de Belgique (rue Neuve 32} et de la Société générale pow favoriser l'industrie nationale (Montagne du Parc 3), ont la valeur d'argent comptant dans tout le royaume. Ces billets sont de 1000, 500, 100, 50 et 20 fr.

ni. Passeport.

Bien qu'on ne demande plus nulle part de passeport sur les frontières belges, on fera néanmoins bien de s'en munir, car c*est le meilleur moyen de légitimation en cas de besoin.

IT. Laagnes parliM dmas !• paft.

Trois langues sont usitées en Belgique: le flamand, le wallon et le français. En droit „l'anploi des lançueâ usiUeM en Bdffique est faadlatif" (art 23 de la Constitntion) ; en fait, le français domine en maître, il rèfoie dans les salons des ricbes et les lienx publics des grandes villes, an théâtre et dans les cercles Ktt^ raires oa artistiques, dans les régions du çouTemement tant dn centre, que dans les chef^r-lieux de province, à la cour, dans renseignement ; partout, en un mot, où se fait et où s*étale Ttfducation supérieure. L*idiome wallon, parlé par les populations d'un tiers du pays, savoir celles des provinces du Hainaut, de Namur et d^une partie des provinces de Brabant et de Luxembourg, n'est autre cbose qu'un dialecte français. Les Wallons sucent avec le lait de leur mère deux langages, le français pour se faire un cbemin dans le monde, le wallon pour la douce causerie dn foyer. C'est un patois roman, fortement imprégné d'éléments germaniques, qui a le plus d'alDnité avec les patois de Yalenciennes et d'autres contrées dn Nord de la France, tels que le roucbi et le picard. Livré depuis des siècles à l'abandon du peuple, on comprend que ce dialecte ne présente plus une organisation bien délicate, un mécanisme fort subtil, ni une grammaire rigoureuse. Néanmoins, ni les systèmes grammaticaux, ni de savants dictionnaires n'ont fait défaut dans les derniers temps, et la vitalité du wallon est assez forte encore, pour que la muse poétique ne le répudie point. Une société s'est même formée à Liège il y a quelques années dans le but de donner aux ouvrages en langue wallonne une nouvelle impulsion, une tendance plus élevée, et d'étudier toutes les questions qui se rattachent au passé du wallonnisme. Guichardin, le diplomate de Florence (p. 2), ne dit point sans raison: Sermo communiter QaUicus: sed quia OalUam inter alque Oermaniam positi, corrtiptus valde et perabsuir^ dus. Nous donnons ci-après comme échantillon de wallon quelques sentences tirées de ces fameux almanacbs qui ont immortalisé le mathématicien Liégeois Mathieu Laensbergh.

Pouy janvier.

// çna pu (PhroûH ki cTpoiusir. i II y a plus de brouillard que de

I poussière.

Pour février.

Li ehôd' êop' v> en vt Uownak, \ La chaude soupe sur un vieil estomac,

80 n'freui pai^ on bon êp€t catak^ j Dans un pays froid , un bon carrick

bien épais, m frt nin pu cTbin ki Violo^ j Xeferaitpas plus de bien que le soleil,

Si voUf lûr on po êor no. I S^il voulait luire un peu sur nous.

Pour avril.

Ceêt Vuikg' dii'i-on d's'OUrapé Lonk et raut\ U prumS (Tavri; /SH e^n'esteu ko qu'po t^divertiy Qu'on koiraK in' yoC à i'dtlpé!

C'est Tusage , dit-on , de s'attraper, L'un et l'autre le premier d'avril*, Si ce n'était que pour se divertir, Qu'on cherchât un peu à se duper.

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