‹ La Belgique et la HollandeChapitre 7 sur 73 · LANGUES · texte numérisé non relu

LANGUES

Hais ce n'est plus pour rire qu'on

se surprend:

Du moins si Ton en rit, ce n'est que dugros des dents; On se trompe, on se dépouille tour

à tour:

C'est le premier avril toute l'année.

Mais c'n'est pu po rire' qu'on à'surprin:

Démon si on ze r«ï«, ce n'est k'de gros

des din; On sUron^\ on s'dispoie al toumaïe:

(Test Vprun^ d'avri toC Vaneûe.

Le flamand, qui est la langue nationale et traditionnelle des provinces de Limbourg) d* Anvers, des deux Flandres et des deux tiers du Brabant, a une tout autre importance que le wallon. Ce dernier est naturellement appela à être absorba par le français qui lui est congénère. Le flamand, au contraire, dispute à ce dernier l'existence sur son domaine et se débat avec ardeur contre ses envahissements. C'est cet antagonisme du flamand et du français qui constitue l'objet de ce que l'on connaît partout sous la dénomination de ^mouvement flamand''.

Le flamand et le hollandais sont à peu près les mêmes langues. Seulement l'orthographe, officiellement établie en 1836, a laissé subsister quelques différences légères (p. ex. ae p. aa, ue p. uu, y V' (?')> ^^ so^s 1® rapport du style, il se pourrait encore qu'un esprit délicat découvrît une certaine distinction à^ faire entre l'expression flamande et l'expression hollandaise. iK Avant 1830, la suprématie du hollandais, favorisée par des arrêtés devenus désastreux pour le règne de Guillaume I®', froissa vivement la portion des Pays-Bas appartenant au domaine wallon, et devint un des principaux griefs qui engendrèrent la révolution. L'état nouveau s'étant affermi, les Flamands vinrent à leur tour réclamer contre les torts que leur faisait la suprématie du français , et ces réclamations ont retenti parfois jusqu'au sein de la législature.

Les auteurs flamands ont fait preuve d'une grande productivité depuis l'émancipation nationale. Un seul. Conscience, a vu son nom se répandre au loin comme romancier; mais, depuis les grands succès de cet écrivain, d'autres auteurs ont surgi, non moins riches d'idées et de talent: Henier Snieders, Van Béer s y Vautzenherg, etc. et surtout V<m Duyse (f 1859).

Nous ne mentionnons que pour mémoire une petite fraction du Luxembourg, dont la langue intime est un patois allemand.

La ligne de démarcation entre le domaine de la langue wallonne et celui de la langue flamande court de la Meuse, au nord de Liège, vers Jodoigne, Wavre, Waterloo, Lessines, la contrée du sud de Courtrai, pour aboutir à Dunkerque (France). La capitale, Bruxelles, est en majeure partie composée d'une population flamande; le haut de la ville toutefois renferme un grand nombre d'habitants d'origine wallonne. On comptait en 1846 sur 1000 habitants du royaume 570 Flamands, 421 Wallons, 8 Allemands (la plupart Luxembourgeois) et 1 Anglais.

▼. Efttels.

Les hôtels de premier rang dans les grandes yilles, aasst bien en Belgique qu'en Hollande, ne diffèrent guèire entre eux tant sous le rapport des soins et du service que sous celui des prix. En cas de doute sur le choix d'un hôtel, prenez toujours le premier. Bien souvent l'auteur, sans avoir été connu, n'a pas pay^ plus cher dans les grands hôtels que dans les hôtels second^res. D'un autre côttf, il a rencontra tout aussi souvent dans ces derniers la même propreté, le môme confort, les mêmes égards, une nourriture tout aussi complète, et tout cela à beaucoup meilleur compte. C'est pourquoi il s'est attacha à adresser ceux de ses lecteurs qui ne recherchent pas le premier rang par ^gard pour leur position, vers les hôtels d'un genre moins élevé y mais recommandables , pour autant qu'il peut se fonder sur sa propre expérience. Il sait trop bien qu'il est difficile de se prononcer catégoriquement sur la valeur d'un hôtel. La manière dont les étrangers sont traités, dépend de bien des circonstances difficiles à définir, et fréquemment un changement survenu dans le personnel de service amène un revirement complet en bien ou en mal. L'apparence et les allures du voyageur contribuent également à la manière dont il est reçu et traité. Celui qui arrive avec une masse de bagages, qui se donne des airs de grand seigneur, qui se plaît à trouver à redire à tout, chambre, literie, boire et manger, et qui finalement se contente d'une „tasse de thé^ ; celui qui encore, avec ses besoins multiples et minutieux, ne cesse de branler la sonnette, n'a pas le droit de se plaindre quand il est taxé au double et au triple du commun des voyageurs. Ce n'est pas aux voyageurs de ce genre que s'adresseront les tarifs dont nous faisons suivre, dans ce manuel, nos renseignements sur les hôtels.

D'autre part, si les propriétaires des grands hôtels jugeaient mieux leurs intérêts, ils abandonneraient à l'appréciation des voyageurs qui n'affichent pas les airs de prétention dont nous venons de parler, le taux du service ou le pourboire des sujets (p. 8) et ne leur imposeraient point cette odieuse contribution connue de tout le public voyageur sous le nom de bougie. Il est injustifiable de réclamer 1 fr. et plus pour une bougie que l'on n'a raccourcie que d'un centimètre tout au plus , et de faire payer autant pour le cirage d'une paire de souliers. On paie volontiers ce que l'on demande, et même avec plaisir quand on est satisfait , mais ce qui doit nécessairement exciter la mauvaise humeur, c'est de devoir payer à part des choses qui, équitablement, devraient être comprises dans le prix de la chambre, et surtout de devoir les payer presque aussi cher que la chambre. Que dire encore de ces importunités des domestiques venant réclamer un deuxième pourboire, sous prétexte que celui qui figure sur la note entre dans la poche du propriétaire!

Quelque fondées que soient ces doléances , il faudra cependant

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