‹ La Belgique et le Congo, le passé, le présent, l'avenirChapitre 18 sur 125 · Vermeersch. Les desliiiées du Congo belge, p · texte numérisé non relu

Vermeersch. Les desliiiées du Congo belge, p

Ui LA BELGIQUE ET LE CUNGO

Dans la Mougala, par exemple, où, deux aus auparavant l'on faisait, régulièrenieûl, 00 louues de caoutchouc par mois, la production meusuelle était tombée à moins de "20 tonnes. Au lieu daller, tous les mois, pendant deux ou trois semaines en forêt, les indigènes n'y allaient plus que tous les trimestres, et, peu de temps après notre passage, la récolte dut être complètement suspendue.

Il est vrai que dans d'autres districts, où la contrainte avait été moins violente, le lléchissemeut des récoltes était moins sensible; mais, partout, l'épuisement des forêts, le mauvais vouloir croissant des indigènes, le relâchement de la contrainte conduisaient plus ou moins rapidement le système à une véritable bantjueroule. C'est ce que m'expliciuail, en ces termes, un des hauts fonctionnaires congolais (|ui, résidant au cœur de la région caoutchoutière, parlait d'expérience :

w Dès à présent, on peut dire qu'indépendamment de toutes considérations humanitaires, le travail forcé pour le caoutchouc est virtuellement condamné, pour des raisons d'ordre économique. D'une part, il pousse les indigènes à couper les lianes parce qu'ils espèrent que, le jour où il n'y aura plus de caoutchouc, on les laissera tranquilles. D'autre part, comme travail forcé signihe toujours mauvais travail, ils fournissent du caoutchouc de (jualilé inférieure, en mélangeant au latex des gommes de mauvaise qualité.

« Au surplus, les forêts s'épuisent ; les grosses lianes deviennent rares ; les autres ne seront pas exploitables avant plusieurs années. Aussi faut-il (ju'on se résigne, (ju'on laisse reposer les forêts de caoutchouc, jusqu'au jour où les jeunes générations, n'ayant plus les répugnances des anciennes, se mettront à travailler pour le commerce libre'. »

(^es prévisions pessimistes n'ont certes pas empêché (jue, depuis lors, les hauts prix du caoutchouc aient à peu près compensé le déficit de la production; mais, dans les régions,

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