Bullelin officiel, 1906, p
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être inférieur à ti francs, ni supérieur à 24 francs par an. Mais les indii^rénes peuvent s"ac<iuitler de linipôt soit en produits, soit en travail. I/inipôt en travail n'est donc exigé el ne peut l'être (|u"à défaut do paiements en arirent ou en proiiuits'.
Nous ne savons si le goiivernemeiil, eu faisant cette réponse, y croyait liii-mènie.
Quoi qu'il en soit, la faculté pour les indiiiènes de choisir entre limpùt eu arp;ent el l'iinpol eu produits ou eu travail, n'existait et iie pouvait nécessairement exister que dans les régiousdu Bas Congo, où il y avait de l'argent en circulation.
Partout ailleurs, rallernative prévue par l'article I" du décret de lOUO était purement théorique, faute de monuaie. et, par conséquent, la masse des « contribuables » demeurait soumise au travail forcé.
Il est vrai que le décret apportait d'incontestables adoucissements au régime antérieur : plus d'impôt en pagayage, plus de fourniture de volailles ou de chèvres aux agents de l'État, plus (le délégation aux sociétés commerciales du droit de percevoir l'impôt, plus de sentinelles armées, sauf eu contravention de la loi. Mais, pour la fourniture du poisson et de la chikwangue, pour le portage, pour la récolte des produits du Domaine, la loi des ([uaraute heures restait debout el. dans la plupart des régions, les indigènes continuèrent à être contraints au travail, bien au delà des limites fixées jjar le décret de lllUll.
C'est ce (|ui fut afiirmé. uolammeut, par les ra|)ports des consuls anglais et américain, contenus dans le F.ivre lUanc anglais présenté au l\irlement en février 1ÎM)8.
Nous nous bornerons à emprunter aux nombreux téiiu)ignage» qui se trouvent dans ce document quehjues constatations relatives, soit à la foui niture (le vivres, soit à la rée(»lle du caoutchouc, «pie nous avons eu. par la suite, l'occasion de vérifier personuelIfMH'ut
1. liliuiiihrc ilrs rc|iri-.si-iil.'inl>. Iiofiimnils iKirleiiiriildircs. Schs'miw i'.MiT-
\.K TRAVAIL FORCK /l
A. L'impôt des vivres. — Dans le menwninflum cnnci'iiiunt i'dppUcation de l'impôt en travail dans VElat Indépendant du Congo, qu'il adressa à sir Edward Grey le 31 décembre 1907, le consul général Thesinger déclare que, pour les fournitures de vivres, comme pour la récolte du caoutchouc, le montant des prestations, en dépit de la loi des quarante heures, ne paraît limité que par les besoins de l'État et la capacité de production des indigènes.
Voici, par exemple, comment il résume les constatations du vice-consul Armstrong, du consul américain Smith et des missionnaires protestants, pour ce qui concerne le Stanley Pool :
A Léopold ville, l'État emploie environ 1.200 ouvriers, lesquels, avec un détachement de 120 soldats, plus leurs femmes et enfants, forment une population de 2.000 personnes, pour lesquelles on trouve des rations en imposant une taxe en chikwangue sur les femmes vivant dans les villages environnants.
Pour obtenir la quantité nécessaire, la taxe est estimée à 400 kilos par tète et par an. pour laquelle, par « un acte de pure condescendance », lÉtat paie 0 centimes par kilo en marchandises, rendant ainsi en apparence, en nature, la valeur totale de la taxe de 24 francs imposée.
La vérité est que la valeur marciiande de la chikwangue est de 10 centimes par kilogramme, et, de l'autre côté du Stanley Pool, à Brazzaville (Congo français), on obtient 25 centimes par kilogramme. De cette façon, si l'indigène était libre de vendre le produit de ses cultures et de son labeur, les 400 kilos vaudraient au moins 40 francs, laissant un bénéfice de 16 francs à lindigeiie. même après avoir payé le maximum d'impôt.
Si ces 6 centimes étaient payés en monnaie, l'injustice sérail encore évidente, maison les paie en étoffe, évaluée à 10 francs par pièce de 7 mètres, ou en autres marchandises commerciales, évaluées de la même façon. Ces chiffres parlent deux-mèmes. On pourrait ajouter ([ue les indigènes n'ayant pas remploi de l'étoffe ainsi gagnée, s'estiment heureux s ils peuvent la revendre à 8 francs la pièce, ce qui diminue encore leur rémunération. Or, ce fait est tellement général, (pie tout un commerce de détail s'est organisé avec ces étoffes.
Oiiant aux ieinps et travail nécessaires pour produire ces 400 kilos de chikwangue, les rapports de MM. le vice-consul Arms- Irong, le consul américain M. Smith et les missionnaires sont tous
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(laorord que. pour piiuluiro le monlanl iiéorssairr pdur la libérer (le loiilcs SOS obligations envers IKlat, chatiiio femme doit, pour ainsi dire, travailler incessamment pendant douze mois par an. Oei est tellement vrai (jue M. Armstrong dit « qu'il leur est impossible de quitter leur village, à aucun moment, par crainte des eonsé(juences d'un manquant de fournitures, jjour le(juel elles sont passibles de [)unition », tandis que le rév. M. Slonelake et le rév. Hope >torgan disent tous les deux que. par suite du labeur incessant que la taxe leur impose, les femmes ne peuvent pour ainsi dire plus avoir déniants. Leur travail est encore augmenté par le fait que la cliikwangue doit être amenée tous les quatre, huit ou douze jours, et, ([uoique ceci soit censé être l'ouvrage des hommes, le transport se fait en réalité, podr la plus grande partie. par les femmes et les enfants '.
Ces constatations, au surplus, ne furent pas admises sans réserves par I Klat Indépendant. Dans les Notes sur If s rapports rousulaii'esdit Livre /J/rnjr-,rAdminislralion prétendilque l'inipùt étant de -ii francs, et la valeur marchande du kilogramme de cliikwangue de 10 centimes, les prestations imposées ne devraient être .que de :240 kilogrammes par an et non de 400; i|ue si l'activité des femmes était parfois absorbée par la préparation de la cliikwangue, c'est parce qu'elles ne travaillaient pas seulement pour payer l'impùt. mais pour subvenir aii.K besoins alimentaires de leur famille; qu'il était absurde de prétendre «lue. pour ce motif, elles n'avaient pour ainsi dire jilns d'enfants; qu'an surplus, le paiement derini- 1)(U en cliikwangues, comme en tout autre produit, était iiiu; faeultr \n\\\y riiidigèue, celui-ci ayant le droit de se libérer en argent.
Il est très diflicile de dire (|uel est le iioiiibre réel de kilo grammes de cliikwangue (jui étaient exigés à litre d'impôt. Il n'est lias douteux, dautre part, que la cliikwangue formant la base de I alimentation des indigènes, les femmes des villages ne travaillaient pas seulement |)our le personnel noir de Hula Maladi. .le dois ajoiilcr (|ii"eii r.MiS. dans les villages