LE COMMERCE AU CONGO ET LES SOCIÉTÉS PRIVÉES
Coucessions, rintroduclion du commerce libre dans le Domaine de TEtat — à supposer qu'elle soit effective — aura des conséquences heureuses, même pour les indigènes établis sur les territoires concédés : étant donné, en effet, que les compagnies concessionnaires n'ont plus aucun moyen de contrainte, rien ne les empêchera, s'ils y trouvent avantage, de vendre le caoutchouc aux colporteurs qui feront le trafic dans les régions voisines.
C'est déjà ce qui se passe dans le district du Stanley Pool, où les noirs établis dans la concession de VAm(>ii(ytn Congo Cotupanij trouvent le moyeu d obtenir du commerce libre, 3 francs le kilo pour le caoutchouc d'herbes, o francs le kilo pour le caoutchouc de lianes, et. dans ces conditions, n'apportent rien, ou presque rien, dans les postes de la Société concessionnaire, qui ne leur offre que des prix insuffisants. Celle-ci ne fait guère plus de deux tonnes par mois, ce qui n'est même pas assez pour payer ses agents, et se montre, paraît-il, disposée à échanger sa concession, qui ne vaut plus rien, contre un petit nombre d'hectares en pleine prospérité.
Il va de soi que, dans de grandes coucessions comme l'Abir, les indigènes des parties centrales auront plus de peine, si l'exploitation reprend, à échapper aux prix du monopole de la Compagnie. Mais il est probable, néanmoins, que le jour où ils sauront que l'on paie des prix plus élevés dans la zone de liberté commerciale, le caoutchouc passera de mains eu mains, par une série de transactions entre les noirs, jusiju'aux endroits où il se vendra le mieux.
Cest ainsi que, les concessions ayant perdu la plus grande partie de leur valeur, le moment viendra, peut être, où les sociétés à monopole s'estimeront heureuses d'obtenir, eu échange d'un privilège périmé, la pleine propriété d'une faible partie de leur territoire, pour y faire des plantations.
CHAIMTHE V
LES UKSLLTAÏS DU RKGIME LÉ Ul'OI.Dl EN
Auforrc, liuculuri-, rapoi-c falsi* iioininibus iu|)i'i'iiiiii. a(i|uc ubi soliludinoiii fuciuiit, pacciii uppcllaiil.
TAi ITK.
On uessaie plus de défendre, aujourdluii, le système d'exploitation créé au Congo par le roi Léopold II.
Ceux même (lui, jadis, furent les plus opiniâtres soutiens de la politique royale, se bornent à plaider les circonstances atténuantes. M. Jules Van den Ileuvel, par exemple, au lendemain de la mort du Souverain, dont il fut le ministre, consacrait ces lignes significatives aux procédés de l'Ktat Indépendant :
Après avoir (''piiisi'' les stock.s divoire, ou eut rei-oiirs a l'impùl, cl à l'impôt en travail, ((blij-eant le no^'ie à rt'ciuMJlir iiiu' cer. taine quantité de caoutchouc. Le principe de ccl impôt [)ouvail se justifier : n'avons-nous pas vu les corvées admi.ses parla plupart des léjT^islations des Étals européens, lorsque ceux-ci étaient dans une période moins avancée (pi'aujourd'hui ^ Mais le Hoi coinutil la faute rjvare île ne pas assurer suffisamiiienl une organisation i>niilentc et une jjcrccption modérée île cet iuipôl '.
On passa donc condamuation. (juitte à soutenir (|ue si l'œuvre royale, trop liàtivemeut |)oursuivie, devait inévitablement ollrir des lacunes, des défauts et des abus, elle n'en fui |>as moins, eu tin de coniple, bienfaisante et digue d'admi- ; ration.
La Commission d'cnqnèle dit rncnrc M. \aii dru Ijciivel —
1. Vas i»bs IIklvki,. Le CorresjniHilinil . l'Mo, p 'J.'i l.copol'i II