VVI.EIR
P.Vt» KILO.;.
rancs.
3,70 francs
Ou voit que l'exportation, qui était de 338 tonnes eu 1894, atteignit îi'G tonnes en 1895, bondit à 1.317 tonnes eu 1896, pour s'élever progressivement au chiffre énorme de 6.022 tonnes en 1901. Mais, à partir de cette date, lopiuiou publique commence à s'émouvoir, les forêts à s'épuiser, et un fléchissement se produit, suivi d'une chute brusque, au moment de la reprise.
Les conséquences financières de cette diminution des récoltes eussent été beaucoup plus graves quelles ne l'ont été, si, à partir de 1909, les prix du caoutchouc ne s'étaient relevés, pour atteindre, eu 1910, des chilïres qui n'avaient jamais été atteints auparavant.
lOS I.V IIEUÎIQIE ET LE l'.ONCO
Mais, pour les années prochaines, on doit prévoir de nouvelles diminutions de récolles, sans (jue l'on puisse espérer des compeusalions sullisanles parsuile do nouvelles augmeutalious de [>rix
11 faudra donc compter sur dautres ressources — lexploitaliou des mines ou le développement de 1 agriculture, par exemple — pour suppléer au déficit de la cueillette du caoutchouc ; mais si, en définitive, le système inauguré en IS'.)-2 a fait faillite, au |M»inl de vue du rendement, aussi bien (juau point de vue liunianilaire, il nen reste pas moins que, pendant des années, il a fourni des recettes énormes à l'État, au Souverain et aux Compagnies concessionnaires.
I. Les reckttes dk l'Ktat — L'État Indépenilant n'a jamais, ^près 1900, publié ses comptes de recettes et dépenses, mais seulement des prévisions budgétaires, qui sont restées, toujours, fort au-dessous de la réalité.
A l'époque de la reprise, cependant, les Chambres belges se virent comniiiiii(iuer le compte général du budget pour 1000, d'où il résulte (juà ce moment, où le système était en pleine vigueur, le produit du Uomaine l'rivé de l'hltat, des tributs et impôts en nature payés par les indigènes, s'élevait à 12.879.094 francs. De plus, le portefeuille, composé pour la plus grande partie d'actions de sociétés concessionnaires, rap- |)ortait, pour la même année, 4.0So.7oO francs.
D'autre part, dans une interview du Temps (l-2 novembre l',M)*.l , M Ui'iikiii, niiiiislrc des C.dlonies, déclarait (|ii(', défalcation faite des frais considérables de perception di' 1 im|)(H en nature, le j)ro(luit du Domaine Privé, bon an mal an, ne dépassait pas H) millions.
HiiDJ (piil faille penser de cette évaluation, il reste certain (|ne. pentlaii! la période des débuts, les recettes dn I) IV furent un ilément essentiel d(!s finances de l'Mtat. (]e sont elles (pii lui permirent de vivro et de s(! développer hâtivement — colonie sans métropole — avec, pour tontes ressources extérieures, une lienlaine de millions avancés |)ar la lielgiipn^;
LES HKSCLTATS du UKCIME LKdl'Dl.niEN 109
et peut-être, l'opinion puhlifjue internntiouale eùt-elle tenu compte de ce fait, et eùt-elle jugé moins sévèrement les procédés et les méthodes de l'État Indépendant, si tous les revenus de la colonie avaient été consacrés au développement de la colonie, au lieu d'être, dans une large mesure, détournés au profit du Souverain et de ses associés.
II. Les rrvkms du Domaine de la Couronne. — On n'a jamais su exactement ce qu'a rapporté au Souverain de l'État du Congo, le vaste latifundium qu'il s'était attribué dans la partie la plus riche en caoutchouc de la zone forestière.
Eu 1906, M. Cattier, mettant eu rapport les ventes faites par l'État, pour le compte à la fois du D. P. et du Domaine de la Couronne, avec l'étendue proportionnelle de celui-ci, arrivait à cette conclusion que, de 1896 à 1905, le Domaine de la Couronne devait avoir donné un produit net de 70 millions'. A la séance de la Chambre des représentants du i28 février 1906, le chef du cabinet belge, M. de Smet de Naeyer, opposait à cette évaluation d'autres calculs-, également hypothétiques, ramenant ce produit net à 18 millions seulement.
Deux ans plus tard, répondant à une question de M. Schollaert, président delà Commission des XVII, saisiedu traité de reprise, le gouvernement se décidait à donner, pour la seule année 1906, un chiffre précis : « En 1906, il a été vendu, pour le compte de la Fondation de la Couronne. [)Our 6.374.900 francs de caoutchouc et 15:2.948 francs d'ivoire ^ »
Soit plus de 6 millions et demi en une année, et autant, sans doute, l'année suivante. Quant aux années antérieures, les quantités totales de caoutchouc exportées par l'État et vendues à Anvers, ayant été plus fortes pendant la période
1. C.vïTiEit. Élude .sur lu silualion de l'Etal ludcpcndanl du Coiii/o, pp. 211 et suiv.
2. Annales puvleiuenlaives. Chambre des Repivseiilaiits. Session de I".t05-ltJ06 Séance du 28 février.
:j. Documcnls parlementaires. Chambre des Ueprésentants. 1907-190S, p. 5(i5.
110 I.A llKl,(;i(jrF. ET LK CONr.O
1000 1 00(5 (111*011 lî^OG et 1907, on pont ndiiioUro. iMuir ces six auuées, uuo récolte au moins égale, et. i)Oiir les (iiiatie années précédentes, une recelte inférieure de moitié; soit, pour l'eusemhle, et au bas mot. uno ciu([uanlaine de millions.
l'ne chose est certaine, en tout cas, c'est qu'on IDOS, lorsqu'elle fut supprimée et que la Helgique reprit le Congo, la Fondation de la Couronne possédait, à Hruxellesetà Ostende, des immeubles pour une valeur globale de 80 millions de francs ', et que, d'autre part, elle avait exécuté, ou commencé, des travaux somptuaires, tels que la construction dune Arcade monumontalo, rombellissement de la résidence royale deLaeken, la création d'un Hippodrome à Ostende. qui avaient déjà coûté de nombreux millions, et devaient encore entraîner j une dépense totale de -iri.OOO.OOO de francs.
Il n'est donc pas contestable que le Souverain de 1 Klat du Congo, après être rentré dans ses avances, avait tiré et comptait tirer longtemps encore, du travail des indigènes, d'énormes bénélices dont l'emploi fait songer à l'érection des pyramides d'Kgypte par les sujets des Pharaons.
Si cette exploitation des corvéables congolais ne put continuer, c'est parce que la résistance du Parlement belge au maintien de la Fondation royale, contraignit Léopold 11 à la supprimer.
111. Li:s IIK.NKFICKS DKSSOCILTÉS COMMIIUtn.VLKS. — RieU u'cst
plus suggestif que le tableau des bénéfices réalisés par certaines sociétés congolaises, et, ndhiniiiiciit, par les deux sociétés (jui ont |)lus fait (jue toutes les autres pour la sinistre réputation du Congo : l'Abir et la Société Anvor.soise,
Les actionnaires de la Société Anvorsoise versèrent, on ISOS. I ."(10. (100 francs. I'('ii(l;iiil les .iiiiifcs grasses (|iii pit'crdoronl la venue de la Commission d'iMKiuéle, ce capilal nuidosto leur
1. DocumenlH /lurlcincntaireii. Cliuiiibn- dvs rt'j)résen(aiilh, I '.107-1 '.tOS, p. 56 j.