Annales parlementaires, p. 7o
i. U est in(;omi)r('lu'nsible, pour ne pas dire incroyable, que les ministres, ou certains niinislrcs n'aient rien vu, car le rapjiort qui leur avait été adressé, le 15 novembre 1907, par les mandataires du gouvernement belge, chargés de préparer, avec les mandataires de {"Ktat Indépendant, le transfert du Congo à la Belgique, contient, au sujet des 30 millions de la Fondation de la Couronne, une contradiction tellement flagrante (ju'elle devait suflire, à elle stMilc, |)our les mettre en éveil.
.A la page 60 de ce document, on lit :
« En Itt'lgique, la Fondation ne possède plus guùre d'immeubles. On sait qu'elle a remis tous ceux qu'elle y avait acquis, à l'État Indépendant, ("est-à-dire, en cas de reprise, au domaine public belge. Les immeubles,
14i LA HELGIQl'K ET I.E CONGO
Mais si telle était, sans doute, lopiiiiou de presque tous les parleiueutaires, la dis<!ipliue des partis eut raison des convictions individuelles et, au vote, l'ordre du jour de blànie lut repoussé, droite contre gauche, à (juatre voix de majorité.
Quant aux millions de Nioderfullbacli, ils restent déposés à la Hanciue Nationale de Helgitiue. en attendant qu'une solution, amiable ou judiciaire, intervienne.
En somme, l'histoire des relations entre la Belgique et l'État du Congo, c'est l'histoire dune lutte de vingt cinq ans entre le Roi, qui veut devenir maître, et le Parlement, qui entend le rester.
Pendant longtemps, le Uoi semble devoir l'emporter. Son influence grandit, à mesure que ses entreprises se développent. La bourgeoisie belge salue en lui le prince des lanceurs
(ibjt'ls de la transacliuii, sont rvaliu's à 2'.l millions do francs ensiron. l'ar le fait de la reprise, la Belr/ique rentrera donc dans l'avance des ,iO tnilliuns qu'elle a faite au Cunrjo et à tinjuctle l'aune. i ion lui enterait tout droit. »
Donc, les 30, ou i)lus cxaclcmenl les rJit millions servent à rembourser la Belgique.
Mais à la page i)0, par contre, les mandataires disent :
.( lin résumé, la situation de la dette de l'Ktat Indé|)en(lant. y compris les émissions corresiiondant au.i avances faites à la Fondation île la Ci>uronne et renitjoursées par celle-ci en iniuieuliles. se présente ainsi (pi'il suit... »
Il est évident (jne ce |)assa^'e du rapport contredit celui de la page (iO : si les immeubli's ont servi h rembourser l'Ktat Indépendant de ses avances à la Fondation, ils ne peuvent |)lus servir à rend)ourser la Helgi(pie de ses avances <'i lÉtal.
Mais, de ce (jue ces afiirmalions se contredisent, il ne s'ensuit pas qu'à un nM>ment donné, l'une el l'autre n'aient été exactes ; el, en réalité, il semble bien cpie les deu.x phrases ont été écrites l'i deux stades dilTérenls des négociations.
Kn fait, la |)lirase de la |)age fiO a du élre écrite nvanl l'autre, car si les immeubles avaient été remis à l'Ktat. jiour le rendioiirser de ses avant'es, il n'eilt plus pu être (piestion de s'en ser\ ir pour rembourser la Bclgi(|ue.
Kans doute, enlrail-il dans les int('r)tions du lini. qui \ouliiil se donnei' l'apparence de ne rien devoir à la Helgi(|ue. de la rend)ourser avec les inmieiibles de la Fondation, tout en gardant, par devers lui. les avances faiteK par l'i-.lat a la Fondalion. Mais, au cours des négocinlions, les tnaii dataires, et notamment M. Van (Juiscm, (bmt c'était le métier, durent h'apercevcdr ipie les én)issi(»ns de la dette congolaise «tant de 114 milliouK, il manquait 30 nnllions remis à la I''ondation. C'est alors, vraisemlilablcnieiit, que, |)our dissimuler cette finte. on inséra la phrase de la pag.! no