Kolonial Rundschau. Berlin. 1909. p
3. Bullelin de colonisation comparée, 20 septembre l'.tOf», |). 404. lirtixelles.
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tènu' de cartes île tnuuiil |tour venir en aido aux j^lanteurs de cette ri'i^ioii. Tout iiidiiïèiie adulte, du sexe mâle, est obligé, daiiscliaque période de quatre mois, de travailler trente jours chez un Euroi>éen, faute de quoi il est astreint à (dïectuer certains travaux publics. La (|uaulitéde main-d'œuvre disponible a été ainsi accrue, mais ra|)pliealion de ce système donne lieu, d'après le rapport, à de sérieuses diflicultés : les indii:;énes s'eiTorceut d'amener les Kuropéens à mentionner sur les cartes, comme journées de travail accomplies, des prestations dépourvues de ce caractère, telles que fournitures de lait, d'anifs. etc. : ils paient des gens sachant écrire pour contrefaire des signatures sur les cartes; ils attendent le plus tard possible pour travailler au service de IKuropéen. si bien que la main d'diuvre fait défaut jiendaut les deux premiers mois, tandis (jnelle surabonde |)endant les deux derniers ; ils fournissent, enliu. un travail si peu intense que. malgré la modicité des salaires, ils finissent par coûter très cher à ceux qui les emploient'.
II. CoLo.NiKs A.NGLAisKS. — La qucstiou de savoir si, et dans quelle mesure, le travail forcé existe dans les colonies auglaisesde l'Afrique, a lait l'objet d'un Livre Blanc qui a été traduit et publié, eu avril liMJS. par le linllrlin de la SoriHc hi'hji' il l'iiidcs rtihniiilli's.
D'après ce document, il u y a pas de travail forcé dans les colonies suivantes : (luinée biilanni(|ue. Protectorat de rAfri<|ue orientale, Sierra - Leone. .Somalilanil , Ubodésic, TransvaaI. etc.; et. cependant, dans lAfriijue du Sud. en IUOr». 4ÎM.0O0 indigènes étaient occupés dans des entreprises européennes -
l'ar contre, le travail forcé existe encore, sous forme de corvée pour les travaux publics, dans l(;s (îoloniffk suivantes : la (iambie, la Nigérie, la Cùte de l'Or. l'Uganda et le Natal.
1. Hutlelin (Iv citlunitulioH comparée, 20 si-plcmbrr 11)0'.», p. 400. '.'. Kotoiiiale Hini'lschau, l'.lOO. p. 72.
LK SOCIALISME ET l'aIîOLITIOX DU TRAVAIL FORGÉ 201
Dans la Gambie, on y a recours pour la construction et l'entrelien des routes et des ponts, la construction de puits, l'enlèvement des déchets et ordures, le débroussement autour des villages.
Dans les autres colonies que nous venons de citer, la corvée est en vigueur pour les travaux suivants :
ai Nigeria tlii Sud : nettoyage des criques et des communications par eau.
b) Nigeria du Non! : travail des routes, exclusivement sur le territoire des villages.
c) Cote de l'Or : entretien des routes indigènes, dans les limites du district où résident les natifs.
d) Uganda : maintient en bon état des grandes routes du district, pendant un mois, au plus, chaque année'.
e) N(tlal: pouvoir accordé au Gouverneur de requérir tous les indigènes pour fournir la main-d'œuvre aux travaux publics ou pour les besoins généraux de la colonie. Les travailleurs ne peuvent être employés que dans leur province et reçoivent le même salaire que les ouvriers libres. Le contingent s'élève à 4.400 hommes.
On voit que dans toutes les colonies anglaises, sauf au Natal — où le système pratiqué est analogue à celui qui existe au Congo pour les travaux dits d'utilité publique — , il ne s'agit f|ue des travaux d'intérêt local, qui profitent directement et immédiatement aux indigènes.
Mais si, officiellement, et sauf les exceptions qui viennent d'être énumérées, on ne recourt qu'à la main-d'œuvre libre, en fait, pour l'exécution de certains travaux publics, on oblige indirectement les indigènes à travailler.
Voici, par exemple, comment M. Renkin décrivait à la Chambre belge, le 31 mars 1909, lesconditionsdaus lesquelles ont été construits les chemins de fer du Lagos. de la Gold Coast et de Sierra-Leone :
\. Cf. Roi.iN. Le Droit de rUf/nnda. Paris. l',»lû, p. 187.
202 LA HKLOIOUK KT LE (UlNC.O
Les ohofs i\o Irihus motlonl leurs sujtMs ;i la disposition dos agents recruteurs qui les envoient sur les chantiers. On appelle officiellement ce régime : Free labour iinder thc tribut sijsteni. Heureux euphémisme! hn théorie, le chef. a. dit-on, en vertu du droit coutuniier. une autorité absolue sur ses sujets, ou. tout au moins, sur les esclaves. .\u lieu d«' les employer aux champs, il les emploie au chemin de fer. Le directeur du chemin de fer n'est pas censé savoir ce qui s'est passé avant l'arrivée aux «hanliers. Il dénomme ces noirs : « travailleurs libres. »
Récemment, l'évéqiie de. I rgaiula. Tiicker. (lénonçnit des faits analogues, pour des travaux prétendument volontaires qui veuaieut d'être exécutés daus lune des provinces du Royaume :
nernièrement. il fallait construire une route dans le Runyoro. Le gouverneur s'adressa aux chefs, qui consentirent à la faire. Des milliers d'hommes furent employés à ce travail, mais tous étaient des travailleurs forcés.. Les seuls volontaires étaient les chefs, dont aucun ne se mit lui-mémeà la l)esogne. Lorsque je me plaignis au gouverneur, il me répondit : « Mais c'est du tiavail absolument volontaire *. »
Nous ne sommes pas en mesure de dire si les particuliers trouvent, eux aussi, le moyen de recourir à ces procédés de coulrainl»' par intermédiaires, pour se procurer les travailleurs dont ils ont besoin.
Mais, sans parler de ce qui se passe, ou du moins s'est passé daus les régions minières de l'Afrique centrale, le rai)port sur le Protectorat de l'Afrique orientale britannique, pour l!>U7 l'.tDS '. montre! que, môme dans les milieux coloniaux anglais, le système du travail forcé, sous des formes pinson moins avouées, rencontre d'assez nombreux défenseurs.
(l'est ainsi (|ue, dans le courant de lîKIS, les colons du l'ro tect(U'at se plaignirent de ce que des fonctionnair<'s du gouvernement avaient averti les indigènes de ce (|uils n'élaieut pas forcés de travailler, avis interprété par les indigènes <;omme le conseil ou l'ordre de cesser tout travail
1. The AnlJ Slarer;/ Hr/xjilrr iintl Aùi>ri;/inr'.s lùirml :i\ril I'i|(i. p