‹ La Belgique et le Congo, le passé, le présent, l'avenirChapitre 66 sur 125 · HiiUetin de coloui/iation com/niréc, niui l'JOU · texte numérisé non relu

HiiUetin de coloui/iation com/niréc, niui l'JOU

Ui SOCIALISME KT i/aIIOLITION DU ÏIIAVAU, roUCK 203

Le gouvernement local reconnut que, bien que le travail ne puisse être obtenu par contrainte, il est impolitique, dans les conditions on se trouve le pays, d'insister inutilement sur ce point dans les déclarations adressées aux indigènes.

Le Gouverneur convoqua les colons à une conférence qui se tint à Nairobi, le 23 mars 1908. Dans sa lettre de convocation il constate qu' « en général, les indigènes sont inaccoutumés à toute forme de travail autre que celui de gratter la terre de leurs champs, tâche ([ui est trop fréquemment laissée aux femmes. En outre, les indigènes, qu'ils soient agriculteurs ou pasteurs, se trouventdans des conditions de vie si aisées pour eux qu'ils n'ont que peu de propension à surmonter la repu-, gnance naturelle de l'africain pour le travail manuel. » Le Gouverneur déclare, ensuite, qu'il n'est pas possible de recourir au travail forcé, à la contrainte, qu'il faut compter sur l'éducation progressivedu noir, sur l'accroissement de ses besoins, sur le développement du commerce. Il ajoute que les conditions dans lesquelles il intervient, comme « courtier de maind'œuvre )), afin de fournir des travailleurs aux colons, seront conservées quantaux principes généraux, et sauf amélioration de détail. Il signale, enfin, que l'engagement de porteurs et d'autres serviteurs, à de hauts salaires, par les touristes, aggrave les difficultés de recrutement pour les colons.

A la conférence du 23 mars, un grand nombre de colons exposèrent leurs doléances. Quelques-uns proposèrent d'introduire dans le Protectorat le « système des passes » employé dans l'Afrique centrale pour obtenir et conserver une ([uantité suffisante de main-(r(euvre, ou d'atteindre le même but au moyen de dispositions fiscales, telles que la taxe différentielle en usage au Nyassaland, ou l'accroissement de l'impôt indigène.

Mais ces suggestions ne furent point accueillies. On se borna, comme le Gouverneur l'avait annoncé, à modifier ([uel([ue peu le règlement fixant les conditions «dans les(iuelles le gouvernement s'efforce de recruter la main d'œuvre » (2 avril 1908),

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el, ;:ux dernières nouvelles, les diUicullés subsistent : il a étr inipossihle de terminer le wharf de Kilindini uMombasai. el certains travaux du eheniiu de fer de l'Uj^anda ont dû tHre faits à laide de coolies hindous, engagés à long terme ilmlciiturcih.

111. C.0HIN1K-; KHAN(;.\L>^Es. — Eli principe, le travail foice n'existe plus dans les colonies françaises du continent africain, où. jusque dans ces dernières années, on avait recours à la réquisition et au portage obligatoire. De même, à Madagascar,oùunarrètédu :21 octobre 1^>9G décidait quetouthomme valide devait fournir cinquante journées de travail par an pour le service des travaux publics, la corvée a été définitive ment abolie par l'arrêté du 31 décembre 190U'.

Mais, en fait, on continue, dans beaucoup de régions, à réquisitionner des |)orteurs; on a eu recours à l'intervention des chefs, obligeant leurs sujets à travailler, pour consti'uire le chemin de fer ilu Dahomey; et si les compagnies concessionnaires, (jui disposent delà piesque totalitédu Congo français, n'ont pas, légalement, le droit de contraindre les noirs au travail, elles profitent de ce que le territoire est très insuffisamment ((ccupé |t()ur agir comme si elles l'avaient.

Kn lail — dil Ft'-liiicii <'.liallayc '^ — les agoiil.s l)laiics dos roiiipagnics concessi(»iinaire.«;. dans linlcricur du pays, se idiil son vciil ap|)cl('r comiiiaiiilants ci liailcr comme tels. Les iiuligcncs de certaines régions, (jui appellent gardes-pavillons les agents noirs de IKtal. donnent aux aj,n'n(s noirs des compagnies concessitiimaircs ce nom spii-itnci : t/arde pavillon caoutchouc. Certain<s com|)agnics é(pii|)cid clIcs-mémcs des IravaiUi-nra «r»«''s ([)IiisiiMirs Koid des di'scrtcnrs de ri'ltal Indépendant, habitues anx pii'cs l>e sognos;, d'autres ntilisenl cl paient des gardi's régionaux prèlis pari'Ktat. Travaillcnis armés el gardes régionaux servent, dit-on, a maint(*nir l'ordre : en réalité, c'est surtout à terroriser les indigcfies |»ar la vue de leurs l'nsils. Onand la menace ne snllit pas,

\. (ïnut i.T. l'rinrijii's ilr cotonittalinn ri ilr Iff/infalioii rolitiiidlc. Il, p. V77 Pari». l'.»01.

2 Le Cunijo framais, p. l'.il. (F. Aliiin i

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