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LE SOCIALISME ET LA POLITIQUE INDIGÈNE 2i9
lations du Congo à échapper, eu même temps, au salariat et à la coulrainte servile, eu deveuaut des producteurs libres et iudépeudauts, qui auront la propriété collective de leur sol et la propriété personnelle des fruits de leur travail.
I 4. — L'enseignement.
L'initiation des indigènes à des formes supérieures de production sera évidemment facilitée, lorsqu'il existera au Congo une organisation sérieuse et systématique de l'enseignement primaire et professionnel.
Mais, ici encore, tout ou presque tout reste à faire.
On en jugera par le début de la note qu'adressait, en 1909, à l'Institut colonial international, M. Camille Janssens, sur l'enseignement des indigènes dans la colonie du Congo belge ' :
L'ancien Ktat Indépendant du Congo, constitué politiquement en 1885 seulement, n'a guère eu le loisir de s'occuper de renseignement à donner aux indigènes. Son premier soin a été d'organiser toute une administration, d'occuper le pays, d'empèclier les luttes intestines et de veillera la défense de ses droits. 11 s'en est remis, pour ce qui concerne l'instruction, aux missionnaires, tant protestants que catholiques, qui ont établi de nombreuses missions sur le territoire de l'Etat. Ce n'est (pi'en 1906 {|u'on a organisé des écoles professionnelles à Boma, Léopoldville et Stanleyville. ..
On peut ajouter qu'il existe, notamment à Goquilhatville et à Irebu, quelques rudiments d'écoles la'iques, accessibles soit aux soldats, soit à tous ceux qui se présentent aux leçons.
Mais ces tentatives, pour le momeut, ne comptent guère et s'il y a au Congo quelques milliers d'indigènes sachant plus ou moins lire et écrire, c'est aux missionnaires qu'on le doit. '
Rien ne leur est plus facile, d'ailleurs, que de recruter des élèves, car c'est chose remarquable que l'avidité des noirs à acquérir les premiers éléments de l'instruction.
1. liil)lio(lii''(|iU' CDloiiialc inlcriKilioiiiiliv L'enseii/iieincnl (in.r indif/énes. ]). M'.K Bru.\ello.s, l'JO'.i.
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Certes, les mobiles auxquels ils obéissent en allaiilà l'école, ou eu envoyant leurs enfants à 1 école, ne sont pas toujours d'une ualure très élevée.
Lorsque des missiouuaires anglais ouvrirent une école à Sau Salvador, il y a queUjue trente ans, les enfants s'y présentèrent en foule, mais les maîtres ne tardèrent pas à s'apercevoir que ce grand désir de savoir lire et écrire était purement inspiré jiar l'intérêt : les indigènes, quand ils portaient leurs produits à la factorerie, les déposaient au magasin, et là, après avoir pesé et mesuré, l'agent inscrivait sur un morceau de papier quelques signes au crayon, au moyeu desquels ils pouvaient recevoir leur paiement duu autre employé. Ils en avaient conclu que, le joui- où ils sauraient écrire, ils pourraient aller directement au second employé, et qu'en faisant à l'avance quelques signes sur un morceau de papier, ils pourraient se procurer ce qu'ils voudraient, pour rien K
Aujourd'hui encore, si les noirs sont désireux d'apprendre, mais en cela ils ne difïèrent pas de la plupart des blancs, c'est, presque toujours, avec l'idée de devenir plus aisément caporaux et sergents de la Force publique, ou employés subalternes dans l'administration.
Mais, quels que soient les motifs, il n'eu reste pas moins que l'école exerce sur eux une action bienfaisante et qu'à défaut d'écoles publicjues, les écoles des missions rendent des services que nul ne songe à nier.
Ce n'est p;is nn niolif, toutefois, pour fermer les yeu.\ sur les «léfauts (|ne présente cet enseignement confessionnel.
Si, dans les missions |)rotestanles, l'école est généralement faite par des hommes, ou des dames, dont c'esU'occupation et l;i pri-(icciip:ili(in |irlii(-i|i:il(>, dans les missions cilliulhines, au contraire, les religieux, (|ui n"a|)|)artiennent généralement pas à des ordres enseignants, ne voient dans l'ensiMgiuMnent (|u'un accessoire de leurs (lîuvres religieuses cl é(()nomi(|ucs. iJ'autic pari, les missionnaires, à i^ueliinc confessiini (jn'ils