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VI. — Règles pour le confessionnal

On ne peut absoudre dans le sacrement de la pénitence, du moment où ils s'obstinent, tous les parents qui négligent de procurer à leurs enflants un enseignement chrétien et une éducation religieuse ; tous ceux qui laissent fréquenter par leurs enfants des écoles dans lesquelles la ruine des âmes ne peut être écartée ; tous ceux, enfin, qui confient leurs enfants aux écoles officielles alors qu*il y a une école catholique dans la localité, ou qu'ils possèdent des ressources suffisantes pour élever autrement et catholiquement leurs enfants, et cela sans motifs suffisants et sans prendre les précautions nécessaires pour transformer en un danger éloigné le danger de la corruption. La théologie morale catholique conduit clairement à cette solution. La congrégation de officiis renseigne également dans son instruction aux Evéques d'Amérique, sous la date du 30 juin 1875.

On ne peut non plus absoudre les instituteurs qui emploient dans les écoles des livres dangereux pour la foi et pour les mœurs ou qui en font des lectures aux élèves; ceux qui enseignent le catéchisme aux enfants sans avoir h-missio canonica qui ne peut leur être accordée.

11 fout dire la même chose des élèves qui reçoivent dans les écoles normales l'instruction nécessaire pour exercer plus tard les fonctions d'instituteur dans les écoles officielles, des parents de ces élèves et des professeurs desdites écoles.

Malines, le l**" septembre 1879.

DÉCLARATION DU CARDINAL ARCHEVÊQUE DE MAUNES en date du 1®' décembre 1879.

Les catholiques belges, par les plus généreux sacrifices, viennent d'ériger des écoles catholiques dans presque toutes les localités du pays. Ce grand fait, cette manifestation de foi et de patriotisme, cet éclatant et religieux usage de la liberté d'enseignement, irrite les auteurs et les partisans de la nouvelle loi sur l'enseignement primaire, et comme ceux-ci ne peuvent se défaire du fait qui les tourmente, ils ne négligent rien pour le dénigrer.

Parmi les moyens qu'ils ont employés et qu'ils emploient encore à cet effet, le principal, à cette heure, est d'affirmer que l'épiscopat, en Belgique, n'est pas d'accord avec le Saint-Siège sur la question des écoles primaires établies par la loi de 1879.

Or, ce prétendu désaccord n'existe pas. L'épiscopat belge, dans les mandements qu'il a adressés aux fidèles et dans les instructions particulières qu'il a données au clergé, n'a rien eu de plus à cœur que de se conformer aux enseignements dogmatiques et aux règles d'application émanées du Saint-Siège. C'est ce que je viens déclarer et démontrer, en mon nom et au nom de mes vénérés suffragants, non aux catholiques belges qui ne réclament pas cette démonstration, mais à ceux de nos compatriotes, heureusement en petit nombre, qui repoussent non seulement les enseignements de l'épiscopat, mais les enseignements du Saint- Siège lui-même.

La question des écoles mixtes, neutres, simultanées, sécularisées, anticonfessionnelles (tous ces mots expriment une même

chose) est une vieille question. Elle a été agitée ailleurs : en Irlande, par exemple, en Hollande, aux Etats-Unis, avant de Tétre chez nous. Ceux qui tentent de faire croire à une dissidence entre répiscopat belge et le Saint-Siège, en cette matière, supposent que les actes des évëques de Belgique ont un caractère particulier et jusqu'ici inconnu dans TEglise au sujet des écoles dites neutres. Cette supposition ne peut avoir d*autre source que Fignorance ou le défaut de bonne foi. Les évêques de Belgique ont dit et ont fait précisément ce qu ont dit et fait les évêques des autres nations dans les mêmes circonstances, et toujours ^ous la direction du Saint-Siège.

11 faut donc entendre, d*abord, la voix de ces évêques, et puis la grande voix du Saint-Siège, sur cette question scolaire qui n*est pas une question exclusivement politique, mais une question surtout religieuse, une question qui intéresse souverainement la foi des peuples. 11 faut aussi ne pas oublier que a le Pape et les « évêques parlent pour les catholiques ». Les citoyens belges sont civilement libres d^être catholiques ou de ne l'être pas, et ils n'ont absolument rien à craindre dans Tordre civil s'ils deviennent aujourd'hui apostats; mais s'ils veulent rester catholiques, s'ils veulent participer aux sacrements de l'Eglise, aux sacrements de la pénitence et d'eucharistie, ils doivent être de vrais catholiques, unis au Saint-Siège et à l'épiscopat dans Tordre religieux ou spirituel.

C'est à ce point de vue qu'il faut entendre les évêques unis au Pape dans la catholicité.

Assemblés à Maynooth en 1869, et à Dublin en 1871, les évêques adoptèrent, à l'unanimité, les résolutions suivantes :

« Les évêques renouvellent leur condamnation du système mixte déducation dans les écoles primaires, moyennes et universitaires, comme gravement et intrinsèquement dangereux pour la foi et les mœurs de la jeunesse catholique. Ils dé-

clarent que rinstruction des catholiques dans tout ce qui appartient à la foi et aux mœurs ne peut être confiée avec sécurité qu*à des catholiqties et sous le suprême contrôle de tEglise. (18 août 1869.)

(X l"" Nous déclarons par les présentes notre inaltérable conviction que l'éducation catholique est indispensablement nécessaire à réducatiou de la jeunesse et à la conservation de la foi et des mœurs de notre peuple catholique ;

a 2® En union avec le Saint-Siège et avec les évoques de toute la catholicité, nous renouvelons notre condamnation souvent répétée de l'éducation mixte. Nous déclarons de nouveau qu'elle est de sa nature même gravement périlleuse pour la foi et pour les mœurs. » (8 octobre 1871.)

On vient d'entendre les évêques d'Irlande; voici les enseignements des évêques de Hollande, de l'archevêque d'Utrecht parlant au nom de tous ses sutTragants :

(c II faut juger sévèrement les parents qui négligent l'occasion d'envoyer leurs enfants à des écoles catholiques, et qui, sous l'un ou l'autre prétexte, donnent la préférence à renseignement neutre... Aux yeux de l'Eglise, tout enseignement est défectueux et insuffisant du moment que la religion n'en est pas le centre (noyau) et la règle. Lorsque la religion, ses dogmes, la vérité révélée et la loi de Dieu sont bannis de l'école et qu'on met à leur place une espèce de religion universelle et des vertus chrétiennes indéterminées, alors, aux yeux de l'Eglise, cet enseignement est non seulement défectueux, mais « nuisible ». Dans une telle école l'enfant est privé de l'instruction dans la religion révélée de Dieu; en outre, par cet enseignement indifférent, indéterminé de la religion et de la morale, on affaiblit dans l'enfant le respect pour les saintes vérités de la foi.

ce tiOrsque l'Eglise a tolère » qu'au « défaut de toute autre ex institution » d'epseignement, les parents, placés dans cette

triste nécessité, permettent (1) à leurs enfents de fréquenter une école soi-disant neutre, une école sans religion, elle n'abandonne « point ses principes ni ne rétracte la condamnation qu'elle a

c< prononcée ».

« Ne vous laissez donc pas séduire par ceux qui prétendent « que l'école sans Dieu n'est pas, d'une manière absolue, con- « damnée par vos chefs spirituels. Nous la condamnons et réprou- « vons toujours et partout », comme défectueuse, insuffisante, comme dépourvue du fondement principal de toute instruction réelle... Ce que nous devons obtenir à tout prix, c'est un enseignement positivement catholique. S'il est difficile d'y arriver, ce n'est pas chose impossible. Nous appelons de nouveau votre attention sur la nécessité de l'association (2). »

Voici les paroles des évéques des Etats-Unis au Concile de Baltimore de 1866 :

c( Une longue expérience nous a démontré surabondamment les maux graves et les périls même intrinsèques que court d'ordinaire la jeunesse catholique dans les écoles publiques de nos contrées. En vertu du système qui y est en vigueur, il est impossible que les jeunes gens catholiques n'y soient exposés au péril de perdre la foi et les mœurs. C'est là l'unique cause des immenses progrès que fait chaque jour le mortel fléau de Vindifférentisme, comme on Inppelle; c'est là la cause de cette corruption morale du jeune âge que, hélas! nous voyons croître sans cesse (3).

(i) A certaines conditions, oomine l'explique Tarchevêque.

(i) Mandement du 15 février i879.

(5) Citons un passage d'un publicisle décrivant les Etats-Unis contemporains : (( On a prétendu édicter ces lois (du système un-sedarian) pour respecter la conscience de tous les croyants; mais le véritable bat est de faire une génération étrangère à toute croyance positive. Dans le dernier concile de Baltimore, les évoques se sont énergiquement élevés contre le système suivi dans les écoles publiques et ont revendiqué hautement pour TEglise de Jésus-Christ le droit de diriger l'éducation de la jeunesse, lis multiplient les mandements pour défendre aux fidèles, sous peine de péché, de meUre leurs enfants dans ces

Pourrait-il en être autrement? Le contact habituel des jeunes catholiques avec des maîtres qui n'ont aucune religion ou professent une religion feusse, la lecture et Tétude journalière d'auteurs qui attaquent et bafouent nos saintes croyances et nos institutions éteignent peu à peu le sentiment de la vraie religion dans Tâme des enfonts catholiques. En outre, les mœurs déréglées et les exemples de leurs condisciples, la déplorable licence de leurs actions et de leurs discours, le commerce journalier des nôtres avec ces jeunes corrompus, font bientôt évanouir toute pudeur et toute piété, comme Faction du feu transforme la cire. »

Ici les évoques citent les décrets du premier concile provincial de Baltimore (1829) et du quatrième (1840), et ils continuent ainsi :

« Le meilleur ou plutôt Tunique moyen qui nous reste pour remédier à des maux si graves, est celui-ci : que dans chaque diocèse, près de chaque église, on érige des écoles où la jeunesse catholique soit initiée non seulement aux éléments des lettres et des sciences, mais aussi à la religion et aux bonnes mœurs, ainsi que Vont sagement décrété les Pères du précédent concile plénier (tenu en 1852).

c< Aussi, marchant sur les traces de nos devanciers, nous exhortons vivement et nous conjurons les pasteurs des âmes à réunir leurs etTorls pour instituer des écoles paroissiales partout oii ils en trouvent les moyens. Dans ces écoles, organisées sous les yeux des pasteurs, on évitera les périls inhérents aux gymnases publics; les enfants seront prémunis contre cet indifférentisme qui fait, de nos jours, tant de ravages; ils apprendront à

écoles, et, aidés par des associations laïques, ils ouvrent partout à grands frais des écoles placées sous leur direction ; en même temps, par la voie de pétiilonnement, ils ne cessent de protester auprès des assemblées législatives. » Les Etats-Unis œntemporains, par Claudio Jannet, 1. 11, pages 81 et 82 (Paris, chez Plain, 4877).

martber dus li voie catholique et k portw dès lear adotescen le joug du Seigneur. »

Nous veDons d'entendre la voix des éréques; écoutons maio Dant la ^oa. du Saiot-Siége :

« L'n enseignement qai, non seulement ne s'occupe que de science des choses naturelles et des fins de la société terrest mais qui de plus s'éloigne des vérités révélées de Dieu, toui inévitablement sous le joug de l'esprit d'erreur et de menson| et une éducation qui prétend former, sans le secours de la d< trioe et de la loi morale chrétienne, les esprits et les cœurs ( jeunes gens, d'une nature si tendre et si susceptible d'ë tournée au mal. doit nécessairemuit engendrer uoe race Uvi sans frein aux mauvaises passions et à l'orgueil de sa raison, des générations ainsi élevées ne peuvent que préparer a bmilles et i l'Eut les plus grandes calamités.

« Hais si ce détestable mode d'enseignement, séparé de la catholique et d^ ta puissaoqp de l'Eglise, est une source de ma pour les particuliers et pour la société lorsqu'il s'agit de l'ensi gnement des lettres et des sciences, et de l'éducation que 1 classes élevées de la société puisent dans les écoles publique qui ne voit que la même méthode produira des résultats beauco plus funestes si elle est appliquée aux écolet populaires* Ci surtout dans ces écoles que les en&nts du peuple de toutes \ conditions doivent être, dès leur plus tendre enËiQce, soigneuE meut instruits des véritéset des préceptes de notre sainte religit et formés avec diligence à lapiété.àl'intégrité des mœurs, à The nêteté de la vie. Dans ces écoles, « la doctrine religieuse d tt avoir la première place en tout ce qui touche soit l'éducatic « soit l'enseignement, et dominer de telle sorte que les auti a connaissances données à la jeunesse y soient considért « comme accessoires ». La jeunesse se trouve donc exposée a plus grands périls lorsque dans ces écoles l'éducation n'est p

étroitement liée à la doctrine religieuse. Les écoles populaires sont principalement établies en vue de donner au peuple un enseignement religieux y de le porter à la piété et à une discipline morale vraiment chrétienne; c*est pourquoi l'Eglise a tolbjours revendiqué le droit de veiller sur ces établissements avec plus de soin encore que sur les autres, et de les entourer de toute sa sollicitude. Le dessein de soustraire les écoles populaires à la puissance de TEglise et les tentatives faites pour le réaliser sont donc inspirés par un esprit d'hostilité contre Elle et par ce le « désir d'éteindre chez les peuples la lumière divine de notre . très sainte Foi ». L'Eglise, qui a fondé ces écoles avec tant de soirt, qui les a toujours maintenues avec tant de zèle les considère comme la meilleure partie de son autorité et du pouvoir ecclésiastique, et toute mesure dont le résultat est d'amener une séparation entre ces écoles et l'Eglise Lui cause, ainsi qu'à ces écoles elles-mêmes, le plus grand dommage. Ceux qui prétendent que l'Eglise doit abdiquer ou suspendi^^ son pouvoir modérateur et son action salutaire sur les écoles populaires lui demandent en réalité de violer les commandements de son divin Auteur et de renoncer à l'accomplissement du devoir qui lui a été imposé d'en haut de veiller au salut de tous les hommes.

« Daps tous lieux, dans tous les pays où l'on formerait, et surtout où l'on exécuterait ce pernicieux dessein de soustraire les écoles h l'autorité de l'Eglise, et où la jeunesse serait, par suite, misérablement exposée au danger de perdre la foi, ce serait donc très certainement pour. l'Eglise une obligation rigoureuse non seulement de faire tous ses efforts et d'employer tous les moyens pour procurer à cette jeunesse l'instruction et l'éducation chrétiennes qui lui sont nécessaires, mais encore d'avertir tous les fidèles, et de leur déclarer que l'on ne peut en conscience fréquenter de pareilles écoles instituées contre l'Eglise catholique (1). d

(1) Lettre de Pie IX à Tarchevèque de Fribourg.

irest-ce pas U ce qa'ont fût, k k lettre, tous les ETêqi Bdgique?

Comnteat donc seraient-ils en dissidence ivee le Saint- Slls étaient eu dissidence avec le Saiat-Si^e, le grau qui gODTeme anjoardlmi FEglise, Léon Xm, ne psrierul-j Mais cette parole de désavea, cette parole de blâme doq ment le Saint-Père ne l'a pas dite, mais, nous le sav( science certaine, nos adYersaires TattendrcHit ai vain.

Cepoidaat. sll n'existe aneon disseuiment entre l'Epi belge et raotorité suprême de FEglise sur la qnestim méi écoles dites neutres, sur le principe des écoles dlndiffàvi les Evëqaes ne se seraient-ils pas écartés des enaeîgnemc Saint-Si^ dans l'applicatioa de la règle générale ainsi fo par Pie IX :

o Dans tous les pays oii l'on exécuterait ce pemideax li < de soustraire les écoles ï l'autorité de l'Eglise, et où la je « catholique serait, par suite, exposée au danger de pei B foi. ce serait donc très certainement pour t'Elise « obligation rigoureuse », non-seulement de bire tous ses « et d'employer tous les moyens pour procurer & cette jei « l'inslniction a l'éducation chrétiennes qui lui sont nécesi K mais encore d'avertir tous les Mêles et de leur dédam ■ l'on ne peut en conscience » fréquenter de parâlles « instituées contre l'Eglise catholique. »

Les Eréques se sont-ils mis en désaccord avec le Saint soit en admettant des exceptions à cette règle, soit en les quant avec une rigueur excessive?

Non, car ils n'ont fait que suivre exactement ai c instructions adressées par la Gongr^tion du SaintrOffi

évéques d'Amérique, avec Tapprobation du Pape, le 24 novembre 1875. Les Evéques Tont fait avec d'autant plus de soin qu'ils savaient se conformer, en le faisant, aux recommandations de Léon XIU. Ce que je dis ici je le dis avec la ferme persuasion de répondre aux désirs et aux sentiments du Saint-Père. Car si Sa Sainteté n'a jamais cessé d'inviter l'épiscopat de notre pays à rester toujours fidèle à la charité et à la modération qui doivent animer les pasteurs des âmes, les Evéques, dociles à la voix du vicaire de J.-C, s'en sont aussi constamment inspirés, dans la mesure que rendaient possible les tristes circonstances que nous déplorons.

Voici donc le résumé fidèle des instructions du Saint-Siège aux Evéques des États-Unis, instructions que les Evéques de Belgique avaient sous les yeux en rédigeant leurs propres instructions pratiques au clergé belge, dans la situation où se trouve notre pays :

« i^ L'instruction des catholiques dans les écoles publiques qui sont soustraites à l'intervention de l'Eglise est de sa nature éminemment dangereuse (etiam ex sepericuliplena)^ entièrement contraire aux intérêts de la vraie religion. L'enfance et la jeunesse y courent manifestement danger de perdre la foi ou les mœurs.

(c S"" La loi naturelle et la loi divine nous apprennent que de telles écoles ne peuvent en conscience être fréquentées par les catholiques, à moins que le péril, de prochain qu'il est, ne soit rendu éloigné. C'est là un principe général, une règle qui s'étend à tous les pays où la pernicieuse méthode de l'enseignement sécularisé a été introduite. Ce principe a été rappelé à l'Archevêque de Fribourg, par le Pape Pie IX, en 1864.

(c S"" Il découle de là que les évéques sont tenus de faire tout ce qui est' en eux pour détourner leurs ouailles de la contagion des écoles publiques. Par conséquent, ils doivent faire ériger partout ou maintenir des écoles réservées aux enfants catholiques

«t qui, poar le moins, égilent les écoles pabliques sons le port de rinstructioD et de la bonne discipline.

« 4* Puisque les lois civiles garantissent la liberté d'i gnanent, il est an pouvoir des populations catholiques de di ner d'elles le fléau dont les menace l'enseignement public; de leur devoir de concourir à l'érection d'écoles qui mériteu confiance. Il y va de l'intérêt des fomilles, de tous les cito de la nation elle-même.

« 5* La S. Congrégation n'ignore pas que les circonsi des temps et des lieux sont quelquefois telles, que les pi catholiques peuvent licitement placer leurs en&nts dan: école publique; mais il but « un motif suffisant » pour ei ainsi. Il est laissé à la conscience et à ta prudence « des Evé( de décider si. « dans un cas particulier », ce motif suEBsaot i réellemniL

■ 6> Un motif suffisant existe d'ordinaire lorsque l'ui l'autre localité ne possède pas d'école catholique, ou e lorsque, dans Técole catholique existante. les en&nts ne pe acquérir rinslruction nécessaire & leur condition sociale. T lois, dans ce cas aussi, le danger de perversion, qui est pi moins inhérent ï l'école mixte, doit être rendu éloigné ps mesure^: et des précautions opportunes.

M 7* S'il est impossible d'éloigner le danger, par ezemp l'on enseigne ou pratique des choses contraires k la dm catholique ou aux bonnes mœurs, des choses qu'on ne entendre ai pratiquer sans préjudice pour l'âme, en pareil faut fuir absolument cette occasion dangereuse, même cuti atmque damno temponli, etiam rilte. Une école ouvertement tile étant essenliell«neni mauvaise, il n'; a pas de doute ^ ne peut jamais être approuvée ni b^uentée.

« 8" Pour que l'enfonce ou la jeunesse puisse en consc fréquenter les écoles publiques, il est requis aussi qu'elle rc

ailleurs, comme elle doit être reçue, Tinstruction et l'éducation chrétiennes dont les fidèles ont besoin.

(c 9^ Les parents et les tuteurs qui négligent de raffermir ou de Élire raffermir les enfants dans les principes catholiques par rinstruction et l'éducation ; ceux qui leur permettent d*aller à des écoles où la perte de leurs âmes ne peut être évitée; ceux qui, sans motif suffisant et sans les précautions requises pour éviter le danger, les envoient aux écoles publiques, alors même qu*il existe dans le même lieu une école catholique bien organisée ou qu'ils ont les moyens de leur faire donner une éducation catholique dans un autre pays; ceux-là, comme renseigne la doctrine morale de l'Eglise, smt indignes de recevoir l'absolution au tribunal de la pénitence, s*ils persistent opiniâtrement dans leur faute. »

Les évêques de Belgique, dans leurs instructions pratiques au

clergé, n'ont-ils pas suivi, encore une fois, et à la lettre, ces instructions du Saint-Siège, aussi bien en admettant des exceptions à la règle générale, qu'en déterminant les motifs et les conditions de ces exceptions?

Us nont jamais pu songer, sans doute, à transformer les exceptions en règle générale, car ils n'eussent pu le faire qu'en fermant les yeux à l'évidence du texte même de la loi de 1879, à l'évidence de la nature de cette loi, à l'évidence de son but déclaré avec éclat dans les discussions des Chambres; mais les Evêques ont indiqué, comme le fait l'instruction du Saint-Siège, les cas particuliers oii des motifs graves peuvent faire tolérer que des parents catholiques envoient leurs enfants à des écoles dites neutres, si, par des précautions efficaces, le danger prochain où se trouvent ces enfants de perdre la foi dans ces écoles peut être rendu éloigné. — Ils ont indiqué de même les cas exceptionnels où l'on peut tolérer que des instituteurs catholiques gardent leurs fonctions dans ces écoles, pour des motifs graves à leur tour, si, malgré la loi d'indifférentisme, ils peuvent conserver à

leur enseignement un caractère véritablement chrétien, et aussi longtemps qu*ils le pourront. — Et pour éviter des décisions arbitraires ou exagérées, que Ton peut toujours craindre quand Fexécution d*une mesure doit être confiée à un grand nombre de personnes, ils se sont réservé la solution de tous les cas douteux, afin que ceux qui croiraient avoir été traités avec trop de rigueui pussent prendre leur recours auprès d*un tribunal dont les juges ont pour pensée principale de se conformer aux désirs et aui conseils du chef suprême de TEglise. Peut-être a-t-on cité des cas isolés, entachés d*une sévérité qui n'aurait pas été louée i Rome; mais lorsque ces cas y ont été connus dans leurs détails, nous aimons à croire qu'ils y auront été plus favorablement appréciés. Du reste, il est dans les traditions du Saint-Siégc d'abandonner à la prudence et à l'expérience des Evéques.l'application pratique des grands principes à la garde desquels veille partout également le successeur de Pierre, le pasteur des pasteurs.

Les exceptions dont nous parlons, il est impossible de le niei de bonne foi, seront rares et passagères en Belgique, sous U régime de la loi préparée dans les Loges et votée par les Gham bres à une très faible majorité. Et pourquoi ces cas exceptionnel seront-ils rares et passagers? Parce que la loi est faite pour êtr( observée; parce qu'elle établit elle-même les moyens d'empêchei

que les nouvelles écoles d'indifférentisme ne redeviennent jamai des écoles confessionnelles, comme elles le sont devenues dam certaines provinces de Hollande où les populations sont catho liques.

Il n'en saurait être ainsi chez nous sous le régime de la lo scolaire de 1879. Cette loi autorise les ministres des cultes, le prêtres catholiques, les rabbins juifs, les ministres protestants à donner successivement des leçons de religion, dans un locâ d'une même école, avant ou après les classes, mais l'instituteu

lui-même ne peut enseigner, dans l'école, la foi d'aucune religion positive; il doit être neutre. Mais qu'est-ce ici que la neutralité? je comprends la neutralité politique, la neutralité de l'Etat à l'égard des doctrines et des écoles, mais la neutralité scolaire elle-même, la neutralité dans l'enseignement est une absurdité, une impossibilité, un masque. Je l'ai démontré ailleurs (1); j'ai demandé qu'on me réponde; on ne l'a pas &it,on ne le fera pas; l'évidence oblige à l'adhésion ou au silence.

Aussi, les auteurs de la loi ont-ils fini par avouer, en fait, que l'enseignement est impossible sans une doctrine religieuse, et ils ont décidé que l'instituteur enseignerait le déisme, c'est-à-dire la doctrine qui admet un Dieu (2), mais qui rejette toute révélation divine. 11 n'est donc pas vrai que ces écoles soient neutres ; le déisme est une doctrine. — Il est, dit-on, la doctrine encore dominante dans la franc-maçonnerie ; il est, du moins, la doctrine des membres des Loges qui sont actuellement au pouvoir en Belgique ; mais leurs confrères maçons qui se donnent pour progressistes, les adeptes du positivisme, du matérialisme, de l'athéisme, leur demanderont certainement en vertu de quel droit ils imposent dans les écoles officielles leur déisme à la libre pensée.

Nous touchons ici l'un des grands points de la question scolaire, dans les circonstances où se trouve placé notre pays, comme bien d'autres pays des deux mondes. Sous le régime

(i) Le nouveau projet de loi sur l'enseignement primaire. Trois lettres nouvelles, chez Dessain, Malines.

(2) Le dieu que les déistes se font, tels qu'ils le désirent, non le Dieu vivant de la révélation et de la rédemption. Les chrétiens ont donc le droit de dire qae les écoles du déisme sont des écoles sans Dieu tenues par des maîtres sans foi.

politique de la liberté de conscience et des cultes, l'Etat, le vernement doit la protection civile aux écoles des calholi aux écoles des protestants, aux écoles des juifs, aux écoU libres-penseurs; mais l'Etat, le Gouvernement, n'a pas le dr choisir, k son gré, une doctrine d'ËIat, pas plus le déisme q autre, et de transformer ainsi la franc-maçonnerie fn Eglûe e imposant partout sa doctrine aux écoles publiques établi soutenues aux frais de la nation, c'est-à-dire aux frais des fa croyantes. Non, l'Etat n'en a pas le droit, et ce que le libén n'a cessé de dire, d'écrire, de proclamer à tort depuis iSi cela sous le régime légal de la loi de 1843, c'est-à-dire que loi était inconstitutionnelle, nous le disons avec raison de de 1879, parce que les écoles confessionnelles répondent : à la liberté de conscience de la généralité des familles. N pas évident qu'ouvrir un local d'une fnAn« école aux min des différents cultes, pour qu'ils y enseignent successivemi oui et le non dans ces petits panthéons dérisoires, taiidiî l'instituteur prétenduement neutre ne poun-a enseigner à toi élèves que le déisme, la négation de la révélation divine, n pas évident qu'ouvrir même ce local au ministre d'un seul lit oii il n'y en a qu'un, mais toujours & la condition que l'ii teur n'admettra dans les classes que le pur déisme qui r toute foi !i la révélation, et que constituer de pareilles école frais des familles qui veulent laisser leur foi à leurs enfants violer leur liberté de conscience, c'est manifestement incon lionnel?

Que l'Etat accorde la protection civile non seulement aux < catholiques, mais aussi aux écoles des juifs, des protestai des libres-penseurs, c'est sans doute son droit constitutio mais il n'a pas le droit de subsidier les seules écoles de l'in reniisme aux frais de la nation, aux frais de tout le monde.

Et puis, comment ose-l-on, sans rougir, appeler le sace

catholique ou ses délégués dans de telles écoles uniquement propres à inspirer aux élèves le doute universel ? L'Eglise, elle, ne doute pas de sa foi; elle dit, comme Tapôtre : Scio cui ci^edidi, je sais à qui je crois, et elle prouve qu'elle le sait par des faits splendides dont le divin caractère éclate à tous les yeux qui ne s*en détournent pas.

L'Eglise ne peut donc pas et elle ne veut pas accréditer, par sa présence ou par celle de ses délégués, dans les écoles de Tindifférentisme, ce régime scolaire institué « pour arracher les âmes à la foi », même quand on laisse, par tactique, dans les écoles, des images chrétiennes.

L'Eglise est mère: elle ne négligera rien pour empêcher qu'on lui ravisse ses enfants, et sa résistance chrétienne n'aura jamais rien qui ressemble à la révolte.

La question des écoles n'est pas une question exclusivement politique; elle est surtout, et incoinestablement, une question doctrinale, religieuse, spirituelle, une question de foi et de droit des consciences.

Il est parlaitement inutile de vouloir rapetisser cette question par des mots, et de prétendre qu'une question catholique n'est qu'une question cléricale ou épiscopale. Certes, l'Eglise catholique n'est pas seulement composée de fidèles ; elle a ses pasteurs et ses premiers pasteurs, tous subordonnés au Pasteur suprême, et les fidèles cesseraient d'être fidèles, cesseraient d'être catholiques, si, dans tordre spirituel, ils se séparaient de leurs pasteurs. Mais les pasteurs sont pour les fidèles, et s'il est vrai que les sacrements sont pour les hommes, il en est de même des ministres de la parole et des. sacrements. Aussi le clergé et les évêques ne s'occupent avec ardeur de cette question que parce qu'elle est la grande question des âmes. Les catholiques belges, de leur côté, et parmi eux leurs représentants dans les conseils publics de la nation, parlent comme parlait dernièrement, au Congrès des

catholiques allemands» rillastre dief da centre au Parlement de Tempire» quand il disait : Dans Tordre spirituel, dans les questions de foi, nous ne fiûsons qu*un avec nos Evéques, comme nos Evéques ne font qu'un avec le Pape .

Cette unité catholique irrite les ennemis de TEglise, et ceux-ci espèrent rompre cette unité en séparant les fidèles du clergé, le clergé des Evéques, les Evéques du Pape; mais ils Tespèrent en vain : non prœwddmnt adversut eam. Il y a deux mille ans que cette parole se vérifie, et elle se vérifiera jusqu'à la fin des combats spirituels de l'Eglise militante.

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