V. — ReUjC> a OftSEaVEB AU SA«Jl£ TRIBCXAL DE LA PÉNITENCE
Les parents qui négligent de donner à leurs enfants une instruction et une éducation chrétiennes, ceux qui leur laissent fréquenter des écoles dans lesquelles la ruine des âmes est inévitable, enfin, ceux qui, ayant ou bien une école catholique chez eux, ou bien les moyens de faire donner ailleurs à leurs enfants
une éducation catholique les confient néanmoins aux écoles dites neutres sans cause suffisante et sans prendre les précautions nécessaires pour éloigner de leurs enfants le péril prochain de ruine spirituelle, tous ces parents, s'ils ne promettent pas sérieusement de se corriger, et qu'ils persévèrent dans leur conduite, ne peuvent recevoir l'absolution sacramentelle : c'est une déduction évidente de la morale catholique.
Tels sont les enseignements de la Congrégation du Saint-Office dans ses instructions aux évéques d'Amérique, en date du 30 juin
Ne peuvent être absous non plus les instituteurs qui, en classe, se servent de livres ou font à leurs élèves des lectures empruntées à des livres dangereux pour la foi ou pour les mœurs; — ceux qui enseignent le catéchisme à leurs élèves sans la permission expresse de fatUoiité ecclésiastique; — ceux qui sans autorisation spéciale continuent à enseigner dans une école officielle, à moins qu'ils ne promettent sincèrement de quitter le plus tôt possible leur position ou de recourir à leur évéque en s'engageant à se conformer à ses ordres.
Il &ut en dire autant des parents qui placent leurs enfants comme internes dans les écoles normales de YEtat.
Lorsqu'il s'agit de l'administration des derniers sacrements on suivra la règle : dans les cas extrêmes, tentez f extrême; si donc on ne peut obtenir ni espérer d'obtenir davantage, il suffira que le malade promette de faire ce que l'Eglise demande de lui.
Malines, le 14 juin 1880.
Victor-Auguste, Gard. Dechanps, Arch. de Malines.
P. S. Nous rappelons l'attention sur les points suivants :
i® Les enfants que leurs parents envoient aux écoles officielles
ne peareot pas de ce dief être refosÀ i U preaitre coai nioD.
2* Les personnes qui. dans b question seobire. BaiiqaH lean dercûn ne doivent pas, poor ce motif, être léeosées con parraÎDs ou marraiaes, ni être empAcbées de cootneter ■»'! Poor ce qai regarde les cas de mariage cepeadant. nous tooIi qu'ils nous soient soumis.
3" Les raisons et eoodiiioi» requises ei-dessas pour que f Mttnleor paisse eooiinaer i enseigner dans une école officii soot, à plus forte raison, requises des p^ofiesseors des èci Bomales, si tant est que ces raisons et ces eoodiiioos puiss leur être appliquées.
4* Lorsque, pour ériter un grand scandale, on croira dei raAiser publiquetnent la sainte Gommuniou. le eas nous s déféré.
Vktw-Acustb, Cub. DacMAsrs, An:Ii.del
LETTRE DL CARDI5.\L ARCHEVÊQUE DE MALLSES
A M. Maloc
dn 19 iamet 18S0.
Mmsieci u MnnsnE.
Le doeoraent romain {apoùMoiu iocumentatai relatif i, rupture des relations diplomatiques entre le Gouremement belj et le SaiQt-S;ë^ expose les bits dans leur éclaianle Térité. ouvrira les yeux \ tons ceux qui oe sont pas décidés i résister réndence. H 7 a cependant un point secondaire que ce docume
ne touche pas, parce que la chose n'en vaut véritablement pas la peine. II a été expliqué déjà par plusieurs organes de la presse catholique, mais je crois utile de vous le faire connaître dans toute sa simplicité.
J*ai adressé à mes vénérés sufTragants, le 17 juin 1879, une circulaire où je disais que la Lettre pastorale collective telle qu'il» tofU reçue 9 a été hautemetU approuvée et louée par le Saint Père ^ mais que cela doit rester absolument secret. Je tenais ce fait dun dignitaire romain à la parole duquel j'ai eu raison d'accorder toute ma confiance. Le Suint-Père ne m'a pas alors écrit directement, mais je n'ai jamais eu le moindre motif de douter de la véracité de mon correspondant, qui, naturellement, a dû me demander le secret de sa communication. C'est pourquoi j'ai demandé moi-même ce secret à mes vénérés collègues.
II n'en est pas moins certain que S. E. le Cardinal Secrétaire d'Etat a dit la pleine vérité quand il a déclaré, le SO juin 1879, à M. le baron d'Ànethan « qu'il avait été devancé par l'Episcopat, « que ses instructions au Nonce étaient arrivées trop tard, et c< quil avait besoin de connaître le texte du mandement pour se « prononcer ».
En effet, qu'avais-je communiqué à Rome? Un simple prcr/W de Lettre pastorale, qui m'a été renvoyé avec le conseil d une modification de détail que j'ai eu soin de faire aussitôt. Quand donc S. E. le Cardinal Nina parla à M. le baron d'Anethan, le 20 juin, il ignorait absolument la publication de la Lettre pastorale. La preuve en est que cette publication était déjà faite quand arrivèrent à la nonciature de Bruxelles les instructions du cardinal Nina, envoyées de Rome le 18, instructions qui ne différaient en rien, quant au fond, de l'ordre d'idées développées dans le mandement dont il s'agit, mais qui parvinrent trop tard à Bruxelles, à cause du vote qui a eu lieu au Sénat beaucoup plus tôt qu'on ne le croyait.
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sshsUBiiel dans cette iffûre, soit en
le dûcameat que neot de publier le
eriieooe qnli n y i jamais ea de dissen-
et les Ev\iqiies de Belgique.
le Mï^iisuie, oies défoués et respec-
T. A.« cardioal-arch. de Malines.
Après la publication foite par Mgr TEvéque de Tournai, la presse épiscopale — la Gazette de Liége^ le Bien Public, le Courrier de Bruxelles, etc. — a reproduit les documents qui vont suivre en vue d'établir, par opposition à la correspondance diplomatique, que le Pape n*avait pas cessé d'être entièrement d'accord avec les Evéques non seulement sur les principes, ce qui n'était point contesté, mais sur les moyens à employer pour en assurer l'application.
Il importe donc que ces pièces puissent être rapprochées de la correspondance.
Le Nonce Apostolique,
à M. DuMONT, Evéque de Tournai.
(Publiée partiellement le 25 juin 1880 et textuellement le 2 août
de la même année.)
Bruxelles, le 19 décembre 4878.
Monseigneur,
Permettez au nonce apostolique qu'il vienne joindre ses instances à celles qui vous sont arrivées de Liège ces jours derniers.
Je n'ai pas besoin. Monseigneur, de m'expliquer davantage pour vous faire comprendre l'objet et le but de cette lettre.
Ayant lu la pièce rédigée à Liège, elle m'a semblé très digne à tous les points de vue. Quand même j'eusse été d'une opinion différente, l'avis unanime des cinq vénérés prélats qui ont adhéré aurait suffi, je l'avoue franchement, à me faire douter de mon propre jugement. Et, dans ce doute, le grand, le vital principe
de Tunion et de la concorde in*aurait tracé tout naturellement I Toie à ^ivre.
Rien u est plus à cœur de notre Saint-Père que cette unio de répiscopat« dans les temps si difficiles que nous trayersons Vous TOUS rappellerei, Monseif^neur, que Sa Sainteté en faisait un rscommandation toute particulière aux évèques de la Belgique dans une lettre d*il y a quelques mois. Or, lunion n*est pas pos sibie eo pratique sans fiure de temps en temps le sacrifice de lun ou de 1 autr^ opinion personnelle.
Ainsi je suis ceruin d*ëtre, cette fois^i, le fidèle interprèf de$ vrais désirs du Saint-Père* en vous engageant « Monseigneui à adhérer au pn^jet qui a déjà mérité Tapprobatiou de tous vo vénêrvs oollèjjues.
Dans Tespoir davoir une réponse affirmative* et dans la cei Ulude que celle-ci réjouira le cœur paternel de Sa Sainteté, j saisis Toccasion de \'ous renouveler. Monseigneur, Tassurance d mes plus dévoués et affectueux respects.
t S., Archevêque de Nicée, Nonce apostolique.
M. Dc MoxrrEiUEa, Evéque de Liège, à M. DmoxT, Evéque de Tournai.
(Pablife le i5 jnin iSSO.>
Liéfre, i6 décembre iS7g.
MoNSci«;NEi*a,
Au moment de publier la lettre pastorale collective, je viens en mon nom et au nom de nos vénérés collègues, tenter un su préme effort pour obtenir votre adhésion.
Il est incontesuW© que c'est uq grand devoir pour TEpisco
pat belge de protester contre la situation que le libéralisme veut faire à renseignement religieux dans les écoles primaires en décrétant l'abrogation de la loi de 1842.
À notre grand étonnement, Votre Grandeur, préférant son appréciation personnelle à la pensée commune de ses frères dans l'Episcopat, a refusé de se joindre à eux.
Elle a résisté aux prières d*une amitié dévouée qui vous conjurait, au nom des intérêts les plus sacrés, de ne pas vous séparer de vos collègues dans une question aussi grave, et de ne pas réjouir vos adversaires et les nôtres par le spectacle d'une division dans TEpiscopat! Que restait-il à faire pour éviter ce malheur? Demander l'intervention paternelle du Pape pour lequel Votre Grandeur a toujours professé une obéissance et une déférence dignes de tous éloges. C'est ce que j'ai fait par l'intervention du Nonce apostolique. — Après avoir pris l'avis du Saint-Père, Son Excellence vous a écrit qu'il était certain d'être le fidèle interprète des vrais désirs de Sa Sainteté en vous engageant d'adhérer au projet qui avait mérité l'approbation de tous vos vénérés collègues. Mais cette fois encore vous avez trompé notre intime conviction. Nous avions toujours cru qu'un désir du Pape avait pour vous, comme pour nous, la force d'un ordre, et Votre Grandeur a répondu qu'un désir ne suffisait pas, qu'il lui fallait un ordre!
En présence de ce 'désir du Vicaire de Jésus-Christ de vous voir joindre votre signature à celle de vos collègues, il était évident que nous pouvions publier la lettré pastorale sans plus d'égard pour le refus que vous y opposiez. Cependant, avant de le faire, nous avons voulu encore consulter le Saint-Père, et nous lui avons envoyé la lettre pastorale en lui notifiant que Votre Grandeur demandait un ordre pour y adhérer.
Voici» Monseigneur, le télégramme que Son Excellence a reçu en réponse et dont je vous prie de peser tous les mots : a Rice-
« vtii SMoi npporti n* 416, 417, e pastorale. S. S. non reputa
« eif^iente (i&r« con un ordine pressionne sue vescovo di Tour-
« nii. Resta penrid o che la pastorale sia pubblicata sehza la firma
« dri Ve$coTO di Tournai, owero, se voslra signoria Illustrissima
4k <^1 i Veseovi lacredano piu opportune, la pubblichi il Cardinale
A Anrt^fif:$covo a $uo nome e gli altri vi aderiscano con Lettere
« si^nte ai loro âdeli, lasciendo al Vescovo di Tournai di pren-
« der^ il partito cbe cr^da migliore.
« L., Cardinal Nina. »
CMiine TOUS le vovei. Monseigneur, le Saint-Père, après avoir n^ni tcvvnnittnication de la pastorale,] uge qu elle doit être publiée aitee $aa$ votre signature, et laisse seulement aux Evéques le elkvx eutn^ deux modes de publication.
Pour ditersets raisons qull est inutile d*énumérer, tous nos Tràêfè$ colt^^ues se sont ralliés au premier mode proposé par le Pape. Tout est pnH pour la publication qui doit se bire Ammii'V jrrw4»ài« Il n j a plus qu*à imprimer la signature des E>nH)wt$^^. Au nom du salut des ;lmes, au nom de la déférence «lue YOtt;!^ devei au Saint-Siège, au nom de Tunion si nécessaire ett fiKe de^ ennemis de la religion, au nom de vos propres inténHs, je vous conjure ei tous supplie une dernière Ibis de vous joindre à nou^.
N avT&ut ptus une heure à perdre» puisque la publication a d<}à ece trop longtemps retardée, je vous prie instamment de m MTOTer. dès que vous aurei pris connaissance de ma lettre, un tètè^rramme portant un simple Mt ou un simple nom, afin que je sac^ de suite si je dois Etire tirer la pastorale avec ou sans votre signature.
Je prie Dieu de vous éclairer, et je vous renouvelle en finissant lTK>aimage de ma profonde vénération.
TuÉODoas, évéque de Liège.
M. Dechamps, Cardinal- Archevêque de Malines, à M. DuNONT, Evéque de Tournai.
(Publiée le 45 octobre 4880.)
49 mai 4879.
Monseigneur,
Tous les Evéques se réunissent à Malines le vendredi 23 prochain, et Mgr de Liège y sera dès la veille, le 22 juin, jour de TAscension, nu soir.
Votre Grandeur arrive très providentiellement à temps pour assister à celle conférence si nécessaire dans les circonstances graves où se trouve notre pays. Nous avotis des décisions romaines sur la question. Les écoles neutres, mixtes, sécularisées, sont solennellement condamnées par le Saint-Siège; — et le Saint-Siège n*a toléré des exceptions qu*à des conditions précises qui, selon moi, ne pourront être réalisées, même exceptionnellement ^ sous le régime de la loi que la franc -maçonnerie vient imposer aux catholiques belges,
Liège et aussi Namur, je le crois, semblent admettre que ces conditions puissent quelquefois être obtenues. Je ne sais encore ce que pensent Bruges et Gand. Mais la question est des plus graves, et Notre Saint-Père le Pape veut que notre avis, notre plan, nos moyens. Lui soient adressés, et que nous attendions ses instructions avant de rien publier.
J*ai donc la confiance que Votre Grandeur sera à Malines, soit le vendredi 23, soit la veille au soir, comme Mgr de Liège.
J'attendrai votre télégramme sur le jour et l'heure de votre arrivée.
Veuillez agréer. Monseigneur, mes plus dévoués hommages.