‹ La BelgiqueChapitre 112 sur 495 · V Adoration des Mages (salle X · texte numérisé non relu

V Adoration des Mages (salle X

Au pied d'un escalier, au milieu, devant saint Joseph, la Vierge, debout, de trois quarts tournée vers la droite, en robe rouge, à manches violettes et manteau bleu, soutient au-dessus de la crèche l'Enfant Jésus, qui pose la main sur la tète d'un des rois mages. Celui-ci, agenouillé devant lui, vu de dos, viHu d'un manteau jaune à col d'hermine, porte à ses lèvres le pied du Sauveur; à droite, debout, le second roi mage, drapé de rouge, et le roi nègre au second plan, coiffé d'un turban blanc, accompagné d'un enfant portant une coupe d'or, tournés tous trois vers le groupe divin. A g<mche, au premier plan, un jeune page en robe grise à franges d'or présentant une coupe d'or; un nègre et un jeune garçon, un genou en terre, portant chacun un candélabre allumé. Au fond, sur la droite, un escalier de bois, chargé de spectateurs devant lesquels se tient, en bas, un soldat, couvert d'une cuirasse et armé d'un bouclier.

H., 3,75 ;L., 2,75. T. — Fig. pl. gr. nat. — Gravé par Lauwcrs, Ragot, etc. — Autrefois au maître-autel de l'église des Capucins, à Tournai. Transporté à Paris en 1794. Donné au Musée de Bruxelles en 1802. Restauré en 1814 par Van Regemorter, d'Anvers, et peu après par Thys. — Il existe, à l'Ermitage, une petite copie de ce tableau. D'après Mariette (p. 77), le baron de Crozat avait en sa possession un dessin à l'huile d'après lequel fut gravée la planche de Lauwers, qui présente quelques difléronces avec le tableau définitif. — « Lts Mages ne sont ni la première, ni la dernière expression d'une donnée que Rubens a traitée bien des fois ; en tout cas, à quelque ran!< qu'on les classe dans ces versions développée» sur un thème unique, ils ont suivi ceux de Paris^ et très certainement aussi, ils ont précédé ceux de Malines. L'idée est mûre, la mise en scène plus que complète. Les éléments nécessaires dont se composera plus tard cette œuvre si riche en transformations, types, personnages avec leurs costumes, et dans leurs couleurs habituelles, se retrouvent tous ici, jouant le rôle écrit pour eux, occupant en scène la place qui leur est destinée. C'est une vaste page conçue, contenue, concentrée, résumée, comme le serait un tableau do chevalet, en cela, moins décorative que beaucoup d'autres. Une grande netteté, un grand soin avec la maturité du plus parfait savoir ; toute l'école de Rubens aurait pu s'instruire d'après ce seul exemple. » (Fko.mentin, p. 44.)

MUSÉE DE BRUXELLES

Page 1