XXV. — Honneurs rendus au saint
Lithographiés par Borremans. — Ces vingt-cinq tableaux, de mérite inégal, dus à des peintres différents, forment une série de documents des plus curieux pour l'histoire de la peinture flamande dans les dernières années du xve siècle et dans le premier quart du xvie siècle. Quelques-uns sont d'une remarquable exécution; presque tous présentent un certain intérêt par le naturel de la composition, la variété des costumes, la franchise des expressions; les parties de paysages y sont, en général, bien traitées. Au-dessous de chaque composition, la légende est expliquée par quatre vers flamands qu'on trouvera
reproduits dans le Guide de M. Van Caster (p. 121-130), d'après lequel nous avons donné, en résumé, les différents sujets. L'attribution de ces tableaux à Michel van Coxcyen ne repose sur aucun document sérieux. Si quelques-uns d'entre eux se rapprochent un peu de sa première manière, la plupart sont très antérieurs et appartiennent encore à la tradition gantoise ou brugeoise du xv* siècle. Quatre ou cinq maîtres, au moins, y ont successivement travaillé.
ÉGLISE SAINT-JEAN
Au nord-ouest de la cathédrale, près de la rue des Vaches. AU MAÎTRE-AUTEL
Rubens (Pierre-Paul). — Triptyque dit de V Adoration des Mages.
Panneau central. — V Adoration des Rois. — A gauche, la Vierge, vêtue d'une robe gris clair et d'un manteau gris perle, ayant derrière elle saint Joseph, drapé dans un manteau jaunâtre, tient sur la crèche l'Enfant Jésus. Celui-ci met la main dans une coupe d'or que lui présente un des rois mages agenouillé, de profil, avec un riche manteau jaune à col d'hermine sur les épaules; à son côté, au premier plan, le second roi, debout, tenant un encensoir, vétu d'un manteau rouge dont un enfant tient le pan, un autre enfant portant une couronne. Au second plan, le roi d'Éthiopie, coiffé d'un turban blanc, présente un coffret; à droite, se penchant pour contempler le Sauveur, un groupe de guerriers cuirassés et d'Orientaux. Au fond, à gauche, un escalier au sommet duquel sont appuyés contre des colonnes trois hommes, dont deux portent des torches.
Volet de droite. — Martyre de saint Jean VÉvangéliste. — A droite, deux bourreaux, l'un cuirassé avec une draperie rouge, l'autre, en justaucorps vert, saisissent par les jambes le saint et s'apprêtent à le plonger dans une chaudière pleine d'huile bouillante; à gauche, un troisième l)Ourreau, le torse et les bras nus, attise le feu; le saint, en extase, regarde au ciel deux anges qui portent une palme.
Au revers. — Saint Jean à Patlinios. — Le saint, en robe lilas et manteau rouge, est assis contre un rocher, un livre sur ses genoux, la tête levée, de trois quarts à gauche; l'aigle, sur le rocher, au-dessus de lui; au ciel, un dragon.
Volet de gauche. — La Décollation de saint Jean-Baptiste. — A droite, le bourreau, le pied sur le cadavre du saint, vu en raccourci et étendu au premier plan, tient de la main droite un glaive et de la
ÉGLISE SAINT-JEAN
gauche la tête, qu'il dépose sur un plat que lui présente Salomé debout, a gauche, vêtue d'une robe rouge, avec corsage et jupe violacées; au second plan, au milieu, une vieille femme et un soldat. La scène est éclairée par une torche que porte, sur la gauche, un personnage invisible.
Au revers. — Le Baptême du Christ. — Le Sauveur est debout, dans le Jourdain, de trois quarts tourné à droite, une draperie blanche autour des reins ; au second plan, saint Jean, de face, lui verse sur la tête l'eau du baptême ; au fond, un grand arbre ; au ciel, le Saint-Esprit.
Pan. cent., H., 3,18; L., 2,76. — Volets, H., 3,18; L., 1,15. B. — Fig. gr. nat. — Le panneau central est gravé par Luc Vostermans. Le roi d'Éthiopie est la reproduction d'une des quatre têtes de nègres qui furent achetées par le prince DemidofF à la venta Narischkine. (Voir le Musée de Bruxelles, p. 89.) Les mêmes traits se reconnaissent également dans le tableau n» 144 de la galerie de Francfort et dans le Bey de Tunis de la vente Secrétan. (N° 159 du Catalogue.) Une esquisse de cette adoration fut vendue 800 livres, en 1770, à la vente Portier, à Paris. Les volets ne sont certainement pas complètement de la main de Rubens, qui ne fit sans doute que retoucher l'ouvrage d'un élève. Sous le panneau central étaient encastrés dans l'autel trois panneaux ; un seul s'y trouve encore, le Christ en croix. Les deux autres, Y Adoration des bergers et la Résurrection, font partie du musée de Marseille. — « Cette peinture, qu'il fil pour l'église Saint-Jean, à Malines, fut commandée à Rubens le 27 décembre 1616 et payée 1,800 florins. C'est l'exemplaire le plus soigné pour l'exécution, le plus harmonieux pour la composition, de toute la série des répétitions. » (M. Rooses, Gesch. der M. Ant, p. 198.) — « Après le tableau de Bruxelles qui avait de quoi le satisfaire, il restait, paraît-il, à Rubens à le traiter mieux encore, plus richement, plus librement, à lui donner cette fleur de certitude et de perfection qui n'appartient qu'aux œuvres tout à fait mûres. C'est ce qu'il a fait à Malines ; après quoi il y revint, s'abandonna plus encore, y mit des fantaisies nouvelles, étonna davantage par la facilité de ses ressoui*ces, mais ne fit pas mieux. Les Mages de Malines peuvent être considérés comme la définitive expression du sujet et comme un des plus beaux tableaux de Rubens dans ce genre de toiles à grand spectacle... C'est une composition qu'on ne décrit pas, car elle n'exprime rien de formel, n'a rien de pathétique, d'émouvant, surtout de littéraire; elle charme l'esprit, parce qu'elle ravit les yeux. » (Fromentin, 54 et suiv.)
NOTRE-DAME
Non loin de la place d'Egmont, sur les bords de la Dyle. Église gothique du xvi^ siècle.