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RuBENS

Le Coup de lance.

MUSÉE

D'ANYEES

MUSÉE D'ANVERS

de son cheval, lui frappe le flanc d'un coup de lance. Au second plan, du môme côté, le bon larron agonisant. A droite, au premier plan, la Vierge en robe grise, manteau bleu, voile noir, se tordant les mains, lève au ciel ses yeux en larmes ; à ses côtés, Marie Cléophas dont on ne voit que la tête et saint Jean, en manteau rouge, s'appuyant sur la croix du mauvais larron auquel un soldat, descendant une échelle, vient de briser les jambes. La Madeleine, agenouillée, vêtue d'une robe jaune, embrasse les pieds du Sauveur et tend les bras vers le centurion. Au fond, en contre-bas, derrière un pli de terrain, deux têtes de face. Ciel noir d'orage.

H., 4,24; L., 3,10. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par Bolswert (avec quelques modifications, d'après un dessin qui se trouve à la National Gallery), Ragot, Nolpe, Manigaud, etc. Exécuté en 1620, aux frais de Nicolas Rockox, pour le maître-autel de l'église des Récollets. Transporté à Paris de 1794 à 1815. Restauré, en 1824, par Mathieu van Bréé. Une esquisse en grisaille se trouve au musée de Berlin. D'après la tradition, l'élève qui aurait aidé dans cette toile Rubens serait van Dyck. « Quoiqu'on y trouve des parties de haute qualité, un tempérament de premier ordre, à chaque instant la marque d'un maître, ce tableau est une œuvre incohérente, en quelque sorte conçue par fragments, dont les morceaux, pris isolément, donneraient l'idée d'une des plus belles pages de Rubens. » (Fromentin, 98.)

* 298. — U Adoration des Rois Mages (I).

Dans i'étable, à droite, la Vierge debout, vue de face, en robe rouge et manteau grisâtre, avec saint Joseph derrière elle, drapé dans un manteau brun, soulève le petit Jésus assis sur une crèche au pied de laquelle est le bœuf, et le montre aux Rois Mages groupés sur la gauche. L'un d'eux, agenouillé, au milieu, sur un coussin rose, vêtu d'une riche dalmatique et d'un surplis blanc, un page à sa gauche, présente un encensoir; au second plan, vu de face, le roi d'Ethiopie, en robe verte, manteau noir doublé de fourrure, turban blanc à rayures rouges, la main gauche sur la hanche, tenant dans la droite une coupe; à gauche, debout, le troisième roi, vieillard à longue barbe blanche, drapé dans un manteau rouge, regardant le spectateur et portant dans la main droite une coupe d'or dont il tient le couvercle de la main gauche. Le fond du tableau est occupé par la suite des rois ; à gauche, sur un cheval alezan, un soldat coiffé d'une toque à plumes, près d'une colonne corinthienne, deux soldats coiffés de casques, et, plus loin, au milieu, des serviteurs montés sur deux chameaux ; à droite, un homme et deux jeunes garçons, dont un négrillon, debout dans les charpentes. Fond de ciel bleu.

H., 4,47; L., 2,35. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par Remoldus Eynhouedts, Lommelin, E. Corr. Peint eu 1624, par ordre de l'abbé Irsselius, pour le maître-autel de l'abbaye de Saint-Michel, et payé 1,500 florins en deux fois. Transporté à Paris de 1794 à 1815. Une esquisse fut achetée, en 1857, par Richard Wallace, à la vente Pommersfelden. Ce sujet fut souvent traité par Rubens. Les plus célèbres exemplaires sont ceux du Louvre, de

ANVERS

Bruxelles, de Saint-Pétersbourg et de Malines. — « C'est par ce chef-d'œuvre que Rubens inaugura sa troisième manière, son époque de la couleur riche et variée à l'infini, des tons rompus, des nuances qui s'influencent mutuellement, de la clarté prédominante. C'est à partir de cette date et de cette œuvre que sa virtuosité de palette s'accuse le plus franchement et remporte les plus beaux triomphes. Le groupement dans ce tableau est merveilleusement beau dans sa simplicité et sa clarté. La noble figure de la Vierge et le charmant petit Jésus se trouvent un peu isolés, mais ressorlent bien sur le fond sombre qui règne de ce côté. Le roi mage est encadré par deux compagnons et leur suite. Les autres personnages s'étagent naturellement au-dessus des premiers et forment un groupe aussi solidement charpenté qu'agréable à la vue. » (M. Roosks, I, 228.) — « Les May et, quatrième version depuis Paris, cette fois avec des changements notables. Le tableau est moins scrupuleusement étudié que celui de Bruxelles, moins accompli que celui de Malines, mais d'une audace plus grande, d'une carrure, d'une ampleur, d'une certitude et d'un aplomb que le peintre a rarement dépassés dans ses œuvres calmes. C'est vraiment un tour de force, surtout si l'on songe à la rapidité de ce travail d'improvisation. Pas un inm, pas une violence; une vaste demi-teinte claire et des lumières sans excès enveloppent toutes les figures appuyées l'une sur l'autre, toutes en couleurs visibles, et multiplient les valeurs les plus rares, les moins cherchées et cependant les plus justes, les plus subtiles et cependant les plus distinctes. » (E. Fromentin, 96.)

299. — Sainte Thérèse délivrant du purgatoire Bernardin de Mmdoza (I).

Au inilitMi, le Clirist, dehout sur un tertre, le bras gauche et les jambes rouverts d'une draperie roui<e, se tourne de trois quarts à droite vers sainte Thérèse agenouillée, en robe brune, manteau blanc, voile noir. Au premier plan, dans les flammes du purgatoire, à gauche, saint Bernardin de Mendoza, fondateur d un couvent de Thérésiennes à Valladolid qu'un ange tire vers le ciel; au milieu, une jeune femme; à droite, deux autres pécheurs dont, les visages expriment la souffrance.

H., 1,94; L., 1,39. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par Bolswert et François Langot. Peint, vers 1630, pour la chapelle de Sainte-Thérèse dans l'église des Carmes décliaussés. Transporté à Paris de 1794 à 1815. Il en existe de nombreuses copies; l'une fut achetée 16,000 francs, en 1859, à la vente Patureau, par le roi des Belges (voir p. 134); l'autre appartient à la ville de Lierres, une troisième figure dans la collection de lord Ellesmeere, à Londres. Ce tableau n'est pas entièrement de la main de Rubens ; c'est l'œuvre d'un élève, van Thulden peut-être, que le maître a retouchée dans les deux figures principales.

*300. — Le Christ à la paille (I).

Il est assis, de face, sur la pierre du tombeau que recouvre une botte de paille, les jambes pendantes vers la droite, la téte inclinée sur l'épaule gauche, soutenu sous le bras droit, à gauche, par un vieillard, au teint coloré; au miheu, de face, la Vierge, les yeux au ciel, le visage enveloppé d'un voile bleu, lève de ses deux mains les pans du linceul ; derrière elle, au fond, saint Jean; à droite, la Madeleine éplorée.

H., 1,79; L., 0,90. B. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Vie. Ryckmans, Claessens, Massard, etc. Panneau central d'un triptyque exécuté vers 1618 et destiné à

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