PEINTURE EN BELGIQUE
Les peintres flamands, depuis le moyen âge, ont eu la gloire,, à deux reprises, de pouvoir être regardés comme les premiers peir>tres du monde et de donner à l'art européen son mot d'ordre et sa direction. C'est à Florence, il est vrai, au xiv'^ siècle, sous la puissante impulsion de Giotto, que la peinture, sous sa forme monumentale, décorative, narrative, dans la fresque, avait brillamment conquis ses premières libertés; mais c'est à Bruges et à Gand, dans les premières années du siècle suivant, qu'elle acquit, par l'initiative hardie des frères Van Eyck, sous sa forme mobile et expressive, dans le tableau, sa plus haute perfection technique, en même temps qu'elle ouvrait aux artistes un champ de découvertes illimité, en présentant nettement l'observation scrupuleuse et la représentation exacte de la nature vivante comme le principe même de l'art et la condition de tout progrès. Le rayonnement de cette première école naturaliste fut rapide, et toutes les autres écoles s'en trouvèrent éclairées. On retrouve l'action des van Eyck ou de leurs successeurs dans le mouvement général de retour à l'admiration et à l'analyse de la réalité qui se manifeste alors à Florence et à Venise, aussi bien qu'à Harlem, Cologne, Nuremberg, etc.
Dans le siècle suivant la suprématie passe à l'Italie, et les peintres flamands n'ont, la plupart, d'autre ambition que celle de ressembler le plus possible à leurs confrères d'outre-mont. C'est, pour eux, une période d'humililé et d'abnégation, non