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LA PEINTURE EN BELGIQUE

une foule presque innombrable de peintres savants et novateurs, dans les genres les plus divers, dès que le génie puissant de HiBENs (l577-lG/iO), jetant la lumière et l'ordre dans ce chaos, les eut encouragés, rassurés et dirigés. 11 n'y a pas dans l'histoire de l'art d'explosion plus rapide ni plus triomphante. Ce maître superbe, par Tuniversalité de son imagination qui embrasse tous les aspects de la fantaisie et de la réalité, comme par la diversité de sa prodigieuse technique, ouvrait tous les chemins à la fois, et, de tous côtés, il trouva d'habiles praticiens prêts à le suivre. Ce furent tantôt des artistes variés et souples, comme lui-même, tels que ses élèves, parmi lesquels van Dyck (1599-l(3'40) s'éleva au premier rang, ou ses compatriotes, J.vcQi KS JoHDAKNs 1 1593-1678) et Gaspard de Crayer (1582-1G69), qui, dans certaines occasions, semblèrent presque ses rivaux et déployèrent, dans leurs grandes compositions, l'un une ardeur sensuelle de coloriste, l'autre, une gravité noble de pensée, qui en font des maîtres supérieurs, — tantôt des spécialistes convaincus et brillants, tels que les portraitistes Cornélis et Simon de Vos, Pierre Meert, van Oost le Vieu.v, etc., les animaliers Snyders et Kyt, les peintres de paysanneries, de scènes familières et j)opulaires, David Teniers, Adrien Brauwer, les Hyckaert, Go.nzai.ès Coni'ES, Biset, François Duchastei., les paysagistes Brleghel de Veeours, van Uden, Jean Siberechts, les frères Hi YSMANs, les peintres d'architecture, les van Steenwyck, Pieter Neefs, van Ai.sloot, les peintres de natures mortes, Adrian van Utrechp, Jan van Ks, 1)\mel Sechers, etc.

Ou conçoit ((u'à la suite d'une pareille floraison le terrain flamand ait pu sembler épuisé et qu'il ait dù prendre quel({ue repos durant le xvni'" siècle où n'apparaît guère, au milieu de la torpeur académique, qu'un successeur intermittent, parfois brillant, des grands maîtres, Pierre Verhaciikn (1728-1811). Le sol, pourtant, restait toujours le même; on le vit bien lorsque, à l'appel du romantisme, la peinture renaquit en Europe vers 1830. Les Belges ne furent pas les derniers à retrouver le goût et la pratique de la bonne peinture et de Tobservation sincère ; leur école est aujourd'hui une des plus actives encore et une des plus variées parmi les écoles contemporaines.

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