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XII LA. PEINTURE EN BELGIQUE

lités natives de sincérité et d'exaciitude, sans pouvoir en jamais rapporter l'intelligence complète de la beauté plastique et des élégances rythmiques qui semble réservée aux rac<^s grécolatines, mais qu'ils s'acharnent obstinément à poursuivre.

Tous les Romanistes, comme on les appelle, ne furent pas^ d'ailleurs, des victimes également malheureuses et inutiles de cet enthousiasme exotique. Les premiers qui traversèrent les monts, Jean Gossaert, de Maubeuge (l/i70-1520 ? ), Bernard van Orley, de Bruxelles (UOO (?)-15/i2), gardèrent encore, sous dessurcharges d'accessoires ou de réminiscences étrangères, un fond reconnaissable de simplicité ou de virilité; mais, après eux, l'imitation devient de plus en plus servile et insipide chez leurs élèves et successeurs, tels que Michel Cocxie (l/i99-i592), Pierre Colcke, d'Alost (1502-1550), Lambert Lombard, de Liège (1505-1560), dont le disciple, Frans Floris (1518 (?)-1570), de la grande lignée artistique des de Vriendt, joua, à Anvers, un nMe semblable à celui que remplissait Vasari à Florence. Homme de vaste culture et d'une haute intelligence, à la fois peintre et sculpteur, Frans Floris, surnommé VIncomparable, prit aussi Michel-Ange comme modèle et précipita toute l'école d'Anvers dans un maniérisme pédantesque, prétentieux et glacial. Les familles laborieuses des De Vos et des Francken le suivirent dans cette voie avec une activité et une fécondité infatigables. Pendant ce temps, d'autres Flamands, complètement fixés à l'étranger, y perdaient à la fois leur caractère et leur nom, pour devenir de véritables italiens, Galvaert, Pietro Candido, Pedro Campana, etc. Les seuls qui gardassent intact le ujâle amour flamand pour les réalités vivantes, le beau métier, les colorations joyeuses, étaient quelques peintres de mœurs populaires, Pierre Brueghel (le Vieux ou le Drôle) (1526 (?)-1569) et Beuckel\er(1530(?)-1573(?), ou quelques portraitistes, Pierre Pourbls, Josse van Cleve, Neuchatel, Adrian Key, etc.

Tout ce travail d'importations et d'exportations n'avait cependant point été stérile et ne devait pas ciemeunr infructueux. On voit, dans les dernières années du xvi^ siècle et dans les premières du xvif , tous les éléments naturels ou acquis, traditions indigènes et imitations ultraraontaines, s'agiter, surtout à Anvers, dans une confusion étrange, mais féconde, d'où va sortir

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