‹ La Belgique horticole (volume 2)Chapitre 19 sur 121 · FAMILLE DES CACTÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES CACTÉES

Par M. Épouarp MORREN.

Figuré Planche IL.

Mamillaria HaworTx, 1812. — Voyez : MiQuer, DE CANDOLLE, TORREY et GRAY, SALM-DyCKk, ENGELMANN, PFEIFFER, ZUCCARINI. — DE CANDOLLE (Prodrome), ENpricxer(Genera plantarum), BENTHAM et HoOKkER (Gen. plant.). — LABOURET, LEMAIRE.

Mamillaria senilis Sazm-Dycx : Cacteae in Horto Dyckhensi cultae, 1850, p. 12 et 82. — LABOURET : Monogr. de la fam. des Cactées, Paris, 1853, p. 30. A l’exclusion des M. Hasselofii et Linkei. — Revue horticole, 1853, p. 333.

Mamillopsis : Flores ex axillis tuberculorum oriundi. Perianthi tubus elongatus cylindraceus, phyllis muticis, levibus, petaloideis instructus. Phylla perianthi 14-16, imbricata, patentia. Stamina exserta, biserialia, exteriora tubo adnata, interiora fundo tubi inserta. Stigma radiis (6) erectis. Bacca ?

Caulis subglobosus v. cylindraceus, tuberculis apice aculeiferis, spiraliter opertus. Flores solitarii, erecti, majusculi per aliquot dies noctu dieque aperti.

M. senilis. Tige en sphéroïde ou cylindrique, épaisse de 5-10 centim. et s’élevant jusqu’à 2 décim., simple, prolifère à la base, mamelonnée. Mamelons (tubercules, podaires) épais, émoussés, non sillonnés, vert clair, nombreux, serrés et disposés en spirales serrées. Aiïsselles nues. Aréoles (pulvinus, pulvillus, coussinets, tyléoles) garnies de tomentum blanc. Aïiguillons trèsnombreux, longs de 3 centim., dirigés en tous sens et entrecroisés, comme des crins blancs, raides, acérés : deux d’entre eux (accidentellement 3) situés vers le centre, sont plus épais et courbés en crochet. Fleurs à l’aisselle des mamelons de l’année précédente et situées à peu de distance (2 centim. environ) du sommet de la tige, assez grandes (environ 7 centim. de hauteur, sur 5-6 centimètres de diamètre), dressées, tubuleuses, hypocratérimorphes, rouge orangé avec des teintes violacées. Tube droit, allongé (environ 32 millim. y compris l'ovaire), régulier, un peu infundibuliforme, garni de folioles pétaloïdes qui sont sans aiguillons à leur aisselle, de 4-12 millim. de long, sur 2-4 millim. de large, rouge orangé vif et violacées à l’extrémité. Limbe étalé presque à angle droit avec le tube, large de 4-6 centim., formé de 14-16 divisions oblongues, un peu canaliculées denticulées, longues de 20-23 millim., sur 3-5 de large, rouge orangé brillant avec une bande violacée en dessous. Étamines nombreuses, libres, si ce n’est le rang extérieur qui est soudé au tube, à filaments dressés, droits, égaux, dépassant le tube de 20 millimètres environ, blancs dans la partie incluse, rose-orangé dans la partie

HÉye/a

exserte. Anthères jaune orangé sale. Style dépassant un peu les étamines, rouge carminé: stigmate à 6 divisions, de 3 millimètres, ne s’étalant pas et de couleur rose.

La floraison a lieu au commencement du printemps. La fleur dure 7 à 8 jours. Elle n’est pas météorique comme celle des Mamillaria.

Le fruit ne s’est pas développé.

La patrie de la plante et son origine sont inconnues.

Le genre Mamillaria, de la famille des Cactées, a été constitué en 1813, par Haworth, sur l’ancien Cactus mamillaris de Linné. Son nom de Mamillaria vient de Mamilla (et non de Wamma) et il rappelle les petites proéminences dont leur grosse tige bouffie est toute couverte et qui sont terminées chacune par un petit coussinet de poils et d’aiguillons parmi lesquels on en distingue qui sont droits et d'autres qui peuvent être courbés en hamecons. Les fleurs viennent à l'aisselle de ces mamelons, ordinairement à la partie supérieure de la plante et en formant un cercle : elles sont en général petites, avec le périanthe campanulé ou infundibuliforme, donnant insertion aux étamines. L’ovaire est le plus souvent immergé dans le tissu de la tige, lisse, ovoïde, prolongé en un style allongé se terminant par un stigmate rayonné. Ce fruit est une baie lisse, allongée et couronnée par les vestiges de la fleur.

Les botanistes ont décrit environ 300 espèces de Mamillaria et Dieu sait combien les horticulteurs en ont distingué de formes intéressantes. Le plus grand nombre vient du Mexique et des régions chaudes de l'Amérique septentrionale, le Texas, la Californie : Les autres croissent au Brésil, aux Antilles et même jusqu'en Bolivie.

Engelmann, botaniste américain, qui s’est beaucoup occupé des Cactées, répartit les Mamillaria vrais en trois sections :

1. EumamizzartA : mamilles sanssillon. Fleurs naissant à l’aisselle des mamilles de l’année précédente. Ovaire ordinairement immergé, fruit émergeant à l’époque de la maturité.

2. CoRIPHANTA : mamilles sillonnées : fleurs naissant à l’aisselle de mamilles de l’année ou du sommet même de la tige. Ovaire émergé.

3. ANHALONIUM : mamilles presque foliacées, triangulaires, lisses ou verruqueuses au sommet. Fleurs insérées sur les tubercules de l’année, pressées au sommet de la tige, petites et à ovaire émergé.

Pour beaucoup d'auteurs les Coryphanta et les Anhalonium constituent de bons genres bien distincts.

La classification des Cactées a été fondée en partie par le prince Joseph de Salm-Dyck dont les collections jouirent naguère d'une légitime réputation et qui a publié en 1850 une monographie des Cactées. IL me paraît intéressant de publier ici la lettre que le prince voulut bien écrire à mon père, en lui offrant un exemplaire de cet ouvrage.

Dyck, ce 25 avril 1850.

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