MONSIEUR
Je puis enfin avoir le plaisir de vous envoyer mon travail sur la famille des Cactées, et je vous prie de vouloir bien lui accorder un moment de bienveïllant examen.
Quoique j’aie exposé, dans un petit avant-propos, le but de l’ouvrage et la marche que j’ai suivie, je crois devoir vous donner encore quelques explications pour légitimer ma division de la famille en sept tribus, car elle est la base de tout mon système et il importe donc qu’elle soit bien établie. Elle est du reste parfaitement naturelle et toutes les Cactées que nous connaissons jusqu'ici se rangent facilement d’après l’ensemble des caractères qu’elles présentent, dans 7 grandes divisions.
Personne ne les conteste; mais on n’a jamais bien fixé le rang et la valeur qu’il fallait leur assigner dans une classification exacte de la famille, On a voulu jusqu'ici n’y voir que des genres ; mais les caractères qu’on a été forcément conduit à leur assigner, sont restés tellement vagues et réunissaient des plantes tellement disparates que tous les essais de ce genre n’ont satisfait personne, et qu’ils ont même dégoûté les botanistes de l’étude d’une famille qui ne présentait, sous tous les rapports, que des incertitudes et du désordre. Il fallait donc chercher à sortir de ce pénible état, et il m’a paru que l’on pouvait remédier à tout en prenant une autre route, et qu’en assignant à chacune de ces grandes divisions la valeur d’une érihu, on pouvait conserver à celle-ci leur caractère de généralité et circonscrire ensuite les genres dans des limites très-précises.
J’ai cherché à exécuter ce plan, et si vous voulez, Monsieur, jeter d’abord un coup d’æœil sur le tableau synoptique de la famille et examiner ensuite le caractère attribué à chaque tribu, vous verrez que les genres se forment, en quelque sorte, d'eux-mêmes de la décomposition de ce caractère principal et qu’il suffit pour cela de bien observer les modifications qu’il peut avoir subies. Cette marche méthodique me semble avoir de très-grands avantages pour l'avenir surtout d’une famille dont à peine nous connaissons la moitié.
L'ordre dans lequel les tribus se succèdent étant fixé (et calculé de manière à lier la famille des Ficoïdées à celle des Grossulariées) les genres se succèdent également dans l’ordre de leurs affinités : on ne sera donc plus :dans le cas de