‹ La Belgique horticole (volume 2)Chapitre 7 sur 121 · AE TRES · texte numérisé non relu

AE TRES

La vie de Jacob n’est pas sans présenter de la ressemblance avec celle de Paxton. L’une et l’autre sont des exemples à présenter au peuple pour fortifier le courage et la persévérance: ils sont nés dans la classe ouvrière et ils sont arrivés à l’aisance et à la renommée.

Lambert Jacob était un caractère fortement trempé : c'était un liégeois de vieille souche, un ancien Eburon et il avait les signes distinctifs de cette race : il était doué de qualités éminentes, mais incarnées dans une nature populaire et rude : il était énergique, ferme, emporté, loyal et bon. Robuste, de grande taille, à larges épaules, sec et nerveux, il avait le front haut, l’œil vif avec le regard clair, scrutateur et enjoué ; la bouche serrée, avec les lèvres fines, mordantes et rieuses et la voix stridente. Singulier assemblage d’une âme d’élite dans un tempérament rustique et violent. Il avait surtout le don de discerner avec vivacité et de vouloir avec fermeté.

Ce n’était pas seulement le goût des plantes qui l’avait attiré chez le fleuriste Makoy, mais aussi d’autres attraits auxquels il ne fut jamais insensible. Il y revenait volontiers et bientôt, ayant amassé un petit pécule, il se maria en 1810 avec M'° Makoy et s’établit comme jardinier-fleuriste, car on ne se servait päs alors du nom pompeux d’horticulteur.

Il n’en est pas moins vrai que la fondation de l’établissement Jacob-Makoy remonte à 1810 et que cette date lui donne la priorité, sinon sur toutes les maisons d’horticulture actuellement existantes au moins sur les plus célèbres d’entre elles. La Société d'agriculture et de botanique de Gand avait été constituée le 10 octobre 1808, mais dans l'Est de la

Belgique l’art des jardins était alors moins perfectionné que dans les Flandres.

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