‹ La Belgique horticole (volume 2)Chapitre 70 sur 121 · PONS · texte numérisé non relu

PONS

reste plus qu’à la couvrir d’une chemise comme on dit dans la pratique.

La chemise consiste ordinairement en une couche de litière ou de fumier non consommé, que l’on étend sur la meule, et dont l’épaisseur varie, suivant la température, de 0"05 à 010. On peut utiliser pour cet objet la mousse qui croît dans les forêts; maïs on ne doit employer la paille que si l’on ne peut faire autrement. Lorsqu'on a besoin de déplacer cette couverture, pour les opérations de culture ou pour la récolte, on doit ne le faire que partiellement et la replacer aussitôt après.

Les couches à l’air libre donnent des produits moins abondants, mais plus savoureux ; aussi cette méthode, moins avantageuse pour la spéculation, se recommande-t-elle plus spécialement aux amateurs.

| (Journal d’agr. pratique)

BULLETIN DE NOUVELLES ET DE LA BIBLIOGRAPHIE

Nouvelles de l'Exposition de Florence. — Le Gardeners Chronicle nous apporte, le 23 Mai, le récit détaillé des floralies florentines : nous en extrayons les renseignements les plus intéressants.

Les opérations du jury ont été fort lentes : néanmoins on savait déjà que MM. Veitch avaient le 1° prix des Nepenthes ; M. Linden les premiers prix pour les Dracaenas nouveaux, les Aroïdées, le Zamia Roezli et pour les Palmiers.

Le prince Demidoff à été le lion de l'exposition : toutes ses collections, fort nombreuses, étaient splendides et intéressantes.

M. Linden a fourni tout un bosquet de Palmiers rares ou nouveaux, parmi lesquels on a remarqué : Cocos elegantissima, de l'Amazone ; Wallichia mycrostigma ; Glaziova insignis remarquable par une bande de poils laineux de chaque côté de la nervure médiane à la face supérieure ; Geonoma gracilis ; Hyospathe chirignensis, Pritchardia Gaudichaudii el Phænix rupicola.

Dans le contingent de M. A. Van Geert, M. Wendland a beaucoup remarqué un Areca Dicksoni, de Coromandel.

M. Alexis Dallière est de tous les exposants étrangers celui qui a pris la plus grande place à l'exposition où ses collections ont été fort admirées.

Il en est de même des Conifères nains du Japon envoyés par M. Stelzner de Gand, et des Agaves de M. Jean Verschaffelt.

M. E. Delchevalerie est venu du Caire avec une collection de produits égyptiens. R

Le grand jury, réunion des présidents de section, a réparti les prix d'honneur entre le prince Demidoff, MM. Linden, Dallière, Corsi- Salviati et la Direction du jardin botanique de Florence.

Le D' Hooker a été acclamé président du Congrès, lequel a réuni environ 200 botanistes. ;

Les contingents les plus remarqués ont été les Crotons du Prince Demidoff, les végétaux de serre chaude du marquis Torrigiani et du marquis Corsi-Salviati, les Agaves et les Bambous de M. le chevalier Fenzi, les collections de MM. Linden et Dallière et les plantes nouvelles de M. Veitch. |

Une maladie du professeur Parlatore a empêché cet illustre savant de prendre part aux séances du Congrès et du jury.

M. le D' Moore, de Glasnevin, a exposé un hybride (X S#. Moorei) de Sarracenia flava et Drummondii : il a rencontré, dans les galeries de l'exposition, son frère M. Charles Moore, arrivant de Sydney.

Ch. Gilbert. Zes fruits belges, abrégé historique de la pomologie belge, br. in-8°, Brux. 1864. Ce mémoire, couronné en 1873, par la Société royale Linnéenne de Bruxelles, vient de paraître dans le Bulletin de cette Société ; il nous a paru remarquable, fort bien fait et digne d'attention : c’est un travail sérieux et plein d'érudition sil ne s'occupe pas seulement des poires mais aussi des autres fruits. Nous devons cependant exprimer notre étonnement de ce que les fruits de M. Brahy-Eckenholm, amateur à Herstal près Liège, par exemple la Pêche Souvenir de Java, ne figurent pas dans l'ouvrage de M. Gilbert, non plus que tous les fruits décrits et figurés par Charles Morren dans les Annales de Gand et dans les premiers volumes dela

Belgique horticole.

Th. Rumpler. Deutscher Garten-Kalender 1874. 1 vol. in-l6°, Berlin, chez Wiegand, etc. — Cet almanach horticole est publié par le secrétaire de la Société d'Erfurt: il contient quelques bons articles, par exemple sur les maladies des arbres fruitiers par M. Paul Sorauer.

Il donne aussi une liste des Sociétés d’horticulture de l'Allemagne qui

peut être utile à consulter. Il est accompagné d'un agenda de poche.

Laboratoire de microscopie végétale. — M. Lejeune, directeur de l'Institut de Gembloux, recommande dans son rapport triennal, à la sollicitude de M. le Ministre de l'Intérieur, pour l’enseignement agricole, la création à l'Institut d'un laboratoire de microscopie. Il fait fort bien ressortir, dans les lignes suivantes, l'utilité qu'il y a aujourd'hui à connaître le microscope, ses usages et son emploi.

« Aucun établissement d'instruction en Belgique, dit M. Lejeune, n’a encore introduit dans son enseignement les observations microscopiques, tandis que, dans d’autres États, les facultés de sciences possèdent de ces laboratoires que nous avons même rencontrés dans la section agricole de l’université de Halle, dirigée par le savant professeur D' Julius Kühn. Personne n'émet le moindre doute sur l’utilité d'introduire dans l’enseignement les analyses chimiques et d'exercer les jeunes gens dans cette partie si importante de la science ; les écoles d'agriculture particulièrement sout entrées largement dans cette voie, à cause de la transformation qui s'est opérée récemment dans les études agricoles, qui deviennent de plus en plus expérimentales; la nourriture du bétail et des plantes, l'étude des aliments et des engrais, les questions si nombreuses qui sont posées chaque jour par les industries du sucre, de la bière, du vin, des alcools, du vinaigre, de l’'amidon, de la panification, des farines, de la soie, du lin, du tabac, etc., etc., les maladies des plantes et du bétail et quantité de faits qui ont trait à la physiologie et à l'hygiène, exercent journellement la sagacité des chimistes dans beaucoup d'écoles et de stations agronomiques, pour éclairer le producteur et le consommateur sur des points qui les intéressent au plus haut degré. On doit reconnaître cependant que toutes les questions posées aux chimistes ne peuvent être résolues par les réactifs et la balance; il en est plusieurs qui ne peuvent être étudiées que par l'examen à la loupe ou au microscope ; de ce nombre, nous pouvons citer les falsifications du lait, des semences, des farines et de l’amidon, la parfaite digestion des aliments, certaines maladies ou avaries provenant de la présence de champignons microscopiques ou d'animaux inférieurs, des altérations de matières alimentaires telles que tourteaux, sons, farines,

one

grains, La distinction des espèces textiles, etc., ete: Dans tous ces cas, ! les réactifs sont impuissants, tandis que les instruments précités nous font ‘lécouvrir la vérité ou l’objet que nous cherchons.

« Malgré cette utilité incontestable du microscope, combien peu. d'hommes, même parmi les savants, savent manier cet utile instrument, que le D' Julius Kühn appelle le meuble du cultivateur! Le maniement du microscope n’exige pas cependant des études aussi longues que l'analyse chimique ; on parvient aisément à enseigner la manière de faire de bonnes préparations et à monter l’appareil à la vue de l'observateur, qui dès lors saura, dans beaucoup de cas, s'en faire un précieux auxiliaire pour se guider dans sa pratique. »

Les, considérations précédentes ne manqueront pas, nous l’espérons, d'attirer l'attention de M. le Ministre de l'Intérieur, et de le décider: à doter prochainement l’Institut agricole d’une salle de microscopie.

À ce propos nous nous rappelons que, dès 1869, dans un rapport adressé à M. le Ministre de l'Intérieur, au sujet d'un voyage d'étude que nous fimes en Allemagne, nous avions déjà insisté particulièrement sur l'utilité d'enseigner quelques notions concernant le maniement du microscope, comme cela se faisait alors à l’École agricole: de Tharand.

Nous disions que la physiologie végétale doit ses plus grandes découvertes à l'emploi du microscope. I est presque le seul moyen de découvrir les falsifications des farines, d’après la forme des globules amylacés. Nous citions aussi l'opinion d'un chimiste distingué. |

« Les observations à la loupe et au microscope, dit Gherrard, ont acquis beaucoup d'importance et sont devenues un puissant auxiliaire, de l'analyse chimique.

« Un simple examen au microscope suffit presque toujours pour indiquer si l’on a affaire à une substance homogène ou à un mélange. Mais c'est surtout dans l'étude des matières d’origine organique que. ces instruments rendent les services les plus signalés, car, dans ce cas, il n’est pas rare que leur emploi en apprenne bien plus que celui des réactifs, sur la nature des principes immédiats qui font partie de ces substances. » (Parisez, Journ. de la Soc. agric. du Brabant).

ue

< = ep] ei és) = Fe un!

< =] © ep] css) < En

1874, pl. X.

La Belg. horticole.

or

NOTICE SUR LES TACSONIA CULTIVÉES, SPÉCIALEMENT SUR LE TACSONIA INSIGNIS Masr.

PAR M. EpouArRD MORREN.

FAMILLE DES PASSIFLORÉES.

Figuré planche X.

Tacsonia Juss. Gen. plant. (1789), 398; Ann. Mus., VI (1805), p. 388. — T. MasTers, Contributions to the Natural History of the Passifioraceue, 1870, in Zrans. of the Linn. Soc. of London, vol. XX VII; Passifloraceae in MarTir Flor. bras., 1872.

Flores hypocraterimorphi. Tubus elongatus limbo aequalis vel saepius eo longior. Gynophorum longissimum exsertum. Styli 3. MASTERS L. c.

Les Tacsonia sont de brillantes lianes que la nature a confinées dans l'Amérique du Sud, sur les versants les plus élevés des Andes où les botanistes-voyageurs sont allés les chercher pour les apporter dans les jardins d'Europe. Leurs tiges sarmenteuses se soutiennent à l’aide de vrilles : leurs feuilles, accompagnées de stipules foliacées et d’un pétiole avec des petites glandes, sont rarement simples mais ordinairement lobées à nervation palmée. Les fleurs, qui sont fort belles, viennent à l’aisselle des feuilles où elles sont en général suspendues à des pédoncules plus ou moins allongés. Ces fleurs ressemblent si bien à celles des Passiflores que beaucoup de botanistes hésitent à séparer les deux genres. MM. Triana et Planchon, par exemple, dans leur récente description des Passiflorées de la Nouvelle- Grenade, confondent les T'acsonia parmi les Passiflora. Cependant le D'° Masters a maintenu la distinction dans la remarquable monographie des Passiflorées qu’il a rédigée pour la Ælora brasiliensis. Les Tacsonia se distinguent surtout, d'après ce savant, par le tube allongé du périanthe qui donne à la fleur la forme d'un hypocratère, par la couronne de la gorge qui consiste en verrucosités ou en filaments courts, excepté dans Le 7. pinnatistipula, et par la présence au fond du tube d’une paracorolle courte, membraneuse et réfléchie.

Malgré cela les limites entre les deux genres sont difficiles à tracer,

bien que M. Masters en ait exclu toutes les formes douteuses ou monstrueuses (Le Poggendorfia de Karst, etc.).

Le genre Tacsonia a été créé dans la science par A. L. de Jussieu en 1789 : le nom qu'il lui a donné est une singulière latinisation du mot 7Z'acso que les Péruviens emploient pour désigner une de ces plantes et que Cavanilles avait attaché au Passiflora Tacso. La plupart d’entre elles donnent des fruits comestibles, sucrés, aromatiques, d’une saveur acidulée et agréable, dont on fait usage dans l'Amérique du Sud sous le nom de Cuwruba (prononcez Courouba).

S'il est difficile en botanique de distinguer les acsonia des Passiflora, il n’en est pas de même en horticulture. Les Tacsonia viennent sur les hautes montagnes des Cordillères depuis le Chili jusqu’à la Nouvelle-Grenade, et ne descendent pas dans le Brésil : ils se plaisent dans les régions fraîches et aérées : leur feuillage est robuste, souvent pubescent en dessous et d’une allure plus rude que celui des Passiflora. Leurs fleurs sont généralement grandes, belles, pendantes et le plus souvent rouges ou roses.

On les cultive en serre tempérée, même en serre froide : quelquesuns peuvent passer l'été dans le jardin quand on met à leur disposition une situation chaude et abritée du vent. Mais il convient de ne pas leur ménager l'espace. Ils donnent en un an des pousses de 4-5 mètres de longueur : les fleurs viennent à l'extrémité des jeunes pousses dont il faut par conséquent sauvegarder l'existence. La véritable place des Tacsonia, dans nos cultures, est aux jardins d'hiver et aux serres qui font partie des appartements. Là, ces lianes prennent leur essor ; leurs élégants festons s’élancent près du vitrage, retombent en gracieuses guirlandes, et leurs fleurs sont librement suspendues dans l'air.

Pour suffire aux besoins d’une végétation aussi exubérante, il faut un sol riche et frais, mais qui ne soit pas trop froid ; on conseille un mélange de terre franche et de terreau.

La multiplication se fait aisément au moyen de boutures et par les graines dont ces végétaux ne sont point avares.

M. le D' Masters a donné il y a 3 ans une monographie complète des Tacsonia : nous ne nous arréterons ici qu'aux espèces cultivées en Europe, parmi lesquelles il en est d’ailleurs qui sont nouvellement arrivées : nous ajouterons quelques renseignements concernant la

botanique horticole et pour tout le reste nous résumons le travail du D' Masters.

Page 1