‹ La Belgique horticole (volume 2)Chapitre 84 sur 121 · Concours n° 91 : 30 Cactées : médaille en argent · texte numérisé non relu

Concours n° 91 : 30 Cactées : médaille en argent

M. J. VanDRIEssCHE-LEys, à Gand :

Concours n° 220 : Bouquet en fleurs sèches.

M. L. VAN HourTTE, à Gand :

Médaille en or, pour la Flore des serres.

M. L. STROOBANT, à Gand :

Médaille en or, pour spécimens de chromolithographies.

M. Éd. Morrew, à Liége :

Médaille en bronze, pour spécimens de a Belgique horticole.

M. CAPEINICK, à Gand :

Médaille en bronze, pour une collection de poires et de pommes.

M. STEELs-LAMMENS, à Gand :

Concours n° 248 : médaille en bronze, pour des spécimens de

matières fertilisantes.

Le Moniteur belge, du 31 mai 1874, mentionne, en outre :

M. Éd. PYNAERT, à Gand :

1°" Prix, médaille en argent, pour plans de jardins.

Une médaille en bronze à M. A. Dallière, pour un Araucaria eæcelsa.

Une médaille en bronze à M. A. Stelzner, pour des Conifères nouveaux.

Une médaille en argent à M. Jean Verschaffelt, pour 4 Palmiers nouveaux, savoir : Corypha cerifera, Kentia australis et Forsteriana, Veitchia canterburyana.

Enfin, sous le titre de Prix de coopérateurs, une prime de 200 francs a été attribuée à M. Tavernier, jardinier chez M. Linden et à M. Devenster, chef de culture chez M. A. Dallière.

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LE CLIMAT ET LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BRÉSIL

PAR M. EMMANUEL Luis,

Directeur de l’Observatoire Impérial de Rio de Janeiro.

(Chavitre détaché de l’ouvrage intitulé : Climats, Géologie, Faune et Géographie botanique du Brésil. Paris 1872).

os

Climatologie du Brésil.

(Suite à la page 193).

Ces deux mouvements, dans les deux hémisphères, se combinent pour déterminer à l'Équateur un courant très-lent, il est vrai, du fond vers la surface, mais existant toutefois dans toute la largeur de l'Atlantique, depuis le golfe de Guinée jusqu’à la côte d'Amérique. Mais les eaux venant des pôles vers l'Équateur, ou bien aussi venant du fond vers la surface, ont, dans le sens de la rotation terrestre, un mouvement de transport d'une vitesse moindre que celle de la surface équatoriale du globe.Elles se comportent donc relativement à cette superficie, comme si celle-ci était immobile, et si elles, au contraire, possédaient un mouvement de transport de l’est à l'ouest. De là résulte à la surface des mers, dans la bande équatoriale, un mouvement général des eaux dans le sens de l’est à l’ouest, lequel, en apparence, est beaucoup plus fort que le mouvement presque insensible et à peine percu, de déversement de ces eaux vers le nord ou vers le sud. Ce petit mouvement de transport de l’eau vers les pôles, à la surface, a même pour effet de faire disparaitre très-vite, à une petite distance de l’Équateur au nord et au sud, le mouvement apparent superficiel vers l’est ; car les eaux, en s’éloignant de l'Équateur, arrivent alors dans des régions animées d'une vitesse moindre par la rotation terrestre, à cause du plus grand rapprochement de l’axe de cette rotation, et par conséquent le retard de ces eaux, d’où résultait à l'Équateur le mouvement apparent vers l’est, disparaît. On voit ainsi

comment le courant équatorial de l’est doit nécessairement être très-

limité en largeur. En outre, les eaux douées de cette tendance à s'élever, près de l'Equateur, des couches profondes des mers vers la surface, sont des eaux plus froides que ne seraient celles de cette surface dans l’état de repos. Une fois arrivées à la superficie, et en prenant leur mouvement lent vers les pôles, elles atteignent alors leur température maximum, après quoi cette température décroît, par suite de la diminution de l’action solaire, laquelle, à cause de

l'augmentation de la latitude, arrive à ne plus pouvoir compenser

le refroidissement par rayonnement.

Le long de l’Équateur, il existe donc un courant oriental d'eaux relativement plus froides que les eaux superficielles des régions océaniques à quelques degrés au nord et au sud, lequel courant naït dans l'Atlantique, depuis le golfe de Guinée jusqu’à la côte de l’Amérique, en augmentant toujours d'intensité en approchant de celle-ci ; car, malgré le déversement incessant ayant lieu au nord et au sud, tout le long de son parcours, de la nouvelle eau arrive sans cesse du fond pour remplacer les pertes, et, à cause du courant déjà existant, chaque nouvelle eau rencontre de moins en moins de résistance à son mouvement oriental. Dans ma première traversée d'Europe au Brésil, en 1858, pour laquelle j'avais choisi un navire à voiles, précisément dans le but de séjourner plus longtemps sur l'Océan, afin d’y faire une série de recherches, dont, depuis cette époque, mes autres voyages ne m'ont pas encore laissé le temps de publier tous les résultats, j'ai eu occasion de noter cet abaissement de température de l’eau de la mer dans le voisinage de l'Équateur. Ainsi, au mois de juillet 1858, depuis 10° de latitude nord, je trouvai, en avançant vers l'Équateur jusqu’à 6° de latitude, la température de l’eau de la mer supérieure à 27° jour et nuit(l). Par 6°,30 de latitude, la température en question avait atteint son maximum de 27°,6. A partir de là, elle diminua. Par 3° nord, elle n'était plus que de 26°,2; par 1° à midi de 25°.

pen

Elle resta à ce chiffre jusqu'à 2° sud, elle était revenue déjà à

(1) Elle varie d’ailleurs à peine du jour à la nuit dans ces régions. Cela tient à l’épaisseur de la couche échauffée par le soleil, dont les rayons pénètrent profondément et à ce que le refroidissement est limité à l’extrême surface; dont les molécules aqueuses descendent à mesure du refroidissement, et sont remplacées par d’autres plus chaudes.

26°,2 et par 6° à 27°,0, après quoi elle recommenca à diminuer ; mais à 10° sud, bien que l’époque fùt celle de l'hiver de l’hémisphère austral, circonstance à cause de laquelle le maximum était inférieur à celui de l'hémisphère boréal, elle était encore à 25°,2, c’est-à-dire supérieure à celle de l’Équateur.

Le courant en question, froid relativement, vient, en se portant vers l’est, frapper la côte du Brésil, au nord du cap Saint-Roch, et l'accompagne à partir de ce point. Dans cette région, l'Océan est encore librement ouvert au nord, et l'appel des eaux froides par le fond de la mer continue donc dans cette direction. L’intensité du courant est alors non-seulement maintenue, mais encore augmentée dans ce trajet, jusqu'aux Guyanes, malgré les résistances éprouvées par lui. En outre, le froid relatif de ce même courant est encore conservé par l’arrivée de nouvelles eaux du nord. Ce fait explique aisément l’'abaissement de la température de la côte en question. Mais en arrivant aux Guyanes, la déviation de la côte, dont la direction se rapproche âu méridien, amène une diminution dans l’action des causes par lesquelles les eaux froides sont appelées. Aussi à partir de là, voyons-nous Ia température du courant en question s'élever progressivement, et, par suite, son action pour refroidir la température de la côte diminuer comme nous venons de le constater. En continuant sa route, le même courant arrive enfin près l’île de la Trinité, et se trouve entièrement engagé dans le golfe du Mexique, dont, par sa vitesse, ii tend à refouler les eaux et à élever le niveau. Alors les eaux du golfe sont tenues de se déverser au dehors dans l'Atlantique, vers la Floride, où aucune action ne les comprime, et elles donnent ainsi naissance au vrai courant du Gulf-Stream, lequel, formé d'eaux chaudes superficielles se dirigeant vers le nord, prend un mouvement apparent vers l’ouest, par suite de l'excès de sa vitesse occidentale relativement à la vitesse de rotation des points vers lesquels il se dirige. À partir de son entrée dans le golfe du Mexique, le courant froid équatorial situé dans une mer chaude, fermée au nord comme au sud, cesse d’être entretenu et refroidi par l'appel des eaux froides du nord. Il s’'échauffe alors progressivement à un degré supérieur à celui des eaux superficielles dans l'Océan libre, parce que celles-ci, à mesure qu'elles tendent à s'échauffer, sont rapidement portées dans

des latitudes plus grandes. Ici, au contraire, les eaux sont tenues de

séjourner longtemps dans le golfe, et l'entrée du courant équatorial, d’une part, la sortie du Gulf-Stream de l’autre, y déterminent un mouvement circulaire par lequel les eaux échauffées sur les côtes de la Guyane anglaise et du Venezuela se portent plus au nord, et élèvent la température des rivages au-dessus du degré appartenant à leur latitude. Aïnsi, on voit comment les lignes isothermes se relèvent vers le nord, dans le golfe en question.

L’explication précédente de l’origine du Gulf-Stream, tout en présentant d'assez grandes ressemblances avec la théorie ordinairement donnée, en diffère néanmoins en quelques points : d’abord parce que, plus complète, elle rend mieux compte de tous les phénomènes, ensuite parce qu'elle explique le froid relatif du courant équatorial et le déversement des eaux, nord et sud, dont il est accompagné dans tout son parcours, et elle fait comprendre comment la force vive, perdue dans le trajet, est sans cesse renouvelée. Cette explication montre aussi comment ce n'est point un courant superficiel venant du sud pour se réfléchir dans le golfe de Guinée. C’est au contraire un courant venant du fond, se substituant progressivement aux courants superficiels, à mesure que les eaux de ceux-ci s’échauffent, et refoulant lentement dans le golfe de Guinée ces eaux superficielles vers le sud, où le mouvement oriental apparent dont elles pouvaient être animées disparaît. Le courant en question a lui-même une intensité modérée. Il tend à augmenter, par le motif précédemment exposé, depuis le golfe de Guinée jusqu’à la côte d'Amérique; mais il ne s'ensuit pas que, s’il ne rencontrait pas cette côte, son intensité irait en décroissant indéfiniment ; elle atteindrait bientôt un maximum, lequel serait déterminé quand la perte de force vive due aux frottements latéraux, laquelle est proportionnelle à la vitesse, comme toute perte de force vive dans le frottement, serait devenue, par l'accroissement de cette vitesse, égale à la force accélératrice. C’est la loi d'équilibre existant dans tous les mouvements, et je fais cette remarque uniquement pour prévenir deux objections non fondées.

De même que la côte du Brésil, à partir de Pernambuco vers le sud, échappe complétement à l'influence du courant refroidissant, lequel glisse le long de la côte nord de l’Empire, elle échappe aussi à un haut degré à l'influence des eaux chaudes des régions voisines de l'Équateur, au sud de ce courant, et qui se portent au sud, car

ro

ces eaux tendent à prendre en même temps un mouvement apparent vers l’orient. Cette circonstance en atténue considérablement l'effet modificateur sur la température, car alors les courants côtiers, se dirigeant du nord vers le sud et observés sur les côtes du Brésil, se trouvent entretenus à la fois par des eaux superficielles venant du nord, et des eaux profondes venant du sud; et ceci rend à peu près nulle leur action sur la chaleur de la côte, comme le prouve l'accord de sa température avec ma formule, laquelle, établie sur l'ensemble de toutes les observations faites sur le globe dans les deux hémisphères, représente l’état moyen ou normal pour chaque latitude. Au cap de Bonne-Espérance, au contraire, les eaux superficielles de provenances intertropicales, portées vers l’ouest, empêchent l’arrivée à la surface pour les eaux inférieures polaires, et la température y est supérieure à celle de son parallèle, comme les températures des côtes de l’Europe sous l'influence du Gulf-Stream. Celles-ci sont aussi supérieures aux nombres donnés pour elles par ma formule. En Italie, au contraire, où l'influence du courant en question n'existe plus, ma formule représente d'une manière remarquable les températures des divers points, comme l’a fait voir M. Ragona.

Effets de l'altitude.

EE

Mais la formule en question représente seulement les températures moyennes au niveau de la mer, et la chaleur diminue si on s'élève au-dessus de ce niveau. En 1858, une série d'observations météorologiques faites pendant une semaine à Thérésopolis, dans la Serra des Orgues, chez M. le Major d'Escragnolles, à une altitude de 1064 mètres au-dessus du niveau de la mer, m'a donné, en la comparant aux observations de l'Observatoire impérial de Rio-de-Janeiro, situé à 12 lieues de distance seulement et où les deux thermomètres employés furent comparés, un abaissement moyen de 4°,97. La différence de niveau entre les deux instruments était de 1004 mètres. Donc, cet abaissement répond à 1° pour 202 mètres. D’autres observations, près de ce point, à 1287 mètres d'altitude, m'ont donné sensiblement le même chiffre. Donc, au Brésil, la température moyenne d’un lieu élevé au-dessus du niveau de la mer doit être inférieure à la température moyenne de la même latitude à ce niveau,

d'autant de degrés que l'altitude du lieu en question renferme de fois

200 mètres environ.

Les observations du D' Lund, à Lago-a-Santa, lieu situé dans l’intérieur par 19°,40 de latitude sud, et à 835 mètres au-dessus de la mer, nous fournissent le moyen de contrôler cette conclusion déduite d'observations dans le voisinage de Rio-de-Janeiro. En effet, ce savant a trouvé 20°,5 pour la température moyenne de Lagoa- Santa. Si par ma formule applicable, comme nous l'avons vu, exactement à ces régions, on calcule la température au niveau de la mer, pour 19°,40’ de latitude, on trouve 24°,6. La différence, avec le

nombre observé, est de 4°,1. C’est donc un abaissement de 4°,1 pour.

835 mètres, ou 1° par 203 mètres, accord aussi satisfaisant que possible avec mes observations dans la chaîne des Orgues. A Ouro- Preto, de l’observation de la température des sources, j'ai déduit 18°,9 pour celle du lieu, à 1140 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Ma formule donne 24°,4 pour cette latitude au niveau de l'Océan, la différence est 5°,5, et répond à un abaissement de 10,0 pour 207 mètres, chiffre d'accord avec les précédents dans les limites d'erreur des observations.

En résumé donc, les températures moyennes des diverses localités du Brésil sont représentées par ma formule d’une manière très-exacte, à deux ou trois dixièmes de degré près, en retranchant du nombre obtenu un degré par chaque 200 mètres, ou mieux 203 mètres d’altitude; sauf pour le côté nord, où il faut encore retrancher 1° pour l’action refroidissante du courant d'origine du Gulf-Stream. Cette dernière soustraction doit se faire seulement sur la côte même, et diminuer progressivement jusqu’à zéro, vers un degré et demi ou deux degrés de distance du rivage, car on sait par les observations européennes avec quelle vitesse décroît, à partir de la côte, l'influence de la mer sur les climats; et ici la petitesse de l'influence permet certainement de la regarder comme complétement négligeable vers 2° de distance de l'Océan. |

La flore équatoriale et la flore tropicale, Nous avons vu, dans la Géologie du Brésil, comment le prolongement de la Mantiqueira, la Serra dos Vertentes et les monts Pyrénées appartiennent à l’arête culminante du plateau central du Brésil,

laquelle se prolonge ensuite vers l'ouest pour se relier aux terres élevées de la Bolivie. À partir de cette arête, le sol du plateau continental incline vers le nordet vers le sud. Par conséquent: 1° le décroissement de la température de la surface du sol sous un même méridien, en partant des limites nord de l’Empire, dépasse en grandeur le décroissement dû à la seule action de la latitude, et il s’y ajoute l'effet des altitudes également croissantes, et ceci à lieu jusqu’à l’arête du plateau en question; 2° à partir de cette arête, et en continuant d'avancer vers le sud, l'effet inverse a lieu, car la diminution de l’altitude compense en partie le décroissement de température dû à l'augmentation de l'altitude, et, dans la partie orientale de l'Empire, peut même parfois dépasser la compensation, comme on le reconnaît en comparant les températures moyennes d'Ouro-Preto et de Rio-de- Janeiro, ci-dessus indiquées. On voit ainsi comment la configuration générale du sol du Brésil agit pour reporter à la fois plus au nord la limite sud du climat équatorial et la limite nord du climat tropical. En même temps elle forme, sauf sur le voisinage immédiat de la côte orientale, une sorte de zone spéciale montagneuse, séparant les deux flores que nous pouvons appeler de l'Equateur et du Tropique. Malgré l’identité générale dans les familles dont elles sont composées, et aussi dans un très-grand nombre de genres et beaucoup d'espèces, ces deux flores présentent de tres-notables différences. Les mêmes familles y sont au reste souvent réprésentées dans des proportions très-différentes. Ainsi, il y a plus d’espèces de Palmiers, d'Anonacées, de Sapotacées, d’Aristolochiées, de Guttifères, de Méliacées, de Cactus et de Mimosées, près de l'Équateur que vers le Tropique. Les Mélastomacées, Laurinées, Pipéracées, Protéacées, sont au contraire relativement plus nombreuses dans la flore de ce dernier. Cette dernière flore est encore caractérisée par plus de prédominance des Fougères arborescentes. D'autres familles, comme les Papilionacées, les Aroïdées, les Marantacées, les Orchidées, les Malvacées, les Rubiacées, etc, sont à peu près réprésentées en proportion égale ; mais ceci n’a déjà plus lieu pour leurs divers genres, et un grand nombre de leurs espèces different, pendant que d’autres restent communes. Certaines espèces de la flore équatoriale, le Jancornia speciosa, par exemple, arbuste précieux par son fruit connu sous le nom de Mangaba, et surtout par sa séve, laquelle fouruit le caoutchouc de première qualité, s'arrêtent au 20° de-

gré de latitude sud ; d’autres, commele Mauritia vinifera, magnifique palmier à grandes feuilles en éventail, ont pour limite le 18° degré environ. D’autres encore, comme un autre palmier intéressant, le Copernicia cerifera, également à feuilles flabelliformes,et exsudant à la surface de ses feuilles une cire connue sous le nom de Carnauba, et employée à faire des bougies dans le pays, s'arrêtent dès le 10° ou 12° degré de latitude, et déjà leur végétation y est notablement plus lente que plus au nord. Cette dernière limite est au reste celle d’un très-crand nombre d'espèces.

Les plantes de la flore tropicale se rencontrent encore presque toutes au sud du Tropique, jusqu’à une certaine distance. Dans les forêts des pourtours de la baie de Paranagua, par 25°30 de latitude sud, j'ai rencontré en général les mêmes espèces que dans les forêts de la côte, aux environs de Rio-de-Janeiro. Cette même flore se propage aussi assez loin vers le nord. Ainsi, les plantes de la région des forêts de Rio se rencontrent encore pour la plupart non-seulement sur le littoral, mais encore au centre de la province de Minas-Geraes, dans les régions des grandes forêts, situées même à des altitudes de 8 à 900 mètres sur le versant oriental océanique. Les différences notables avec le plateau central, sous la même latitude, tiennent donc à des conditions différentes d'humidité et non de température. A ce sujet, je dirai que j'ai rencontré à Rio-de-Janeiro beaucoup des espèces signalées par Saint- Hilaire comme spéciales dans les forêts de la base dela Serra de Caraça et des environs, par exemple le Paullinia sericea (1), et d’autres Sapindacées, le Comesperma floribunda, plusieurs Heteropteris, Erythroxylon, etc. Plus à l’ouest, les plantes caractéristiques de la flore de Rio-de-Janeiro s'arrêtent beaucoup plus tôt pour la plupart, car elles appartiennent à la région humide du littoral, et sont remplacées . aussitôt après la Serra da Mantiqueira par les végétaux de la région des Campos, constituant la flore spéciale aux régions sèches du Tropique.

(À suivre).

(1) Le Paullinia sericéa a parfois des fleurs hermaphrodites, comme je l’ai constaté à Rio et à Miuas. Saint-Hilaire dit ne pas lui en avoir vu. Aussi je crois devoir spécialement signaler cette particularité.

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