SUPPLÉMENT À L'ÉNUMÉRATION DES MASDEVALLIA
La Belgique horticole a donné, à la fin de l’année dernière (1873, p. 354) une énumération des espèces connues du genre Masdevallia : cette liste a été fort goûtée. Déjà plusieurs espèces nouvelles ont été signalées : nous les mentionnons ici à titre de supplément avec quelques renseignements nouveaux sur des espèces déjà citées.
M. caloptera Rcus. j. — Gard. Chron.1874,1I, p,338.— Découverte par Roezl dans le nord du Pérou : les fleurs viennent en épi au nombre de 6 à 9, ouvertes en même temps : elles sont blanchâtres avec des bandes longitudinales violettes sur le calice : on en compte deux sur la division supérieure et trois sur les deux divisions inférieures.
— Gard. Chron., 1874, I, p.372. — Les feuilles ont la longueur de la main et sont longuement pétiolées : la hampe florale atteint un pied de haut avec plusieurs fleurs qui s'ouvrent successivement : elles sont aussi grandes que chez le A. Tovarensis : les divisions du calice, longuement prolongées en appendices jaunâtres, sont brun foncé avec le tube large et court: les pétales ont la forme de petits rubans tridentés : le labelle est linéaire, oblong-aigu à la pointe. — Cette espèce a été récoltée à Loxa par feu le D' Krause, à Antioquia par M. Wallis, à Medellia par M. Roezl. Elle figure dans les collections de M. Backhouse et de M. Williams, qui l'a recue de M. Patin. — M. Reichenbach cite la planche 95 de sa Xenia orchidacea pour la figure de cette plante, mais il doit y avoir une erreur dans cette citation.
M. Estradae Rous. j. — Gard. Chron. 1874, I, p. 435. — Cultivée à la Nouvelle-Grenade, dans le jardin de Dona Estrada où elle a été remarquée par M. Wallis et envoyée aussi vivante par M. Patin, à M. Williams, cette jolie espèce a les feuilles bien pétiolées, les pédoncules uniflores ; les divisions du calice sont profondes, oblongues, brusquement atténuées en longs prolongements : ses fleurs sont jaunes avec une belle macule pourprée à la base de chaque division latérale et les prolongements sont jaune foncé. Les pétales et le labelle sont pourpre clair avec une verrucosité noirâtre au milieu du labelle.
M. fenestrata Linpz. — Allgem. Gartenz., 1845, p. 224.
M. Houtteana Rous. j. — Gard. Chron, 1874, II, p. 98. — Forme une touffe serrée de feuilles longuement atténuées, linéaires-lancéolées, aiguës; pédoncules uniflores, fermes, portant une bractée audessus de leur base. Fleur ouverte, à divisions du calice ovalestriangulaires, longuement prolongées en appendices assez larges, légèrement hispides à la face interne. Ces fleurs sont blanches mouchetées en dedans de macules pourprées : les appendices longs et larges sont également pourprés. Les pétales, anguleux à la base, sont obtus, spatulés : le labelle, dilaté en avant, a le limbe involuté et par suite un peu sacciforme {section des Succilabiata). M. Reichenbach en attribue la découverte à M. Wallis qui l'aurait rencontrée à 8000 pieds d'altitude : elle a été introduite l’année dernière par M. Patin et doit
paraître prochainement dans la Flore des serres.
M. inaequalis Roue. j. — Gard. Chron., 1874, I, p. 372. — Espèce très-délicate, voisine du 47. triangularis de Lindley, découverte à la Nouvelle-Grenade par M. Patin et introduite dans les cultures de M. Williams. La fleur est très-petite, à divisions étalées, la supérieure deux fois plus longue que les deux autres, blanchâtre.
M. macrura Rous. j. — Gard Chron., 1874, I, p. 240. — De la Nouvelle-Grenade où il à été découvert par M. Roezl : de la section du M. coriacea : pédoncule uniflore haut d’un pied : tube calicinal court et charnu, à divisions triangulaires, portant à l'intérieur près de la base cinq rangs de papilles rudes et cartilagineuses ; ces divisions sont terminées par des prolongements deux ou trois fois plus longs
qu’elles-mêmes : le labelle est papilleux à la pointe et révoluté.
. M. melanopus Rous.j. — Gard. Chron., 1874, 1, p. 338. — De la section des pluriflores, les fleurs en épi sont blanchâtres avec les prôlongements et les ovaires de couleur foncée. Découvert par M. Roezl dans le Pérou septentrional.
M. Nycterina Rons. — Le Gardeners’ Chronicle a donné dans son numéro du 16 mai 1874 (p.639) une bonne figure de cette plante extraordinaire dont les fleurs évoquent dans l'imagination la figure | d’une chauve-souris,
po
M. peristeria Rous. j. — Gard Chron., 1874, I, p. 500. — Feuilles longues de 5 pouces, larges à peine de 1 pouce ; pédoncule plus de la moitié plus court, uniflore ; fleur grande : tube du calice à menton obtus, égal aux divisions triangulaires, costé le long des nervures principales, brusquement prolongé en appendices égaux deux fois plus longs que les divisions : pétales onguiculés oblongs, appointis, un peu prolongés en fer de hache au-dessus de la base antérieure : labelle en forme de ruban un peu échancré de chaque côté, aminci à la pointe réfléchie et rude au toucher. Ces fleurs ont la couleur du miel avec une foule de ponctuations brun foncé : les pétales sont blancs : le labelle est améthyste : la colonne est blanc verdâtre. C’est une plante voisine des Â7. coriacea Lanpi,, civilis Rcus. et aequiloba REGEL. M. Reichenbach lui a imposé le nom de 7. peristeria à cause de la ressemblance dont il a été frappé de l'extrémité de la colonne et des pétales avec le Peristeria elata, quelque chose, comme il le dit, de comparable à la forme d’une colombe. MM. Veitch ont la plante qui vient de la Nouvelle-Grenade. Un beau spécimen fleurit en ce moment dans
la collection de M. Pirlot à Liége.
M. polysticta Rous. j. Gard. Chron. 1874, I, p. 338. — Épis de 7-8 fleurs, grandes, de couleur blanchâtre avec de nombreuses macules brunes. M. Roezl, qui a découvert cette plante tout récemment, dans le Pérou septentrional, rapporte qu’il en a vu des touffes avec 20 épis de fleurs, et qu'elle rivalise de beauté avec les Odontoglossum nacvium et bandum.
M. velifera Rcus. Gard. Chron. 1874, II, p. 98. — Tres-voisin du M. Mastodon Rous. et du M. coriacea. Sépale supérieur triangulaire longuement prolongé ; sépales inférieurs presque connés, de couleur brun jaunâtre. Récolté à la Nouvelle-Grenade par M. Patin et envoyé par ce jeune collecteur belge à M. Williams, de Londres.
Nous saisissons l’occasion qui nous est offerte ici pour signaler les collections de Masdevallia formées à Liége par M. O. Lamarche et par M. Jules Pirlot: ces collections sont fort nombreuses et ces Messieurs réussissent à merveille à les cultiver,
NOTICE SUR L'ONCIDIUM KRAMERIANUM Horr.
PAR M. EpouArRD MoRREN.
Figuré planche XI.
Oncidium, SwarTzin 4ck. Holm., 1800, p. 239. — OL. SWwARTZ, Flora Indiae occident., LIT, 1806, p. 1479. — Ro8. BRowN in AITON, Aort. Kewensis, V, 1813. — KuNTH, Syn. plant., I, 1822. p. 333. — LinpLevy, éhe Gen. and Spec. of Orchidaceous plants (1830-40), p. 197. — Linprey, Folia orchidacea, 1855. — Rcus. f. in WaLp. Ann. bot., VI, 1861 ; Xenia orchid., etc.
6 14. Glanduligera. Linpr., Fol. orch. : Labellum dilatatum membranaceum. Clinandrium lacerum vel glandulosum (Papiliopsis Éd. Mn. Mss.).
O. pseudobulbis complanatis truncatis, rugosis, monophyllis ; folio coriaceo, elliptico, basi complicato, sulcato, fusco reticulatim marmorato ; scapo elongato, nodis tumidis, discoïdalibus, certis spatiis (1 - 1 1/2 poll.) interjectis, internodiis teretibus, subunifloro autem perennante. Flore praegrandi, sepalo dorsali petalisque longissimis (sub. 3 poll.), antennatis, lineari-spathulatis, ascendentibus, convexis, omnino fuscis, margine undulata virescenti; sepalis lateralibus labello subaequalibus, deorsum incurvatis, undulatis, flavis, aurantiaco notatis ; labello pandurato, lobo medio maximo, crispato, flavo, vitta cinnamomea cincto ; gymnostemi alis pectinatis, glanduliferis (0. (Papilionsis) nodosum).
Huc: O. Kramerianum in L. Van HouTrTe, Flore des Serres, XIXI1 (373), p. 41, ic. 1956-57.
Dubium est num referendum sit ad OxcipiuM KRAMERIANUM Res. fil. in A/Z/g. Gartenzeit., p. 9, — Journ. de la Soc. d’hort. de Paris, 1, 1855. — Rous. fil. Xenia orchid., 1, 1858, p. 80, pl. 33. — WazP. Ann. bot. VI, 1861, p. 817 ?
Onc. Papilioni et Onc. Limmingheï affine.
La belle Orchidée que nous signalons ici et dont nous publions le portrait est une rivale de l'Oncidium Papilio ; ses fleurs ont aussi l’air d’un grand papillon doucement posé à l'extrémité d'une tige flexible qui se balance dans l'air : elle excite toujours la surprise et l’admiration : elle fleurit aisément dans une serre chaude et humide. Elle vient, dit-on, des gorges du Chimboraco où elle aurait été découverte par Warscewicz.
Elle est cultivée sous le nom d'Oncidium KXramerianum.
M. Reichenbach a donné, en 1855, ce nom d’O. Æramerianum à une espèce dont il reçut la communication par M. Kramer, amateur d'Orchidées à Hambourg et qu'il décrivit dans l’Algemeine Garten-
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