‹ La Belgique horticole (volume 2)Chapitre 86 sur 121 · LA · texte numérisé non relu

LA

La Beig. horticole. AN / EP 1874, pl. XI. A ONCII

JIUM KRAMERIANUM Horr. AE ee (PAPILIOPSIS NODOSUS.) Serre chaude

zeitung : on peut en lire une description sommaire dans le Jowrnal de la Société centrale d'horticulture de France, mais M. Reichenbach en à donné la figure et tous les caractères dans sa Xenia orchidacea : il signale chez son O. Kramerianum des bulbes arrondies avec des côtes saillantes ; des feuilles mouchetées de brun; un pédoncule qui semble ne pas dépasser beaucoup les feuilles, arrondi et sans nœuds apparents : la fleur est dite plus petite que celle de l'O. papilio, très-délicate et durant deux jours seulement, colorée en jaune de soufre cà et là relevé de brun chocolat : le sépale dorsal et les deux pétales latéraux, qui constituent les antennes de Ia fleur, sont jaunes près de la base et bruns dans le haut : les sépales latéraux sont étalés, divergents, aigus et frangés sur les bords; le labelle est, comme ces sépales, jaune de soufre moucheté de brun sur les bords ; enfin, les ailes du gynostème sont carrées et entières.

Tel est, en résumé, l'O. Æramerianum de M. Reichenbach : les botanistes peuvent en lire la description détaillée dans les ouvrages cités plus haut qu'ils ont sous la main.

Or, ces caractères ne s'appliquent pas exactement à la plante que nous figurons ici et que nous avons vue chez MM. Linden, Van Houtte,

Jacob-Makoy, Jules Pirlot, etc. partout sous le nom d’O. Xramerianum. En voici la description, écrite d’après nature, le 19 juillet de cette année :

Pseudobulbes comprimées, tronquées, rugueuses, monophylles : feuille coriace, elliptique, pliée à la base, sillonnée le long dela nervure médiane, marbrée d’un réseau brun à mailles vertes. La hampe florale est fort allongée, au point de dépasser deux ou trois fois les feuilles; elle est ascendante, raide, flexible, arrondie mais aussi entrecoupée de nœuds situés à un pouce ou un pouce et demi l’un de l’autre, très-saillants et en forme de disque : ces nœuds sont tout à fait caractéristiques. Nous n’avons jamais vu sur cette hampe qu’une fleur à la fois, mais elle est persistante et continue à fleurir plusieurs années de suite.

La fleur est grande puisqu'elle mesure plus de 0"12 de hauteur, sur environ 0"06 de largeur, et elle est bien étalée. Le sépale dorsal et les deux pétales latéraux sont semblables, dressés comme de longues antennes linéaires-oblongues, ligulés dans leur moitié inférieure qui est large de 0"002 environ, un peu convexe en avant, brun-chocolat un peu marbré de jaune; elliptiques-lancéolés dans leur moitié

supérieure qui est large de 5 à 6 millimètres, à bords réfléchis et ondulés, brune avec un mince liseré jaune. Les deux sépales latéraux pétaloïdes descendent en se courbant vers le labelle sous la forme d'anses ; ils atteignent environ la longueur du labelle, mesurant 0"035 de long sur 0014 environ de large ; ils sont atténués à la base en un onglet de 0"005 environ, lancéolés au sommet, à bords ondulés et à face antérieure veloutée, jaune, mouchetée de fauve clair et brillant. Labelle ample, long de 0"035 environ : sa base est large et occupée à la partie moyenne par une crête saillante, ferme, verruqueuse, calleuse, marquée de brun foncé; il est trilobé à lobes latéraux basilaires, superposés aux deux sépales latéraux, courts, tronqués, un peu conchiformes, à bords ondulés et frangés, longs de O"OI2, de couleur jaune maculée de fauve comme les deux sépales latéraux dont ils cachent la base; l’isthme, c’est-à-dire la base du lobe médian, est étroit, convexe : ce lobe lui-même est ample, étalé, tronqué et presque carré dans son contour général, mais fortement ondulé, uniformément jaune au centre avec une bande fauve le long du bord qui est lui-même finement liseré de jaune. La colonne est courte et épaisse, dressée, d’une longueur totale de 0"O1, fortement comprimée latéralement à la base; le gynise est encadré par deux ailes étalées, en volute à leur base antérieure, frangées-pectinées avec une glande noire ou nectaire stipité à leur base supérieure. L'opercule est considérable, en casque et si bien articulé qu'il peut s'ouvrir ou se fermer aisément suivant le mouvement de la fleur : sa couleur, comme celle de la colonne, est jaune-verdâtre, pâle, finement sablé de rouge plus ou moins brun. Les deux pollinies sont à peu près parallèles, sessiles et fixées à un rétinacle en forme de fer à cheval. L'ovaire et le pédoncule sont cylindriques, un peu clavés et longs de 0"O18.

On doit reconnaitre que cette description s'éloigne singulièrement de celle que M. Reichenbach a donnée de son O. Xramerianum : il suffit d’ailleurs de jeter les yeux sur la singulière planche (n° 33) de la Xenia pour apercevoir de profondes différences. Nous signalons particulièrement dans notre plante les nœuds discoïdaux de la hampe, les antennes entièrement brunes, la coloration des ailes, la crête du labelle étalée, les ailes du gynostème en volute et pectinées.

Il peut donc y avoir confusion quelque part : les quelques mots que nous venons d'écrire provoqueront peut-être une explication.

Par un singulier concours de circonstances, il se fait que nous nous sommes occupé au début de notre carrière, en 1855, il y a longtemps déjà, d'un autre Oncidium de la même section, arrivé de Caracas et auquel nous avons donné le nom d'O. Zimminghei (Belg. Hort. VI, 1855-56, p. 353). Nous avions communiqué cette plante au savant docteur Lindley qui voulut bien l’admettre immédiatement dans sa monographie des Oncidium qu’il préparait alors pour ses Folia Orchidacea. « For this very curious plant, dit l’éminent orchidologiste (1. c. p. 56) I am indepted to Mr. Eduard Morren, of Liége, who has named it after Count Alfred de Limminghe, a distinguished Orchidophilist. M. Morren informs me that it was sent to Belgium, it is believed, from the Caracas, by M. Van Lousberghe, consul for the Netherlands. It has entirely the aspect at first sight, of O. Papilio on a very small scale. »

Lindley constitua avec ces deux espèces une section dans le genre Oncidium, tout à la fin et qu'il désigna sous le nom de glanduligera. Il y comprenait le Xramerianum de M. Reichenbach à titre de variété du Papilio. « It is difficult, ajoutait Lindley, to find a satisfactory place for O. Papilio; and now that a second species is known, equally furnisted with petals and dorsal sepals much longer than the laterals, it seems desirable to associate them in one small group quite apart from the others. »

Depuis cette époque (1855) M. Reichenbach a constitué son O. Æramerianum en une troisième espèce et selon les apparences celle que nous signalons ici en est différente. À ce compte, le groupe se compose maintenant de 3 ou de 4 espèces. On pourrait lui donner le nom de Papiliopsis ; il se distingue par : sépale supérieur et pétales semblables, beaucoup plus longs que les sépales latéraux; labelle ample, membraneux; colonne courte, munie d'ailes glanduleuses ou frangées. L'habitus et les organes de la végétation, l’inflorescence et l'aire de dispersion sont également caractéristiques.

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