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MONOGRAPHIE DES PENSTEMON, SUPERBES PLANTES VIVACES DE PLEINE TERRE

Par M. Cn. More.

Il y a peu de genres de plantes qui intéressent plus les amateurs de jardins que les Penstemon. Leur mérite est généralement reconnu et dans les établissements marchands on leur consacre un emplacement particulier. De plusieurs parties du royaume nous sont venues les demandes de nous occuper de ce genre et d'en donner une monographie complète. En effet, aucun ouvrage usuel d’horticulture ne traite de cette matière. Les catalogues des principaux horticulteurs négociants, contiennent de 25 à 27 espèces et variétés , le Bon jardinier en décrit 7, Loudon en mentionne 45 pour les jardins de l'Angleterre, mais il y a plusieurs doubles emplois dans sa série qui n’est donc pas exacte. M. Walpers, dans son repertorium élève le nombre d’espèces à 65, mais il y a des variétés élevées à l’état d'espèce dans son travail et même les phrases spécifiques identiques qui se répètent sous des noms différents. M. Bentham, dans le dixième volume du Prodrome de De Candolle, donne une monographie excellente de ce genre au nombre de 54 espèces, mais depuis 1846, époque de sa publication, de nouvelles espèces véritables ont été importées. Ce sont surtout ces nouveautés qui intéressent les amateurs de jardins et l’on désire connaître leurs relations naturelles avec les espèces déjà cultivées. Il est d’ailleurs à remarquer, que les penstemon se prétant à une prompte multiplication, leur prix n’est jamais tel qu’on doive se refuser le plaisir de les cultiver, les espèces les plus chères valant 2 francs et la plupart se vendent 50 centimes.

Le nom de Penstemon remonte à 1729, année ou Micheli fonda le genre mal défini. Il tira évidemment ce nom de pente (reve, cinq) et stemon (cryu:, étamine) cinq étamines pour indiquer en effet le cinquième organe de ce nom stérile et ordinairement barbu qui se rencontre dans ces scrophulariacées. Quelques anciens pédants de collége effarouchés de la suppression de cet epsilon du radical pente, se sont mis à crier sur les toits qu’il fallait écrire pentastemon et rendre ce nom neutre. Cependant, Walpers, Bentham et les meilleurs botanistes ont continué d'écrire penstemon et de prendre le mot au masculin, se souciant peu et avec raison d’embrouiller encore plus, à propos de semblables inepties, une nomenclature déjà si hérissée de contradictions sérieuses.

Nous saisissons cette occasion de la publication de cette monographie

des penstemon pour exprimer à quelques-uns de nos honorables corres— pondants, le motif pour lequel nous écrivons sous cette forme la descrip- tion des plantes. Quelques personnes nous ont demandé pourquoi, à propos de fleurs destinées aux gens du monde et à des amateurs de jardinage, nous écrivions en latin et dans le langage technique de la science. D'une autre part, nous avons recu à propos même de ces monographies des félicitations et des appuis de la part de juges à la fois compétents et intéressés, notamment de plusieurs présidents de sociétés d’horticulture et de membres ordinaires des jurys horticoles. Nous ferons remarquer, d’abord, qu'aux termes des conditions de souscription, nous devons deux feuilles d'impression aux abonnés par numéro. Or, si l’on veut compter le nombre de feuilles parues, on trouvera un excédant de plus de cinq feuilles, lesquelles sont précisément consacrées à ces monographies. Voilà notre réponse sous le rapport de l'équité : ces monographies ne coûtent donc rien aux abonnés. Nous ajouterons que le latin est nécessaire et même indispensable pour préciser nettement les deseriptions des plantes, parce que les termes ont un sens défini et fixe. Nous donnons du reste, des traductions en regard pour ceux qui n’entendraient pas cette langue universelle de lhistoire naturelle. Enfin , quant aux termes techniques, nous dirons que sans eux tout est vague et incertain dans la description. Toutes les ressources du français le plus académique viendrait échouer devant la plus petite herbe de la nature et si nous ne pouvions prouver d'une manière péremptoire l’idendité des êtres par nos phrases spécifiques, c’est alors que le charlanisme horticole aurait beau jeu pour placer le dol, la fraude et le vol au-dessus de l’honnète, du probe et du vrai. Comment sait-on aujourd'hui, qu’un jardinier vend vraiment ce qu’il annonce? — Uniquement par la diagnose de l’espèce , seul moyen que l’on a de la connaitre. On voudra bien nous rendre cette justice que par tous les moyens que la publicité met à notre disposition, notre but est de placer l’ordre dans la confusion, la sécurité dans le commerce, le vrai en présence du faux. Il nous faut donc malgré nous parler comme la science le veut, puisqu'elle seule est la vérité!

PENSTEMON. — Herit.

Car. gen. Calyx quinquepartilus. Corolla hypogyna, tubo teretiusculo, fauce subinflata. limbi bilabiali Jabio superiore emarginatobilobo, inferiore trilobo , nudo vel basi barbato. Stamina corollæ tubo inserta, quatuor fertilia didynama, exserta ; antheris bilocularibus, loeulis divaricalis, quintum anantherum. Ovarium biloculare, placentis dissepimento utrinque adnatis, multiovulatis. Stylus simplex, stigma obsolete bilobum. Capsula bilocalaris septicide bivalvis, placentis adnatis. Semina plurima, angulata, aptlera.

(Endl. 5909.)

Car. gen. Calice à cinq segments. Corolle hypogyne , tube à peu près cylindrique, gorge un peu enflée, limbe bilabié, lèvre supérieure émarginée-bilobée, Pinférieure trilobée, nue ou barbue à la base. Etamines insérées sur le tube de la corolle, quatre fertiles, didynames, exserles ; anthères biloeulaires, loges divariquées , la cinquième ananthère. Ovaire biloculaire. placentas adnés de chaque côté à Ja cloison, multiovulés. Style simple, stigmate

obseurément bilobé. Capsule biloculaire, sep- «

ticide , bivalve, placentas adnés. Graines nombreuses , anguleuses, apteres.(Endl. 3909.) .

__ 293 — CITATIONS ET SYNONYMIES.

Pexsrenox. Héritier. Msc. Lambert, dans les Trans. Linn. X.t. 6. — Nuttall. gen. II. 51. — Bentham revis. 2. — Benth. scroph. Prodr. Dec. 1. X. — Trausvelter, comm. de Pentastemone 1859. Petrop. — Dietrich synops. pl. HI. 501. — Walp. rep. LL. 241. 936. VI. 639. 745. — Chelones sp. cav. Andrews, etc. — Elmigera. Reichenb. Consp. 3177. — Dansanthera. Rafin. Journ. phys. LXXXIX. 99.

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