CULTURE DES PÉLARGONIUMS A LA MODE
Par M. HENRI Rosier,
Horticulteur à Brookland,
Les pélargoniums à la mode ont actuellement leurs adorateurs, leurs favoris et leur culture préoccupe les esprits. Il y a quelques années, la seule Reine d'Angleterre, née à Winchester, chez M. Sheppart, et trois ou quatre étrangères, comme Jehu, Anaïs, Ibrahim-Pacha, ete., arrivées du continent, fixaient lattention et jouissaient d’un certain crédit, Au fut, elles étaient jolies; mais actuellement elles sont loin de nous; sur-
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passées et éclipsées par les enfants de producteurs infatigables, persévérants et surtout habiles. L’hybridisation a fait de grands progrès, et les pélargoniums à la mode se prêtent admirablement à cette mystérieuse mais utile opération. MM. Ambrose et Gaines, de Battersea, sont en Angleterre réputés, à juste titre, comme les gentlemen de la saison, comme les types du genre. Que ces fleurs soient pour longtemps encore les favorites du bon goüt, nous le croyons sincèrement, parce que si on les cultive bien, on en jouit toute l’année, ensuite, parce que leurs légions sont innombrables, qu’on les compte par centaines, que leurs coloris varient indéfiniment et que rien ne surpasse l’air de gaité, le charme, les appas qu’elles donnent aux conservatoires , aux appartements, aux vestibules, aux boudoirs où on les maintient dans toute leur beauté.
Sans doute que toutes les variétés ne sont également propres à tant d’usages, et quelques-unes l’emportent sur les autres. En première ligne, on cite Jenny Lind (d’Ambrose), Anaïs, la Reine des Fées (d’Ambrose), Alboni (d'Henderson), Lady Rivers, ete. Le quercifolia superba est une de ces variétés qui ne peut manquer nulle part à aucune collection quelconque, car, à des feuilles de chêne, elle joint des fleurs si écarlates, si éclatantes qu'on ne sait les regarder, et, dans un jardin, chaque tête étant un bouquet, rien ne peut les remplacer. De plus, sa nature est robuste, sa résistance herculéenne et sa fécondité inépuisable. Selon mon opinion, et je la base sur une longue expérience de l’art d’hybrider, cette variété est un fond excellent sur lequel les jardiniers pourraient travailler avec succès , et je recommanderais surtout les variétés du Cap, si riches en eouleur et si vigoureuses en feuillage, comme celles qui s’accommoderaient le mieux de ce quercifolia superba.
Il y avait une très-singulière hybride d’exposée à la Société d’Horticulture de Cheswick, au salon de 1850 , sous le nom d’Ambrosiana. On la dit issue du Campylea laciniata et d’une variété à la mode, sans doute Anaïs. Elle a eu le premier prix de nouvelle variété de mérite. Evidemment. elle est un exemple et un premier pas dans une riche exploitation d'avenir. Qui aime les pélargoniums sent cela de suite.
Mon intention est de présenter ici quelques remarques salutaires sur la végétation hivernale et la floraison anticipée de ces plantes. On les recherche surtout pour les expositions. Alors il est nécessaire de choisir de fortes plantes, afin qu’elles puissent croître fermement la saison suivante. Un point essentiel dans ces circonstances est le rempotage, car, lorsque les racines sont bien développées sur une plante robuste, il leur faut une bonne terre, riche et féconde. Voiei le sol que j'ai trouvé le plus convenable aux pélargoniums. si
De l'argile tourbeuse, deux parties, #46
Du terreau de feuilles consommé, une partie, + Éi
Fumier d'étable bien consommé, mélangé d’un quart de sable. blanc 4 rude, une partie.
On draine le pot au-dessous par des tassons égaux et assez petits et des morceaux de houille. durs de même grandeur.
Après un été de libre végétation, vers le commencement de juillet, on diminue progressivement la quantité d’eau d’arrosement, de manière à dureir le jeune bois avant de l’entamer. Quelques variétés ne veulent pas qu’on les écourte, telles sont Anaïs, Ibrahim-Pacha et quelques sortes fines et d'une végétation effilée. Pour celles-là, on les maintient mieux dans leurs formes par le pincement des branches florales en automne. A la fin de juillet, on a besoin d’ôter les plantes des pots, d’écourterles racines, et de rempoter soigneusement. Si l’on désire une fleuraison automnale, je trouve que les boutures prises dans les premiers mois d'été, quand on les conduit bien, forment des plantes compactes et plus tard fleurissent tout l’automne et une bonne partie de l’hiver. Quand la mauvaise saison avance, il est nécessaire de donner un peu de chaleur, afin que les boutons s'ouvrent facilement. Pour bien réussir dans le bouturage, j'ai vu, par expérience, que le mieux est de le faire dans des pots remplis jusqu’à moitié de tassons ou débris de poteries. Il faut beaucoup d’air aux racines. Le compost qui réussit le mieux pour les floraisons hivernales, se compose d’égales parties d'argile tourbeuse, de terre de bruyère, d’engrais d’étable décomposé, de terreau de feuilles consommé et de sable blanc siliceux. Enfin, il faut tenir les pots très-propres à l’extérieur pour rendre évaporation libre.
Nous croyons faire plaisir aux amateurs, en leur indiquant ici une collection charmante de 28 des plus belles variétés. Celles marquées d’un astérisque sont les plus remarquables.
Alboni (Henderson). * Revue des fées (Am- La belle d’Afrique. Nec plus ultra (Gaine).
Anaïs. brose). Lady Rivers. * Picturata (Ambrose). * Beauté (Ambrose). * Formosa (Ambrose). Mme Mielez. Reine superbe (Am-
Beauté suprême. Garland (Ambrose). Mme Rosati (Gaine). brose).
Bouquet tout fait. Héros de Surrey Magnifica (Ambrose). * Reine des Francais.
Défiance (Ambrose). : (Gaine). Mazeppa superbe. * Slatiaski. .
Duchesse d’Aumale. Jenney Lind (Am- Minerve (Ambrose). Village Maid.
Empress. brose). Modesta (Ambrose). Zebra.
REVUE DE PLANTES NOUVELLES
Begonia Hasmiltoniana. Lehm. Del. sem. hort. bot. Hamb. 1850. (Begoma de Hamilton). Famille des Bégoniacées. C’est le Begonia malabarica. Herb. Hamilt. in Wall. Catal. plant. Indiæ Orient. n° 5676. — Allegem. Deuts. Garten und Blum. Zeit. VI. p. 456. Plante vivace, tiges droites très-rameuses, glabriuseules, presque charnues, colorées aux articulations renflées ; feuilles dimidiées-cordées longuement aiguës, doublement dentées (dents aiguës), ondulées, poilues, ciliées, vertes de chaque
côté; pétioles ciliés colorés; stipules ovales scarieuses ; panicules longuement pédonculées, pauciflores, fleurs à bractées ovales ciliées, frangées colorées, feuilles du périgone très-grandes (blanches), au nombre de 4 dans les fleurs mâles, les plus grandes larges, ovales, rougissantes, les plus petites obovées, subspathulées, 5 dans les fleurs femelles, égales obovées ; fruit à trois ailes, ailes tronquées, la dernière trois fois plus grande que les autres.
Culture. Cette espèce dont nous ignorons le lieu de provenance exige le même traitement que toutes les autres espèces de Begonia, plantes de serre tempérée ou chaude, croissant facilement dans de la terre terreautée et reprenant fort aisément de boutures.
Begonia Wallichiana, Steudel. Nom. bot. (rien que le nom de la plante), Lehm. Del. sem. hort. bot. Hamb. 1850. (Begonia de Wallich). Famille des Begoniacées. C’est le Begonia parviflora. Herb. Hamilé. m Wall. Cat. pl. Ind. Orient. n° 5674. — Lehm. Allg. Deut. Gard. und Blum. Zeitg. VI. p. 455. Plante vivace, d’un vert gai, glutineuse, hispide, tiges droites, rondes, presque charnues, linéolées ; stipules courtes-vertes ; panicules pauciflores de la longueur des feuilles, bractées petites; folioles du périgone (blanches) au nombre de 4 dans les fleurs mâles, les grandes orbiculaires, les petites oblongues, 5 dans les fleurs femelles, obovées, presque égales, fruit à 5 ailes, ailes égales atténuées au-dessus.
Culture. Mèmes soins que ceux réelamés par les autres Begonia, aujourd'hui extrêmement nombreux.
Calceolaria Pavonii. Benth. Dec. Prod. vol. 10. p. 211. Hook. bot. Mag. 1850. Tab. 4525. (Calceolaire de Pavon). Famille des Serophularinées. C’est le Calceolaria perfoliata. Ruiz et Pavon. fl. Per. et Chili. vol. 1 p. 15. t. 21 fl. a. (non Linn). Plante herbacée droite, élancée, partout velue et visqueuse, pétioles largement ailés subdentés , lame ovale aiguë, tronquée à la base ou cordée doublement dentée au bord, velue sur les deux faces, pales au-dessus ou blanchâtres, panicule ample, divisions du calice grandes acuminées, lèvre supérieure de la corolle plus courte que le calice, linférieure grande obovée-orbiculaire, un peu contractée à la base, ouverte au-dessous du milieu , loges des anthères oblonques. Ruiz et Pavon trouvèrent cette plante à Chincas et Muna dans les andes du Pérou. M. Matheros la découvrit de nouveau à Chacapoya d’où MM. Lucombe et Pince la recurent en 1849. Sa forme est eurieuse, la fleur est bizarre et jaune avec des taches pourpres au fond.
Culture. C’est une espèce très-robuste et susceptible d’être cultivée en. pleine terre pendant l'été. En hiver, elle demande la protection de l’oran-gerie ou de la serre froide ou de l'appartement. C’est une bonne culture de couche. Les boutures reprennent vite et sûrement. On les fait fin d'été M pour les placer sous cloche dans un appartement assez chaud.
Echinopsis ceristata. Salm. Dyck. Var. purpurea Hook. bot. Mag. (1850) tab. 4521 {(£chinopsis à crêtes). Famille des cactacées. C’est l’'Echinocactus obrepandus de Salm Dyck. Alg. Gart. Zeit. 1845. p. 586. Tige déprimée-globuleuse, brillante, verte, à 17 côtes, côtes comprimées et ondulées en crête entre les coussinets qui sont immergés, presque réunis, gris et tomenteux, aiguillons raides, les extérieurs au nombre de dix, ouverts, recourbés, celui d’en haut et le central solitaires plus longs, droit, légèrement recourbés. Le port est celui d’un mélocactus; la fleur est très-grande, du volume de celle du cereus grandiflorus et d’un beau pourpre rose. M. Bridges vendit cette espèce à son retour de Bolivie où il avait rassemblé différentes belles espèces de cactacées qui ne furent connus qu'en 1844. Celle-ci fleurit déjà en 1846. Le genre Echinopsis a été fondé par Zueccarini, placé dans une tribu distincte, Céréastrées diffère des Echinocactus par les fleurs latérales et le tube du périanthe allongé, tandis que les Echinocactus ont leurs fleurs poussant du sommet et le tube du périgone généralement court.
Culture. Une terre argilo-sableuse légère, du terreau de feuilles et des cailloux calcaires, tel est son sol de prédilection. Ces cailloux tiennent je sol aéré et opèrent le drainage. En hiver, il ne faut pas plus de 10 degrés cent. au-dessus de zéro et même, ilen supporte 4. À mesure que le printemps s’avance, il lui faut plus de chaleur et d'humidité. Les arrosements et aspersions du soir sont les plus utiles, mais il ne faut pas que l’eau séjourne aux racines, sinon la pourriture s’y met.
Hoya purpureo-fusea. Hook. bot. Mag. (1850) 4520 (Hoya à fleurs pourpres-brunes). Famille des Asilépiadées. Plante glabre, volubile, tiges et rameaux arrondis radicantes; feuilles charnues-coriaces, épaisses ovales aiguës, de chaque côté à cinq nervures calleuses, glanduleuses vers le pétiole épais, pédoncules plus courts que la feuille, ombelles hémisphériques compactes multiflores, corolle au-dessus pubescente et poilue, d’un gris-brun, folioles de la couronne staminale ovales, aiguës, pourpres-brunes, au-dessus planes. M. Thomas Lobb a découvert à Java cette nouvelle espèce d’Hoya et l’a envoyée à MM. Veitch, horticulteurs à Exéter. Elle est commune dans les forêts de Panarang et forme de trèsjolies guirlandes. Elle offre de l’analogie avec l’Æoya cinnamomifolia par le feuillage et la floraison, mais la couleur en est toute autre ainsi que la corolle qui est ici poilue et à poils raides.
Culture. C’est une plante de serre chaude , trés-florifère. On la cultive absolument comme lÆoya commun.
FLORICULTURE DE SALON.
POURQUOI QUELQUES DAMES PERDENT LES PLANTES CULTIVÉES DANS LES APPARTEMENTS,
Par M. CH. MoRrrex.
On m'a demandé ces conseils de diverses parts. Il n’est que trop ordinaire, en eflet, de voir périr prématurément les plantes cultivées dans les appartements habités et, surtout, on ne voit que trop souvent des plantes languissantes ne point donner les fleurs promises. Les circonstances provoquant et déterminant ces mécomptes sont diverses et assez multipliées, mais si l’on voulait réfléchir sur la nature des végétaux et leurs conditions nécessaires d'existence, on les éviterait presque toujours si pas infailliblement.
Les végétaux sont des êtres essentiellement fixes. Les racines dans l’état naturel les ancrent au sol : ils sont privés de locomotion, de mouvement; ils ne peuvent rechercher ce qui leur est favorable ni fuir ce qui leur nuit. Fatalement donc , ils subissent les influences auxquelles leur position les assujétit. Or, dans les appartements on déplace trop souvent les pots, les vases, les véhicules quelconques où les plantes sont placées. Ces déplacements continuels modifient l’action respiratrice, changent l’éclairement qui préside à cette respiration et la troublent. De là arrive qu’on asphyxie les végétaux en les variant de lieu. La condition de ces êtres n’est pas voyageuse , et on leur impose des changements de place! Cette seule circonstance tue souvent ces organismes délicats. Aussi les plantes cultivées sur des étagères, dans des jardinières où leur position est fixe, croissentelles mieux dans les appartements où ces meubles sont employés que sur des tablettes de fenêtre exigeant qu'on les enlève et qu’on les replace. Dans les cultures suspendues, la position est plus fixe et l’on y voit prospérer une foule de plantes dont les fleurs viennent pendant longtemps récompenser les soins de l’horticulteur. Celui-ci préfère une serre précisément parce que les végétaux y sont dans un repos commandé par la nature elle-même. Comparez les cultures sur des consoles avec celles dans les pots mobiles, et vous ne tarderez pas à voir ces différences de succès et d’insuccès. Il suffit parfois d’un simple déplacement pour voir tomber tous les boutons d’un camellia.
Un second point qu’on ne devrait jamais perdre de vue, c’est que lai n’est pas de la lumière. On ne dit que trop souvent : « ma plante périt faute d’air, » quand on devrait dire : « ma plante est privée de lumière.»
Les végétaux sont plus sensibles à l’action des rayons lumineux qu’à cellede M
l'air. Ce dernier agent leur manque rarement, tandis que la lumière leur
fait souvent défaut. Remarquons que dans nos appartements les rideaux multipliés sous toutes les formes, les étoffes sombres avec lesquelles on obseurcit le lieu d'habitation, le faux jour qu’on recherche, ôtent toute action directe aux rayons solaires. Les plantes respirent au soleil. Chaeune a des instants dans la journée où l'influence de ces rayons les fait respirer, et cette fonction est aussi indispensable aux plantes qu’à nous. Dans les serres, l’éclairement est constant et réglé! Il est mitigé par les verres verts, par les vitres bleuies ou blanchies, mais la clarté est plus grande, plus uniforme dans les serres que dans les appartements. II y a sans doute des espèces qui exigent une lumière diffuse, comme les fougères, en général, et quelques plantes de bois. Celles-là aussi prospèrent dans les chambres assombries, mais ce sont ordinairement des plantes privées de fleurs comme ces mêmes fougères, les lycopodes, les sélaginelles, mais quand une espèce porte des fleurs colorées, la lumière est indispensable et à la formation des fleurs et à leur coloration. Depuis des siècles, on a nommé les fleurs des filles du soleil, et cette expression rend bien la condition physiologique de ces attrayants joyaux de la terre. Une prairie s’émaille bien plus de fleurs qu'une forêt ombrageuse, et cette simple observation doit engager les personnes qui tiennent à voir leurs demeures embellies par de brillantes corolles, à songer davantage à la bienfaisante influence de l’astre du jour. |
Naturellement, il ne faut pas exagérer ce principe, car la conséquence serait que l'excès de la lumière directe, accompagnée toujours d’une augmentation de chaleur, ferait rôtir certaines plantes. Il faut en ceci tenir un juste milieu qui imite les conditions de la nature même.
Beaucoup de personnes perdent leurs plantes par l’irrégularité, l'excès ou la privation de l’eau d’arrosement. La terre se dessèche et l’on arrose tout à coup copicusement. Ces différences d’état où l’on place les racines nuisent. En général, les arrosements doivent être modérés et relatifs à l'état des plantes. Quand elles sont en fleur, elles exigent plus d’eau que lorsqu'elles sont dans leur repos, et cela tient à ce que fleuries, elles évaporent plus que lorsqu'elles ne le sont pas. L’eau est un aliment pour les végétaux , il faut régler cette alimentation comme notre propre hygiène l'exige. On a reconnu depuis longtemps qu'il est dangereux d’arroser les plantes en plein soleil, parce qu’alors on augmente, on accélère tout à coup l’évaporation, la transpiration, et l’on provoque chez ces êtres des échauffements qui conduisent à des phthysies, à des éthisies dont ils finissent par devenir victime. Rien de plus favorable à la bonne santé des végétaux que les arrosements du soir, après le coucher du soleil ou, au besoin, des arrosements du matin, avant que le soleil ne darde ses rayons sur les feuilles. Les arrosements du soir prévalent même sur ceux du matin, parce que la nuit est un temps de repos où la succion des racines se fait tranquillement et d’une manière réglée et successive. C’est là un point essentiel dans la culture en appartement. La terre doit d’ailleurs se
maintenir dans un état de moiteur, tel qu'est le sol où les plantes, dans
leur position normale, puisent constamment la nourriture nécessaire à
leur existence, et, en tout état de cause, c’est vers cette condition natu= relle qu’il faut tâcher d'arriver dans la condition factice qu’on se crée
La température de l’eau est encore un point délicat. Quand onpuise l’eau par les pompes et que subitement on la donne aux plantes, cette‘eau est trop froide. Les racines ont soif, elles boivent avidement ce liquide froid, il monte avee une grande vitesse dans tous les organes où les besoins de la vie l'appelle, dans les rameaux, les feuilles, les boutons et les fleurs, et ces organes sont soumis tout à coup à ce froid intérieur. C’est là une condition fatale. Voyez les jardiniers : ils placent un tonneau, un réservoir dans leur serre et ils arrosent avec cette eau attiédie. La température de ce liquide est en harmonie avec celle de l'atmosphère où les végétaux trouvent leur bien-être, et cette eau devient salutaire et un élément de santé. Mieux vaut donc puiser l’eau la veille du jour ou du soir où on l’emploiera et la déposer dans un appartement de réserve où la température est équivalente à celle du lieu où lon cultive.
Les plantes dans l’état naturel recoivent l’aspersion de la pluie. Après une pluie la végétation s'accélère. L'eau tombe de haut en bas, lave les feuilles, descend par les pétioles , nourrit les bourgeons et filtre le long des tiges ou dégoutte des feuilles. Cette condition si favorable échappe à nos cultures d'appartement. Il est donc bon, de temps à autre, de laisser pleuvoir sur les plantes soumises à un emprisonnement fatal. D’ailleurs, la chimie a prouvé que les eaux du ciel renferment des prineïpes de nourriture que l’eau de terre ne possède pas, et ce mode de s’alimenter devient pour les plantes une des conditions essentielles de leur santé. Rien ne
remplace cette aspersion naturelle, et lon a vu dans des serres où l’on
cultive des plantes aquatiques , qui certes n’y manquent pas d’eau, mourir faute de pluie. L'eau de pluie récemment recueillie devient ainsi un liquide facile à obtenir dont, dans les cultures en appartement, on ne saurait assez faire usage.
L'air que nous respirons dans les lieux d'habitation est rempli de poussière; les soins qu'exige la propreté, font précisément qu’on provoque la formation de ces poussières. Les beaux travaux du savant Ehrenberg ont prouvé actuellement que les poussières atmosphériques sont formées d’une foule de corps d’une nature très-diverse et même de restes de carapaces; d’une grande quantité d'animaux microscopiques, de poils de plantes, d'insectes, de débris d’un nombre prodigieux de corps, voire même de particules de terre, de sable, de roche que leur ténuité extrême fait voltiger dans l’air que nous et les plantes nous respirons. En un mot, Pair est aussi diversifié dans son contenu que les eaux de l'Océan, où les instruments d'optique ont fait découvrir tout un monde naguère inconnu. Cette
poussière s’accumule sur les végétaux cultivés dans nos demeures: Au
dehors, les pluies en débarrassent les surfaces végétales, mais cette eon=