‹ La Belgique horticole (volume 3)Chapitre 129 sur 224 · PS. TES · texte numérisé non relu

PS. TES

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dition n'existe plus pour les êtres emprisonnés. On le voit de suite, il s’agit de maintenir les plantes dans un constant état de propreté. Beaucoup ne vivent que grâce aux bouches respiratrices du dessous des feuilles, sinon aucune ne résisterait à l’envahissement mortel de ces poussières imperceptibles dans leurs éléments et que leur masse seule nous fait reconnaître. L’aspersion par une seringue à pomme d’arrosoir est sans doute un des meilleurs moyens de débarrasser les plantes de la poussière, et il convient de soumettre à cette opération les pieds cultivés, de temps en temps et alors que le besoin s’en décèle à nos yeux. Sinon, on utilise les pluies d’ondée. Enfin, on a la ressource de l’épongement. Avec une éponge mouillée on nettoye les surfaces, mais cette opération est délicate et demande une dextérité particulière pour ne pas laisser ni déchirer, ni rompre, ni disloquer les organes.

Arrivent enfin les pucerons, ces ennemis de la culture en appartement. Ces insectes, la plupart verts, s’introduisent dans nos chambres principalement par les rosiers et les résédas. C’est même le puceron du rosier, espèce particulière à cette plante, qu’on trouve presque exclusivement dans les salons. La température uniforme, l'absence du vent, la souffrance de la plante, l’ombre, toutes ces conditions favorisent la multiplication de ces animaux dont les mères ont, comme on le sait, le pouvoir de produire d’elles-mêmes sept ou huit générations successives, ce qui fait qu’un puceron introduit dans une chambre peut de lui seul, à la septième génération, avoir donné la vie à un trillon (1,000,000,000,000) d’individus. On conçoit facilement, d’après cela, pourquoi cette vermine pullule sur les plantes. Dans les serres, on la tue par les fumigations de tabac. La conclusion est favorable aux fumeurs qui ne doivent jamais craindre de faire du mal aux plantes s’ils les enfument à distance et alors que la fumée est refroidie. Au contraire, les végétaux d'appartement se trouvent très-bien de cet arôme narcotique. Mais, il y a des salons où cette fumée serait mal reçue, et, dans ce cas, il faut que les plantes envahies par les pucerons soient sorties, mises à l’air, seringuées, lavées et remises de leur maladie. Il y a encore sur les plantes cultivées dans les chambres un insecte plat, orbiculaire, gris et fort sale. Il s'attache surtout aux angles des nervures des feuilles ; les lauriers et plantes à feuilles persistantes y sont sujets, Contre cet animal, on ne connaît qu’un remède, c’est d’éponger, d'enlever le mal alors

Voilà les causes générales des mécomptes qu’on éprouve dans ces He sibles jouissances d’intérieur. Deux causes particulières s’y ajoutent, et elles sont relatives aux pots ou vases dans lesquels on tient les plantes. Souvent le drainage est mal établi ou totalement négligé. La terre est trop compacte et non assise sur une couche de tassons, de morceaux de coke ou de houille ou simplement sur du gravier. L'eau séjourne alors aux extrémités des racines et fait un tort considérable aux plantes. Il faut donc s’assurer d'avance que la plantation a été convenablement effectuée. Se-

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condement, on laisse parfois se masser la terre des pots, on ne l’aérifie pas par une serpette, un couteau, fut-ce même une pointe de bois. Cependant à la campagne on herse. De même cette opération d’aérer la terre est nécessaire aux plantes de nos appartements dont la nature n’a pas changé parce qu’elles sont obligées d’y vivre. |

Avec ces conditions, la culture en salon doit réussir. À voir cette énumération de préceptes et de conseils, on pourrait trouver ces soins minutieux et difficiles, mais, l’expérience aidant, on sera bientôt convaincu que rien n’est plus aisé que de savoir maintenir dans un état florissant, de santé même, les plantes les plus délicates. Il ne faut pas même que les soins soient trop attentifs, car on finit aussi par tourmenter à force d’aïmer. Nous avons connu une dame, de Bruxelles, qui chérissait tellement ses bruyères, qu’elle les arrosait de lait tiède sucré. Les bruyères moururent toutes les unes après les autres. Un verre d’eau de pluie eût ant mieux convenu.

EMPLOI DANS LES COIFFURES DES FLEURS PERPÉTUELLES DU RHODANTHE MANGLESII.

Nous conseillons d’une manière toute particulière aux dames la culture d’une plante annuelle des plus jolies. Cette plante est le charmant Rhodanthe Manglesii, composée de la tribu des Helichryses, c’est-à-dire des fleurs de soleil dorées. Elle a été découverte aux bords de la rivière du Cygne dans la Nouvelle-Hollande, et en 1852 seulement le capitaine Mangles nous l’apporta en Europe. Nous nous étonnons qu’elle ne soit pas plus répandue. La fleur ressemble à une jolie petite immortelle, mais plus élégante que toutes celles que nous connaissons sous ce nom , surtout quand la fleur est à moitié fermée; le dessous est d’un violet tendre, les rayons sont d’un rose luisant et pur et le cœur est d’un beau jaune d’or. Ces fleurs se conservent indéfiniment et l’on s’en sert pour les coiffures avec succès, vu qu’elles ne se fanent jamais ; les écailles sont comme du taffetas verni.

En été la plante est des plus gracieuses. En mai et juin, rien n’égale leur tendre et délicate beauté, on lui donne une terre argileuse. Elle s'élève tout au plus à un demi-pied, ses feuilles sont entières, planes et d'un vert glauque. En juillet, les fleurs sont sèches, quoique toujours colorées, on les coupe alors pour la conservation. En août, celles sur pied mürissent leurs graines qu'il faut semer sur couche chaude au premier printemps. On aromatise les fleurs qui naturellement sont sans odeur, par un peu d'essence de rose. |

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ARCHITECTURE DES JARDINS

PLAN D'UN JARDIN FLORAL A FLEURS HARMONIQUES DE GRANDEUR, DE FORME ET DE COULEUR,

Par M. Cx. MORREN.

Pour qu'un jardin floral plaise, il faut qu’il réalise deux conditions : lharmonie et la variété. L’harmonie est la concordance des formes, la similitude des grandeurs et les rapports des couleurs; la variété est la diversité indéfinie des créations végétales. Si la variété scule domine, le jardin est bizarre, extraordinaire, fantasque, il n’est pas beau. Si l’harmonie seule est réalisée, le jardin est monotone, fade, ennuyeux. La variété et l'harmonie se fécondent mutuellement et suscitent en nous des sentiments agréables, des idées gracieuses; elles éveillent l'imagination et nous bercent sur les vagues du plaisir. La duchesse de Bedford à Campden- Hüll, avait un jardinier, John Caie, qui excellait dans les conceptions des jardins floraux où ces conditions se’ trouvent parfaitement remplies. Pour qu’on comprenne bien ce système, Jettons un regard sur la planche ci-

annexée et donnons d’abord la légende des fleurs qu'on y cultivera.

CENTRE. | 27. Nemophila insignis. bleu.

; ; < 28. Aster tenella, lilas.

1.1. Nierembergia calycina, blanc. 9 Dune : ‘ À : 2. s a intermedia , pourpre foncé.

2.2. Lobelia gracilis, bleu. OR NE es 3.3. Verbena Sabini, pourpre. ; ES Et te 4.4. Lobelia lutea, jaune. TROISIÈME RANG.

+ 5 3 de ue popan CPR Due 31. Bouvardia triphylla, écarlate. 6. Verbena chamædrifolia, écarlate. | 4 Verb : |, 92. Verbena pulchella, lilas.

PREMIER RANG. | 33. Campanula carpatica, bleu. 7. Anagallis Monelli, bleu. 54. Eschscholizia crocea, orange. 8. Lobelia lutea, jaune. 55. Lotus jacobæus, brun foncé. 9. Verbena chamædrifolia, écarlate. | 36. Bovardia triphylla, écarlate. 10. Nierembergia gracilis, blanc. , 97. Buchnera capensis , blanc. 11. Lobelia unidentata, pourpre foncé. | 98. Eutoca viscida, bleu. 12. Lobelia lutea , jaune. 99. OEnothera macrocarpa, jaune. 15. Campanula garganica, bleu clair. ! 40. Nierembergia filicaulis, blanc. 14. Anagallis grandiflora, écarlate. . A. Pelargonium écarlates, écarlate. 15. Lobelia unidentata, pourpre foncé. | 42. Selago Gillæsii, lilas. 16. Lotus microphylla , Jaune. | QUATRIÈME RANG. 17. Anagallis grandiflora, écarlate. EUX 18. Nierembergia gracilis, blanc. | 45. Petunia nyctaginiflora , blanc. 44. OEnothera cælestis , bleu.

SECOND RANG. : 45. Eschscholtzia crocea , orange. 19. Petunia intermedia, pourpre foncé. | 46. Petunia phænicea. pourpre fonce. 20. Alonzoaà linearis, écarlate. | 47. Pelargonium ecarlates, écarlate. 21. Lantana Sellowii, pourpre. | 48. Senecio elegans, var pleno- 22. Isotoma axillaris, bleu. ruber, pourpre.

23. Sanvitalia procumbens, jaune. | 49. Verbena Lambertii, pourpre. 24. Verbena multifida, lilas. : 50. Eschscholtzia californica, jaune. 25. Alonsoa linearis. écarlate. : 51. Petunia bicolor, blanc. 26. OEnothera taraxacifolia, blanc. | 52. Lychnisfulgens, écarlate.

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