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pour blanchir dans l’automne et l'hiver. On peut y faire aussi quelques couches à champignons. |
Un autre pour élever à part toutes sortes de graines, afin que dans les autres carrés on ne voie rien de monté en graines si ce n’est tout au plus de l'oseille et des épinards.
Un carré pour les asperges.
Un autre pour les choux pommés et les choux-fleurs, tant d’été que d’automne.
Un autre pour les pois verts, les fèves de marais et les haricots. Ces légumes cueillis, on emploiera le terrain en choux d’hiver.
Un pour les melons. On met dans quelque endroit écarté les citrouilles et les potirons, parce qu'ils demandent une grande étendue. Quant aux concombres, il est indispensable de les planter très-loin des melons, pour éviter que la poussière fécondante des fleurs ne se confonde entre ces différentes espèces, et ne fasse ainsi dégénérer les melons. II serait même à désirer que les concombres, les citrouilles et les potirons fussent séparés des melons par des murs et des bâtiments.
Enfin on destine en carré pour semer toutes les plantes qui doivent être repiquées pendant tout le cours de l’année. |
Pour distinguer également le terrain des carrés, on commence par mesurer en dedans sans y comprendre les plates-bandes qui sont à l’entour; et on donne à toutes les planches une égale largeur, autant qu'on le peut on les fait ordinairement de 1 mètre 50 centimètres de large chaeune , avec un sentier de 30 à 55 centimètres entre deux. Il y en a qui font des planches beaucoup plus larges ; mais cela est incommode pour la eulture. |
On doit, pour la même raison, et pour la beauté du jardin, proportionner la longueur des planches et la largeur, et il faut toujours les reborder un peu avee le rateau, pour retenir l’eau des pluies et des arroscments, surtout dans les terres légères, sablonneuses ou sèches, mais dans celles qui sont humides , il faut au contraire que le milieu des planches et des plates-bandes soit un peu plus élevé que les extrémités, et que les sentiers et allées aillent un peu en pente, ou bien y faire des rigoles, afin que les eaux s’écoulent. En dressant les planches, on ôte en même temps toutes les pierres que le rateau rencontre.
C’est dans ces planches bien fumées et bien labourées, ou sur les couches, qu’on sème ou qu’on repique toutes les plantes potagères chacune en sa saison, comme nous le dirons en traitant de la culture de chaque plante en particulier.
Tout ce qu’on replante ou transplante doit être arrosé aussitôt, et on continue d’arroser assidument pendant le printemps, l’été et l'automne.
Tout ce qu’on sème, on le fait par rayons, ou à plein champ. On rayonne les planches en les traçant avec le bout d’un bâton, ou en y appuyant le manche d’une bêche couchée de son long, pour y semer certains légumes,
comme oseille, poirée, persil, cerfeuil, épinards. : on “rene pan de terre, sans herser. UT
Mais à l’égard des autres plantes potagères comme > oignons et racines, il vaut mieux les semer en pleine planche, et ensuite on les herselégèrement, ce qui se fait d'ordinaire avec une fourche en fer. Semeren pleine planche , en plein champ ou à la volée, c’est la même chose : c'est semer comme on fait pour le blé.
Les maraïchers, qui louent leurs terres fort cher, trouvent plus Prat profit à semer sans rayonner, mais les amateurs qui Me plus de (prapeeté sèment en rayons.
Il faut porter du terreau sur chaque planche qui aura été semée > pour la terreauter de l'épaisseur de 3 à 4 centimètres; afin que les graines germent et lèvent plus aisément, et que la terre ne soit ni battue par les pluies et les arrosements, ni desséchée par les hâles, les vents. et.la chaleur. |
Si la planche ou couche n’est pas mouillée quand on sème, on arrose aussitôt, pour que les graines prennent racine, et on continue d’arroser tous les jours, tant qu'il fait chaud et qu’il ne pleut pas.
Quand les semences sont levées, il faut les arroser, les sarcler avec soin, ies enfuir pour que la terre profite bien de la pluie et des arrosements , et l’on continue d’arroser exactement pendant les häâles du printemps. et la chaleur de l'été, surtout les plantes qui ont le plus besoin d’eau, comme les laitues pour pommer, les concombres, les raves, les oignons blanes du mois de mai , les artichauts, les cardons d’Espagne, la chicorée , le céléri.
Il faut placer auprès de l’eau les plantes qui ont le plus besoïn. d’arrosements, comme artichauts, fraisiers, céléri, laitues, chicorées, radis, etc.
On doit toujours se souvenir de mettre en vue du logis et à l’entrée du jardin, ce que le jardin a de plus gracieux pour la vue et pour l’odorat, et de placer à l'écart des plantes fortes, les choux, les fumiers, ete.
Les amateurs veulent aussi entreméler Les planches de différentes sortes de plantes, mettre les planches de verdure parmi des, planches de racines, et ainsi du reste, pour que la variété des planches du carré plaise mieux à la vue, et que les plantes de même espèces ne s’affaissent pas les unes les autres, car la nature ne se plait pas moins dans la diversité que la vue. |
On doit s'appliquer à ne mettre dans son jardin que les plantes qui sont propres au terrain et au climat; par exemple, des artichauts, des choux-fleurs, des betteraves et autres racines dans les terres bonneset fortes; et de l’oseille, du pourpier, des laitues, des chicorées et autres menues plantes dans les terres légères et sablonneuses. | |
On ne doit jamais, tant qu'on le peut, semer ni repiquer deux années de suite une même plante dans un même endroit.
Enfin on doit tenir toujours la terre bien meuble, et y Le les
engrais, parce que les plantes potagères l’usent ae pr
On mettra les herbes fines en bordures. Les plates-bandes pourront être garnies dans le temps de laitues à pommer ou d’autres plantes. Le terrain des espaliers , s’il a une exposition favorable, sera employé dans le commencement à quelques ados pour les pois ou autres productions hâtives et qui usent peu la terre, ensuite on laissera ce terrain vide, de peur de nuire aux arbres en fatiguant la terre.
Pour l’économie du terrain, on devra faire un bon usage des places qui seront laissées vides par les plantes potagères. Ainsi, le carré des laitues à repiquer pour le printemps et l’été peut être employé ensuite en chicorée blanche pour l’automne et l'hiver, celui des pois et fèves pour les choux d'hiver et les navets, celui du cerfeuil, du pourpier, etc., pour les épinards, à la fin de l’été et ainsi du reste.
Cette fructueuse économie du terrain sera d’autant mieux comprise , si lon sait combien de temps chaque plante occupe l'endroit où elle est mise, afin d'en préparer d’autres pour succéder aux premières sans interruption, de manière qu'il ne reste jamais de terre inutile dans le potager.
Il faut done observer que les asperges sont les plantes qui durent le plus longtemps. On peut les laisser en place jusqu’à dix, douze et quinze ans, mais on ne détruira l’ancien plant que lorsque le nouveau portera de grosses asperges, ce qui n'arrive guère que la quatrième année après qu’on les a semées, ou la troisième après qu’on les a replantées. C’est pourquoi il est bon d’avoir la précaution à en faire de nouveaux carrés trois ou quatre ans avant la décadence des anciens.
On doit renouveler un carré d’artichauts tous les quatre ans au plus tard, et quelquefois dés la troisième année.
Les framboisiers et groseilliers durent huit à dix ans et les fraisiers trois ans.
Les bordures d’absinthe, d’hysope, de lavande, de marjolaine, de rue, de romaine, de sauge, de thym, de violettes, etc., peuvent subsister en place trois ou quatre ans, pourvu qu’un hiver extraordinaire ne les endommage pas. Il n’y a qu’à les tondre un peu ras à la fin de chaque été. Le baume, le cerfeuil musqué, l’alléluia, l’oseille, la patience, l’estragone, le persil de Macédoine, la trique-Madame, etc., peuvent aussi durer trois ou quatre ans.
L’anis, le persil ordinaire, la pimprenelle, le fenouie, la scorsonère, le salsifis blanc et la chicorée sauvage subsistent deux ans.
La poirée soit à couper, soit à carder, et les ciboules durent d’un printemps à l’autre.
Les betteraves, les cardons d’Espagne, les carottes, les chervis, les choux pommés, les choux de Milan, les choux-fleurs, les citrouilles, les potirons , les panais, les poireaux, la bourrache, la buglose, la corne de cerf, etc., occupent leur place environ neuf mois, à compter du printemps, époque où ils ont été semés, jusqu’à la fin de l’automne.
Les oignons, l'ail, les échalotes, les concombres, les melons et les pre-
miers navets, n’occupent la leur que le printemps et l’été, ainsi au bout de ce temps-là, on peut y substituer quelque autre chose pour l'automne et pour l'hiver. ol
Les pois hâtifs qu'on sème depuis novembre sont en place six à sept mois; et les autres pois y sont quatre à cinq mois seulement, aussi bien que les fèves de marais et les haricots.
Les raves, le pourpier, le cerfeuil commun n ‘occupent leur place que cinq ou six semaines, aussi on doit en semer l'été tous les quinze jours.
Les chicorées blanches, la bonne-dame, le cresson alénois et toutes sortes de laitues, tant à pommer qu’à lier, occupent la leur environ deux mois.
Les couches à champignons sont trois mois à chancir, d'etre à faire leur moisissure, et trois mois à donner du fruit : ainsi au bout ‘de six mois, la place est libre mais on peut les recommencer dans toutes les saisons.
Enfin les mâches et les épinards sont mis à la place de ce qui ne reste pas après l’été et occupent le terrain l’automne ct l'hiver, de même que les choux d'hiver et autres plantes de cette saison.
DE LA BEAUTÉ DANS L'ART DES JARDINS, Par M. Rico.
Il est assez difficile de donner une idée exacte de ce qu’on entend par beauté : Lessing, Wathely et d’autres ont imaginé des définitions plus ou moins ingénieuses à ce sujet.
La beauté, considérée en tant que se rapportant à l’art des jardins, la beauté champêtre, ne résulte pas toujours de l'harmonie des parties entre elles, ainsi que le pensent quelques théoriciens. Jetez les yeux sur cette plante dont la tige est si frêle et le fruit si fort, sur cette rose dont le bouton fait courber le débile rameau qui le soutient, dira-t-on qu’il y a ici harmonie des parties entre elles? La beauté peut donc exister sans l'harmonie des parties : elle réside dans toute espèce de formes, mais peut-être plus spécialement dans les formes arrondies. Une ligne droite dans un paysage peut plaire à l'œil, un ligne courbe, en général lui fera plus de plaisir encore, une forêt qui ira en se prolongeant sur les collines,
qui descendra dans les vallons, qui s’élargira tantôt, et tantôt se refer- 4 mera, flattera plus agréablement les regards qu’une (orét qui s étendrait
ro meet sur un grand espace.
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CONSTRUCTIONS HORTICOLES
SUR LES COUCHES À MELONS FAITES EN TUILES DOUBLES SELON LE PROCÉDÉ DE M. Joux ROBERT,
Par M. Cu. MoRrren.
Plusieurs de nos fruits ont peine à muürir ou du moins à développer toute leur saveur, à cause du peu de chaleur de nos étés et du peu de continuité de cette chaleur. L’attention de l’horticulteur doit donc se porter sur tous les moyens possibles de retenir au profit de la plante et la chaleur d’un sol qui fermente et celle du soleil que divers corps absorbent plus que d’autres. M. John Robert (Eastcheap. 24. Londres) a dernièrement appliqué ces principes à la culture du melon. 1] a inventé des tuiles en terre cuite doubles (Voy. pl. 47, fig. 1) dont il fait une couche inclinée au midi. Le côté nord mesure 5 pieds 6 pouces de hauteur, les côtés 20 pieds de longueur, la largeur 6 pieds, l'élévation du bord du midi 4 pouces, le tout bâti en briques ou élevé en planches, quoique les briques soient préférables. La couche bâtie, on défonce le terrain à 3 pieds 6 pouces de profondeur du côté du midi et on suit par ce défoncement un plan parallèle à celui de la couche. La terre ôtée est mise en réserve pour recouvrir la couche. Ayant béché le fond, remplissez-le avec des broussailles, pailles, tiges de plantes et vieille litière à la hauteur de douze pouces plus bas que les bords de la couche, affermissez le tout et puis recouvrez avec de la bonne terre de jardin autant qu’on y pourra en mettre sans la tasser.
Puis procurez-vous deux barils à farine ; sciez-les par le milieu , défoncez les deux fonds; plongez-les dans la couche au centre à égale distance des bords. Que les bords de ces barils soient entièrement sous terre. Remplissez-les de bon fumier décomposé. Ce fumier doit être formé de moitié d'engrais d'étable et moitié de fumier de pores bien nourris. Recouvrez ce fumier d'environ quatre pouces de bonne terre provenant de préférence d’une ancienne prairie. Plantez 5 ou 4 semences de bons melons choisis dans chaque baril (il y en a done quatre par couche). Chaque graine doit être recouverte d’une cloche. Arrosez jusqu'à ce que les plantes soient bien formées. Ensuite exposez-les peu à peu à l'influence du beau temps. Recouvrez-les tard le soir jusqu'à la mi-juin. Pour la transplantation finale choisissez un temps beau et chaud. Quand elle est terminée couvrez toute la surface de la couche de tuiles doubles à melon (voy. fig. 2 et les tuiles en plan fig. 1). Fixez les plantes en les attachant par des liens connus (fils de nattes, bouts de laine) aux tuiles en faisant passer les plantes par les trous. Ces opérations faites il ne faut plus soigner que le ehässis qui recouvre la couche et les melons se parfument et grossissentsur ces tuiles de manière à réaliser toutes les conditions de la meilleure culture.
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DOUBLES TUILES POUR FRAISIÈRES , Par M. Cu. Monrnen.
M. John Robert a imaginé également de fabriquer des doubles tuiles pour fraisières. On sait que les fraises se développent d'autant plus, acquièrent d'autant plus de fumet, de grosseur et de jus qu’elles se forment et mürissent sur un plan plus chaud, le tout centre certaines limites. M. Robert confectionne donc des tuiles noires ou d’un bleu foncé, semblables à celles figurées pl. 47, fig. 3 : elles se placent de manière que par le grand trou du milieu, la plante de fraisiers passe. Si la fraisière est inclinée au midi, ces tuiles laissent égoutter l’eau et maintiennent les fruits très-propres. Elles absorbent une grande chaleur et la retiennent en partie la nuit. Comme on peut si facilement les mouvoir, elles ne gènent en rien tous les détails de la culture des fraisiers, comme dépouillement des coulants, nettoyage des collets, enlèvement de feuilles mortes, recherches d'insectes, etc.
Les fraises cultivées de cette manière ne doivent pas se laver avant qu’ on les mange. On sait que l’eau enlève promptement le principe aromatique, le fin fumet de ce fruit.
Enfin, les jules qui sont des animaux ramenés par le vulgaire aux millepieds et répandent une repoussante odeur d’iode quand on les comprime, ne peuvent plus venir se loger dans les fruits. Ce sont eux qui occasionnent ces accidents funestes que quelques personnes éprouvent après une ingestion de fraises, comme coliques, vomissements, etc. Ces animaux se retirent dans la terre et mangent le côté du fruit qui repose sur sa surface. Cultivées sur les tuiles, les fraises ne donnent plus de prise à l’envahissement de ces myriapodes.
On a aussi imaginé de construire pour les fraisiéres des plans incelinés en terre, recouverts par de simples briques telles que celles qui servent à bâtir les maisons. Seulement on laisse entre elles quelque espace suffisant pour permettre aux plantes de passer et de végéter. Les fruits mürissent aussi mieux sur ces briques qui s’échauffent pendant le jour.
Enfin, on remplace avantageusement les briques par des tuiles ordinaires, concaves, telles que celles dont on recouvre les toits. Les fraisiers poussent dans l'intervalle laissé entre elles, ce qui suppose une plantation en ligne. On préfère des tuiles bleues aux rouges. La concavité permet à l'eau des pluies de se déverser comme le long d’une gouttière. Les tuiles de M. John Robert ont aujourd’hui une grande vogue en Angleterre.
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JARDIN FRUITIER