‹ La Belgique horticole (volume 3)Chapitre 155 sur 224 · D K D: UD · texte numérisé non relu

D K D: UD

n’est pas coupable de ce chef, Nous trouverons dans l’art de coiffer par les fleurs naturelles un membre éminent de l’ordre de Jésus, auteur d’un gros traité en latin sur la matière, phénomène dont nos dames ne se doutent guère, de sorte que successivement cette floriculture de la toilette nous permettra de faire rendre justice à bien des célébrités inconnues ou méconnues, tant il est vrai que malgré notre idée de supériorité sur les siècles passés, il est bien rare qu’une idée quelconque soit neuve et originale.

Mais afin de rendre cette partie de l’horticulture directement réalisable, nous passons sans plus de réserve à la description de trois coiffures payennes, revenues à la mode la première depuis 1847, la seconde depuis 1851 et la troisième, faisant exception, à des retours intermittents. Chacune de ces coiffures fut du reste de tous les temps et de tous les pays civilisés.

4° Coiffure à la Flore.

Elle sied aux personnes dont les proportions et les formes sont irréprochables et se rapprochent du type grec si elle ne le représentent tout-àfait. Le profil surtout doit être un de ceux dont'on retrouve la représentation sur les bas reliefs antiques. Cette coiffure se porte avec des bandeaux soufflés et ondulés, le chignon flottant et bouclé, simplement lié par un bandeau. La couronne ne forme pas diadème, mais elle se prend par un nœud derrière et au bas de la tête pour aller en s’élargissant finir au-dessus du front. Cette couronne composée de fleurs brillantes comme roses, narcisses, jacinthes, camelias, œillets, orchidées, se borde par des bruyères, des feuilles de cyprès distique et se termine vers le haut par des feuilles, des branches et des fleurs plus élancées et plus libres. Les boucles d'oreille et le collier antiques se marient admirablement à cette coiffure qui, tout en datant de deux mille ans d'invention, n'en sera pas moins toujours belle, toujours neuve, toujours d’un goût exquis. Nous donnons PI. 45 fig. 1, une esquisse de cette coiffure d’après la belle Flore de Canova.

Do Coiffure a la Cérès.

Ici nous laissons parler M. Lachaume. « Ce genre de coiffure se porte ordinairement avec des bandeaux plats ou soufflés. IL est très-gracieux, mais ne sied qu'aux personnes qui ont la tête bien proportionnée. Il ferait mal sur une tête carrée des côtés. Cette coiffure doit toujours former diadème en avant de la hauteur du front. Elle se tressera de préférence avec des petites fleurs de roses ou de petits camelias, avec des violettes, des reines marguerites, des œillets. La bruyère y est indispensable ou bien un feuillage fort léger. » Nous nous permettrons de joindre une seule observation, c’est que jamais il n’y eut de Cérès sans épis (céréales) et rien n’est plus gracieux dans une coiffure que des épis d’orge zéocrite,

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d'orge à six rangs, ete., de froment monocoque et autres beaux grains.

On les utilise secs, on passe ces épis à la gomme et puis aux feuilles d’or ou d'argent, et quand la gomme est séchée, on enlève l’excédant des

feuilles de métal au moyen d’une brosse de Adi Les dames font des

bouquets de ces céréales et s’en servent pendant l'hiver.

Les dames abonnées à la Belgique horticole qui désireraient posséder des graines de céréales choisies pour cet effet, peuvent nous les demander ou nous les faire demander et nous nous ferons un véritable plaisir de leur en donner. Ces céréales pour coiffure se sèment au printemps. Ces épis vraiment dorés cette fois, font un effet charmant au milieu des fleurs citées parmi lesquelles les bleuets et les coquelicots ne sont jamäis déplacés. En hiver on les remplace par des fleurs de poiriers du Japon forcés et des cælestines. (Voy. pl. 45, fig. 2.)

5° Coiffure à la Pomone.

Elle ne se porte bien que par les personnes un peu fortes, qui présentent de l'ampleur dans les formes et qui jouissent de hautes couleurs. La couronne est large, formée de fruits et des feuilles des espèces les plus recherchées comme fructifères. Le haut du corsage est également garni d’une guirlande semblable. Cet ornement a des ressources ignorées de beaucoup d'artistes. Les fruits l’Arsidia crenulata y font un effet charmant, imitent des grappes de grains de corail et tout l'hiver on trouve ces arbustes en fruit dans nos serres. Les épis fructifiés et courts du Chamærops humilis produisent de même un excellent effet et s’obtiennent encore l'hiver quand on tient ce palmier un peu chaud. Plusieurs épines ou cratæqus fournissent des ressources abondantes. Les baies blanches du Gui ou viscum album avec leurs feuilles coriaces qui ne se fanent pas, sont précieuses, ainsi que les baies en perles des rhipsalis. Nous avons vu cultiver en vue de la confection de ces coiffures à la Pomone qui avaient une grande vogue dans l'hiver de 1851, de petites variétés de courges dont les fruits en forme de pommes, oranges, poires ou calebasses mesuraient tout au plus huit centimètres. Leurs couleurs étaient variées. D'ailleurs, on mélange les fruits naturels de fruits {actices faits en verre, surtout en ce qui concerne les grappes de raisins. PI. 45, fig. 5.

Ces trois coiffures sont payennes, mais classiques; nous donnerons dans un second article sur ce sujet trois coiffures chrétiennes qui appartenant à une autre époque, n’en sont pas moins revenues de nos jpuss comme des nouveautés.

AVIS

Nous répétons ici afin d’être bien compris, que nous offrons aux

dames et demoiselles, nos honorables abonnées, des graines des plus jolies

«et des plus gracieuses céréales pour bouquets, coiffures et parures.

ARCHITECTURE DES JARDINS

CONSTRUCTION ET PLAN D’UN JARDIN FLORAL ANGLAIS, COMBINÉ AVEC UN JARDIN POTAGER ORNÉ COMPRENANT LA DISTRIBUTION, L'EMPLOI ET L'ÉCONOMIE DE CE DERNIER,

Par MM. Denis Er Rouar», Professeurs d'Horticulture.

Après que le terrain des espaliers et des plates-bandes a été pris, on en fait border les allées de violettes et de fraisiers. On y emploie encore le buis, parce qu'il est propre et vert en tout temps, mais il sert souvent de retraite aux limacons. On peut aussi garnir les bordures de quelques fleurs qui ne demandent pas trop de soins, comme les mignardises ; les violettes, etc.

On garnit le milieu des plates-bandes d'arbres fruitiers en buisson, en quenouille ou en palissade de groseilliers et autres arbrisseaux qu’on entremêle parmi les arbres fruitiers.

Les allées étant tracées et Les bordures des plates-bandes étant plantées, on garnit les carrés de toutes sortes de plantes potagères.

Si le terrain est un peu grand, s’il est, par exemple, de deux ou trois arpents, on peut le partager en quatre grands carrés, par une allée en croix, et subdiviser chacun de ces quatre grands carrés en quatre plus petits, par de petites allées, ou seulement par des sentiers, ce qui fera seize petits carrés qu’on emploiera de cette sorte :

Deux carrés en artichauts et un troisième pour le renouvellement.

Un carré pour les cardons d’Espagne et pour le céléri.

Un autre pour l’oseille, qu’on divisera en six ou neuf planches, pour en renouveler tous les ans deux ou trois, ou bien on fait des bordures avec cette plante.

Un carré pour les racines telles que les betteraves, carottes, scorsonéres et chervis.

Un carré pour l'oignon, la ciboule et les poireaux.

Un carré pour les épinards et la poirée.

Un autre pour le persil, le cerfeuil, la primprenelle, le pourpier et autres fournitures de salade, des raves et des radis.

Un autre pour les laitues à repiquer au printemps et en été. A la fin de l'été, ce carré ainsi que tous les endroits vides, se rempliront de chicorée, pour l’automne et l'hiver.

Dans un autre carré, on mettra deux planches de ehicorée sauvage ,

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