‹ La Belgique horticole (volume 3)Chapitre 167 sur 224 · VA · texte numérisé non relu

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un grand fruit. La conséquence, en effet, est que s’il ne faut pas de fécondation dans la fougère adulte pour lui donner le pouvoir de porter des graines, celles-ci se formeront d’autant mieux et germeront facilement. Aussi reproduit-on aujourd’hui les plus belles fougères en semant la poussière de leurs feuilles et cela sans peine. On s’envoie par la poste dans une lettre de petits brins de fougères brunies par la poussière : on recoit ces brins, on les racle avec le dos d’un canif et l’on répand cette poudre sur de la terre bien meuble. On place le pot sur un godet rempli d’eau et on le tient chaud, dans une bâche, en mettant dessus un verre à vitre pour ne pas derbi l'arroser, ce qui dérangerait la poudre. On voit bientôt paraître une mousse, puis de petites feuilles de fougères, toute une série de métamorphose a lieu et vous obtenez les mêmes fougères que celles dont vous avez récolté la poudre. Seulement, on a observé que sans cause connue, il y a parfois des graines qui ne développent pas les anthéridies mâles et alors la germination, quoique commencée ne se poursuit pas et vous n’obtenez que des avortons.

Ici se présente un phénomène non moins curieux. Dans jé fleurs ordinaires, on croise les individus et l’on obtient des mixtes. Il y a quelques années on fit naître à Louvain une fougère mixte aussi d’entre une espèce à feuilles toutes dorées au-dessous (Gymnogramma chrysophylla) et d’une autre à feuilles argentées sur la même surface (Gymnogramma calomelanos). Le produit n’avait ni argent ni or, mais une surface de couleur intermédiaire. On s’écria qu’on avait prouvé l’hybridité des fougères et partant leur copulation, leurs sexes. Mais la nature se rit de notre vanité. Il ne pouvait y avoir de fécondation puisque nous venons de voir que le mâle chez les fougères se développe sur la plante qui germe. Le phénomène de Louvain devenait embarrassant non pour la nature qui est toujours simple dans ses voies, parce que son auteur est grand, mais pour les génies qui veulent tout expliquer. Le professeur Bernhardi dans la Gazette horticole de la Thuringie a démontré toute l’ingénuité de l’opération qui se passait ici. Le deux gymnogrammes, celui à feuilles dorées et celui à feuilles argentées germent ensemble et se soudent de toute pièce pour produire le prétendu mulet, absolument comme en greffant le Cytisus purpureus sur le Cytisus pénis > On obtient cet être double appelé dans les jardins Cytisus Adam.

Ici encore, Dieu nous garde de dire que la science soit el Quelle conclusion Detnt tirer de ceci les horticulteurs ? C’est qu’évidemment dans une serre à fougères où ces plantes pullulent, et où elles naissent à foison sur la terre des pots, ces soudures peuvent souvent se produire et alors il appartient au bon horticulteur de les voir et de les soigner pour se procurer des formes encore inconnues dans la série des êtres.

Nous n’allons pas nous flatter d’épuiser dans une seule revue tout ce que les fougères nous offrent d’intéressant. Un boudoir de fougères renferme une foule d'objets de la plus haute instruction. Voyez sur la

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