CULTURE DES PLANTES BULBEUSES DU PRINTEMPS
Par M. J. M. Turner.
La valeur qu’on attache universellement aux Jacinthes et le soin que l’on a de les obtenir en fleur dès le premier rayon du printemps, prouvent que le goût pour ces sortes de plantes n’est pas prêt de s’éteindre. Seulement, on aurait tort de supposer que ces seules plantes méritent notre attention, et qu'aucune autre ne puisse les égaler ni en beauté, ni en intérêt. En fait de plantes bulbeuses, il est vraiment remarquable qu’elles s'étendent par localités : ainsi, telle espèce est abondante dans telle localité, telle autre dans tel autre lieu, mais rarement on les trouve réunies par collection, comme si les possesseurs de ces sortes de plantes éprouvaient une certaine apathie à communiquer leurs trésors. Il suit de cet état de choses que de temps en temps, il revient dans le commerce des plantes bulbeuses, quelque vieille espèce comme entièrement nouvelle, alors qu'elle s’est seulement éclipsée pendant une série d'années. Ce fait se vérifie surtout depuis un siècle, car nos aïeux, qui recevaient moins que nous des nouveautés du Nouveau-Monde ou même de l’ancien, s’attachaient de préférence aux plantes bulbeuses dont il y avait alors des collections spéciales , chose qu'on trouverait à peine de nos jours.
Je ne me propose pas de traiter ici de la culture de toutes les plantes bulbeuses indistinctement : ce sujet serait trop vaste. Je me restreins à celles qu'on peut cultiver avec succès en pot, afin de les obtenir en fleur
au commencement du printemps, et par cette saison, J'entends celle de la nature et non celle des annuaires. Naturellement, des plantes de cette végétation peuvent toujours se forcer, de manière à charmer nos demeures pendant les mois de février, mars, avril et mai.
Parmi les plus précoces et les plus particulièrement belles, on compte les scilla. Dans beaucoup de jardins , les espèces de ce genre sont traitées comme plantes vivaces , de pleine terre seulement, et ce qui a dû donner lieu à cette idée, c’est que, tenues en serre même froide, ces espèces deviennent maigres et effilées. Pour suivre autant que possible l’ordre chronologique, je signalerai d’abord le seilla brevifolia, dont les fleurs blanches s'ouvrent déjà en janvier, et continuent de se succéder pendant deux mois. Après cette espèce, nous voyons le scilla siberica qui se trouve tout près du scilla bifolia. Le premier possède des fleurs d’un bleu intense et le second à produit deux variétés, l’une à fleurs blanches et l’autre à fleurs d'un azur céleste. Ces teintes, toutes très-pures, offrent un charmant contraste avec le scilla carnea, dont les corolles sont d’un tendre incarnat ou couleur de chair rosée.
En mars et avril, nous avons en fleur le scilla campanulata qui possède des variétés bleues, blanches et rouges, le scilla verna, lequel se diversifie de même, le magnifique scilla amœna, avec ses clochettes de beau bleu royal. Enfin, cette saison se termine par le grand scilla peruviana et le scilla nie , parfaitement violet.
Parmi les scillas les plus précoces de tous figure celui dont le nom dit eette propriété : scilla praecox. Sous cloche ou en serre, on l’a déjà en fleurs à Noël. Les fleurs de ces espèces sont en clochette, varient en grandeur depuis celle de perce-neige jusqu’à celle des Jacinthes d’Andrinople.
Toutes ces jolies espèces se délectent dans un mélange de terre de bruyère un peu tourbeuse, d'argile et de sable siliceux , blanc. Les racines ou les bulbes doivent se placer quatre ou einq, si ce sont de petites espèces, et uniques si ce sont des grandes, par pot. On ne peut pas mettre plus d’un pouce et demi de terre au-dessus des bulbes. On fait cette plantation de bonne heure en automme, et pendant l'hiver on met les pots dans une serre froide, un conservatoire, ou une simple chambre. Il faut les éclairer beaucoup et directement, sinon, les feuilles venant à pousser, elles resteraient blanches et faibles. On SEEN de la végétation par le vert qui vient poindre à la surface du sol, et peu à peu on reconnait entre les feuilles qui s’écartent les rudiments de fleurs.
Il faut régler les arrosements d’après les progrès de la végétation. Peu d’eau d’abord ; puis, on en augmente la quantité, à mesure que les surfaces évaporantes augmentent. Après la floraison, on diminue l’eau, eton place les pots en plein air, au pied d’un mur, et on les y laisse sans arrosement jusqu’à ce que les bulbes soient entièrement en repos.
Les Lachenalia montrent toute leur splendeur de février à mai. La première espèce qui fleurit est le Lachenalia contaminea, dont les fleurs
sont blanchâtres. Presqu'en même temps s'épanouit le Lachenaliæ o7-
chioides aux fleurs jaunes, mais les plus jolies du genre sont les Lachenalia pendula, quadricolor, luteola et leurs variétés. Le pendula a des feuilles d’un vert brillant, parsemées de macules noires; ses fleurs sont supportées sur des épis bien développés ; elles sont plus longues que celles des Jacinthes, jaunes à la base, rouges au milieu et vertes à la gorge. On en distingue une variété à feuilles unicolores.
La meilleure variété du Lachenalia quadricolor ressemble au pendula dans ses feuilles et la manière de croître, mais ses fleurs sont plus grandes et les couleurs plus brillantes, principalement le rouge, qui devient de l’écarlate. Le luteola a les fleurs entièrement jaunes, et sa variété maculata possède le feuillage élégamment maculé de la première espèce. Ces fleurs continuent de durer et de se succéder pendant deux mois pleins.
Se rapprochant de ces espèces par leur beauté et le temps de fleurir, les Lachenalia flava d'un jaune brillant, patula blanc et rose, rosea, rose et racemosa blanc. Il y en a d’autres encore, mais elles sont moins significatives sous le point de vue horticole. Avec une couple de chaque, on prolonge ses plaisirs de mars à juin.
On les plante dans de la terre de bruyère aussi sablonneuse que possible, en plaçant les bulbes assez rapprochées les unes des autres, et on doit avoir soin de laisser celles-ci tranquilles pendant plusieurs années. Si on les tourmente , elles se blessent vite et ne donnent plus de racine dessous.
Pour tout le reste, on les traite comme les scillas, mais il faut se rappeler que les Lachenalia sont loin d'être aussi agrestes , aussi inaccessibles au froid, à la gelée, aux intempéries. Les plantes sont beaucoup plus délicates, et en Belgique on les tient en appartement ou dans la serre tempérée. On les perd bien plus facilement que les scillas.
Je trouve dans le genre Muscari trois ou quatre espèces très-convebles pour divertir les mois de mars et d'avril. Le Muscari moschatum ou l'hyacinthe musquée, le Muscari comosum, avec sa variété monstrosum ou l’hyacinthe branchue avec le Muscarr botryoides, sont toutes des plantes aussi belles que curieuses, qu’attractives, je dirai, par la singularité de leurs fleurs et l'originalité de leur physiologie.
Les Muscaris répandent d'autant plus d’odeur et une odeur d’autant plus pénétrante que leur couleur est plus triste, plus terne et plus-grise: Ce sont de charmantes fleurs de bouquet, attachées à leur tige comme des amas de perles. Elles se maintiennent parfaitement en pleine terre.
Comme les seillas, si on veut les obtenir en floraison anticipée , on doit les empoter dès le premier automne, en mettant les bulbes les unes:près des autres. La même terre et le même traitement leur conviennent.
Le Bolbocodium vernum est un autre objet très-gentil : ses fleurs sont d'un pourpre foncé, s’élevant à trois pouces environ hors de terre.\On
cultive les bulbes comme des Lachenalia, dont elles ont la délicatesse.
Vers le milieu de février, les fleurs s’ouvrent jusqu’à mi-mars. ANS
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Comme annexe, on peut ajouter à cette collection de fleurs du printemps des espèces plus connues, plus répandues, comme les Varcissus ajax, bulbocodum, poeticus, Jacinthes, narcisses, tulipes, crocus, erythronium, fritillaires, etc., et même les cyclamens, bien que ce ne soient plus des plantes bulbeuses. En général , toutes ces plantes se maintiennent en pots et se forcent facilement à cause de leur floraison naturelle au premier printemps. Leur sol favori est un égal mélange d'argile, de terreau de feuilles , de fumier d’étable consommé et de sable. La terre de bruyère ne devient plus nécessaire.
Presque toutes ces espèces, que nous recommandons d’une manière expresse, sont de ces plantes à 50 centimes, qu’on peut se procurer chez les horticulteurs en vogue. Mais, nous le regrettons , au milieu de ces demandes de fleurs et de fleurs dans toutes Les saisons , il est fâcheux qu’on ne soigne pas davantage ces grâcieuses espèces dont une collection , composée comme celle que nous venons d'indiquer, seraitle charme, la beauté, lornement d’un jardin, d’un boudoir, d’un appartement. Toute cette culture se ferait sans peine et sans frais.
SUR L'EMPLOI DU CORYNANTIHELIUM MORONOA POUR GARNIR LES ESPALIERS, LES MURS, LES APPARTEMENTS ET LES SERRES, AVEC LES NOTIONS NÉCESSAIRES SUR LA CULTURE DE CETTE PLANTE,
Par M. Boucné, Inspecteur du jardin botanique royal de Berlin,
Le CoRYNANTHELIUM MORONoOA (Ryc.) appartient à la famille des composées et est voisin de l’espèce Milkania (Willd.). Son tronc très-long est très-luisant et paraît dans l’état sauvage devoir monter sur les autres arbres voisins, sans qu’il soit cependant pourvu de vrilles , propriété qu'il doit sans doute à la rapidité avec laquelle poussent ses branches qui le rend très-propre à tapisser en trés-peu de temps les murs et autres objets. Ses feuilles assez grandes, alternes, sont presque en forme de spatule, irrégulièrement dentées sur leurs bords, quelquefois un peu sinueuses, charnues et de couleur vert foncé. Cette plante, qui n’a pas encore fleuri ici, est originaire du Mexique.
De toutes les plantes employées pour tapisser les espaliers, les murs, les colonnes, etc., qui viennent bien en chambre, il n’y a guère que le lierre et une espèce de cissus encore peu répandu, qui répondent aux exigences des amateurs.
. Toutes les autres plantes rampantes et grimpantes exigent beaucoup de lumière et d’air et ne vivent qu'avec peine dans les appartements.
La plante dont il est iei question, est, d’après mes expériences, parfaitement convenable pour être cultivée comme plante rampante dans les appartements, car un exemplaire qui depuis trois ou quatre mois tapisse le mur d’une chambre a jusqu’à présent conservé parfaitement toutes ses feuilles, pousse des branches nouvelles et n’a pas éprouvé le plus petit dommage. Elle réussit également en appartements chauds et tempérés ; dans ces derniers surtout elle exige peu de lumière et peu de soleil; mais. si elle se trouve placée dans une température de 12 à 15°, elle végète vigoureusement, exige plus de lumière et de soleil et placée près des vitres, surtout dans un endroit isolé, elle prend un accroissement extraordinaire e& sous beaucoup de rapports doit être préférée au Senecio mikanioides, qui s'étend cependant beaucoup. Ses feuilles, charnues, d’un vert foncé, non-seulement ont un aspect agréable, mais ont encore la propriété de se conserver intactes pendant presque une année, ne se fanent pas aussi vite que celles de cette dernière plante et à lopposé du lierre qui est souvent complétement envahi par les kermès bruns, celle ne donne asile à presque aucun insecte.
La plante exige des arrosements modérés, une nourriture abondante et doit être par conséquent tenue dans de grands pots : il est nécessaire de la placer du commencement de juin à Ja fin d'août à l'air et à demiombre, et dans un endroit à l’abri des vents froids.
Pour que cette plante végète convenablement, il faut, ou la tenir en pleine terre ou dans de très-grands pots avec partie égale de bon terreau et de terreau de feuilles. Dans les serres, surtout pendant l’été, elle exige beaucoup d’eau, très-peu au contraire pendant l'hiver. On la multiplie d’éclats qui s’enracinent très-promptement sur couche chaude.
Il faut pincer souvent les jeunes plantes, afin qu’en leur faisant faire des branches nombreuses, elles s'étendent davantage.
REVUE DE PLANTES NOUVELLES
Astrapæœa viscosa. Swect. Hort. Brit. (seulement nommé) Hook. Bot. reg. 4544 (Astrupée visqueuse). Famille des Byttnériacées. — Syn: Dombeya Amelie. Guillem. in Archiv. Bot. v. 1. p. 567. Arbre à rameaux très-visqueux, feuilles cordées-arrondies, à 5 ou 5 lobes anguleux et dentées, lobes acuminés, stipules cordées, très-aiguës, pédoncules axil- -laires subterminales solitaires , à deux bractées au-dessus de leur milieu , involucre commun atrophié, bractées cordées , concaves-carinées, pédicelles et lobes calycinaux ovales, extérieurement poilus, pétales ouverts, tube des étamines urcéolé, filaments stériles allongés, anthères au
nombre de 15. C’est un noble arbre, de trente pieds d’élévation , comme on peut le voir dans les serres chaudes de Kew, sa cime est ronde, bien fournie de branches copieuses et d’un feuillage épais, garni pendant les mois du printemps d’une quantité considérable de capitule de fleurs en boule de neige, sauf que chaque fleur est au milieu et dans son fond d’un pourpre riche et brillant. « Cette belle plante, dit Guillemin, porte le nom d’Astrapæa viscosa dans l’Hortus britannicus de Sweet, simple catalogue où sa patrie originaire est indiquée. Il paraît qu’elle fut recue en 1825 , de Madagascar ; qu’on l’a cultivée d’abord en Angleterre, puis dans les divers jardins du continent européen. » Guillemin qui la rapportait au genre Dombeya l'avait nommée Ameliæ en la dédiant à la reine Amélie de France. « S. M. la reine des Français, ajoutait Guillemin, frappée de la beauté de cette fleur (à Neuilly) avait chargé Reduuté d'en faire la peinture. »
Culture. Sa grandeur et le développement de la cime ne permettent pas de le tenir dans de petites serres. Il lui faut un ample espace. Une terre argileuse légère, de fréquents arrosements, telles sont les conditions essentielles de sa bonne culture. On le reproduit par bouture, sous cloches étouffées et en bache chaude.
Daplhine Houtteama. Lindl. Paxt. F1. gard. 1. 170. (Daphne de Van Houtte). Famille des Thymeléacées. Synonymies. Daphne mezereum fol. atropurpureis où Daphne bois-gentil à feuilles pourpres. Cet arbuste de pleine terre, ne perdant pas ses feuilles en hiver, les a rouges et pourpres foncées, lancéolées et semi-coriaces comme celles du D. laureola. Les fleurs sont pourpres, lilacées et croissent sur le bois en cimes petites et pédonculées. L'origine de cette plante est inconnue, sort fatal d’une foule d’espèces et de variétés répandues sur le continent par les horticulteurs de Belgique. Le docteur Planchon voyait dans ce daphne le D. papyracea de Wallich. Le docteur Lindley demande si ce n’est pas un mulet du Daphne mezereum et du Daphne laureola. On ne sait ni quand, ni par qui ce mulet nous est venu. Tout ce que l’on sait de certain, c’est qu'il fleurit en mars après le D. mezereum.
Culture. I] passe en pleine terre et se contente d’un sol ordinaire des jardins. Sa culture ressemble absolument à celle du bois-gentil commun, espèce indigène de nos forêts.
Eria acervata. Lindl. Journ. hort. soc. VI. 57. (Érie ramassée). Famille des Orchidacées, section des malaxées-dendrobiées. Orchidée de serre chaude peu jolie. Les pseudo-bulbes sont comprimées et empilées les unes au-dessus des autres. Les feuilles raides et ensiformes, aiguës; les fleurs très-petites, blanches, un peu teintées de vert, au nombre de deux ou trois réunis ensemble en grappe axillaire droite. Sa patrie est l'Inde ; son introduction date de 1849, sa floraison a lieu en été.
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Culture. On cultive cette orchidée à la Société d’horticulture de Londres comme les autres espèces d’Eria, sur un morceau de bois brülé,
Gordonia javanica. Hook. Bot. Mag. 4559. (Gordonie de Java.) Famille des Ternstroemiacées. Feuilles pourvues d’un pétiole court, oblongues-lancéolées, acuminées, glabres, très-entières, penninerves ; pédoncules solitaires, axillaires, uniflores, plus courts que les feuilles, bi-tribractés sous le calice, bractées caduques, spathulées; sépales du calice ovales-elliptiques concaves, à poils rares; ovaire poilu, quinqueloculaire ; lobes du stigmate arrondis, subfoliacés ; capsule pisiforme à cinq demi-valves. Ce végétal ressemble extrêmement à un thé et rappelle même le camellia. Il a été découvert dans les montagnes de Java, et il a circulé sous le nom que M. Hooker lui a conservé dans les collections horticoles de M. Rollison de Tooting.
Culture. Quand la plante est encore petite, elle fleurit. On l’a traitée comme une espèce de serre chaude ; mais si l’on tient compte de sa naïssance sur les montagnes, il se pourrait bien que ce füt une espèce de serre tempérée comme les thés et les camellias. Un mélange de terreau de feuilles avec de l’argile sablonneuse lui a fait bon effet, et on l’a multiplié de boutures. Comme la plante est encore rare, la culture a dù procéder par tâtonnements.
Hoya campanulata. Blume Bijdr. p.1064.—Lindl. bot. reg. 1847. t. 54. — Hook. Bot. Mag. 4546. 1850 (Hoya campanulé). Famille des Asclépiadées. —- Syn. Physostelma? campanulata. Decaisn. in Dec. Prodr. 8. p. 652. Walp. repert. bot. p. 495; Cystidianthus campanulatus. Harsk. Cat. pl. in hort. Bot. Bogor. p. 126. Plante volubile, glabre; feuilles brièvement pétiolées oblongues, aiguës, subcoriaces penninerves, pédoncules plus longs que le pétiole, ombelle multiflore, corolle large campanulée à einq lobes, très-courts et très-obtus. Cette belle plante de serre chaude découverte dans les ravins des districts montagneux de Java par Blume a été importée vivante en Angleterre, chez MM. Weitchet fils , par les soins de leur collecteur, M. Thomas Lobb. Les fleurs sont d’un jaune souffré agréable, très-grandes et réunies en sertule sphérique et touffue.
Culture. C’est un Hoya à feuilles minces : il lui faut toute la chaleur d’une serre tropicale. Un mélange de terre argileuse légère et de terre de bruyère lui va bien ; durant la saison du repos, il convient d'éviter l’excès de l’eau. Comme les ombelles sont pendantes, la plante fait très-bien sur un treillis dirigé horizontalement. La propagation s'obtient par boutures en bache chaude et sous cloche.
Pimelea macrocephala. Hook. Bot. Mag. 4545 (1850) (Pimélée à grosse tête). Famille des Thymélées; plante glabre, rameaux droits,
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assez robustes, feuilles opposées, subunilatérales, largement-lancéolées, aiguës , subcoriaces, obscurément penninerves, glauques, les involucrales au nombre de 4 à 6 plus larges, capitules multiflores plus longs, ovaire adhérent à la base du périanthe, poilu, tronqué au-dessus, tube du périanthe allongé, grêle, pubescent articulé au-dessus de l'ovaire, caduque, divisions du limbe oblongues obtuses, ciliées, style assez long, exserte. C'est une des bonnes plantes envoyées de la rivière du Cygne par M. Drummond à MM. Lucombe et Pince d’Exeter. Le docteur Meisner la croit nouvelle, elle ne figure pas parmi les plantæ Preissianæ, mais elle est voisine du Pimelea tinctoria. C’est en définitive une acquisition utile pour l’orangerie.
Culture. Cette espèce est comme ses congénères, une plante d’orangerie et croit vigoureusement quand elle est plantée dans un sol tourbeux ou de la terre de bruyère mélangée avec un peu d’argile et suffisamment drainée. Il faut éviter l’excès d’arrosement copieux, surtout pendant les jours humides de l'hiver et du printemps. D'ailleurs, à aucune saison, les parois du pot ne peuvent être exposées aux rayons directs du soleil. On doit le propager par boutures, placées sous cloche et traitées comme d'habitude. Les pieds les plus beaux s’obtiennent par la greffe sur le P. decussata.
Pterostigma grandiflorum. Lindl. (Pterostigma à grandes fleurs). Famille des scrophulariacées. Scrophulariée vivace ; tige arrondie ; feuilles opposées , ovales, dentées et fortement nervées et veinées. Fleurs tubulaires, d’un violet pourpre. Calice à cinq segments étroits et verts, possédant trois bractées placées immédiatement au dehors et plus larges que les segments du calice. Corolle à deux lèvres, la lèvre supérieure large , échancrée au sommet ; lèvre inférieure divisée en trois lobes, les deux étamines fertiles. C’est à M. Fortune qu’on doit l’introduction de cette plante de la Chine. Il la trouva à Hong-Kong sur les flancs des collines et au bord des eaux.
Culture. M. Paxton assure que sa culture est facile partout où il y a de la lumière et un bon sol qui s’égoutte et ne retient pas l’eau. Ordinairement et jusqu’à cette heure on la cultive comme une plante de serre, mais il est très-probable que c’est une plante d’orangerie. Quoique cette plante aime les endroits éclairés, cependant l’exposition à une lumière directe et vive lui fait mal. On la multiplie par la division des racines et par les graines. Le nom du genre indique la singulière formation du stigmate qui est ailé. (Mag. of Botany).
| ; L | RER OU LITTERATURE BOTANIQUE ET HORTICOLE
ESSAI D’UNE HISTOIRE LITTÉRAIRE DES LIS; Par M. FR. DE Cannarr-Db'HAMALE,.
Chevalier de l'Ordre Léopold , Président de la Société royale d’Horticulture de Malines,
(Suite et fin.)
Le XVII: siècle, pendant lequel il nous arriva tant de produetions du Nouveau-Monde, ne nous donna qu’une seule espèce de lis de plus, celui du Canada (L. Canadense, Lin.), originaire du Canada et de la Virginie. C’est à tort que tous les auteurs fixent la date de son introduction à l’année 1629, elle doit plutôt remonter aux premières années de ce siècle, puisque ce lis était déjà décrit et figuré dans l'Histoire des plantes nouvellement trouvées, etc., de Geofroy Linocier, ouvrage petit in-32, imprimé à Paris, en 4620, et qu'il lui a fallu un temps moral pour passer de l’Angleterre, où il fut d’abord introduit, dans les jardins du continent.
Le XVIIE: siècle, plus fécond en introductions nouvelles, en fournit cinq espèces, savoir : le lis superbe, le lis de Sibérie, le lis du Æamitschatka, le lis de Philadelphie et le lis de Catesby. Pr
Le lis superbe (L. superbum, L.) est originaire de la Pensylvanie, d’ou
il fut envoyé, en 1727, à P. Collinson, par son illustre ami le docteur
Franklin. On sait avec quel plaisir Collinson, dont le nom inspire tant de respect dû à la bienfaisance et à la vertu, distribuait et propageait les
plantes et les graines que son goût pour Fhorticulture lui faisait solliciter
de ses nombreux correspondants sur tous les points du globe.
Ce lis, décrit pour la première fois par Gronovius, fut figuré dans le Plantæ selectæ de Georg. D. Ehret, d’après la plante qui, la premiére, fleurit en Europe au mois d'août 1758, dans les jardins du savant Collinson (1). Cette espèce a fourni une variété à tige plus élevée dont les fleurs, très-nombreuses, forment une girandole terminale d’un aspect magnifique. Elle est connue sous le nom de pyramidale.
(1) Plantæ seleciæ a G. D. Ehret pictæ notisq. illustralæ a christ. Jac, Trew. Nuremberg,
1700 , in-folio.
Lelis deSibérie (L. dahuricum, Kunth. spectabile, Fisch.), fut introduit en 4754. Cette espèce fut décrite et figurée pour la première fois par Catesby qui, sur la foi de l’amateur qui la lui communiqua , la cru originaire de l'Amérique septentrionale. C’est ainsi que pendant longtemps ce lis a porté le nom de Lilium Pensylvanicum. Gmelin, en la recueillant lui-même en Sibérie, a mis les botanistes sur la voie pour rectifier une erreur déjà fort accréditée. Le docteur Fischer l’observa plus tard dans la même contrée.
Le lis du Kamtschatka (L. Kamtschatsense, L.) fut introduit en Angleterre en 1757. Miller le reçut du Maryland (1). Louriero l’a rencontré en Chine et dans la Cochinchine (2), et Gmelin, qui l’observa au Kamtschatka, le décrit sous le nom de Lilium kamsthkakense flore atro rubente (3). C’est ce même lis que Valmont Bomare désigne sous le nom français de saranne (4).
Les capitaines Cook, Clarke et Gore, lors de leur voyage à l'Océan pacifique (1776 à 1780), remarquéerent ce lis dans la Péninsule d'Oonalaskka (5) et de Kamstchatka ; il y était une production spontanée de la nature, et formait une des principales nourritures des insulaires. Ces intrépides voyageurs nous rapportent (6) que sa racine, connue sous le nom de saranna, est fort nourrissante, qu’on peut en manger tous les Jours sans en être rassasié, et qu’elle a un petit goût aigrelet très-agréable. Les naturels l’apprètent de différentes manières : grillée dans les cendres, elle tient lieu de pain, et le pays n'offre pas de meilleur supplément à cet artiele de première nécessité : lorsqu'elle est cuite au four et pilée, elle forme une espèce de gruau très-agréable au goût, et elle remplace avec succès la fleur de farine et les pâtes de toute espèce. La récolte de la saranna se fait au mois d'août; elle est confiée aux femmes kamtschadales, qui, après avoir arraché les bulbes du sol, les font sécher au soleil et les réduisent en gruau (7). Le pud (40 livres) de gruau est payé sur les heux de 4 à 6 roubles (8). Le rouble vaut 4 francs.
Cette intéressante plante est une de celles sur lesquelles M. le baron de Fôlkersan, à Popenhoff (Courlande), attira l'attention des Russes habitant le Kamtschatka et la Sibérie septentrionale, lors des derniers embarras auxquels a donné lieu la disette des substances alimentaires occasionnée par le manque des récoltes de 1845 et 1846 (9).
(4) Miller, Dictionnaire des Jardiniers.
(2) Lourieri fl. cochin. 1.
(3) Gmelin, Syst. végétal. p. 41.
(4) Valmont Bomare, Dict. d'Histoire naturelle.
(5) Voyage à l'Océan pacifique, t. 3, p. 283.
(6) Voyage à l'Océan pacifique, t. 4, p. 222.
(7) Flore des serres et jardins de l’Europe , t. I, Miscel. 4i. (8) Voyage à l'Océan pacifique, loco. citato.
(9) Flore des serres, etce., loco citato,
Le lis de Philadelphie (Z. Philadelphicum, Lin.), originaire du Canada et de la Caroline, fut aussi introduit en 1757. C’est un Français, nommé Jean Bartram, qui l'envoya à Miller, de la Pensylvanie (1).
Enfin, des lis de Catesby (L. Catesbæi, Kunth), originaire de la Caroline et de la Pensylvanie et dédié à Catesby qui, le premier, nous le fit connaître en la figurant dans la brillante collection de plantes de la Caroline et de la Floride qu’il a publiée à Londres en 1751 (2), n’a été introduit dans nos cultures qu’en 1787, par M. R. Squibb, qui l’importa de son pays natal. j
Vient enfin le XIX: siècle, si riche en introduction de toute espèce , et qui contribua puissamment à enrichir notre belle collection de lis. C’est surtout à la Belgique qu'appartient l'honneur d’y avoir introduit le plus grand nombre d'espèces et variétés, parmi lesquelles il s’en trouve qui surpassent en beauté, toutes celles connues antérieurement. Nous voulons parler de ces magnifiques lis originaires du Japon, et que nous devons au savant botaniste-voyageur M. le docteur Von Sieboldt, qui fut attaché en qualité de médecin à l’ambassade hollandaise, et qui est parvenu à séjourner près de deux ans dans ce pays, regardé jusqu'alors comme inaccessible aux Européens.
Parmi plus de vingt espèces de lis qu’il importa du Japon, et qui furent confiées en 1829 aux soins du sieur Mussche, jardinier en chef au Jardin botanique de Gand ; l'horticulture s’est enrichie des espèces et variétés suivantes : Lilium speciosum. — L. spec. album. — L. spec. roseum. — L. spec. punctatum. — Lil. eximium. — L. fulgens. — L. venustum et Lil. Thunbergianum. Ce dernier a été dédié au docte professeur qui succéda à Linné dans ses différentes chaires, ainsi que dans la présidence de l’Académie de Stockholm : c’est ce même lis que Thunberg avait remarqué dans sa jeunesse au Japon, et qu’il avait pris pour notre aneien lis bulbifère.
Les autres espèces introduites par M. Von Sieboldt, n’ont malheureusement pas survécu à leur fatale traversée.
Le lis élégant (L. speciosum, Thunb.) fleurit pour la première fois au Jardin botanique de l’Université de Gand, au mois d’août 4832 (3). La beauté et l'élégance de ses brillantes corolles, causèrent parmi les horticulteurs de Belgique, la plus vive sensation. Liévin De Bast, le secrétaireadjoint du collége des curateurs de l’Université, en fit faire le portrait par M. de Keghel, et ce fut M. Ch. Morren , actuellement professeur à l’Uni-
(1) Miller, Dict. des Jardiniers.
(2; The natural History of Carolinea and Florida. London, 1751.
(5) Il est à remarquer que M. Drapiez rapporte, dans son Encyclographie, que c’est à l’obligeance de M. Mechelinck de Gand qu'il doit le dessin qu’il nous donne, et que la plante qui
avait servi de modèle se trouvait en fleurs dans les serres de ce zélé amateur, au moïs de juillet 1832.
versité de Liége, qui en donna la description qui parut dans l’Horticulteur belge, 1855. Ce lis est connu au Japon sous le nom de kabiuko et konokko Juri, et il y avait été déjà remarqué par Kœmpfer, qui dit en parlant de cette espèce : « Flos magnifica pulchritudinis », et il nous apprend qu’elle n’est point originaire du Japon, mais bien de la Corrée d’où les Japonais l’auraient introduite chez eux (1). C’est ce qui justifierait le nom de koraijuri qu'on lui donne encore au Japon.
Le lis élégant a été décrit pour la première fois par Thunberg, qui l'avait observé au Japon, dans les environs de Nagasaki, à l’état de culture (2), mais il n’était connu en Europe que par la figure qu’en a fait publier Banks, possesseur des dessins originaux de Kœmpfer.
La variété à fleurs blanches (ZL. spec. album) fleurit pour la première fois dans le même établissement, le 49 aout 1853. Ce fut encore M. Ch. Morren qui la déerivit, et il la dédia à M. Philippe Lesbroussart, à cette époque administrateur-général de l'instruction publique en Belgique. Cette variété parait être rare au Japon. M. Von Sieboldt lui a conservé le nom japonais de Tametome , qu’elle porte dans son pays, d’après une antique tradition qui attribue à ce héros célèbre, l'introduction de ce beau lis des Linkin (3).
Quant à la troisième variété (L. sp. punctatum) , M: Von Sieboldt ne se rappelle pas l'avoir rencontrée au Japon , et elle s’est trouvée accidentellement et à son insu parmi les bulbes des autres espèces et variétés (4 ).
Il existe actuellement une quatrième variété japonaise, c’est celle que M. Von Sieboldt a reçu en 1840 du Japon, et qu’il a nommée L. speciosum, latifolium (5). Toutefois , sauf ses feuilles plus larges, cette variété ne paraît guêre différer de celles obtenues en Belgique par MM. Donckelaer, Byls, Alexis Verschaffelt, Gheldoff, ete. Toutes se rapprochent du type et n’en diffèrent que par les nuances de couleur.
Les lilium fulgens, venustum et Thunbergianum fleurirent tous les trois pour la première fois au Jardin botanique de lUniversité de Gand, en 18355. Ce fut encore M. Ch. Morren qui nous en donna la description (6).
L'horticulture belge en a déjà produit bon nombre de variétés.
Parmi les autres lis dont le XIX: siécle a enrichi nos parterres, nous citerons d’abord le lis monadelphe (Z. monadelphum, Gawl.) dû aux soins de MM. Loddiges, qui en reçurent les graines en 1800. Il est originaire du Caucase.
(1) Kæœmpf. Amæn.
(2) Thunb. et Linn. Trans.
(5) Zuce. in sub. fl. jap.
(4) Gheldoff, Catalogue.
(5) Annuaire de la Société royale pour encouragement de l’horticulture dans les Pays-Bas. {6) Drapiez, Encyclographie du règne végétal. BELG. HORT. T. 1. 50
M. Dumont-Courset (1) qui, probablement ne l’a jamais connu, trouve qu'il ne diffère pas assez du L. pomponum pour en faire une espèce distincte !!! bis
Le lis tigré (Lil. tigrinum, Kunth), l’'ani-juri ou lis du diable de Kœmpfer (2), originaire de la Chine et du Japon, fut introduit en 1804. L’horticulture doit la propagation de cette magnifique espèce à M. William Ker, qui l'avait reçue directement du Japon par un capitaine de la Compagnie des Indes orientales, nommé Kirckpatrick. Dans cette contrée ainsi qu'en Chine, on la cultive pour la beauté de ses fleurs et pour les qualités alimentaires de ses racines.
Loureiro, qui l’avait remarquée antérieurement, en avait fait une variété du lis Pompone (3). Joseph Banks avait déjà fait connaitre ce beau lis par la figure qu'il en donna dans ses Zcones selectæ, publiée en 1791, d’après les dessins de Kœmpfer (4).
Le lis du Japon (L. Japonicum, Thunb.), originaire du Japon , comme nous l'indique son nom, fut introduit en Europe en 1804, par les Directeurs de la Compagnie des Indes orientales. Ce beau lis, distingué surtout par l'ampleur de sa corolle et qui fleurit pour la première fois dans les jardins de Kew (5), fut immédiatement introduit en Belgique. Il mit un temps assez long pour se répandre en France : on ne le vit fleurir à Courset, dans les jardins de M. Dumont , qu’en 1809 , et d’après M. Loiseleur- Deslonchamps (6), il ne se montra à Paris qu'en 4820. Ce ne fut qu’en 1821 qu'il y fleurit pour la première fois chez M. Boursault et chez M. Cels. Ce lis, qui montre assez difficilement sa brillante corolle, semblait avoir presque entièrement disparu de nos collections. La vogue acquise au liliun Browni, avec lequel on paraissait le confondre, contribua puissamment à le répandre de nouveau dans le commerce.
Le lis orangé de la Chine (L. concolor, Salisb.), originaire de la Chine, selon les uns et du Caucase, selon les autres, fut introduit en Europe en 4806, par MM. Chalet-Greville et Paddington. |
Le lis de la Caroline (L. Carolinianum, Michx), originaire des lieux humides de la Basse-Caroline et de la Floride , fut introduit en Angleterre en 1820, par les soins de MM. Loddiges.
On ne doit pas confondre ce lis, qui a beaucoup de rapport au Lilium superbum , avec le lilium Carolinianum, décrit par Dumont de Courset; celui-ci est tout bonnement le lilium Catesbæt ou Uil. Carolinianum de Catesby.
(1) Dumont-Courset, le botaniste-cullivateur.
(2) Kæmpfer, aman, p. 871.
(3) Lour. fl. cochin.
(4) H. Andrews Botanists repository. — J. Bancks, Zcones selectæ, n° 47. (5) Ait. Hort. Kew. IL, 2, 240.
(6) Herbier de l’'Amateur, 6, 375.
Le lis nain (L. pumilum , Red.), originaire de la Daourie (Asie), fut introduit dans nos collections en 1816.
Le lis à longues fleurs (L. longiflorum, Th.) observé au Japon , près de Nagasaki et Miaco , par Thunberg , qui le considéra comme une variété du dilium candidum , fut introduit en Angleterre en 1819. II passa immédiatement en Belgique.
Citons encore le lis à fleurs pendantes (ZL. pendulum, Mort, ou penduliflorum, Cels, cat.), originaire de l’Amérique septentrionale et introduit en 1820, par M. Cels.
Quelques botanistes ont considéré cette espèce comme une variété du lis du Canada, et nos horticulteurs les plus éclairés le donnent encore pour tel dans leur catalogue ; mais Cels, qui l’a cultivé le premier, persiste à le croire espèce distincte , et, en effet, il offre fort peu de similitude avec le lilium canadense dont il diffère surtout par ses feuilles plus étroites et plus nombreuses aux verticilles supérieurs , et par ses fleurs plus petites et plus infundibuliformes.
Le lis charmant (L. pulchellum, Fisch.), originaire de la Daourie où il avait été observé par le docteur Fischer, a été introduit en Angleterre en 1829, par MM. Loddiges, qui le reçurent de M. Jos. Busch , de Saint- Pétersbourg. Ce lis a beaucoup d’analogie avec le lilium concolor.
Le lis à feuilles ténues (L. tenuifolium, Fisch), originaire de la Daourie, comme l'espèce précédente, y a été recueilli en 1850 par le docteur Fischer, qui lenvoya en 1831 au Jardin botanique de Gand et à celui d'Édimboursg.
Ce lis avait été observé antérieurement par Pallas, qui l'avait considéré comme identique du lilium Pomponium.
Le lis de Brown (ZL. Brown, Hort.), originaire du Népaul, parait avoir été introduit en Angleterre vers 18535. Il y fleurit pour la première fois en 18357, chez MM. F. L. Brown à Slough, prés de Windsor. Ces Messieurs en cédérent à cette époque trois bulbes à M. Miellez, horticulteur à Lille, qui l’importa en Belgique l’année suivante, sous le nom dédicatoire du premier possesseur (1).
Ce lis est très-distinet du L. Japonicum, Th.), et ne peut être confondu avec lui.
Le lis nankin (L. testaceum , Lindl.), sur l’origine duquel nous n’avons que des renseignements assez vagues, parait, toutefois , être une fleur Jjaponaise. Il fut introduit en Belgique vers 1840 ou 1841, par M. Louis Van Houtte, horticulteur distingué à Gand , qui le reçut de M. F. Ad. Haage junior d’Erfürt ; celui-ci croit se rappeler l'avoir recu de la Hollande, vers 1856, parmi des martagons avec lesquels on l'aurait confondu (2). Ce lis
(1) Annales de la Sociéte royale d'agriculture et de botanique de Gand , 1. 4, p. 458. 2) Flore des serres et jardins de l'Europe, &. 1, p. 224.