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Ces caractères génériques devraient être modifiés en ce qui regarde les étamines qui ne sont réellement ni introrses ni extroses, car leur déhiscence se fait latéralement et chacune des moitiés de l’anthère se replie en avant vers le pistil et en arrière vers le calice, comme notre planche le montre. |
Les Deutzias sont des arbustes assez petits , indigènes dans l’Inde supérieure et le Japon; ils sont scabres ou rudes par des poils stellés qui les couvrent, les rameaux sont lâches, souvent pendants, les feuilles opposées, sans points transparents, à pétioles courts, très-simples, crenées ou dentées, les stipules nulles, fleurs thyrsoides, toutes grandes et belles.
Cette circonstance des poils stellés qui rend la surface rude au toucher, fait que le Deutzia scabra devient au Japon une plante industrielle. On se sert des feuilles pour égaliser et polir le bois et tous les objets de ménage qu’on en fabrique. Après avoir ciselé, on polit avec ces feuilles toutes espèces de surface. Ce Deutzia scabra s'appelle au Japon Zoro utsugi ou Iamma utsugi. On va le chercher surtout dans les montagnes de la Fakonie et dans les régions environnantes.
Le Deutzia gracilis dont parle feu M. Zuccarini dans la Flora Japonica (L. 22. pl. 8.) est caractérisé comme suit :
D. cracauis. Zucc. Foliis e basi eunealo- D. svezte. Zucc. Feuilles cunéiformes à la lanceolatis vel ovato-lanceolatis, acuminatis, | base, lancéolées ou ovales-lancéolées, acuarguie serrulatis, petiolatis, utrinque pilis | minées, finement denticulées, pétiolées, asstellatis minutissimis adspersis; floribus in | pergées sur leurs deux faces de poils trèsracemos simplices dispositis; calycis laciniis | pelits et stellés; fleurs disposées en grappes acuminatis, filamentis iridentatis, antheris | simples, divisions du calice très-aiguës ; filets glabris. tridentés anthères glabres.
L’arbuste croit au Japon à deux mètres de hauteur, ses rameaux sont longs, flexibles et effilés. C’est de là qu'est venu son nom. Les branches florifères sont surtout celles qui se penchent le plus. Les fleurs forment de jolies grappes portant de 12 à 20 fleurs. La planche publiée par Zuccarini et reproduite dans le Jardin fleuriste de M. Lemaire, est peu correcte. C’est au point que dans certains jugements des concours, elle a failli faire croire à une substitution d’espèces : d’ailleurs le Deutzia gracilis de M. Baumam est beaucoup plus beau que ces gravures. Nous avons prié M. Van Damme, botaniste iconographe de Gand, dont le mérite est connu cet apprécié de toute l’horticulture de Belgique, de nous faire un dessin exact de cette plante. C'est ce dessin que nous offrons à nos lecteurs ; il a été fait d’après nature et nous avons dessiné aussi d’après nature les analyses qui y soint jointes. Les fleurs ont 28 millimètres de grandeur. Les pétales sont nervés au milieu, les divisions calcinales sont triangulaires. Les étamines trés-différentes des dessins publiés par Zuccarini, portent des anthères biloculaires à loges longitudinales latérales ; elles sont d’abord applaties et parfaitement didymes, le bord des loges est épais. A la déhiscence, on voit au fond des loges et entre les lamelles un trophopollen granuleux (voy. nos figures). I y a aussi souvent quatre
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styles que trois, les stygmates sont beaucoup moins spathulés et simplement couverts de papilles très-courtes et arrondies.
Le Deutzia se cultive comme le syringa en pleine terre et dans un bon sol de jardin. C’est une excellente acquisition comme arbuste vivace, mais de plus, il se laisse forcer avec facilité et dès les mois de février, mars et avril, on en obtient de belles grappes de fleurs dont les bouquets réclameront leur part avec justice. Les dix étamines jaunes imitent autant de perles d’or, constellant au milieu d’un calice d’albâtre.
M. Baumam qui a du s'imposer de grands sacrifices pour devenir l'unique détenteur de cette plante, à son origine de reproduction, a limité actuellement ses prix à 25 francs la plante forte, en bouton, 15 francs les Jeunes plantes sans boutons. Un horticulteur de Gand a souscrit pour 50 plantes à lui seul. Bruxelles, Paris, Londres, Berlin, Francfort, Erfurt, Anvers, Cologne, Louvain, Malines, Lille, etc., sont les villes principales où le Deutzia gracilis de M. Baumam a été exposé, et partout il a recu les ovations de la beauté. Cette plante est destinée à devenir populaire.