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point survécu aux vicissitudes d’une trop longue traversée , malgré tous les soins que leur avait accordés feu M. Mussche, jardinier en chef au : Jardin botanique de Gand, à qui le docteur Von Sieboldt les avait confiées. \
De ce nombre étaient le Lilium callosum et le Lilium maculatum. À
(1) Algemeine Thuringische Gartenzeitung, etc., décembre 1844. (2) F. Royle, illust. of the Bot. of the Hiemalmount and of the flor. of Cashmere. (3} Annales de la Société Royale d'Agriculture et de Botanique. Gand. T. 1.
Le Lilium callosum est le fime-juri de Kæmpfer (1), il avait encore été signalé au Japon par Thunberg (2) qui le prit à tort pour le Lilium pomponium. Le docteur Von Sieboldt a recueilli cette intéressante espèce dans les contrées montagneuses du Japon , à une hauteur de 500 à 2000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Ce savant nous rapporte que les japonais sont assez friands de ses bulbes qu'ils mangent bouillies ou rôties et qu’ils confisent aussi pour s’en servir comme d’un moyen diurétique et dissolvant dans les toux chroniques (3 ).
Le Lilium maculatum qui a quelques rapports avec le Lilium canadense avait été antérieurement observé dans la même contrée par Thunberg.
D’autres espèces ont encore été observées au Japon par le même Von Sieboldt, tel que le Lilium cordifolium qui y avait été précédemment signalé par Kœmpfer (4) sous le nom de Sjire et ensuite par Thunberg qui le nomma d’abord Hemerocallis cordata (5 ).
Ce lis, d’après l’assertion du docteur Von Sieboldt (6) forme avec le Lilium giganteum trouvé par Wallich au Népaul et dont le port est le même , une tribu très-marquée de lis qui par son feuillage si différent de celui de ses congénères, pourrait autoriser les botanistes à en faire un genre particulier. Salisbury seul en a fait un genre à part sous le nom de Saussurea (7); mais plusieurs autres en ont fait une section séparée à jaquelle ils ont donné le nom de Cardiocrinum.
Ce lis croit dans tout le Japon à une hauteur de 400 à 600 pieds audessus du niveau de l'Océan. I se plait surtout dans les forêts ombreuses et humides. Cette espèce est aussi alimentaire au Japon.
Restent encore un lis japonais observé dans cette contrée par Thunberg et décrit sous le nom de Lilium lancifolium, qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme de feu M. Mussche ; il y fut signalé par Kœmpfer, sous le nom de Fi-juri ou lis enflammé (8).
Enfin pour signaler toutes les espèces connues nous devons encore mentionner le Lilium nepalense observé au Népaul par le docteur Wallich;
Le Lilium carniolicum remarqué en Hlyrie par le professeur Bernhardi;
Le Lilrum polyphyllum observé par le docteur Forbes Royle à Taranda en Kinawur dans les montagnes de l'Himalaya ;
Enfin le Lilium Wallichianum originaire du Népaul et probablement introduit par lui en Europe depuis plusieurs années.
(1) Kæœmpf. amæn.
(2) Thunb. fl. Jap.
(5) Zucc. in Sub. fl. Jap.
(4) Kæmpf. amsn. 870.
(5) Thunb. fl. Jap. 145.
(6) Zuce. in Sub. fl. Jap.
(7) Salisb. in Lino. trans. VIT, p. f{ ‘8) Kwempf. amæn.
Nous disons introduit parce que nous croyons qu'il existe dans nos collections et qu’on l’y confond souvent avec les autres lis à longues fleurs dont, pour notre part, nous eultivons déjà quatre espèces? Nous sommes même à la veille d’en obtenir une cinquième à fleurs d’une longueur extraordinaire et que nous avons remarquée chez un amateur. Nous espérons les voir fleurir l’année prochaine tous les cinq ensemble et fixer ainsi les caractères de chacun d’eux en les vérifiant avec soin.
En terminant ici l’histoire littéraire des lis, nous devons de nouveau faire appel à l’indulgence de nos lecteurs. Cet essai, nous le savons, laisse encore beaucoup à désirer. Aussi, n’avons-nous pas eu la prétention de présenter une histoire parfaite. Nous n’avons pas voulu promettre plus que nous ne pouvions tenir : nous n’avons fait, comme nous l’annoneions dans la préface, que réunir les notes et les renseignements que nous avions pu recueillir; et tout les premiers, nous formons des vœux pour qu'une main plus habile, plus ferme et moins tremblante que la nôtre, traite un sujet aussi intéressant. Une seule considération a pu justifier notre extrême hardiesse à nos propres yeux, c’est Le désir de relever l’horticulture nationale en revendiquant, pour la gloire de nos aïeux, les services qu'ils ont su lui rendre. Heureux si ce faible essai pouvait être un jour de quelque utilité, et servir de jalon à celui qui, d’une plume plus savante et plus exercée, entreprendrait l’histoire de cette charmante famille.