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bord supérieur. En dedans, la cupule est lisse, grise; lombilic large, circulaire , le bord supérieur noirâtre, le centre plus pâle mais plus foncé que le dedans de la cupule. Le gland est lisse, long, d’un gris jaune; il s’amineit vers le bout où il est pourvu d’un mucron pointu et conique (V. fa planche.) Ce gland a une chaire oléagineuse, amylacée, douce au goût comme une noisette.
Il est certain que cette espèce de chêne se rapproche beaucoup du quereus ilex ou yeuse appelé en flamand sfeen-palm. La diagnose linnéenne : Q. foliis ovato-oblongis indivisis serratisque, petiolatis, subtus incanis (Sp., pl. 7212, édit. Richt.) lui conviendrait, d'autant plus que Linné cite Ja figure de De l’Escluse (hist., pl. rar. 1, p. 25) qui se rapporte assez bien au chêne dont nous parlons ici. Mais on sait que souvent on a essayé la culture en pleine terre du quercus lex et que toujours il a péri du froid chez nous. « Cet arbre (querceus ilex), disait notre célèbre arboriste De Poederlée (manuel, tom. 1, p. 263), fout-à-fait étranger à notre pays, y serait fort utile si on pouvait parvenir à l'élever en pleine terre; mais les essais que quelques cultivateurs et moi avons fait jusqu’à présent, ne nous ont pas réussi : ces arbres tantôt gèlent jusqu'au pied et repoussent une nouvelle tige pendant l'été et tantôt ils gèlent et périssent entièrement, cependant ceux qui voudront élever ces arbres, doivent les serrer, lorsqu'ils sont jeunes, pendant l’hiver, dans une orangerie et les accoutumer en plein air par gradations...... J’en ai vu aussi de forts grands en Angleterre, où j'ai appris que, pendant leur jeunesse, on les avait couverts d’un panier pendant l'hiver. » Cet avis rend parfaitement compte de ce qui nous arrive avec le véritable quercus ilex. Quant à l’ouvrage du malinois De Servais : Xorte verhandeling van de Boomen, Heersters de welke in de Nederlandsche Lug'istreek de winterkoude konnen uitstaen (1790), il est évidemment fautif et ne peut faire autorité, puisqu'il donne comme espèces naturalisables en Belgique les quercus ilex, coccifera et même le suber ou le chène-Liége qu supportent le ciel de Provence, d’Espagne ou d'Italie, mais pas le nôtre.
De l’Escluse donne deux figures de chênes rapportées par les classificateurs au quercus îlex. Le rameau fleuri (Ilicis majoris ramus floridus, p. 25) représente bien le chêne yeuse.Quant à la premièrefigure, ilex major, elle se rapporte bien mieux au chêne de M. Lesoinne ; même tout ce que l’ancien auteur en dit lui est applicable. Voici ce passage traduit : «Je connais un chêne ilex grand, qui acquiert la hauteur de nos poiriers et de nos pommiers , beaucoup plus garni de rameaux et de rameaux plus courts que le chêne-Liége et qu’il jette au loin : les feuilles sont persistantes, vertes au-dessus, blanchâtres au-dessous, d’un goût astringent, plus petites que celles du chéne-Liége et plus arrondies, dépourvues de piquants sur les arbres adultes, mais les nouvelles feuilles en montrent, car celles qui viennent de naître et sont parfois incisées, offrent ces organes. Sur les pieds, avant qu'ils n’eusseut porté des glands, j'ai observé des feuilles pourvues
de pointes acérées et piquantes. Sur les rameaux supérieurs il porte beau-
coup de châtons oblongs qui projettent du pollen jaune en abondance, ete. »,
Il a, dit-il, trouvé cette espèce dans plusieurs lieux de l'Espagne. En 1581 il en vit un pied sur les bords de la Tamise près de Londres dans un jardin, mais ayant quitté l'Angleterre en 1582, il ne sait s’il y a muüri ses glands.
Nous possédons un exemplaire De l’Eseluse qui a appartenu au botaniste Courtois. Notre floriste belge devait avoir aussi des doutes sur l’iden-
tité de la figure de De l’Escluse, car il y a éerit cette dénomination : quer-
cus heterophylla, nom fort bien donné et que nous serions fort tenté de conserver au chêne de M. Lesoinne, pour le distinguer du quercus lex dont il serait inutile d'essayer la culture en pleine terre chez nous.
L'année dernière (1849) le chène de M. Lesoinne a donné des glands murs qui, semés, ont produit, toujours en pleine terre, de jeunes pieds très-bien portants. A l'heure actuelle la floraison se fait sur le vieux pied et tout promet qu’il y aura une nouvelle progéniture de cet arbre remarquable.
Il a supporté les hivers rigoureux que nous avons eu depuis 1855 sans souffrir. Il est planté à quelque distance d’un mur qui le protége contre les vents du Nord et des sapins l’abritent contre la chaleur des mois d'été. De plus, placé au niveau de la Meuse, le pied a été inondé plusieurs fois et presqu'annuellement, circonstance que l'arbre a fort bien traversée, sans encombre ni souffrance. Son port est graeicux et rappelle l'olivier, tout autant que le ton argenté de son feuillage. Les glands étant doux, il deviendrait une précieuse acquisition pour nos forêts, nos bosquets, nos jardins, et nousle recommandons aux amateurs nombreux de beaux arbres. Actuellement, il n’y a que peu de pieds disponibles , mais on prépare en ce moment des grefles sur quercus robur qui vulgariseront davantage cette intéressante espèce. Le prix des premiers pieds est fixé à fr. 95. Nous n'avons vu nulle part ailleurs cette espèce qui l'emporte de beaucoup sur les prétendus chênes verts venant d'Angleterre et ne donnant que des mécomptes en Belgique. Ici, nous avons pour nous l'expérience de dixsept ans et dans la vie d’un arbre de ce genre c’est beaucoup et c’est surtout une garantie pour l'avenir.
La planche représente l'arbre entier, un rameau terminal avec deux glands et un bout de branche poussant les jeunes châtons mâles.
M. Lesoinne nous aflirme, en outre, qu’en Espagne, ce chêne est un arbre de première grandeur (80 à 100 pieds). Ce caractère établirait encore que c’est bien une espèce distincte. Ea direction de la Belgique horticole prend en ce moment ses mesures pour abtenir d'Espagne une grande quantité dé ces glands.
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JARDIN FRUITIER
LE GROSEILLIER ROUGE, VARIËTÉ DE GONDUIX.
—LE GROSEILLIER BLANC PERLE DE DIELIGHEM.—LE GROSEILLIER NOIR, VARIÉTÉ GROS NOIR DE NAPLES,
Par M. Cr. MoRrREN.
Noms, synonymies et histoire. — Le groseillier rouge, en latin Rives RUBRUM, Linn., en allemand Johannis-beere, en anglais red currants, en hollandais aalbees, en italien wuvetta et en espagnol grosella, est un arbuste originaire des parties boréales de l'Europe. L'espèce sauvage (Ribes petraeum, Lejeune : flore de Spa), se reconnait à sa taille plus petite, à ses rameaux poilus et à ses feuilles beaucoup moins développées que celles de la variété des jardins où les rameaux sont glabres , les feuilles grandes et le port élancé. Sur les montagnes du Condroz, dans les bois de Franchimont sur la route de Spa, dans la forêt d'Hertogenwald nous avons rencontré souvent le type de notre groseillier rouge. Il est remarquable que dans les anciens écrits français , on trouve toujours la groseille rouge indiquée sous le nom de groseille d'outre-mer. On en a conclu que puisque cet arbuste croit spontanément en quantité dans les Iles Britanniques, les Français ont connu les groseilles par les Anglais et les faisaient venir d’au-delà du détroit. Le fait est que le groscillier rouge est une espèce éminemment anglaise : c’est en Angleterre que de temps immémorial existe l'usage d’en faire du vin, des gelées , des compotes et toutes sortes de friandises. On sait que les petits raisins de Zante connus en français sous le nom vulgaire de corinthes, se nomment en anglais currants. Or, les Anglais ont de bonne heure comparé les groseilles aux corinthes et de à est venu le nom de red currants, c’est-à-dire corinthes rouges.
Le professeur Martyn a déjà fait remarquer que ni les Grecs, ni les Romains n’ont connu les groseilles rouges, ni leurs variétés blanches. C'est chez les peuples du Nord qu'il faut chercher les détails sur ces fruits qu'on trouve figurés déjà sur les manuscrits illustrés de miniature du moyenâge, mais si petits qu'on peut croire que la culture ne les avait guère medifiés. Il faut arriver à nos temps modernes pour constater l'existence de belles groseilles et ici nous trouvons la perfection des variétés en Hollande, en Angleterre et en Belgique. En 4853 on cita à Londres 29 grappes d’un groseillier qui pesaient une livre anglaise et 22 grappes d'une variété blanche atteignant le même poids.
Propriétés et usages. — Le fruit des groscilliers rouge et hlane se man-
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gent au dessert, épluchés et au sucre. On a dü remarquer que plus longtemps les fruits restent sur les branches, plus ils augmentent leur gout sucré, plus ils se parfument, aussi se conservent-ils sur la plante jusqu'à l'entrée de l'hiver et en ratatinant leur peau, ce qui les rend moins agréables aux yeux qu’au palais. La plupart des personnes qui mangent des groseilles, éprouvent un sentiment de chaleur sur le front, à la racine des cheveux comme lorsqu'on fait usage d’un vinaigre fort. Ce fruit est, en effet, formé d’acides malique et citrique, d’albumine végétale, de matière colorante dans la variété rouge et de sucre. Le sucre augmente beaucoup par la maturité complète. Les groseilles rouges, à l’état vert, en contiennent 0,52 et à l’état mur 6,24. Le principe mucilagineux que M. Guibourt distingue du muqueux, sous le nom de grossuline, et qui forme la base de la gelée, diminue avec la maturité. De là vient l'utilité quand on prépare de la gelée, de mélanger avecles groseilles mures, celles qui sont encore vertes au sommet de la grappe : la gelée prend mieux, tous les confiseurs connaissent ce fait par expérience.
Les groseilles forment sans contredit le fruit dont on fait le plus d'usage dans l’art culinaire des Anglais. On en prépare des gelées, des conserves et du vin; ce dernier est aussi agréable que sain. Le simple jus conservé sert à préparer un excellent punch qui exclut le citron ou l'orange. Le jus s'obtient en écrasant les fruits, on l’étend d’un peu d’eau et on le mélange avec une certaine quantité de sucre. L'hiver, il suffit d'ajouter du rhum et de l’eau pour obtenir le punch. Le meilleur sirop est celui qui se fait avec du sucre clarifié c’est-à-dire privé de son albumine.
L'usage du sirop ou du jus de groseille est extrêmement hygiénique. A la fin du dix-huitième siècle, on en faisait une grande consommation en France comme breuvage quotidien. Le jus de groseille modère la chaleur animale, calme la circulation et règle la transpiration. La gelée de groscilles est un des premiers mets qu’on permet aux convalescents. Dans les affections bilieuses et scrophuleuses, on se trouve bien de l’usage du jus. M. Tilloy, pharmacien de Dijon et Chevalier, pharmacien de Paris, ont extrait des groscilles un excellent acide citrique dont on fait de si délicieuses boissons calmantes.
Variétés. — Le catalogue d'arbre à fruit de la Société d'Horticulture de Chiswick, mentionne neuf variétés de groseilliers rouges, quatre de blanes et un rose ou incarnat. Depuis, ce nombre s’est légèrement accru. Nous ne citerons que les meilleurs variétés recommandables pour nos jardins.
Groseilliers rouges : 1° la hollandaise rouge, type de toutes les grosses groseilles de eette couleur. On la cultive surtout dans le Westland avec un succès tel que les produits s’exportent en quantité en Angleterre. Nous sommes persuadés que dans le sol sablonneux des Flandres, sa eulture rivaliserait avee celle d'Angleterre ;
2 °La grande de Knight (Knight’s large red). C'est cette variété dont 29
grappes pesaient une livre anglaise; le grain est gros et la grappe longue;
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3° La douce de Knight (Knight ”s sweet red) se fait remarquer par une plus grande douceur dans la baie ;
4° La précoce de Knight (Knight ”s early red) est en effet une des premières variétés qui mürisse son fruit en été ;
5° Le groseillier-cerise ou queen Victoria, que M. de Bavay a mis en circulation en Belgique, au prix de fr. 1. 50 le plant nain, de deux ans de bouture ;
6° Le grosseillier Gonduin. Nous l'avons déjà figuré dans les Annales de la Société royale d'agriculture et de botanique, de Gand, 1848, tom. 4, p. 459. Nous en donnons une nouvelle figure pl. 10, afin d'en propager davantage la connaissance. Ce groseillier a des pousses vigoureuses, ses feuilles ressemblent à celles de la vigne. L’envergure de la feuille a 45 centimètres moyennement, la lame a cinq lobes. La grappe mesure un décimétre de longueur et porte moyennement vingt-cinq baies. Celles-ci ont un centimètre de diamètre et leur couleur est rouge vermeil. Ce groseillier se reproduit de semis avec les mêmes qualités, nous en avons fait nous-même l'expérience. Chez nos principaux pépiniéristes on vend le groseillier Gondouin 50 centimes le pied. Il lui faut une bonne terre substantielle de Jjardin, pas de fonds maigre, ni une exposition trop ouverte, ni trop brülée du soleil, mais un demi-ombrage : de plus, tous les cinq ans, il faut rajeuair le plant;
Groseilliers blancs : 7° la hollandaise blanche. C’est la variété correspondant au groseillier rouge de Hollande dont nous avons parlé au numéro 1. Elle vient de la même localité. Le White-dutch, qui est son nom anglais, est réputé la meilleure groseille blanche d’Angleterre. C’est elle dont 22 grappes pesaient une livre;
8° La perle blanche de Dielighem. Nous figurons pl. 10, fig. 2, cette magnifique variété de groseille blanche sortie d’un semis de la hollandaise. Nous avons vu des grappes de 15 centimètres de longueur et portant moyennement de vingt-six à trente baies. Ces grappes naissent souvent plusieurs à l’aisselle. La baie est arrondie, sphérique, d’un centimètre de diamètre. On voit à travers l’épicarpe les grains, l’œil est noirâtre, et toute la groseille a l’apparence d’une jolie perle.
Les amateurs qui voudront se procurer cette variété, qui est la meilleure des blanches, devront s'adresser à M. Remi Wilquet, jardinier , en face du pavillon de Dielighem, à Jette, près de Bruxelles. Le prix est de 1 fr. le pied;
Groseillicrs incarnats : 9 La champenoise. Cette groseille est l'intermédiaire entre les blanches et les rouges. La couleur de la baie est l’incarnat ou la couleur de chair. On l'estime pour la table, parce que cette couleur est gaie et rare à la fois. Le goût de la groseille est au reste très-bon.
Manières de se procurer de nouvelles variétés. Knight était, comme on sait, mfatigable dans ses expériences pour améliorer toute espèce de fruit. FH commença ses recherches sur les groseilliers en 1810.11 prit des boutures