HISTOIRE BOTANIQUE ET GÉOGRAPHIE NATURELLE
Les cypripèdes sont des plantes herbacées de l'hémisphère boréale tempérée et même de la partie froide de cette portion du monde; on les trouve aussi en Amérique. On en rencontre en Europe, en Sibérie, dans l'Asie du Nord, dans l’Archipel indien, au Japon, et enfin dans l'Amérique tropicale. Leurs racines sont fibreuses, les feuilles radicales ou caulinaires, les fleurs grandes, toujours belles et remarquables.
Linné constitua définitivement le genre des cypripèdes, en le caractérisant par le labellum, qu'il prenait pour un nectaire, lequel était donc ventru, enflé, cave. Il n’y classait que deux espèces, le C. calceolus d’Europe ct le C. bulbosum de Laponie. Aujourd’hui on en connaît 25 espèces et tous les Jours le nombre en augmente.
Le professeur Lindley à divisé le genre en einq sections assez naturelles et faciles à reconnaitre. Nous les placons seulement autrement que lui, afin d'ouvrir le genre par son type de fondation, l’ancien C. calceolus. Le genre est tellement naturel qu'il n’y a pas à craindre qu'il se divise un Jour en plusieurs genres spéciaux, le groupement étant relatif seulement aux feuilles qui naissent tantôt sur la tige et assez nombreuses, tantôt seulement au nombre de deux, ou enfin deviennent radicales, en laissant libre la hampe. Les espèces de la section à tige polyphylle sont les plus nombreuses et le mode de les diviser selon que les sépales sont libres au sommet, soudés ou entièrement libres, n’est pas très-convenable, parce
qu'il y a des passages dans ces soudures qui sont fort difficiles à reconnaître. | .
Série des espèces.
X. Cazceout (calcéoles) : Tige feuillue, polyphylle. — Sépales latéraux libres au bout.
1. G. Cazceozus. Linn. sp. 1346. — Swartz. act. holm. 1800, p. 251. — Salisb. in act. Linn. 1. 76. 1.2. fig. 1. — FI. dan. t. 999. — Lind. gen. et spec. orch. 527. (Cypripède soulier.)
ovatis acuminalis subæqualibus labello lon- | pales ovales, acuminés, presque égaux, plus gioribus antico bidentato ; petalis linearibus | longs que le labellum, l’antérieur bidenté ; acuminalis reelis; labellu ore constricto venis | pétales linéaires acuminés, droits; labellum centralibus pilosis ; stamine sterili ovalo ob- | avec louverture rétrécie, les veines centrales tuso. (Lind].) poilues ; étamine stérile, ovale, obtuse. (Lindi.)
Caule folioso ; foliis ovalibus aculis; sepalis | Tige feuillue; feuilles ovales, aiguës; sc-
SYNONYMIES ET CITATIONS.
Calceolus marianus. Dodon. Pempt. 180. — Elleborine recentiorum. Clus. PI. rar, 272. — Pseudo-Damasonium. Clus. pan. 272. — Lob. icon. 312. hist. 162. — Elleborine ferruginea Dalech. hist. 1146. — Damasonii spec. Bauh. hist. 3. p. 518. — Calceolus Mariæ. Moris. blaes. 245, Morris. hist. 5. p. 488. — Raii. hist. 1252. — Calceolus marianus canadensis Corn. Canad. 204. — Helleborus calceolus dicta mariana Pluk. mant. 101. — Helleborus virginiana Moris. hist. p. 488. — Calceolus fol. ovato-lanc. Gmel. sib. 1. p. 2. — Calceol. fl. mag. Tourn. inst. 457.
HISTOIRE BOTANIQUE, MÉDICALE ET HORTICOLE
J'ai fait de longues recherches dans les incunables de botanique, tels que l’herbarius de Pierre Schoyffer de 1484, l’'hortus sanitatis de 1491, le Jardin de santé d’une époque analogue, mais non précisée, le grant herbieren francoys imprimé chez Jehan Janot, et je n’y ai pas trouvé de trace de connaissance de notre cypripède d'Europe. espère par là épargner d’inutiles travaux à ceux qui remontent aux sources de ce que nous savons. Conrad Gesner a émis l'avis que le cypripedium calceolus n’était pas inconnu des anciens et qu'Athénée entre autres l'aurait eu en vue dans son Cosmosandaluim. Curtius Sprengel pense de même, mais ce n’est là, il faut l'avouer, qu’une simple conjecture, car est-ce bien parce qu’on compare une fleur à un soulier que cette fleur doit être Le cypripedium? Les ophrys ont des labellum qui ressemblent à des pantoufles et remarquons que parmi les premiers botanistes qui parlèrent des cypripedium , on en trouve comme Dodoëns qui placent cette plante à côté des aquiléges et cela à cause uniquement des cornets où les anciens pouvaient tout aussi bien voir des chaussures, puisqu'ils y ont vu des gants.
Jean Rhalius , médecin à Northausen, mort en 4587, auteur de la Sylva Hercyna publiée en 1588 à Francfort, est celui qui le premier, d’une manière certaine, eut connaissance de cette superbe orchidée de nos contrées. Il la décrit sous le nom d’alisma xoéySeuor. On ne voit rien dans ce nom qui doive rappeler une chaussure.
J'ai feuilletté page par page les éditions de Léonard Fuchs de 1542 et 1545 dont nos imprimeurs belges faisaient copier les planches, et il n'y est pas dit un mot du cypripedium. Dodoëns dans la première édition du Cruydeboeck de 1554, dans la troduction de L’Escluse de 1557 et dans la seconde édition flamande de 1565, ne parle pas encore de cette espèce,
Un
bien qu'il parait certain que c'est le premier auteur qui l'ait figuré. On ne trouve cependant la citation et la figure pour la première fois que dans les Pemptades de 1616.
Le cypripedium calceolus y figure par deux planches entre la saponaire et l’aquilegia. La saponaire (caryophyllée) était regardée par plusieurs botanistes du temps comme l'herbe de Tunis (Tunica) qui aurait servi à Saint Louis pour guérir son armée et qu'on sait être aujourd'hui positivement l’œillet (dianthus caryophyllus). De là venait qu’on appelait aussi la saponaire Damasonium , fleur de Damas, nom que quelques-uns comme Baubin, etc., attribuaient à l’orchidée qui nous occupe ici. Sont-ce ces relations de noms qui ont déterminé Dodoëns à placer le cypripedium à côté de la saponaire? Cela parait d'autant plus probable que puisque le premier, il appelle cette plante le soulier de lu Vierge, calceolus Mariæ, la chaussure du pied l’a fait penser au gant de la main, car il fait suivre le calceolus Muriæ, des ancoiles où ancolye qu’on nommait de son temps les gants de la Vierge. Néanmoins il est certain que Dodoëns ne pense pas à réunir le cypripedium aux satyrion et aux orchis dont les formes et les vertus vraies et supposées, mais enfin admises , l’éloignaient fort d'idées virginales.
Dodoëns nous apprend que l’on citait le cypripedium comme une espèce indigène de l'Helvétie, de la Pannonie, de l'Autriche supérieure et surtout des montagnes. Il ne cite pas la Belgique; on le nommait de son temps soulier de prêtre (calceolus sacerdotis , papenschoen en flamand). Qu’on le nomme, disait-il, calceolus divæ Mariæ ou calceolus Marianus ! I ne sait rien de ses propriétés.
Notre immortel de L’Escluse devient iei comme toujours bien plus intéressant et cela parce qu'il ne seborne pas à décrire froidement les plantes en mêlant à son texte des citations sèches, mais parce qu'il fait intervenir directement dans ses œuvres ses contemporains, ses amis. Ici, pour la découverte de cette brillante orchidée, il évoque le fameux Auger de Bousbeque (sic), l'ambassadeur de Charles-Quint auprès du Grand Turc, l'introducteur des tulipes et des lilas. C’est de Bousbeque qui fit trouver à De L’Escluse l’élégant cypripedium calceolus dans les forêts de Leytenberg, au-dessus de Bruterstorf; il en rencontra aussi à Closterneubourg sous des taillis de noisetiers et dans la forêt d’Entzestorf. On sait qu’en Pannonie, De L’Escluse logea chez son ami Balthazar de Bathyan, dont le nom est revenu sur la scène de nos événements contemporains de Hongrie. À un mille du château de Nemethwiver, Clusius vit un bois dans lequel les cypripèdes abondaient. Il arrive à Vienne et s'étonne que de jeunes filles apportent au marché des racines de plantes jolies à cultiver dans les jardins, y joignant en quantité des racines de cypripède; les dames nobles de Vienne aimaient beaucoup ces souliers de Marie et les cultivaient dans les jardins. Enfin les amis de De L'Escluse lui envoyèrent la même planté de la forêt hercinienne et des environs de Fulde. |
Il est singulier que Matthias de L’Obel cite une variété de cypripède à fleurs blanches et à labelle pourpre, combinaison de couleurs réalisée plus tard par le cypripedium spectabile apporté du Canada en Europe. De L’Escluse déclare n'avoir jamais vu cette variété.
Gesner donne le cypripède comme une espèce très-commune en Suisse et y voit une plante déjà connue de Pausanias. Enfin De L’Escluse cite Josias Simlerus qui ayant découvert ce même végétal aux pieds des Alpes, y entrevit lamême forme que l’orchis appelé bouffon dès ce temps (orchus morio), mais si Simler eut ainsi la perspicacité des relations naturelles des orchidées, il obéit à son siècle, en trouvant dans le cypripède la représentation non d’une pantoufle de la Vierge, mais de larves, de spectres et de démons. ;
En 1696, Munting dans son bel ouvrage Nauwkeurige beschryving der Aardgewassen, nous témoigne (p. 451) que le cypripedium continuait d’occuper une place distinguée dans les jardins et même dans la culture des appartements. C’est le premier auteur de qui nous voyons naïître une description de culture propre à cette espèce. Le nom latin est, dit Munting, calceolus sacerdotis, en flamand papenschoe, en italien calzari di Maria ou scarpe di sacerdote. Cette plante préfère , ajoute-t-il, une terre sablonneuse mélangée d’un fumier de cheval de l’année et finement tamisé, une station ouverte, bien fumée, mais pas trop humide; elle ne supporte que difficilement les pluies froides de l'automne et les grands froids de l'hiver. On doit la protéger contre les vents du nord et de l’ouest, et le mieux est de la cultiver en pot; on la rentre au commencement d’octobre, on la tient dans une place très-éclairée, on lui donne peu d’eau. On la sort en mars ou au commencement d'avril par un temps pluvieux, si on la veut faire fleurir à l’air. Sinon, on l’arrose plus, on la chauffe par un air d'appartement où il y un poële et la plante fleurit plus vite. Cette espèce, continue Munting, porte chaque année une fleur joviale, car elle ressemble à un soulier, mais dans les climats de la Hollande elle porte rarement graine. On la reproduit par division de racines qu’on coupe en mars ou août, avec la lune montante. Enfin le cypripède devient à cette époque une plante pharmaceutique, on lemploie comme vulnéraire, antitode de poisons qu'on ne désigne pas et de morsures de serpent, enfin elle guérit de la jaunisse sans doute parce que sa fleur est jaune.
Il est à présumer que la culture du beau cypripède d'Europe n’a pas réussi et que la plante a disparu des jardins, car pendant tout le dix-huitième siècle, dans les écrits même populaires d’horticulture on ne trouve plus de trace du soulier de Marie que Linné venait de nommer en grec soulier de Vénus : cypripedium. Si le soulier de la Vierge a fui de nos jardins, la pantoufle de Vénus est entrée dans la toilette de Flore et désormais ce n’est plus qu’une espèce intéressante des livres qui portent le nom de la déesse des fleurs.
Si Je Dauphiné, Auvergne et les Vosges nous offrent cette espèce chez
nos voisins du midi et si au contraire toutes les Flores publiées en Hollande ne la mentionnent pas comme une espèce du nord, nous commencons à la trouver en Belgique du côté de l'Est. M. Tinant la trouve dans les bois ombragés de Freylange et de Grevenmacher dans le Grand-Duché deLuxembourg. MM. Meigen et Weniger la citent aussi comme espèce propre à ces. contrées. Quant à l’assertion de M. Ch. Van Hoorebecke qu’elle existe en Flandre , nous le croirons quand elle aura étér etrouvée. M. Desmaizières prétend qu’elle se rencontre dans la forêt de l’Hermitage. Vers les bords du Rhin et de la Moselle elle abonde tellement qu’il y a peu d'années on nous proposa l'acquisition de beaux pieds à cinq centimes pièce. Le catalogue de la grande pépinière de Percek, l’un des plus raisonnables du pays, cote le cypripedium calceolus à deux francs le pied, et lorsque vers ce prix on le demande à quelques jardiniers de Gand, on ne recoit que des plants chélifs , très-peu susceptibles de reprendre. Tous ces détails prouvent que l’horticulture ferait bien de reporter ses vues du côté de l'Allemagne pour propager davantage dans nos jardins et même introduire dans nos bois cette charmante espèce qui ferait la joie du botaniste, si jamais il venait à la rencontrer.
Pour cultiver le cypripedium calceolus avec succès, il faut imiter son emplacement naturel, I1 vit dans les dépressions des bois, sous la demiombre des charmilles, il exige une terre de bois où un sol gras, mais mélangé de vieil humus. Ses rhizomes que L’Escluse a fait dessiner il y a trois siècles, sont tortueux et horizontaux, la plante croit par des addilions nouvelles aux bouts des anciennes et sur le rhizome on trouve les cicatrices des chutes des tiges précédentes. On se souvient de ceci dans Ra plantation, on place les rhizomes horizontalement. Le cypripède cohabite avee l’oxalis acetosella, Vanemone silvatica, le mercurialis perennis, ete., ces végétaux existent volontiers avec lui dans les jardins et l’hiver, on couvre le tout de feuilles de chêne, hêtre, orme, noisettiers; on imite en un mot ses conditions naturelles. Quand on s’obstine à vouloir les conserver sans couverture d'hiver, on risque fort de les perdre et comme la même culture s'applique aux orchidées indigènes, telles que l’orchis militaris, le cephanthera ensifolia et autres belles orchidées de nos contrées, on leur consacre exclusivement un parterre qu'on soigne l'été par l'ombre et l’hiver par la dépouille des forêts.
Nous avons vu cultiver des cypripèdes dans de larges pots et s’y couvrir de fleurs. Quand on change parfois le sol avant le premier printemps, sol qui doit être l'humus gras des bois, on conserve en vie pendant longtemps ces souches. On les maintient modérément humides hiver quand on les rentre ou qu'on les couvre de feuilles et on enterre les pots si on les tient en pleine terre pour ôter les vases pendant la floraison de cette espèce que l’on peut forcer à porter fleur dès le mois de mars.
2. C.Arsuort. Morr. vid. tab. 21, fig. 1.Caule folioso; folis lanceolatis, aculis, glabris ; bractea elongato-lanceolata, utrinque angustiora, apice acuto; sepalis lanceolatis-acuminatis, contortis, superiore laliore; petalis conformibus basi et intüs barbatis, concoloribus (fusco-purpureis, basi viridibus, pilis purpureis) æqualibus; labello subbreviori, antice fisso, compressiuseulo , ore ovali, venis centralibus glabris ; sfamine sterili trulliformi elongato, obtuso (albo, punelis purpureis notato, staminum fertilium basi filiformi.
vie.)
2, C. Arsmort. Morr. voy. pl. 21, fig. 1.
Tige feuillue ; feuilles lancéolées, aiguës, glabres ; bractée allongée-lancéolée, aux deux bouts plus étroite, la pointe aiguë; sépales lancéolés-acuminés, contournés , le supérieur plus large; pétales conformes, barbus à la base et en dedans, concolores (d’un brun pourpre, verts à la base, poils pourpres) égaux ; labellum presque plus court, fendu en avant, un peu comprimé, ouverlure ovale, veines centrales glabres ; élamine stérile en forme de truelle allongée, obtuse (blanche, points pourpres), base des étamines fertile,
filiforme. (v. v. €.) SYNONYMIES.
Cypripedium calecolus. Thunb. flor. japonica. p. 50.
HISTOIRE BOTANIQUE ET HORTICOLE
M. Lindley, dans son Genera and species of orchideous plants, p. 527, se demande : Quid sit G. calceolus. Thunb. Jap. 50? nescio, et cependant après avoir mentionné le cypripedium cordigerum de Don, il se demande si cette espece s'étendant de l'Inde septentrionale au Japon, ne pourrait pas être la plante de Thunberg? Il eut, dit-il, regardé le C. cordigerum de Don comme une variété du C. calceolus, s’il n'avait eu les fleurs blanches, les sépales et les pétales verts pâles.
Or, ces doutes, nous pouvons, pensons-nous les éclaireir. En 1850, M. Von Siebold introduisit au jardin botanique de Gand, dont Mussche était jardinier en chef, un superbe contingent de plantes vivantes du Japon. Chacun se rappelle encore que le magnifique lélium speciosum , appelé obstinément et faussement par les horticulteurs, {ancifolium, en faisait partie. Jusqu'en 1855 nous étions professeur de botanique à l’université de Gand, et ce fut à cette époque que nous vimes fleurir dans la collection de M. Von Siebold un cypripède qui était l'espèce donnée par Thunberg comme le calceolus. Nous l'y vimes fleurir en 1831, et ce qu'il est devenu depuis notre départ de Gand en 1855, nous l’ignorons. Ce cypripède diffère du C. calceolus : 4° par les feuilles plus étroites lancéolées, glabres ; 2° par la bractée beaucoup plus étroite, lanceolée, très-aiguë ; 5° par les fleurs plus étroites, plus étriquées; 4° par la pilosité très-prononcée de la base des pétales ; 5° par l’étroitesse extraordinaire des sépales; 6° par le labellum moins ventru, d’un jaune pâle veiné de pourpre; 7° par les fissures du labellum au lieu de dents; 8° par la forme en truelle trèsallongée de l’étamine stérile; 9° par les filets très-longs et filiformes des étamines latérales.
Nous avons tiré le nom d’atsmori du mot japonais atsmori so sous lequel les japonais connaissent cette espèce. C'est néanmoins une espèce qui sert de liaison entre les C. calceolus et cordigerum. On la cultivait à Gand comme notre plante indigène; elle fleurissait fort facilement, la fleur en
Me aa
était très-jolie. Où s'est réfugiée cette intéressante espèce du Japon? Nous.
croyons que la seule chance de la trouver en Europe serait de s'adresser au jardin botanique de Leyde. Nous espérons que la figure que nous en publions, faite par nous-même d’après nature, engagera les botanistes à fixer leur attention sur cette plante aussi remarquable en elle-même que susceptible de se naturaliser.
3. C. corniceruM. Don. Prodr. 57. Caule 9. CORDIGÈRE. Don. Prodr. 57. Tige feuil-
folioso ; folis ovalibus acutis ; stamine sterili oblongo, obtuso subcordato; sepalis ovalis acuminatis subæqualibus labello longioribus antico apice fisso ; petalis lineari-lanceolatis acuminatis rectis, Jabelli ore consiricto.
(Lindl. gen. et sp. orch.)
lue; feuilles ovales, aiguës; étamine stérile oblongue, obluse, subcordée ; sépales ovales acuminés, subégales, plus longs que le labellum fendu en avant; pétales linéaireslancéolés, acuminés, droits, ouverture du labellum rétrécie, (Lind|. gen. et sp. orch.)
HISTOIRE BOTANIQUE ET HORTICOLE
Cette espèce habite selon Waillich, Royle, Don et Lindley, l'Inde septentrionale. La fleur est blanche avec les pétales et sépales d’un vert pâle. Lindley pense qu'elle étend sa zone de développement jusqu’en Daourie, et que par suite, elle s'avance dans les espèces européennes où elle se lie avec le cypripedium calceolus. Malgré cela on ne la cite pas parmi les
espèces de nos Jardins.
4. C. monranum. Douglas. Mss. Caule folioso 2-5 floro ; foliis ovalibus acutis; stamine sterili ovalo acuto; sepalis lanceolatis acuminatis labello longioribus antico bidendato ; petalis linearibus acuminatis spiralibus ; labello subgloboso. (Lindi. gen. et sp. orch. 528.)
4. C. pes monracnes. Douglas. Mss. Tige feuillue de 2 ou 5 fleurs ; feuilles ovales aiguës ; élamine stérile ovale, aiguë ; sépales lancéolés , acuminés , plus longs que le labellum, en avant bidenté; pétales linéaires acuminés en spirale; labellum subglobuleux. (Lindl.
gen. et sp. orch. 528.)
HISTOIRE BOTANIQUE ET HORTICOLE
Cette jolie espèce habite l'Amérique du Nord, en Pensylvanie, au Canada. C'est une fort belle fleur dont le labellum est blanc, aussi grande que celle du €. spectabile et les sépales très-aigus mesurent plus de deux pouces et demi de longueur. Elle croit et se cultiverait sur les collines. I
est singulier qu’on ne l'ait pas introduite encore en Angleterre.