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anciennes feuilles des gouttelettes jaunes, qui, en se multipliant, se confondent en bigarrures de diverses formes, et, quant aux feuilles nouvelles développées par la pousse, elles sont toutes bigarrces de blanc, de jaune et de vert.
Nous pouvons encore mentionner un autre fait intéressant : une ancienne variété d’Abutilon striatum, conservée dans les jardins pour ses feuilles panachées de blanc (foliis argenteo vittatis), s’est lui-même, au contact du Thompsonti, marbré de jaune en perdant ses anciennes bandes blanches de contour assez régulier.
Il est peut-être utile d'ajouter encore que linoculation se transmet en quelque sorte indéfiniment d’un sujet à un autre, d’une variété ou d’une espèce à unc autre variété ou espèce. Ainsi, l’Abutilon vexillarium naguère parfaitement vert, aujourd’hui bariolé de blanc et de jaune, est lui-même aussi actif, aussi apte à inoculer l'affection dont il est atteint, que PAbutilon Thompsont, origine de tout ce mal. |
Cette propagation s’est opérée entre trois ou quatre espèces et leurs nombreuses variétés du genre Abutilon. D’autres ont plus ou moins résisté à l’infection : nous pouvons mentionner celui que l’on cultive sous le nom de Zonelianum et qui est originaire du Mexique. Cette forme qui, par l'aspect des feuilles, paraît voisine de l’Abutilon insigne de Planchon, soumise aux expériences, a montré des signes évidents de panachure, mais celle-ci ne s’est pas fixée encore, c’est-à-dire que l’organisme a su, par lénergie de son développement, se débarrasser de l'influence morbide qui tendait à l’envahir.
Les expériences dont nous venons de relater les résultats ont été répétées plusieurs centaines de fois pendant le cours de l’année 1869 par M. F. Wiot, directeur de létablissement d’horticulture de Jacob- Makoy et Cie, à Liége.
Elles nous ont paru présenter une certaine importance physiologique. Elles établissent, en effet, cette fois d’une manière incontestable, la twansmissibilité de la panachure du feuillage d’une plante à une autre par une sorte d’inoculation. Elles contribueront ainsi à faire connaitre la eause et la nature de cette singulière altération que présentent si souvent les feuilles des plantes et qui révèle un trouble profond dans l'exercice de leurs fonctions d'élaboration. On sait, en effet, que les parties décolorées des feuilles panachées ne réduisent pas l’anhydride carbonique et renferment dans leur tissu des granulations imparfaites dépourvues de chromule verte. Les plantes à feuilles panachées sont généralement débiles, leur taille est moindre, les feuilles plus minimes, leur floraison et leur fructification plus chétives, leur résistance au froid moins puissante que celle des types à feuillage intègre. On ne saurait préciser la cause de cette affection : on se borne jusqu'ici à reconnaitre qu’elle apparaît sous l'influence de diverses circonstances fâcheuses pour la végétation ou débilitantes: des graines faibles, un sol trop humide,
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une mauvaise exposition et divers mauvais traitements donnent naissance à des plantes panachées. En général, les individualités seules en sont atteintes et leur progéniture en est affranchie, mais, dans quelques circonstances que nous avons signalées naguëre à l’Académie (1), le mal est héréditaire. Nous pouvons faire remarquer à ce propos que les végétaux panachés que l’on propage par voie de multiplication des organes caulinaires, donnent, lorsqu'ils en ont la faculté, des bourgeons sains sur la racine. La panachure du feuillage, ainsi que la duplication des fleurs, ne se reproduisent pas au moyen des racines. |
Les observations que nous avons constatées à Liége ne se rapportent pas à un fait isolé : les mêmes phénomènes se sont produits en Angleterre (2), chez M. Lemoine, à Naney (5), chez M. Van Houtte, à Gand (4), et ils ont déjà fixé l'attention de plusieurs botanistes.
Cette singulière influence de la greffe sur le sujet a été, à notre connaissance, signalée naguère par Sagcret (5). Pyrame de Candolle, Poiteau et d’autres savants de l’époque y attachèrent une véritable importance, mais sans acquérir la conviction de son authenticité. L'observation de Sageret n’était jamais citée qu'avec hésitation. Les faits nouveaux établissent la vérité du phénomène d’une manière incontestable. Ils ont d’ailleurs été constatés par d’excellents observateurs, tels que M. P. Duchartre, à Paris, et le docteur Maxwel T. Masters, à Londres.
Les Malvacées, auxquelles appartiennent les Abutilons, présentent dans la structure de leur moelle et de leur écorce, quelques particularités qui ne sont peut-être pas étrangères à l’union si intime qui s'établit chez clles, entre le sujet et le greffon. Ce genre d'union re leur est cependant pas exclusivement particulier. Tout récemment un nouvel exemple de contagion de panachure, au moyen du greffage, a été signalé par le D' Maxwell T. Masters (6). Il concerne le JZasminium officinale dont la variété panachée ayant été oculée sur le Jasminium revolutum a eommuniqué à ce dernier l'affection dent il se trouvait atteint et provoqua ainsi l’apparition du Jasminium revolutum foliis variegatis. Celui-ci était panaché de jaune : celui-là l'était de blane. Or, en greffant le Jasminium revolutuin foliis aureo variegatis sur le Jasminium officinale, un jardinier anglais, M. W® Godsall, a vu se développer un nouveau Jasinintum officinale ayant lui-même les feuilles aureo-variegatis.
Il résulte de l’ensemble des faits que nous venons d’exposer que la
(1) Hérédité de la panachure, dans les BuLL. DE L’ACAD. ROYALE DE BELGIQUE, 2€ série, tome XIX, n° 2, 1865.
(2) Gard. Chronicle, 1869, p. 276.
(5) Journal de la Soc. imp. et centr. d'hort. de France, 1869, p. #7.
(4) Gard. Chronicle, 1869, p. 554.
(5) Dans les Annales de l'Institut horticole de Fromont et les Annales de la Soc. roy.
d’hort. de Paris.
(6) Gard. Chron., 1869, p. 838.
OR
panachure peut, du moins chez certains végétaux, se communiquer d’un individu à un autre, même d’une espèce à une autre par une sorte d'inoculation.
Cette interprétation est confirmée d’ailleurs par les faits déjà connus. Ainsi, les végétaux panachés sont propagés dans la culture par les divers modes de multiplication usités en jardinage, tels que la marcotte, la bouture et la greffe. Cela montre que les bourgeons qui se forment sur un végétal panaché sont eux-mêmes, en général, atteints de cette affection. Il s'établit de proche en proche un contact par les tissus entre les rameaux développés et les nouveaux bourgeons. Dans le plus grand nombre de cas, la panachurce est, pour ainsi dire, individuelle et la progéniture séminipare échappe à l’affection : en d’autres termes, les graines des plantes panachées donnent, en général, des plantes saines et normales. Nous avons fait voir naguère qu’il en peut être parfois autrement précisément chez des plantes dont la panachure est marginale, c’est-à-dire disposée le long des bords des feuilles. Or, les feuilles florales n'échappent pas à la règle et spécialement les feuilles carpellaires ont elles-mêmes une panachure marginale plus ou moins manifeste. Les ovules qu'elles portent sont donc en contact direct et matériel avec les tissus atteints de variégation et nous nous expliquons ainsi pourquoi embryon est envaki.
Dans tous les cas, l’altération se communique d’un individu à un autre, à ia suite d’un contact immédiat.
BÉS PÉANTES NOUVELLES DE. 1869,
Le commencement d’une année nouvelle nous fournit une occasion excellente de jeter un coup d’œil rétrospectif sur les nouveautés dont l’année écoulée nous a enrichis. On les a vues en masse à nos expositions et à nos mectings horticoles; on les a reproduites à profusion dans nos journaux agricoles ou botaniques; on les a logées et multipliées avec soin dans nos pépinières et bientôt nos marchands les répandront parmi tous ceux qui s'occupent de culture. Il en est qui intéressent la botanique; il en est qui d’elles-mêmes se recommandent au fleuriste parce qu'elles se rapprochent de son type de perfection; d’autres enfin promettent d'enrichir les jardins, soit d’une facon permanente, soit jusqu’au jour où un progrès continu aura introduit des formes meilleures pour les remplacer. C’est sur ces dernières surtout que nous allons jeter maintenant un rapide coup d'œil.
Commencons par les princes cet les seigneurs du monde végétal : les Palmiers et les Orchidées. Les premiers deviennent lentement, mais
sûrement populaires ; et leurs progrès seront d'autant plus rapides qu'une demande plus grande permettra d’en réduire les prix. Nous avons à citer au moins une demi-douzaine d'espèces que lon peut regarder comme nouvelles ct choisies. Ce sont : le Welfia regia, de l’Amazone, d’un aspect fort distingué, à pétioles lisses et sveltes, à feuilles profondément bilobées qui, quand elles se déploient, sont d’une jolie teinte bronze; le Deckeria nobilis, espèce de l'Amérique tropicale, à feuilles pinnées, portant sur leurs pétioles nombre d’épines blanchâtres; le Seaforthia Veitchii, belle espèce australienne, à feuilles pinnées, à l'instar du S. elegans ; le Martinezia Lindeniana, plante extrémement distinguée, à larges feuilles bilobées sur des pétioles glauques, avec de longues épines sveltes; cette plante est originaire de l'Amérique tropicale; le Plectocomia elongata, espèce javanaise, feuilles bilobées, tiges saupoudrées de blanc, pétioles armés d’aiguillons; le Thrinax havanensis, Palmier à éventail d’une remarquable élégance; pétioles sveltes; le pays d’origine de cette plante est l’Inde occidentale. Toutes ces plantes méritent qu’on les ajoute aux collections de végétaux à beaux feuillages du tropique.
Parmi les Orchidées signalons surtout deux nouveaux Dendrobium de l’Inde d’une grande beauté, et portant de grandes fleurs blanches comme celles du Dendrobium infundibulum ; ce sont le D. Jamesianum, distingué par les aspérités qu’il porte sur les lobes latéraux du labelle et le D. cariniferum qu’il est facile de reconnaître à ses sépales fortement carinés. L’Epidendrum syringothyrsum du Pérou avec ses hautes tiges semblables au roseau, portant de grandes panicules terminales de fleurs rose pourpre, vient agréablement augmenter son genre; dans le Vanda Denñisoniana de Burmah, nous avons un charmant Vanda à fleurs blanches. Le Trichocentrum tigrinum de l'Equateur a été annoncé comme le prince de sa famille : ses grandes fleurs, semblables à celles da Afilionia, ont un labelle pourpre, une anthère blanche et des callosités orange. Le Pescatorea Wallisit est une bonne introduction de l’Amérique centrale ; il a de grandes fleurs d’un blanc de crême, tachetées de pourpre. Le Mormodes uncia (alias Greentii) du Mexique, avec ses rameaux pendants de grandes fleurs jaunes à taches rouges est probablement le plus bel individu de la famille. Le Brassia Lawrenceana longissima avec ses sépales de 7 pouces couverts de nombreuses taches fauves doit également obtenir le premier rang parmi les Brassia. Parmi les Oncidium nous avons quelques belles nouveautés : l’'Oncidium splendidum du Guatémala, à large lèvre jaune; et l'Oncidium fuscatum du Pérou ayant la moitié supérieure de la lèvre d’un blanc pur, et la moitié inférieure pourpre. La variété Warneri de l’Odontoglossum Alexandrae qui a paru à un meeting horticole est probablement la plus belle qu’on ait encore vue sous le double rapport de la taille et de la couleur; deux variétés de l'Odontoglossum triumphans (Marshalli et Wilsoni) sont dans le même