‹ La Belgique horticole (volume 4)Chapitre 21 sur 173 · END · texte numérisé non relu

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aujourd'hui en est fort voisin et sera tenu encore en plus haute estime. En effet, le Dombeya du D' Masters prospère dans la serre tempérée : ses fleurs sont jolies, blanches, en bouquet et odorantes : l’arbuste fleurit jeune et avec une grande libéralité : cette floraison a lieu en hiver, comme il est naturel à une plante de l’hémisphère austral. Cette floraison a eu lieu chez nous le 25 janvier 4869. Sa multiplication est facile et sa culture ne réclame aucun soin particulier.

Ces qualités nous paraissent des titres à la faveur des cultivateurs.

Le genre Dombeya est fondé à Ia mémoire de Joseph Dombey, naturaliste français, intrépide explorateur du Chili et du Pérou : mais il n’est pas américain : il appartient à la flore crientale de l'Afrique australe, à Madagascar, Bourbon, Maurice, dans l’Archipel de la mer du sud, Abyssinie, au Natal et s'étend à peu près jusqu’au Cap de Boanne-Espérance. Il s’est enrichi récemment de plusieurs belles espèces, le Dombeya de Miss Burgess (Dombeya Burgessiae Gerr.), le Dombeya Boule-de-Neige (D. Viburniflora Bos.), ete., ete.

Le Dombeya Mastersit avait été signalé, en janvier 1867, par le Dr Maxwell T. Masters, dans le Gardeners’ Chronicle sous le nom de Dombeya angulata.

Le savant rédacteur du Gardeners’ Chronicle avait fait sur cette plante des observations curicuses et intéressantes concernant le rôle des staminodes dans la fécondation. Ces observations étaient d’ailleurs analogues à celles que Charles Morren avait Apnée au sujet du parastemone du Sparmannia africana.

Le D: Hooker, l’'éminent directeur de Kew, ayant la conviction que la plante étudiée par M. le D' Masters est différente du véritable D. angulata de Cavenilles et d’ailleurs nouvelle, lui donna le nom de son savant confrère, D. Mastersii.

On ignore comment cette plante a été introduite vivante au Jardin royal de Kew. Mais il se trouve dans l’herbier de ec célèbre établissement des spécimens de la même espèce recueillis en Abyssinie par le Dr Roth ct sur les bords d’un affluent du Nil par le capitaine Grant.

L'espèce la plus voisine sinon la même est le Dombeya Schimperiana d'Ach. Richard, originaire d’Abyssinie, mais elle parait être de plus grande taille, avoir les pétales plus obtus et le tube staminal plus allongé.

Le D. Mastersit est un petit arbuste, de 4 ou 5 pieds de haut, à rameaux divariqués, arrondis et presque glabres; les pousses sont tomenteuses. Les feuilles ont de 10 à 20 centimètres de long, profondément cordécs, acuminées, obscurément lobées ou plutôt grossièrement dentées, parcourues par 5-7-9 nervures, d’un vert pâle, velues sur les deux faces. Pédoncules axillaires, arrondis, de la longueur des pétioles. Inflorescence en corymbe simple ou sub-composé. Les bractées manquent à la base des pédicelles : ceux-ci sont nombreux, cylindriques, longs de 25 millimètres,

couverts d’une pubescenee douce et droite. Fleurs blanches, larges de 25 millimètres, munies chacune d’une bractée lancéolée, de même forme ct de même longueur que les sépales. Sépales étroits, lancéolés, d’un centimètre environ de longueur. Pétales ovales, mais amincis en coin oblique d’une façon earactéristique. Étamines au nombre de 15 avec des filaments roses et un tube court. Staminodes ligulés. Style cylindrique, velu à la base; stigmates filiformes. Gvaire très-laineux.

Le jardin botanique de luniversité de Liége doit le D. Mastersit à la libéralité du Dr 3. Hooker. Il a fleuri en janvier 1869 ct l’aquarelle que nous publions a été peinte d’après nature par M'e Virginie de Sartorius, avec l'exactitude et le talent qui lui sont habituels. Les pétales de notre plante sont sensiblement plus larges que ceux de la planche du Botanical Magazine. Cependant, nous l'avons dit, la plante que nous avons fait peindre, vient de Kew et il ne saurait y avoir de doute sur sa légitimité. Il en résulte donc qu'un des caractères essentiels sur lesquels le D Hooker a fondé son espèce est sujet à variation.

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