MOTIFS ET PRINCIPES DU FORCAGE EN HORTICULTURE
Dans ce temps où le luxe des fleurs est devenu un besoin en toutes saisons, mais principalement en hiver, où il ajoute à la somptuosité des salons inondés de lumière et de dorures, Part du forcage des plantes à dû prendre de grandes proportions, car nous sommes généralement ainsi faits que nous n’attachons souvent de prix aux choses qu’en vertu de leur rareté, et partant, de la difficulté que nous éprouvons à les obtenir.
Nous faisons fi des fraises en leur saison, mais nous les payons 5 fr. les cinq au mois de janvier. Nous trouvons vulgaire le lilas du mois d'avril, et nous donnons 50 fr. de quelques brins de lilas blane forcé. Bizarrerie, aberration, folie, disent les gens positifs, qui ne voient des choses que la valeur matérielle sans y attacher la moindre poésie. Oh! détrompez-vous, si vous croyez qu’au fond de tout cela il n’y a pour tous qu’ostentation et vain orgueil. Sous ces dehors de vile passion humaine se cache un sentiment plus noble, celui de la lutte permanente de l’homme contre la nature, celui du besoin invincible de la dompter, de l’enchainer, d’en faire en quelque sorte l’esclave de sa volonté et de ses caprices.
L'été est la saison des fruits et des fleurs; l'hiver, celle du repos et du deuil de la végétation. L'homme dit alors à la nature : Je veux que tu me fasses croire à un printemps perpétuel. La lutte s'engage, et la nature vaincue, soumise et docile, fournit des trophées au vainqueur. Mais cette victoire ne se remporte pas sans qu’une foule de difficultés ne surgissent,