‹ La Belgique horticole (volume 4)Chapitre 33 sur 173 · LAON ES · texte numérisé non relu

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du 1°" juillet 1870. Le gouvernement a le choix entre les deux modes de paiement. La ville renonce à la faculté qu’elle s’est réservée de reprendre le jardin; clle paiera au gouvernement le subside de 6,000 florins qu’elle allouait à la Société pour lentretien du jardin. Il est entendu que le gouvernement conservera à la propriété une destination publique. Tout cela, naturellement, sous réserve de l'approbation des Chambres, du conseil communal et de l’assemblée générale des actionnaires.

L’Arboriculture fruitière et la Viticulture par M. Cuar- LES BALTET, ({ vol. in-8° avec 45 figures, Paris, chez Eug. Lacroix, 4 fr.). Ce volume de la collection des Archives de l’industrie au XLX° siècle, fait partie des Études sur l'exposition universelle de 1867 et concerne spécialement la 86° classe du neuvième groupe. M. Ch. Baltet traite dans cet ouvrage, de la multiplication, de la culture et de la production des arbres fruitiers et de la vigne. Nous avons remarqué et nous signalons d’intéressantes notices sur les clôtures fruitières des chemins de fer, sur l’arboriculture en Hollande, sur le commerce des fruits, ete., etc. Personne mieux que M. Baltet ne pouvait apprécier la production fruitière dans ses rapports avec l'exposition universelle à l’organisation de laquelle il a pris une très-grande part.

The Gardeners’ Year Book du D'R. Hogg, pour 1870, vient de paraître (London, 171, Fleet street, E. C., one shilling). Cet excellent almanach renferme, outre les tables habituelles, un calendrier horticole, les nouveautés de la pomologie, de la floriculture et de la botanique, le nom et l'adresse des jardiniers anglais et beaucoup d'annonces.

La notice sur Marius Porte que nous avons publiée l’année dernière (p. 229) était extraite littéralement du Bulletin de la Société d’horticulture de Seine et Oise. M. le D A. Sicard, secrétaire de la Société d’horticulture de Marseille est l’auteur de cette notice intéressante et, en toute justice, il en réclame l’honneur et la responsabilité. Nous nous empressons donc de rectifier une substitution de nom qui n’est point notre fait ct de rendre à notre honorable et bienveillant collègue de Marseille ce qui lui appartient.

NOTE SUR LE GINKGO BILOBA E,

Salisburia adiantifolia Sur, PAR M. LE COMTE FR. PERTUSATI, A Mira.

Les principaux marchands de graines d'Allemagne annoncent, dans leurs catalogues, des noix de Ginkgo biloba, en moyenne, au prix de

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4 fr. le cent ou de 50 fr. le mille. Peu de personnes savent d’où viennent ces fruits et il serait difficile de le supposer.

La presque totalité de ces fruits provient de deux arbres qui vivent l’un à Milan, l’autre dans un village voisin, à Mozzato.

Le fait est étonnant, presque incroyable, puisque dans l’Europe moyenne il existe des Ginkgo de très-grande taille. J’en ai vu cet été même, un superbe exemplaire au jardin botanique de Prague dont les châtons jonchaient le sol au mois de juin. On signale en France des Ginkgo qui commencent à fructifier, par exemple, au Trianon de Versailles, au jardin des plantes de Paris et sans doute ailleurs (à Montpellier). On admire dans les jardins du roi d'Italie, à Monza, un Ginkgo greffé qui donne quelques fruits. Mais comme les Ginkgo à châtons ovulifères sont encore des rarctés, je crois pouvoir signaler les deux arbres de Milan comme très-extraordinaires et donner quelques renseignements historiques concernant leur origine.

Ces deux arbres appartiennent à la famille du comte Castiglioni. Les graines dont ils sont issus furent directement importées du Japon par le comte Louis Castiglioni il y a environ un siècle. Ce personnage était un voyageur très-instruit dont on a les relations de son voyage en Amérique et qui favorisa beaucoup la connaissance des végétaux exotiques par son savoir et par beaucoup d'échantillons rapportés de loin.

Le Salisburia semé dans son jardin de Milan lui donna un arbre sur lequel on greffa en 1850 des rameaux envoyés du jardin de Montpellier, par Pyrame De Candolle. On sait que cet illustre savant avait découvert à Bourdigny un Ginkgo femelle et en avait appliqué une greffe sur les arbres staminifères du jardin de Montpellier où ils sont encore. Peu d'années après ce greffage l’arbre de Milan donna ses premiers fruits. Le jardinier en tira profit pendant un certain temps sans que personne s’en aperçut. Il vendait ses graines clandestinement et en obtenait, paraît-il, des prix élevés. On venait admirer son arbre, dont la fructification était une intéressante curiosité, mais il n'avait garde d'éventer le bénéfice qu’il en retirait.

Lorsque ce jardinier mourut, on fut fort étonné de recevoir plusieurs lettres demandant qu'on livrât, comme d'habitude, des noix de Ginkgo. On suppose bien que le nouveau jardinier ne fut pas autorisé à se livrer personnellement à ce commerce. Cependant larbre continua sans désemparer, de fructifier de plus belle et les demandes ne cessèrent d’affluer. Or, il y a deux ans, un autre Ginkgo, provenant des mêmes graines que le comte Louis avait rapportées du Japon mais qu’il avait transporté à sa maison de plaisance, à Mozzati, où il avait sa ferme, vint à montrer des fructifications. C’est un individu ovulifére, levé de graine, et qui s’est trouvé environné d'arbres staminifères de la même espèce. Il s’est révélé d'une fécondité extraordinaire. Cette année il a donné plus de quarante mille noix. Cette fructification est vraiment prodigieuse. Si on calcule

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le prix de vente on arrive à une somme fort respectable dont peu d’arbres peuvent approcher. La récolte nécessite, il est vrai, certains frais : les graines doivent être essayées; il faut s'assurer qu’elles ne sont pas vides; pour cela on les plonge dans l’eau et on livre au commerce seulement celles qui ne surnagent pas. IL faut ensuite les débarrasser de leur putamen ou première enveloppe, les laver, les faire sécher au soleil. Cette opération n’est pas toujours facile, parce que la récolte se fait à la fin d'octobre. Il faut ensuite éloigner les souris qui en sont très-friandes ; il faut se dépécher de s’en débarrasser au plus vite car la faculté germinative se perd en un an. Pour toutes ces raisons, le déchet est d’un millier de noix environ, mais les autres sont instamment demandées par le commerce. |

On voit que le nom d'arbre aux quarante écus donné au Ginkgo au moment de son introduction en Europe, à cause de son prix élevé et qui s’est d’ailleurs conservé, était vraiment prophétique.

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