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aplatie, terminée sur le bord supérieur par un arc sinueux. La protubérance, très-distincte, est pourtant peu saillante; elle se déprime même en son centre, de manière à dessiner une sorte de cuvette limitée par un bourrelet très-apparent. Ce bourrelet est rencontré par les sillons transversaux de l’apophyse; et à cause de la dépression centrale de la protubérance, le mucron qui est produit par la scetion de ces sillons transversaux est assez faiblement développé et irrégulièrement placé; il semble même, parfois, qu'au lieu d’un mucron unique il tende à s’en dessiner plusieurs aux points où les sillons coupent le bourrelet. La graine du laricio est ovale, à testa grisâtre clair, mat, souvent presque blanche, très-finement marbrée sur une des faces. L’enracinement est faible ; Le pivot disparait de bonne heure et il ne reste que quelques racines traçcantes peu développées.
Chez le pin maritime (1), l'aiguille est longue de 12 à 20 centimètres ; elle est large, épaisse, charnue, d’un vert luisant. Le cône a deux fois la longueur et deux fois la largeur de celui du laricio. Il est obliquement pendant sur les rameanx, où il persiste très-longtemps, même sur les branches mortes, après que la graine s’est disséminée. Les écailles sont solides, d’un
ment la protubérance et la fait disparaître. Chez les espèces dont l’apophyse existe à peine, comme dans les sérobus et les cembra, par exemple, la protubérance, peu développée, se trouve rejetée à l’extrémité de l’écaille ; dans ce cas, l’apophyse ne se déplace pas, mais elle est très-peu développée » (Carrière, Trailé général des Conifères, p. 585, ad notam.)
(1) De même qu’en parlant du pin laricio nous avons toujours en vue le laricio de Corse, de même, quand il est question du pin maritime, nous entendons parler du pin de Bordeaux, seule forme bien connue, en France, des forestiers. Sans doute le pin de Bordeaux n’est qu’une variété, et il vaudrait mieux raisonner sur le type de l'espèce ; mais où prendre ce type? Est-ce la variété la plus belle, c’est-à-dire le pin maritime de Corte? Est-ce la plus grêle, la plus défectueuse, c’est-à-dire le pinus marilima minor de Duhamel ? Si la théorie de Darwin sur les centres de création était démontrée, s’il était prouvé que chaque espèce s’est produite d’abord dans une seule contrée et que, de là elle a émigré successivement, aussi bien que ses moyens d’émigration et d’existence Le lui ont permis, le type de chaque espèce serait rationnellement le type primitif, les variétés, toutes les modifications durables de ce type. Mais aujourd’hui, après tant de siècles écoulés, après des bouleversements du globe si profonds, où découvrir ces centres de création ? Souvent on a adopté pour type de l’espèce la forme la première connue, la première décrite ; plus souvent encore on a accordé ce caractère à la variété la plus parfaite. De là des incertitudes, une confusion qui sont venues compliquer encore cette question déjàsi-difficile de l’origine des espèces. Etant admise la Loi de sélection naturelle, qui doit tendre constamment à spécialiser de plus en plus l’organisation de chaque individu et la rendre sous ce rapport plus parfaite et plus élevée, il semble qu’on aurait plus de chance de retrouver le type primitif d’une espèce dans sa forme la plus défectueuse que dans sa forme la plus belle. Mais tant de variétés ont disparu, tant d’espèces même se sont éteintes, que l’on ne sait où s’arrêter dans cette marche en arrière. Reculer la difficulté, ce n’est pas la résoudre, et, dans cet ordre d’idées, qui a sa grandeur et sa logique, il faut aussi dire avec Lamarck : « L’espèce n'’existe pas ; il n’y a réellement dans la nature que des individus. »
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roux vif et luisant ; au lieu d’être limitée sur le bord supérieur par un arc sinueux, comme chez le laricio, l’apophyse tend évidemment à la forme rhomboïdale régulière ; elle est nettement pyramidée, et la grande diagonale du losange figure une carène longitudinale, presque tranchante. Je crois que la protubérance centrale n’est pas visible; admettons cependant un moment les apparences. Cette protubérance serait alors très-saillante et terminée par un mucron bien développé et caréné comme l’apophyse; elle ne serait pas luisante comme l’éeusson, et sa coloration, bien différente, tendrait au gris de fer. M. Carrière, dans son Traité général des Conifères (1° partie, p. 466), dit que cette protubérance est quelquefois légèrement déprimée et blanchätre. Il y a là, je pense, une erreur d'observation, dont je vais essayer de donner l’explication.
Lorsqu'on examine des cônes de pin maritime fraichement cueillis, la protubérance (toujours dans l'hypothèse où elle serait apparente) tranche nettement par sa coloration gris de fer sur le jaune roux de l’apophyse. Si les cônes au contraire sont vieux, cueillis depuis longtemps, comme cela a lieu presque toujours pour les échantillons-de collection, il n’est pas rare d'observer sur le même cône des écailles à protubérance gris de fer et d’autres à protubérance blanchâtre. Les premières ont les angles aigus et le mucron bien marqué; les secondes sont arrondies, émoussées et n’offrent plus trace de mucron. Il y a là évidemment une altération qui résulte de la vieillesse des échantillons. Que si l’on prend en effet un cône déjà vieux, offrant les deux sortes de protubérances, il dépend de nous de les rendre toutes blanchâtres et déprimées. Il suffit pour cela de saisir avec l’ongle les protubérances qui sont restées gris de fer et pointues et de les ébranler légèrement. Ces protubérances se détachent et laissent à nu un petit mamelon blanchâtre et émoussé. A vrai dire, ce n’est pas la protubérance qui s’est détachée, mais bien le mueron. Celui-ci très-développé recouvre complétement la protubérance et la rend invisible. Quand le cône se dessèche, l’'adhérence n’est plus aussi parfaite et la séparation devient facile; celle-ci se produit alors involontairement, à la suite d’un choc ou d’un froissement.
Revenant à la comparaison du pin de Bordeaux et du laricio de Corse, je tiens à dire quelques mots des différences que présente leur écorce.
Depuis quelques années ces différences m'ont frappé, et en janvier 1867, j'écrivais les lignes suivantes à M. Mathicu, notre savant et bien-aimé professeur de l’école de Nancy :
« Je relisais ces jours derniers votre Flore forestière, au chapitre des Abiétinées. Je m'étais arrêté particulièrement aux détails que vous donnez sur la formation du rhysidome chez le pin Sylvestre ; en passant au pin maritime, j'ai lu ceci: l’écorce gerçurée, écailleuse, épaisse et d’un rouge ferrugineux, et semblable à celle du pin Sylvestre. Je tenais à la main en ce moment un échantillon d’écorce de chacune de ces espèces; il m'a semblé qu’elles se différenciaient profondément, à tel point qu'il n’est pas
possible de confondre un fragment de l’une avec un fragment de l’autre. En brisant en effet le rhytidome du pin Sylvestre, on remarque qu’il se divise en feuillets superposés, parfaitement distincts lun de lautre, parce que le parenchyme subéreux, brun et sec, de chacun de ces feuillets est séparé du parenchvme des lames inférieure ct supérieure par une sorte. d'cfflorescence blanchâtre, interposée entre les lames et adhérente surtout à la face externe de chaque lame. Dans le pin maritime, ces efflorescences font défaut ; la cassure n’en offre pas de traces et les lames sont étroitement adhérentes. Elles sc reproduisent au contraire très-abondantes dans l'écorce du laricio, et c’est évidemment à clles qu'il faut attribuer la coloration grise-argentée de cette écorce. »
M. Mathieu, dans une de ces lettres charmantes et instructives que l’on conserve précieusement, complèta et rectifia ainsi qu'il suit l’observation précédente : à
« Depuis que ma Flore est imprimée, j'ai étudié les écorces des pins et suis parvenu à très-bien caractériser la plupart des espèces de ce genre à leur moyen. Les lames minces qui séparent le faux liège des rhytidomes sont des lames de périderme : blanches ou gris blane dans le pin laricio et plus claires que le reste du tissu ; brun eramoisi dans le pin maritime et plus foncées que le tissu ambiant, ete., etc. Ces lames de périderme sont peu étendues dans le Pin sylvestre; elles sont plus continues et périphériques dans le pin maritime. »
De tout ce qui précède, et sans pousser la comparaison plus loin, il résulte qu'il existe des différences considérables entre le pin laricio de Corse et notre pin maritime. Comment donc la confusion a-t-elle été possible ? Des renseignements qui nous ont été adressés dernièrement par M. Delavaivre, inspecteur des forêts à Corte, nous semblent de nature à jeter quelque clarté sur ce point.
Lorsque nous comparons le pin laricio de Corse au pin maritime, nous ne Jugeons cette dernière essence que sur la forme si commune en France et connue sous le nom de pin des Landes ou pin de Bordeaux. Nous ne songeons pas à nous demander s’il existe ailleurs une variété de pin maritime s’éloignant sensiblement de la nôtre et se rapprochant d'autant du pin laricio. Or cette variété existe, et elle existe précisément en Corse, c’est-à-dire dans la même station que l’espèce avec laquelle on l’a confondue si longtemps.
Voici au surplus des détails forts intéressants que je copie textuellement dans une lettre de M. Delavaivre, en date du 7 mai dernier :
« Le pin maritime de Corte est un arbre de première grandeur; sa tige est droite, même quand il croit isolément. Il a une aire de végétation trèsétendue ; on le trouve en Corse depuis les dunes du littoral jusqu’à une altitude de 1200 mètres, où il croit en mélange avec le pin laricio. Néanmoins les différences de sol et de climat exercent une influence trèsmarquée sur le développement de cette variété de pin maritime, et par
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suite sur son port et son aspect, mais surtout sur la qualité de son bois.
« Sur le littoral, ce n’est qu'un arbre de deuxième grandeur, à écorce extrêmement épaisse, à bois généralement blanc; au fur et à mesure qu'il s'élève, sa taille augmente sensiblement. L’écorce devient plus mince, moins rugueuse ; le bois parfait, augmente dans une notable proportion et prend une teinte rougeâtre, analogue à celle du laricio. À une altitude moyenne de 800 mètres, 1! a, à peu de chose près, l’aspect et les qualités de cette dernière essence.
« Les essais que vous et mon excellent ami M. de Gayffier avez entrepris me paraissent donc très-intéressants, car il est fort possible que, sous la latitude des Landes, et surtout de la Sologne, il se reproduise avec toutes les qualités que j'ai indiquées, et qui pourraient le rendre beaucoup plus précieux que le pin de Bordeaux. »
Cette lettre de M. Delavaivre, qui a mis une obligeance charmante à me procurer de la graine de cette variété, paraîtra sans doute pleine de révélations aux lecteurs de la Revue. Elle leur expliquera, comme elle m'a expliqué à moi-même, une confusion qui jusque-là m'avait semblé incompréhensible. Elle aura, en outre, le mérite de fixer leur attention sur une forme extrêmement remarquable de pin maritime, forme qui se maintient jusqu'ici parfaitement dans nos cultures et qui se perpétuerait facilement par sélection méthodique.
Je me propose d'entrer à ce sujet dans quelques développements qui, aujourd’hui, auraient le tort d’allonger une notice assez aride et déjà trop étendue. Je dirai aussi un mot de deux variétés très-recommandables du pin laricio, le pin de Calabre et le pin de Tauride; ce sera le sujet
d’un second article(l).
GOUET, Directeur du domaine forestier des Barres.
(1) Les pépinières des Barres renferment aujourd’hui environ 1,100,000 plants d’essences et de variétés choisies, dont 160,000 pins de Calabre, 100,000 pins de Tauride et 150,000 pins maritimes de Corte. J'espère que l’administration me donnera l’ordre de répandre chaque année une partie de nos richesses sur tout le territoire de la France. Car nous pouvons le dire après Duhamel, c’est folie de vouloir que tous les arbres viennent dans le même lieu ; et s’il est bon de les élever tous dans la même pépinière pour leur donner les soins nécessaires, il faut leur choisir ensuite le sol, l’exposition, le climat qui leur conviennent. Ne tombons donc pas dans l'erreur habituelle, mais excusable, de ces propriétaires « qui choisissent dans leurs pares une étendue de terrain » consacrée à la culture des arbres et qui, « si quelques-uns n’y réussissent pas, s’en prennent au jardinier ou bien se persuadent que ces arbres ne peuvent réussir sous notre climat, »
Les expériences d’acclimatation ne seront sérieuses, concluantes, fructueuses, qu’autant qu’elles seront entreprises sur une échelle assez grande, continuées avec esprit de suite, confiées à des hommes qui auront le goût et l'habitude de ces travaux; qu’autant surtout qu'elles ne seront pas resserrées dans les étroites limites d’un domaine, voire même d’un département, mais qu’elles pourront s'étendre, avec discernement, à tous les points du territoire.
AVE de
BULLETIN
LL. MM. le Roi et Ia Reëme ont, le 2 février, honoré de leur visite les serres de M. Linden à Bruxelles. Notre célèbre horticulteur avait en ce moment une collection d’Orchidées fleuries dignes de l’attention de ses illustres visiteurs. On y pouvait compter près de deux cents Cattleya! et une foule d’autres espèces.
La culture des Fubéreuses (Polyanthes tuberosa), fort répandue à Paris, est peu pratiquée en Belgique. Cependant la beauté, le parfum et la blancheur de cette fleur sont des mérites qui peuvent la faire rechercher : mais sa culture est peu connue.
MM. Huber frères, de Hyères, nous renseignent à ce sujet de la manière suivante : |
Lorsqu'on recoit les Tubéreuses (en bulbes), on doit les placer sur couche, les arroser modérément ct, pour empêcher la plante de s’étioler, lui donner le plus d’air possible lorsque le temps le permet. Dès que les hampes florales commencent à montrer leurs boutons, aérer beaucoup pour empêcher l'humidité de pourrir le calice. Après la floraison, cesser les arrosages et n’arracher les bulbes que lorsque les feuilles sont entièrement fanées. Jetez les oignons qui ont déjà fleuri et ne conservez que les caieux qui sont autour des oignons : dans le climat de Belgique, ces
caieux ne fleurissent que la troisième année. Planter d'avril en mai et surtout garantir de l'humidité.
ME. Victor vanden MHecke de Lembheke cst mort à Gand le 24 janvier 1870, à l’âge de 59 ans et cinq mois, après une longue maladie et de cruelles souffrances. Il était président de la Société royale d'agriculture et de botanique de Gand, vice-président de la Fédération des Sociétés d’horticulture de Belgique, membre du Conseil provincial de la Flandre orientale, ete., etc. M. vanden Hecke était un des amateurs d’hortieulture les plus distingués de Belgique et il était à tous égards, bien digne de présider la Société gantoise. Il ne comptait que des amis. Le mal qui l’a emporté s’est manifesté aussitôt après son retour de Russie au printemps dernier.
Le Jardin boérnique de Bruxelles est sur le point d’être acheté par le gouvernement. Un projet de contrat est récemment intervenu. Aux termes de cette convention, conclue entre le gouvernement, l'administration communale de Bruxelles et la Société royale d’horticulture de Belgique, cette Société vend à l'Etat, le Jardin botanique avec toutes ses dépendances, pour un million de franes, ou 60 annuités de 48,000 franes chacune, payables le 4°" juillet de chaque année, à dater