‹ La Belgique horticole (volume 4)Chapitre 35 sur 173 · EN 7 À ASS · texte numérisé non relu

EN 7 À ASS

La quantité de chaleur émise sur un corps est proportionnelle à l'excès de la température de ce corps sur celle du milieu.

Cette loi qui porte le nom de Newton n’est exacte que dans les limites que nous avons admises, c’est-à-dire lorsque l'excès n’est que d’un petit nombre de degrés, tout au plus 20° C.

Mais chaque point de la surface du corps rayonnant émet des rayons dans tous les sens; il en est qui sont dirigés perpendiculairement à la surface, d’autres qui lui sont obliques. Ces derniers ont moins d'intensité que les premiers; la loi de la diminution s’énonce dans le langage scientifique de la manière suivante :

L’intensité de la chaleur émise obliquement est proportionnelle au sinus de l’angle que fait le rayon considéré avec la surface rayonnante.

Nous allons donner une interprétation élémentaire de cette loi. Soit

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AB une surface plane par laquelle le corps ABC émet ses rayons au dehors. Soit EP un rayon perpendiculaire à la surface AB; soit EO un rayon oblique partant du même point.

Prenons sur la direction EP une longueur Ep représentant l'intensité du rayon normal; abaissons du point p une perpendiculaire po sur la direction du rayon EO; la longueur Eo représentera l'intensité du rayon EO, comme la longueur Ep représente lintensité du rayon EP. En d’autres

ANE0 ie termes la fraction Es représente le rapport de l’intensité du rayon obli- "

que à lintensité du rayon perpendiculaire ou normal. C’est cette fraction que désigne le mot sinus, employé ci-dessus.

On voit facilement que plus le rayon émis s'incline vers la surface, moins il a d'intensité.

Il est facile de comprendre aussi que plus il y a de rayons émis, plus l’intensité de la chaleur est grande et que par conséquent : cette intensité est proportionnelle à l'étendue de la surface rayonnante.

Ces lois ont été vérifiées expérimentalement d’abord par LesLie, ensuite par MELLONI.

On appelle pouvoir émissif d’un corps, l'intensité totale de la chaleur

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rayonnée par l'unité de surface de ce corps, dans toute la direction, lorsque sa température est d’un degré en excès sur celle du milieu environnant. Ce pouvoir dépend, on le concoit, de la nature du corps rayonnant; le noir de fumée et les corps noircis en général ont le plus grand pouvoir émissif, tandis que les métaux, surtout à surface polie, rayonnent très-peu.

D'ailleurs les enduits qui recouvrent les surfaces rayonnantes ont une grande influence sur le pouvoir émissif de ces surfaces. Ainsi les expériences de MELLONI prouvent que le vernis augmente le pouvoir émissif jusqu’à la 16° couche; le noir de fumée jusqu’à la 55°; Knwograucx a fait la même observation pour d’autres enduits, tels que le vernis blanc et transparent et le vernis noir et opaque.

On peut se convaincre de linflucnce exercée par l’état de la surface du corps rayonnant, en comparant la chaleur émise par une surface métallique polie et une surface de même nature, dépolie à l’aide de l’'éméri ou seulement rendue rugueuse par des égratignures ; celle-ci en émettra souvent le double de la première. C’est pourquoi l’on a l’habitude de placer dans des réservoirs à surface polie les boissons que l’on veut conserver chaudes le plus longtemps possible. Nous verrons plus loin l'application de ces principes aux appareils de chauffage.

IV) Absorption de la chalcur.

Quand un corps se trouve exposé au rayonnement d’un autre plus chaud, le premier, comme nous l’avons déjà dit, dévie une partie des rayons calorifiques qui le rencontrent, par réflexion diffuse ou régulière ; il en transmet une autre partie et s’en approprie aussi une certaine quantité.

Les corps diathermanes sont ceux qui en transmettent le plus; les corps athermanes en transmettent le moins et en absorbent davantage. Le sel gemme qui est éminemment diathermane ne s’échauffe presque point lorsqu'il est exposé au rayonnement d’une source de chaleur ; le verre noir, au contraire, s’'échauffe sensiblement.

On appelle pouvoir absorbant d’un corps, le rapport de la quantité de chaleur qu'il retient, à la quantité totale de chaleur qui lui est envoyée par la source.

Ce pouvoir absorbant dépend évidemment de la nature de la surface du corps; et comme les surfaces polies ont un grand pouvoir réflecteur, il s'ensuit qu’elles auront un moindre pouvoir absorbant.

La nature des rayons qui rencontrent le corps exposé au rayonnement, doit avoir aussi une influence sur son pouvoir absorbant ; car les rayons pour lesquels ce corps est diathermane passeront outre sans l’échauffer. Il ne peut absorber que les rayons pour lesquels. il est athermane et qui n'auront pas été réfléchis régulièrement ou diffusément à sa surface.

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