‹ La Belgique horticole (volume 4)Chapitre 46 sur 173 · DU BOUTURAGE EN PLEIN AIR · texte numérisé non relu

DU BOUTURAGE EN PLEIN AIR

Le bouturage en plein air est surtout employé pour le propagaüon des arbres, arbrisseaux et arbustes indigènes. Les arbres et arbrisseaux se bouturent ordinairement en place ou en pépinière; les arbustes et les plantes vivaces en planches ou sur plates-bandes, moyennant quelques abris pour les espèces délicates.

N I. — Boutures de rameaux ligneux dépourvus de feuilles.

4. Boutures en place. — Les végétaux tels que Fraxinus, Salix, Populus, ete., doivent être de préférence bouturés sur place. A cet effet, on choisit des branches ayant la flèche bien droite, et sur lesquelles on élague les rameaux latéraux afin de forcer l'extrémité à s’allonger. On coupe alors en biseau la partie inférieure ou talon, et on opère la plantation en enfoncant la base à 0,15 ou 0,20 de profondeur dans le sol; ensuite, on plante à côté un bon tuteur, auquel on attache la bouture, afin qu'elle ne soit pas ébranlée par le vent. Une terre franche, sablonneuse, maintenue dans un état d'humidité modérée, est très-favorable à la production des racines de ces sortes de boutures. .

Le printemps est le meilleur moment pour opérer. À cette époque « la

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/ végétation est généralement mise en mouvement; la température de la terre non-seulement s'élève de mois en mois, mais encore elle conserve une moyenne plus élevée que latmosphère d'environ un ou deux degrés. » (Théorie de l’hort., par 3. Linozey, p. 107.) Il est nécessaire que la température de la terre soit plus élevée que celle de l'atmosphère pour qu'une bouture puisse émettre ses racines d’une manière parfaite. C’est ce qui a lieu au printemps, alors que le sol commençant à s’échauffer par l’action directe des rayons solaires, vient stimuler la sève et la mettre en état de produire les sues nécessaires au développement des racines. « Mais la quantité de cette chaleur varie selon les espèces, et le seul moyen de la déterminer est offert par la connaissance que l’on acquiert du degré de chaleur climatérique du pays dont la plante est indigène. » (Théorie de l’hort., par J. Lindley, p. 121.) De là l'emploi des couches, serres, ete., pour le bouturage des végétaux exotiques.

Ces boutures, étant, à cette époque de l’année, complètement dépourvues de feuilles, peuvent être faites en plein air sans aucun abri, pourvu que la terre soit constamment maintenue dans un état d'humidité modérée.

2. Boutures en pépinière. — Des végétaux comme les Groseilliers, Cognassiers, Vigne, Spiræa, Deutzia, Weigelia, etc., se bouturent généralement en pépinière, c’est-à-dire sur des planches tracées au cordeau, séparées par des sentiers. Après avoir préparé une certaine quantité de boutures, on les coupe à une longueur de 25 à 50 centimètres ; puis, on les plante à une distance limitée, en prenant soin de les enfoncer dans le sol jusqu'aux deux tiers environ de leur longueur, de facon à ce qu'il reste hors de terre un ou deux yeux seulement.

La saison la plus convenable pour faire les boutures en pépinière est également le printemps, au moment où la sève prend son essor et où le sol commence à s’échauffer. « Il a été démontré que lorsque la température moyenne du sol dans lequel les boutures doivent émettre leurs racines est un peu plus élevée que celle de l’air qui les environne, elles y développent plus promptement leurs racines que si on les plante dans un sol dont la température soit égale à celle de l'air ; d’où l’on peut conclure que la nature, dans tous les cas, emploie quelques degrés de chaleur souterraine pour stimuler et protéger les végétaux. » (Lindley, loc. cit., p. 118.)

Le bourrelet qui se développe au talon des boutures doit être maintenu « dans des circonstances favorables à la végétation des racines, c’est-à-dire dans de la mousse ou de la terre humide. Le degré de cette humidité varie selon la nature de la plante : l'obscurité paraît en général favorable aux racines, peut-être seulement par un effet indirect, en ce qu’elle se lie d'ordinaire avec les moyens de conserver l'humidité; car la chaleur, l'humidité et l'obscurité paraissent être les conditions dont la réunion est la plus favorable au développement des racines. » (De Candolle, Physio-

logie végétale, p. 676.) À cet effet, on donne, pendant le courant de l'été, des bassinages, dans le but d'empêcher la terre de se dessécher, et pour la maintenir dans un état d'humidité modérée qui empêche la dessiccation des boutures et favorise le développement de leurs racines. On choisit de préférence un endroit un peu arbrité pour faire la plantation; si on devait les planter en plein soleil, on pourrait les ombrager au moyen de quelques abris de paille ou de branchages touffues.

\ II. — mBoutures de rameaux herbacés.

3. Boutures en planches. — Les végétaux qui peuvent être boutourés en plein air par leurs rameaux herbacés ne sont pas très-nombreux. Cependant les Pelargonium zonale, Dielytra spectabilis, Lippia repens, Centaurea ragusina, C. candidissima, etc., peuvent l’être de cette façon, si on les ombrage toutefois lorsque le soleil est trop ardent. On prépare une planche par un bon labour; on y ajoute une certaine quantité de terreau ou de sable, selon que les boutures sont plus ou moins susceptibles d’être atteintes par la pourriture. Après avoir mélangé le tout, on y plante les boutures à distance limitée. Cette opération terminée, on arrose légèrement, afin d’affermir la terre, et on procure ensuite à la plantation l’ombrage nécessaire, lorsque le temps est chaud et sec, comme cela a lieu ordinairement dans le courant de l'été, en étendant sur le sol un bon paillis de fumier à moitié consommé, dont l’effet est de maintenir la terre modérément humide, et en plantant dans les sentiers, soit des branchages, soit de légers abris de paille ou de roseaux, que l’on confectionne pour cet usage.

« La faculié accordée aux » boutures « de supporter l’action directe de la lumière, varie selon leur nature spécifique. Telle espèce est organisée pour s’accommoder de l’atmosphère d’un bois épais dans lequel ne peut pénétrer qu'une lumière diffuse ; telle autre a été placée par la nature sur la surface pelée d’un roc où les rayons d’un soleil dévorant viennent se concentrer chaque jour. Dans ces deux exemples, la lumière nécessaire à l’une des deux plantes tuerait infailliblement l’autre, et leur différence organique semble consister principalement dans l’épiderme, dans lequel la quantité de stomates détermine la somme de transpiration. On remarquera done que ce n’est pas la plus grande masse de lumière que l’on puisse obtenir qui soit favorable à la santé » des bouturcs « mais celle qu’elles peuvent supporter sans en souffrir. » JoHn Linpiey, Théorie de l'hort., p. 60.)

Ainsi, le Pelargonium zonale, par exemple, qui croît spontanément dans les terres sèches et arides du Cap, s’enracine parfaitement étant bouturé à l’air libre en plein soleil, et même sous les vitres d’une serre, avec des rameaux tout à fait herbacés; tandis que les Lycopodium, par

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