‹ La Belgique horticole (volume 4)Chapitre 45 sur 173 · HET | PR · texte numérisé non relu

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celles de quelques autres espèces. Il est à supposer que cette difficulté serait moindre si nous connaissions exactement les circonstances sous l'empire desquelles se forment les racines. Rien, cependant, de suffisamment certain, et qui mérite en général d'être rapporté, n’a été expérimenté sur cet important sujet, à l'exception des faits suivants : c’est-à-dire que les racines sont promptement sinon exclusivement formées dans l'obscurité, et dans un milieu modérément humide; qu’elles ne sont pas, comme les branches, le développement de bourgeons formés précédemment; mais qu’elles naissent fortuitement et irrégulièrement de la partie ligneuse du végétal plutôt que de sa partie cellulaire ; que leur production est en quelque sorte dépendante des feuilles ou des bourgeons, parce que des parties de tige privées de ces organes ne produisent pas volontiers de racines, si même elles en produisent; enfin que ces mêmes racines périssent, si leur apparition n’est pas promptement suivie par la formation de nouvelles feuilles.

« Bien que la cause immédiate de la formation des racines soit inconnue, l'élaboration de la matière organique par les feuilles ne doit pas en apparence y rester étrangère ; car on ne saurait douter que le développement des racines ne soit fort aidé par la sève descendante. Si l’on enlève une portion annulaire d’écorce sur une branche, si la plaie est recouverte de mousse humide, il naîtra immanquablement des racines de la lèvre supérieure de cette plaie, tandis que l’inférieure n’en produira aucune; et ceci est un fait si connu qu'il a été l’une des causes qui ont fait dire que les racines sont les fibres du bois séparé du système perpendiculaire central, et que le bois lui-même n’est autre chose qu’une masse de racines formées par les bourgeons et les feuilles(1). » (Joux Linpcey, Théorie de l’hort., traduct., p.17.)

Les végétaux appartenant à l'embranchement des Monocotylédones, tels que Tradescantia, Bromelia, Diefjenbachia, ete., se bouturent avec une grande facilité par leurs rameaux herbacés, tandis que d’autres, qui appartiennent à la même catégorie, s’y refusent complétement : tels sont les Bambous, les Arundo, les Palmiers, etc.

Les exemples de multiplications par les feuilles des végétaux de cet embranchement sont très-rares : dans les nombreuses expériences que nous avons faites relativement à leur bouturage par ce procédé, nous n'y sommes parvenus qu'avec le Tucca cristata; c’est le seul Monocotylédon,

(1) Cette idée est la base fondamentale d’une théorie de l’accroissement des végétaux qui a été énoncée succinctement par Lahire, au commencement du siècle dernier, développée dans plusieurs mémoires successifs par Dupetit-Thouars, à partir de 1805 ; modifiée ensuite, à certains égards, par C. A. Agardh en Suède, Gaudichaud en France, théorie qui compte encore aujourd’hui quelques partisans.

(Note du rédacteur.)

net re) du moins que nous sachions, qui se multiplie et qui émette des racines de ses propres feuilles (1).

Les rameaux souterrains, au contraire, peuvent être employés avec avantage : les Alocasia, Colocasia, Xanthosoma, etc., en produisent dont l'extrémité prend souvent la forme de petits caïeux. ;

Les Curculigo GærTw., Panicum, Spathiphyllum Scuorr., etc., nous en donnent d’une autre facon qui peuvent être coupés par morceaux et produire chacun un ou plusieurs individus.

Enfin les Maranta Pium., Dichorisandra Mixan, Ophiopogon Aur., etc., produisent des racines bulbiformes atteigaant souvent la grosseur et la forme d’un marron; elles peuvent être employées avec succès pour le bouturage et reproduisent parfaitement l’espèce.

Il existe encore un grand nombre de végétaux appartenant aux familles des Fougères (2), Dioscorées, Liliacées, Aroïdées, etc.(5), qui sont prolifères, c’est-à-dire qui produisent sur le limbe ou sur les nervures de leurs feuilles, des sortes de bulbilles, lesquelles, étant détachées et traitées dans des conditions favorables à leur développement, donnent naissance à des bourgeons qui reproduisent parfaitement le végétal. Il arrive aussi fréquemment dans ces cas que les yeux se désarticulent d'eux-mêmes, tombent sur le sol, et s'y enracinent spontanément.

Dans le grand embranchement des Dicotylédones, il en est bien autrement. Presque toutes les parties de ces végétaux peuvent servir à la propagation. Ainsi lorsqu'on veut multiplier ces plantes, comme Aralia papyrifera, Macleya cordata, Acanthus mollis, etc., on peut se servir de leurs propres racines, qui, étant coupées par morceaux de deux ou trois centimètres de longueur, et placées dans un milieu favorable de chaleur et d'humidité, développent promptement des bourgeons.

Les Cycas Linn., Zamia Linn., Maclura Nurr., etc., sont au contraire bouturés avec des fragments de leurs troncs. On les coupe ordinairement par rondelles, et on les divise en autant de morceaux qu’on veut faire de boutures ; puis, on place ces tronçons sur une couche pour leur faire produire des bourgeons.

Les Peupliers, les Saules, les Sureaux, etc., étant bouturés avec des branches de quatre et cinq années d’âge et au-dessus, s’enracinent parfaitement en peu de temps, à l’air libre et au printemps.

(1) Neumann, dans son excellent traité sur l’art de faire les boutures, dit que « les plantes de la classe des Monocotylédones ne se bouturent que par leurs rameaux » et que « les boutures herbacées ainsi que les boutures de racines n’avaient jamais pu réussir, » mais que « les végétaux dicotylédonés offrent à la multiplication pour ainsi dire toutes les parties qui les composent : les racines, les rameaux, les bourgeons herbacés, les feuilles, etc. »

(2) Parmi les Acotylédones vasculaires.

(5) Parmi les Monocotylédones.

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Les Forsythia WaLL., Coleus Lour., Fuchsia PLum., etc., sont très-fréquemment bouturés de rameaux herbacés, qui, étant traités à l’étouffée, s’enracinent dans l’espace de quelques jours.

Les Gymnostachium, Peperomia, Chirita, ete., étant bouturés de leurs feuilles, produisent promptement des racines, et ensuite des bourgeons qui prennent naissance dans les agglomérations d’utricules qui se forment à la base ou sur le limbe de ces feuilles.

Pour les Begonia, Phyllagathis, Bryophyllum, cte., on divise les feuilles en autant de lanières qu’elles contiennent de nervures. Ces lanières plantées dans des godets ou sous les châssis de la serre à boutures, produisent bientôt des bourgeons à leur base et sur toutes les parties qui les constituent.

Enfin, les Carolinea macrophylla, Eriodendron anfractuosum, Phyllanthus longifolius Jaca., ete., peuvent être bouturés au moyen de leurs folioles qui s’enracinent parfaitement; plus tard elles forment à leur

base un amas d’utricules d’où naissent les bourgeons.

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