FATALIS HORA VENIET
— Je détache, à l'intention de M. H. E., le passage suivant, du onzième et dernier volume (hélas)! des Nouveaux Lundis de C.-A. Sainte-Beuve.
« Les Viguier, qui étaient de bons bourgeois de Paris, possédaient dans le prolongement de la rue de Rivoli une maison à laquelle ils avaient fait mettre sur la rue un cadran solaire avec une devise. Cette devise, qui était de la composition de M. L. Viguier, lui ressemblait fort : Vera intuere, media sequere. Une maxime de Montaigne ou d'Horace. Et il en avait fait lui-même une paraphrase en vers :
Passant, quand le soleil brille à ce méridien,
Contemple le temps vrai, mais n’en fais point usage ;
Le bon sens et la loi suivent le temps moyen.
« Prends l'heure à la paroisse » est un honnête adage
Dont plusieurs font abus, mais qui convient au sage,
Eût-il même du Vrai le miroir en sa main. Unic.
— Sur une plaque d’ardoise très-ornée qui sert de cadran solaire dans le pare de Mortefontaine, est gravé le distique suivant :
Mors, mortis, morti mortem nisi morte dedisset Cœlorum nobis janua clausa foret.
Ce galimatias doit se comprendre ainsi : « Christ! s’il n’eût tué la mort en expirant, la porte des cieux nous eut été fermée. » A. D.
— Sur le cadran d’un clocher, on lit : Ultimam timete; et : Nescitis diem neque horam.
— On lit sur un beau cadran solaire horizontal, dans le parterre-verger de l’ancienne maison seigneuriale de Montois-la-Montagne (Moselle) : Ce n’est pas, Ô mortels, cette ombre-ci qui passe. Sont vos ans, sont vos jours qui ne font que passer,
Tous les ans, tous les jours, l'ombre passe et repasse, Mais vos ans et vos jours passent sans repasser.
GERVAISE FECIT. M.D. CCXXVI. H. ne S.
— Inscription relevée à Villenauxe (Aube) :
Præcipites validis, tardæ languentibus horæ. Jacos.
— À Noyers près de Tonnerre, (Côte-d'Or), sur le mur de l’ancien collége des Pères de la Doctrine Chrétienne : Quis melior vitæ monitor rerumque magister, Cum doceat rapido quo fugit hora pede.
Autre au même endroit :
Ite reditque viam constans quam suspicis umbra. Umbra fugax, homines non reditura sumus.
Una time.
— À l’angle du premier bâtiment de l'Hospice du Mont-Cenis, du côté de l'Italie ; Tempore nimboso, securi sistite gressum.
Ut mihi, sic vobis, hora quietis erit.
— À Florence, au cadran du cloître de l’Annonciata :
Dum tempus habemus, operemur bonum.
— À Vintimiglia, frontière d'Italie :
Aspiciendo senescis.
— À Nice, boulevard da Midi, sur le derrière du théâtre qui fait face à la plage, est un très-savant cadran solaire indiquant avec force démonstra-
tions la différence du temps vrai et du temps moyen. On y lit aussi cette légende : Transit hora, lux manet.
— À Berlin, au jardin Zoologique : Ich zeiïge nach die heiteren Stunden. — Intermédiaire des chercheurs et curieux. S. D.
— Au Séminaire de Québec, au-dessus de l’entrée principale, se trouve un cadran solaire avec cette inscription :
Dies nostri quasi umbra.
Cond. 1775. Rep. 1867.
— Sur la maison Gasquet, à Montpellier, depuis longtemps habitée par les malades :
Quo graciores, eo breviores.
— Double cadran solaire à Auxerre (Yonne). Du côté du levant :
Me primum motat cæœlum, mea regula cœlum.
Si tua sit cœlum regula, tutus abis.
Et du côté du couchant :
Dum morior, moreris, moriens tamen hora renascor ; Nascere sic cœlo, dum moriere solo.
— Double cadran solaire du château de Preuilly (Seine-et-Marne) :
Tu, quamcumque Deus tibi fortunaverit horam, Grata sume manu.
(Hor., Ep.) Couchant :
Sicut umbra dies. (Jos.) — Cadran solaire dans la cour du collége d’Avallon (Yonne).
Tardior umbra fluit, cum vos ad seria tempus Alligat, et brevior, eum datur hora jocis.
— Au lycée de Rouen (Seine-Inférieure) :
Hic labor, hic requies musarum pendet ab horis.
— Au cadran de Négrepelisse (Tarn-et-Garonne) : Vulnerant omnes, ultima necat.
— Au cadran solaire de la façade presbytérale de l’église de Némours (Seine-et-Marne) :
Nullius pœniteat.
— Au cadran solaire de l’église de Villeneuve-la-Guyard (Yonne) : Ultima properat.
— Horloge à Urrugue (Espagne) :
Unam time.
— Cadran solaire à X :
Dubia omnibus, ultima multis.
Ut fugit umbra, sic vita.
— Cadran solaire à Lagny (Seine-et-Marne) :
Umbra fluat meminisse velis.
Sicut nubes.. quasi naves.. velut umbra..
(Jos.)
— Cadran solaire du grand seminaire d'Avignon (Vaucluse) : Ultima latet.