‹ La Belgique horticole (volume 4)Chapitre 77 sur 173 · LEOPOLD · texte numérisé non relu

LEOPOLD

— Un arrété royal du 8 juin 1870 a approuvé la délibération par laquelle le Conseil communal de Bruxelles a donné son approbation à la convention conclue pour la cession du Jardin Botanique entre le gouvernement Belge, l'administration communale de Bruxelles et la Société royale d’horticulture de Belgique.

La Belgique possède désormais un établissement national et central consacré à la botanique, comme le jardin des plantes de Paris, le jardin

royal de Kew, le jardin impérial de St-Pétersbourg, les jardins royaux de

botanique à Berlin, à Vienne et à Florence. Mais il reste à lui donner une organisation scientifique en rapport avec son importance et sa de pour le moment la situation semble être encore provisoire.

M, AUGUSTE MORREN.

M. Auguste Morren, doyen de la faculté des Sciences de Marseille, est décédé subitement le 25 octobre dernier. Il était entouré de hautes considérations et de profondes sympathies. 11 a publié de nombreux et savants travaux, la plupart en France, quelques-uns en Belgique. Parmi ces derniers nous citerons ici les Notions élémentaires sur les sciences naturelles et les Recherches sur l’oxygénation des eaux sous l'influence des hydrophytes.

Deux discours remarquables ont été prononcés sur sa tombe par M. l'abbé Aoust, professeur de mathématiques à la faculté, et par M. Autran, président de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Marseille, dont M. Morren était l’un des membres les plus distingués. Ces deux discours, dans lesquels étaient retracées les vertus de l'homme de bien et les éminentes qualités du savant et du professeur ont produit une profonde impression sur la nombreuse assistance qui se pressait dans l'enceinte du cimetière. Nous sommes heureux de pouvoir reproduire les paroles prononcées par M. l'abbé Aoust.

« Profondément atteint par le coup douloureux et imprévu qui vient de nous frapper, je viens au nom de la faculté des Sciences de Marseille ct du corps Universitaire, dire à celui qui fut notre collègue chéri et honoré Doyen un dernier adieu, avant que sa dépouille mortelle soit confiée à la tombe. Au moment où s’accomplit la suprême séparation, il est de notre devoir de recueillir les traits principaux de l’individualité qui vient de s’éteindre et saisir la forme de l'esprit qui a habité dans le corps et qui survit à sa dissolution.

« Cette forme éternelle dont parle Tacite, forma ments œterna, peut être exprimée comme par un burin par ces paroles : wir probus, docendi peritus. La probité, voilà le caractère de l'homme : l’habileté d’enseignement, voilà le caractère du professeur. :

« Vir probus : Parcourez toutes les phases de son existence ; considérez en lui le citoyen, l'époux, le père, l'administrateur. Quelle intégrité de principes! Quelle pureté d’intentions, quelle honnéèteté dans tous ses actes! Il les porta jusqu'aux dernières limites. Heureux ceux qui ont pu observer de près cette vie toujours pure, toujours limpide sur laquelle l'esprit du bien souffla avec tant de profusion et d’où s’épanouirent

vie ALES hé at de

tant de brillantes, tant d'utiles qualités, comme au contact d’un vent bienfaisant les plantes répandent leur parfum ! Tel il se montra lorsque Jeune encore, il eut la direction, comme proviseur, du Lycée d'Angers, et plus tard, la direction, comme Doyen, de la faculté des Sciences de Rennes. Tel nous l'avons vu lorsque, par un bonheur providentiel, il fut mis à la tête de notre faculté pour en être le fondateur ct l'administrateur. Pendant seize ans nous l’avons vu à l’œuvre ; et ce que nous avons appris de plus à connaître et à admirer en lui c’est l’homme de bien. Ce bel exemple ne sera perdu pour aucun de nous.

« Docendi peritus. Quel professeur de l’Université, qui est si richement dotée en hommes, possède, comme notre regretté collègue, le talent d’enseignement? Parole facile, démonstrations saisissantes, expériences simples, ingénieuses, tout contribuait à le mettre en relief. Ce qu'il aimait surtout, lorsqu'il s’adressait à ces auditoires si nombreux, si sympathiques de nos amphithéâtres, c'était de montrer le côté poétique des sciences. Elles ne sont point arides, elles ne dessèchent pas l'esprit. Le savant professeur réussissait surtout à révéler les surprises merveilleuses qu'elles renferment. Aussi quelle attraction exerçait-il sur les jeunes savants ! Quel prosélytisme scientifique égala le sien ! Les sciences le compteront toujours comme un de leurs plus fervents apôtres.

« Ce n’est pas qu'il n’ait aussi apporté à l'édifice scientifique d’utiles, d'importants matériaux. Il suffirait de citer ses belles découvertes sur l’oxygénation des mers. Mais ce n’est pas le lieu de détailler ses recherches dont la finesse fut le caractère distinctif. Ce que nous pouvons affirmer c'est que son nom sera sauvé de l'oubli.

« Oui vous vivrez, cher et regretté collègue, dans l’histoire des sciences par vos travaux si délicats; vous vivrez dans le souvenir de votre digne épouse, de vos filles, de toute votre maison, par vos qualités domestiques ; dans le cœur de vos collègues, de vos amis, de toute la famille universitaire, de tous ceux que vous avez connus, par le culte qu’ils consacreront à votre mémoire, vous vivrez dans le sein de Dieu à cause des vertus dont vous avez donné constamment l’exemple.Quidquid ex Agricolà amovimus, quidquid mirati sumus manet mansurumque est (Tacite).

« Cher collègue, nous avons été comme vous et avec vous les ouvriers de la première heure, nous avons planté ensemble et arrosé de nos sueurs cette vigne scientifique qui a fructifié dans notre Provence. Le père de famille appelle, à leurs heures, les vignerons pour leur donner la récompense promise. Aujourd'hui, c’est votre tour; demain, ce sera le nôtre.

« Adieu donc, O Morren, et au revoir!

« Ecoutons la voix qui nous dit : Ne vous affligez pas comme ceux qui vivent sans espérance; Nolite contristari sicut illi qui spem non habent.

« Adieu! adieu ! Morren, au revoir! »

Ajoutons que M. Vieille, l'honorable recteur de l'académie d'Aix, qui assistait aux funérailles de M. Morren, a remercié les deux orateurs du tribut de sympathie qu’ils venaient de payer à la mémoire du doyen défunt.

DESCRIPTION DU MAXILLARIA TRILORIS E. mn.

DS

ou Maxillaria à trois lanières.

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