‹ La Belgique horticole (volume 5)Chapitre 106 sur 123 · L ’ "3 "€ \ TEA P L { “# È · texte numérisé non relu

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ty. Hort. 1872. : CALATHEA MAKOVANA Ep. Ms.

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NOTICE SUR LE CALATHEA (Maranta) MAKOYANA Er. Mx. ou MARANTA DE MM. JACOB-MAKOY.

Figuré Planche XXIV-XXV.

PAR M. En. MoRREN.

Famille des Marantacées.

Calathea : Corollae limbus interior bifidus. Anthera simplex, filamento petaliformi latere adnata. Stylus petaliformis. Stigma trigonum. Capsula trilocularis, trivalvis. Semina 3. G. K. W. Mever in Prémi. FI. Essequeboensis, (1818) p. 6. — Cf. Bull. Soc. philom. 1820, p. 7. Lesris. Ann. Soc. nat. 1842, XVII, p. 209. Expzicx. Gen. pl. n° 1644. Pope. et ENpricx. Nov. gen. (1838), IL, p.21. — La Belg. Hort. X, 79, 106; XIV, 46; XV, 99, 103, 330; XVI, 3, 200: XX, 1, 3.

Calathea Makoyana caespitosa, subelata, rhizomate subterraneo ramoso. Folia 1-3 pedalia et ultra, ascendentia v. limbo horizontaliter patente. Petiola erecta, elongata, cylindrica, gracilia, firma, lenia, fusca, basi vaginata, apice strumosa , struma elongata pallide virescente. Lamina magna elliptica v. ovato-lanceolata, basi subcuneata v. truncata, lateritiis inaequalibus, subundulata, apiculata, lucida, glaberrima, discolor, fasciolis secundum, nervum medianum pinnatis, alternatim his elongatis, lanceolatis, arcuatis, parallelinervis margines attingentibus, aliis abbreviatis, orbicularibus v. ovatis, omnibus basi attenuatis, supra viridibus, subtus rubro-violaceis, sicque ornatissima. Inter fasciola, lamina, marginibus viridibus exceptis, diaphanea, incolor, venulis tenuissimis interse certo ordine occursantibus notata, fenestrata videtur. Flores non vidimus.....….

Perennis. In silvulis umbrosis humidis plantationis quae Cachoera do Cravo dicitur in provincia brasiliana Minas Geraes, collegit ill. hortulanus Æmilius Wittig, a quo celeb. hort. Jacob-Makoy Leodiensis accepit.

In caldariis colitur.

Ce nouveau Maranta se trouve depuis le milieu de l'été dans les serres de nos excellents horticulteurs liégeois, MM. Jacob-Makoy et Cie. Ils l'ont recu de M. Emile Wittig, jardinier à Rio-Janeiro, qui lui-même le tenait d’un propriétaire de la province de Minas-Geraes où il croissait dans sa plantation de Cachoera do Cravo, au fond d’un bosquet près d’un ruisseau. Depuis sa mise en culture la plante est rapidement entrée en végétation et, bien qu’elle n'ait pas encore atteint tout son développement, elle se présente déjà sous l'apparence la plus belle et la plus remarquable.

Ses feuilles, insérées sur un rhizome souterrain, se disposent en touffes au-dessus du sol. À leur naissance elles sont convolutées, c’està-dire roulées en cornet, d'un beau rouge violacé. Petit à petit elles grandissent et s'étalent. Les premières sont petites et en général horizontales, mais celles qui suivent, à mesure que la plante se fortife, acquièrent de plus grandes dimensions. Déjà nous en avons vu de 60 centimètres de hauteur, mais nous ne doutons pas qu'elles s’élèveront plus haut encore. Ces grandes feuilles, au lieu d'être étendues comme les premières, sont en général dressées. Les pétioles, engaïnants à la base et entremélés de stipules scarieuses allongées et brunes, sont droits, allongés, cylindriques, minces, fermes, veloutés et bruns ; à leur sommet ils s’épaississent un peu et deviennent verts avant de donner insertion au limbe de la feuille. Cet épaississement, que les botanistes désignent sous le nom de Sruma, est ici la base de la côte médiane. La lame de la feuille est grande, elliptique ou ovale-lancéolée, amincie en coin à la base ou coupée plus brusquement, inégalement développée à droite et à gauche de la nervure médiane, un peu ondulée, appointée au sommet, luisante, lisse. Considérée en général, la feuille est verte au-dessus et rouge violacé en dessous, mais elle est de plus ornée de la manière la plus remarquable. Le long de la nervure médiane on voit de petites bandes où le parenchyme est bien développé : elles sont alternativement, les unes allongées, arquées, développées parallèlement aux nervures et s'étendant jusqu’à la bordure, les autres beaucoup plus courtes, orbiculaires ou ovales : toutes sont amincies à leur insertion, d'un beau vert foncé à l'endroit et rouge pourpre à l'envers de la feuille. Entre ces bandelettes et ces taches opaques, la feuille est diaphane, incolore, marquée seulement de veines délicates, vertes, qui s'entrecroisent régulièrement. Enfin les contours du limbe paraissent verts parce que cette nuance se développe vers l'extrémité de toutes les nervures qui s’y réunissent.

Cette remarquable coloration vient de ce que le parenchyme des feuilles se développe seulement dans les parties opaques et manque dans les intervalles incolores et translucides où lés tissus sont réduits aux nervures seulement. Eile produit le plus bel effet. On dirait volontiers une feuille de fougère, d’une espèce de Polypodium par exemple, appliquée contre un fond de dentelle. Il y a là des effets de transparence plus complets que chez les autres espèces.

Bien que nous n'ayons pas encore vu les fleurs ou les fruits, il ne nous semble pas douteux que cette belle plante appartienne au genre Calathea, que les botanistes distinguent maintenant des véritables Maranta. Elle peut prendre place à côté des Calathea Lindeniana et Veitchiana. Elle nous paraît constituer une bonne espèce et nous lui avons donné le nom Makoy pour conserver dans les annales de la science le souvenir des services que la maisonJacob- Makoy de Liége ne cesse de rendre à la botanique et à l’horticulture.

Le genre Maranta est du P. Plumier ; les espèces typiques sont les M. arundinacea, indica etc., tandis que le genre Calathea a été fondé en 1818 par G. F. G. Meyer sur le Calathea discolor. Son nom est tiré du grec x&lafos, Calatkus, calathide, c'est-à-dire corbeille, parce qu'aux Indes Occidentales, beaucoup de ces plantes servent aux Indiens à tresser des corbeilles. Ces deux genres diffèrent par la structure de la fleur et du fruit comme cela ressort du parallèle suivant :

Calathea : Limbe intérieur de la corolie bifide. Anthère uniloculaire, adnée au côté d’un filament pétaliforme. Style pétaliforme. Stigmate trigone. Capsule triloculaire, trivalve. Trois graines.

Maranta : Limbe intérieur de la corolle, tripartite et résupiné. Anthère uniloculaire, libre. Filament anthérifère pétaloïde jusqu’à la moitié de l’anthère bifide et enveloppant un style filiforme. Stigmate subtrigone. Capsule bacciforme, uniloculaire, monosperme.

On peut ajouter à cela que beaucoup de Calathea ont l'inflorescence en épi compact et les feuilles, en général radicales, d’un aspect ondulé et particulièrement gracieuses, tandis que chez les vrais Haranta la tige est divariquée et l’inflorescence en grappe lâche ou en panicule. Tous les Calathea sont américains, tandis qu’on rencontre quelques Maranta aux Indes Orientales. On reconnaitra d’après ces caractères que la presque totalité des plantes que l’on cultive actuellement dans les collections de Maranta sont en réalité des Calathea.

Nous avons d'ailleurs assez souvent parlé de ces plantes dans /& Belgique horticole pour qu'il ne soit plus nécessaire d'en disserter ici à nouveau. On pourra au besoin recourir aux sources citées en tête de ces lignes.

Nous avons également écrit sur leur culture, mais sur cette question nous pouvons ajouter de bons renseignements à ceux que nous avons déjà donnés. Ils ont été publiés récemment dans le Bulletin de

la Société royale Linnéenne de Bruxelles, par M. Aug. Devenster, chef des cultures chez Mad. Legrelle d'Hanis, à Berchem-Anvers. ù

Le Calathea Makoyana sera mis au commerce à partir du 1e avril

prochain.

CULTURE DES MARANTACÉES

PAR M. AUG. DEVENSTER.

Les Marantacées exigent une serre chaude bien ombragée et une atmosphère humide. L’humidité doit être modérée, mais constante, dans la terre, que l’on aura soin de bien drainer, pour que l'eau ne séjourne pas dans les pots. Ces pots seront plus larges qu'élevés et cela en proportion de la force des exemplaires. IL importe surtout d'entretenir la propreté des feuilles par des bassinages fréquents. C'est le moyen de préserver les plantes de l’araignée et du tigre, qui attaquent fréquemment les Maranta.

La terre de bruyère un peu sableuse convient aux Maranta. Il n’est pas utile d'y ajouter du sphagnum vivant, dont quelques personnes préconisent l'emploi. Après des essais comparatifs, j'ai obtenu de plus beaux exemplaires, une végétation plus riche et plus précoce en employant de la terre de bruyère, sans la mélanger de sphagnum.

Les Marantacées annoncent elles-mêmes, par l’enroulement des feuilles, que l'humidité n’est plus suffisante dans la serre : on remédie immédiatement à cet état des choses par l’arrosement des chemins, arrosement du reste indispensable, soir et matin, n'importe dans quelle saison. |

Certains amateurs essaient de cultiver des Marantacées dans leurs appartements et même en plein air: c’est tenter l'impossible à cause du défaut d'humidité dans les appartements ou de chaleur en plein air. De plus, l’action du vent est très nuisible aux Marantas.

Multiplication : On multiplie les Marantacées de graines et de drageons. Les graines doivent être semées dès leur maturité, en terrines ou en pots,-remplis de terre de bruyère un peu sableuse.

On met les terrines sous châssis à chaud, jusqu’au moment de la levée, on repique les jeunes plants et on les remet en bâche chaude,

jusqu'à ce qu'ils aient atteint assez de développement pour étre

empotés séparément.

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BULLETIN DES NOUVELLES ET DE LA BIBLIOGRAPHIE

L'exposition de la Société royale Linnéenne, qui a eu lieu à Bruxelles le 23 Septembre, était riche et remarquable. On sait que la Société célébrait le 25° anniversaire de sa reconstitution. On y a remarqué notamment le magnifique contingent de Palmiers de Madame Legrelle d'Hanis qui a remporté le grand prix de la Fédération. Le second prix de ce concours a été décerné à M. Siraux, directeur du parc de S. A. $S. Mgr. le duc d’Arenberg à Enghien. Nous signalerons aussi un pied de PBillbergia thyrsoïdea de M. J. Van Nieuwenhoven, horticulteur, au marché de la Madeleine, à Bruxelles, dans une splendeur de floraison telle que nous ne l’avions jamais vue : il portait une vingtaine de thyrses.

= Le catalogue des Arbres fruitiers de MM. L. J, Galopin et fils, pépiniéristes à Liége, qui vient de paraître est très étendu, très complet. Il témoigne de l'importance de plus en plus considérable de ce grand établissement qui jouit en Belgique de la meilleure notoriété. M. L. J. Galopin a chez nous la réputation de ne jamais se tromper, quand il se prononce catégoriquement, sur le nom d'un fruit et sur sa valeur. Son nouveau catalogue comprend environ 500 variétés de poires, avec leur nomenclature, la synonymie usuelle, l'appréciation et l'époque de maturité. Il a plus de valeur qu'un simple prix-courant de marchandises et 1l peut être utilement consulte par les personnes qui s'occupent de pomologie.

Rosiers nouveaux. — M. Liabaud, horticulteur, Montée de la Boucle 4, à Lyon, annonce les nouveautés suivantes : SOUVENIR DE LA PRINCESSE AMÉLIE (des Pays-Bas): hybride remontant, trèsvigoureux, rameaux érigés, élancés ; aiguillons petits et peu nombreux : feuillage glauque brillant ; fleurs très grandes, très pleines, d’un pourpre grenat ombré, globuleux, magnifique. — THÉ À BOUQUET : Rosier buissonneux, toujours fleuri, à tiges de 15 à 20 centimètres minces, raides et directes, terminées par un beau bouton solitaire, s'épanouissant bien en large fleur pleine. striée de vermillon sur fond blanc. En groupant ces tiges on en forme de jolis bouquets. Plante

excellente pour bordure de massifs et corbeilles. — BENGALE sAN- GLANT : Rosier vigoureux, très florifère ; à fleurs larges, assez pleines, d'un rouge de sang vif. Bonne plante pour massifs.

Pelargonium Aline Sisley. — Plante naine, trapue et florifère: feuillage petit, zone vert foncé ; fleurs Wunches, doubles et de moyenne grandeur. — Cette précieuse nouveauté est due à l'habile fécondation de M. Jean Sisley, qui l'a obtenue de graine : elle est mise au commerce par M. Alégatière, horticulteur, chemin de Saint Priest, à Monplaisir-Lyon.

La Fraise double perpétuelle (W. Gaujard), à été annoncée l’année dernière, par M. N. Gaujard, horticulteur à Gand. C’est à tous les points de vue, une variété digne de culture et ne démentant pas les promesses qu'elle à données à son origine. Les fruits sont gros, excellents et se succèdent jusqu'aux gelées. Nous en avons vu des pieds portant des fleurs et des fruits au commencement du mois d'octobre.

Papier imperméable pour écrans, etc. — M. J. Sisley communique à la Revue horticole, une petite note qui nous paraît susceptible … d'être utilisée. La voici: « Une propriété singulière dont jouit le bichromate de potasse et dont l'industrie commence à peine à s’emparer, c'est de rendre insoluble dans l’eau les colles fortes et les gélatines. D'où résulte que du papier, des étoffes de coton, de lin ou de sole, une fois enduits de cette colle, rendue insoluble, deviennent complétement imperméables. Pour insolubiliser la colle forte ou la gélatine, il suffit d'ajouter, au moment de s'en servir, à l’eau qui la tient en dissolution une partie de bichromate de potasse pour cinquante parties de colle ou de gélatine et d'opérer en pleine lumière. Les Japonais fabriquent leurs parapluies avec du papier préparé par ce procédé. Nous pourrions, je m'imagine, utiliser cette découverte en horticulture pour fabriquer des châssis et des cloches économiques en papier. Nous ajouterons que l’on pourrait vraisemblablement faire de la même manière à l’aide de rouleaux de papier sans fin, des écrans pour ombrer les serres en été : il faudrait toutefois les consolider par quelques cordages.

F. von Mueller, select plants eligible for Victorian industrial culture. (Melbourne 1872; broch. in 8°). — Le commandeur baron

F. von Mueller qui s’occupe avec une prodigieuse activité de tout ce qui intéresse la végétation naturelle et artificielle dans l'Etat de Victoria, en Australie, vient de publier, en qualité de vice-président de la Société d’acclimatation de Victoria, un travail minutieux sur les végétaux qui peuvent être utilement cultivés dans cette heureuse colonie. Il est suivi de renseignements précis sur la météorologie de la contrée. Il ressort de cet excellent travail que le climat de cette partie de l'Australie est analogue à celui de la région de l'Olivier en Europe. À

Bernardin, Classification de 250 matières tannantes. — Cet utile travail de M. Bernardin, conservateur des collections à Melle, vient d'être traduit dans le Gerber-Zeitung de Berlin et publié séparément en une édition allemande.

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