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Tel est l'Himalaya au voisinage des sources du Gange. Quelques cèdres rabougris sont les seuls végétaux qui ombragent le berceau du fleuve sacré.
Si nous nous rendons au pied de la chaîne méridionale pour en examiner la végétation, dès l’abord et malgré le mélange d’espèces tropicales aux espèces européennes, nous n’y remarquons pas une diversité de terrains suffisante pour permettre à la flore locale de lutter de variété avec la flore des Alpes dans les mêmes conditions. Il est presque impossible d'y rencontrer des plaines proprement dites, et les escarpements verticaux y sont tout aussi rares. Ce ne sont partout que pentes immenses à gorges presque toujours entièrement occupées par le lit des torrents.
Le bas de la montagne est entouré par une ceinture d’un fourré souvent impénétrable (Jungle) qui, vers l'Ouest, devient de moins en moins large et finit même par disparaitre presque complétement audelà du Djumma. Généralement bas, remplissant le fond de la vallée, ce fourré est inondé pendant la saison des pluies.
Dans la partie orientale, on rencontre quantité de végétaux des tropiques, tels que Fougères arborescentes, Scitaminées, Orchidées épiphytes, Pipéracées, Ébénacées et Bignoniacées. Plus vers l'Ouest, au contraire, où l'altitude du pied de l'Himalaya est plus grande et sa distance à l'équateur plus considérable, les espèces européennes apparaissent avec toujours plus d'abondance, et tout à fait au N.-O. la Jungle n'est plus composée que d'arbres de haute taille mêlés à des herbes élevées.
Si l’on jette un coup d'œil sur les vastes pentes presque dénudées de la chaîne méridionale, on distinguera dans la verdure pâle et uniforme qui les revêt des lignes d'un vert plus foncé signalant les rares ruisseaux qui les arrosent à de grands intervalles. Une maigre végétation se fait jour entre les pierres et les rochers. De hautes montagnes présentent parfois ces caractères jusqu'à leur sommet, mais, le plus souvent, un bois clair-semé, fréquentant de préférence les vallées, recouvre cet assemblage de rochers et de buissons.
Dans les vallées de cette chaïne, le climat est très-variable : il oscille entre la zone tropicale et la zone tempérée. Dans la partie occidentale, à une hauteur de 2000 pieds, la température s'élève
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encore à 32°,5{1) tandis qu'en hiver elle descend à 2°. On y voit quantité d'espèces tropicales y prospérer beaucoup mieux que dans la plaine voisine. L'arbre à pain (Arfocarpus integrifolia,) le Goyavier (Psidium pyriferum) le Bananier sont les arbres fruitiers les plus importants ; le riz est la céréale la plus ordinaire, maison y cultive aussi l'orge et le froment.
On trouve encore un grand nombre d'arbres des tropiques dans les vallées entre les deuxième et troisième chaînes de montagnes, citons entre autres : Semecarpus Anacardium, Cassia, Dalbergia, Acacia Catechu, Erythrina, Hibiscus, Sterculia, Bombax heptaphyllum, Ficus, Diospyros, Moringa. On remarque surtout de grandes forêts de SAorea robusta dont les feuilles luisantes et les grandes inflorescences jaunes offrent un aspect magnifique. Les Dalbergiacées aiment les endroits humides et de grands espaces sont recouverts par des roseaux gigantesques. Le Teck, le Shorea robusta, le Phænix humilis trouvent bientôt et simultanément les limites de leurs domaines. Le dernier de ces arbres croît à côté d’un pin de 50 à 80 pieds de haut, le Pinus longifolia dont les aiguilles d'un vert d'herbe dépassent un pied de largeur. C'est le seul pin qui descende à 2000 pieds. Des Fougères européennes et tropicales croissent à côté d'ormes et de saules ; le sol est revêtu d'une quantité d’arbustes bien connus {Berberis, Viburnum, Rosa) et de plantes herbacées de nos contrées (Gentiana, Campanula, Geranium, Clematis, Viola, Galium). Cette végétation persiste jusqu’à 4,000 pieds, et ce n'est qu'à 4,700 pieds que les types européens l'emportent sans conteste.
Il serait difficile de délimiter exactement les régions de l'Himalaya vu que sur le versant septentrional la ligne de neige remonte bien plus haut que sur le versant du sud, phénomène qu'on doit attribuer à la prédominance dans le Nord de plateaux et de vallées élevées, vrais réservoirs de chaleur. C'est ainsi que sur les éperons les plus avancés de la chaîne ardoisière les défrichements s’arrétent à 5600 pieds tandis que vers l'intérieur on leur voit atteindre 7500 et même 9000 pieds de hauteur. Au nord de cette chaîne, dans les vallées du Thibet, à 15000 pieds d'altitude la culture de l'orge peut encore donner des résultats favorables.
(1) Dans cet extrait les températures sont indiquées d’après l’échelle Réaumur,
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Dans la seconde région de l'Himalaya, dont la hauteur est comprise entre 2000 et 8500 pieds, la température moyenne à 7000 pieds est de 10°, 4 et les températures extrêmes respectivement de 21° et de —2°. La flore tropicale n’y est plus représentée que par des plantes herbacées (Canna, Commelina, Tradescantia, Fragrostis, Begonia etc.). — Les forêts consistent principalement en chênes mêlés à des Rhododendrons arborescents, mais on y trouve aussi des platanes, des ormes, des hêtres et des conifères; ces dernières, toutefois n’y prennent pas un développement aussi considérable que leurs congénères des Alpes. On rencontre aussi différents arbustes tels que : Berberis, Buxus, Dapline. des Smilacées et des Rosacées (l'Himalaya en compte 74 espèces) auxquelles viennent se mêler les inflorescences embaumées du chèvrefeuille. Le sol disparait sous l’ombrage des casses, des Balsamines, des Indigotiers et des Acacias. En outre, une foule d'arbres fruitiers croissent ici à l'état sauvage, pour la plupart ce sont des émigrés de l'Ouest, tels que des abricotiers, des pêchers, des grenadiers, des pruniers, des cerisiers, des muüriers et des noyers. Une foule de plantes appartenant à des genres d'Europe, mais d'espèces différentes, toutefois, forment sur le sol un épais tapis. Le riz, le maïs, le millet, l’éleusine (ZTeusine coracana) sont les céréales le plus généralement cultivées.
A la limite inférieure de cette région se trouve la vallée tant vantée de Cachemire qui, par son étendue, constitue au même titre que le Népaul, une exception à la végétation générale de l'Himalaya. Par suite de sa situation encaissée et de son exposition méridionale, elle jouit d'un climat remarquablement doux. La saison des pluies n’y est signalée que par des courtes averses, mais, l'hiver, la neige persiste souvent pendant quatre mois dans les rues de Sirinagur. La végétation présente la plus grande analogie avec celle de l'Europe.
Quoique le climat permette la culture de riz et de mainte cucurbitacée, on voit cependant disparaitre à mesure qu'on s'élève du Pendjab, l'olivier et le grenadier, que remplacent des forêts de Marronniers d'Inde.Dans la vallée même, les trembles, les peupliers, les saules et les platanes sont les arbres les plus nombreux. Tous les arbres fruitiers d'Europe, constituent ici des plantations comparables à des forêts par leur étendue ; on y rencontre quatre espèces de noyers fort estimés dans le pays. On y cultive tous nos légumes. Le trèfle fournit une excellente nourriture pour le bétail et la vigne escalade la cime des peupliers.
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Autre est la végétation des contrées du $. E., telles que le Népaul ou la vallée de Khatmandu, par 27° de lat. N., périodiquement soumises aux pluies tropicales. Les villages sont ombragés de Tamarins et de Mangoustiers. Un palmier, le Chamærops Martiana, vient s'ajouter aux arbres des tropiques cités plus haut. Outre le riz et le mais, on y cultive le cotonnier, la canne à sucre, le gingembre et le cardamome et l'hiver permet une seconde récolte de froment et d'orge.
La troisième région, enfin, s'élève depuis 8,500 pieds jusqu'à la limite des neiges éternelles. Après la fonte des neiges, qui n’a lieu qu'au mois de mai ou de juin la température monte rapidement et la végétation se développe en conséquence, car sa durée est tres-restreinte. On rencontre d'abord les forêts de chênes (Quercus lanala) mêlés aux Rhododendrons arborescents. Les principaux arbrisseaux sont les viornes, les platanes, les groseilliers. Le sol est couvert de primevères, de saxifrages, de gentianes, de digitales, d'anémones, de renoncules, de violettes, tandis que les genévriers font des rochers leur séjour de prédilection. Plus haut apparaît le Quercus semecarpifolia en compagnie de conifères, mais celles-ci ne tardent pas à disparaitre (à 10,500 pieds) pour faire place successivement aux rosages des alpes puis à un tapis formé de fougères sèches et brunes, de graminées et de cypéracées entre lesquelles surgissent des renoncules, des iris et des corydales. Comme plus haut, nous trouvons quelques changements à faire à cette caractéristique, pour la partie Est de cette région. C’est ainsi que les chênes y sont encore accompagnés de noyers, de bouleaux et d'ormes. Citons pour la singularité du fait, des bambous, souvent renversés par la neige. Chose étonnante on a trouvé à une altitude de 12,200 pieds des localités richement pourvues de verdure et de fleurs aux teintes mille fois variées.
Si l’on descend maintenant le versant septentrional; on remarquera, pour des motifs déjà énumérés, que les lignes de délimitation botanique y remontent bien plus haut que vers le Sud. Les rosages des alpes s'y montrent à 13,130 pieds déjà et l'on peut rencontrer des villages entourés de défrichements à des hauteurs de 9,850 et 10,790 pieds. Après avoir traversé des espaces couverts de rosiers, de groseilliers, d'astragales, on pénètre dans des forêts principalement composées de chênes, de pins, de genévriers, de bouleaux et de peupliers.
Kunawar, la vallée du Sutledsch moyen, est particulièrement in-