‹ La Belgique horticole (volume 5)Chapitre 33 sur 123 · EXISTE-T-IL ENCORE DES AMATEURS DE ROSES · texte numérisé non relu

EXISTE-T-IL ENCORE DES AMATEURS DE ROSES

Une telle question étonnera sans doute beaucoup de rosiculteurs, car la mise en vente chaque automne d’un grand nombre de variétés ou sous-variétés de rosiers est considérée par eux comme un progrès indéfini.

Il n’en était pas de même aux yeux des anciens amateurs. Ils pratiquaient le culte des roses de leur choix comme celui de personnes aimées ou de madones vénérées. Ils les soignaient dans une partie réservée de leur jardin et s’y rendaient tous les matins en pèlérinage pendant leur floraison.

Les nouveautés étaient alors rares ; ils ne les excluaient pas; mais ils ne chassaient pas de leur parterre les anciennes pour leur faire place. Ils les mettaient dans une plate-bande où elles restaient, jusqu'à ce qu'elles eussent prouvé qu'elles étaient dignes de figurer à côté des anciennes.

Les amateurs artistes ou poëtes examinaient un rosier dans toutes ses parties pour l’apprécier. Son port, sa vigueur, son feuillage, ses boutons, ses fleurs, son parfum devaient former un ensemble harmonieux qui constituait sa perfection.

Le centfeuilles était pour eux le type du beau ; la Rosa Pœsti, la Prénestine, la Coronéole, la Milésienne, la Spinéole etc., admirées et chantées par Anacréon, Sapho, Théocrite, Virgile, Catulle, Horace,

LIEU ETS

Ovide, Properce avaient pour eux un parfum d’antiquité, de souvenirs poëtiques joint à leur parfum naturel que rien ne pouvait égaler.

Les derniers des amateurs nous disaient encore il y a peu d'années avec une profonde tristesse en parlant des roses nouvelles :

Que sont dévenues chez nous la Rose de Hollande, lUnique blanche, la Parvifiore, la Musquée d'Orient, le Lustre d’Église, V Alba (cuisse de Nymphe), la Jaune soufrée, le Provins, le Provence, le Portland et tant d'autres décrits avee amour sur la fin du siècle précédent par Léonard, Bertin, Delille, Bernard, Voltaire, Parny, Ducis et au commencement du nôtre par Bosc, Thunberg, Dupont, de Pronville, Thory (Redouté), Charles Malo, Loiseleur-Deslongschamps etc. etc. ?

Quels sont de nos jours les chantres des roses nouvelles ?.…

Il n'y a plus de poëtes, plus d'amateurs !... il n’y à que des catalogueurs !.…

Nous leur répondions :

— Les propagateurs des anciennes roses, les Cels, les Poiret, les Noisette et autres les avaient eux-mêmes abandonnées pour faire place aux nouvelles. Que voulez-vous? Le temps marche et les goûts varient.

Ils nous ripostaient :

— Oui, pour admettre des intrus..….. Entre autres le Bengale à fleurs simples et roses, sans parfum; ou Sufrano, autre façon de Bengale à fleurs simples aussi et jaunes, qu'on dit originaire de la Chine parce qu'il à une petite odeur de thé, qui n’est autre que celle de notre églantier des haies (a/ba); ou Noiselte, écart ou disjonction du Musqué d'Orient ?.…

— Vous verrez, ajoutions-nous, que ces rosiers, étrangers ou indigènes, aujourd’hui en vogue, feront peu à peu disparaitre les anciens ; qu'ils auront une nombreuse postérité. …

Nous disions vrai, et les anciens amateurs ont disparu avec leurs anciennes roses. Une nouvelle génération à pullulé avec les Vibert, les Lafay et éuiti quanti.

Le quatre-saisons lui-même qui avait végété pendant des siècles sans donner des variétés s’en est mélé. On a semé ses graines, ce qu’on avait sans doute négligé de faire autrefois, et ila produit la première variété remontante, Belle Palmyre, qu'on a classée comme perpétuelle, mais stérile.

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