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PI, XI-XITI.
Belg. Hort. 1872.
NOTICE SUR LE KARATAS LEGRELLAE, sp. nv.
ou KARATAS DE MADAME LEGRELLE.
BROMELIA LEGRELLAE.
Espèce nouvelle de la famille des Broméliacées.
Figurée planches XI-XII et XIII, par M. ÉpouArD MORREN.
Karatas. — Perigonii superi, calyx tubulosus, tripartitus, longus, laciniis valvatis, corolla adnata, gamopetala, clavata, laciniis imbricatis. Stamina basi adnata, brevia : antherae basifixae, sagittatae. Ovarium inferum carnosum : ovula plurima, biseriata, mutica. Fructus baccatus, semina oblonga.
Herbae americanae tropicae, sub-acaules, foliis longissimis, linearibus, canali- Culatis, dentato-spinosis; floribus dense corymbosis, tracteatis.
Karatas : « Karatas est plantae genus flore monopetalo, infundibuliformi, trifido et calyci insidente; is autem calyx abit deinde in fructum fere conicum, Carnosum, membrana in quatuor partes sessili contectum et in tria veluti loculamenta divisum, seminibus foeta oblongis. Karatae unicam vidi Speciem : Karatas foliis altissimis, angustissimis et aculeatis. Kuratas est nomen Americanum apud Insulas vulgare. » C. PLUMIER, Noëa plantarum americanarum genera, Paris, 1703, p. 10, tab. 33. — Micrer, Dicé. des jardiniers (1785, in-4°) t. IV, p, 309. — A. L. DE JUSSIEU, Gen. plant. (1789) p. 50. — Cfr., C. Kocx, Wockenschr., II (1859) p. 131 et PBeïg. hort., t. X, 1860, p. 199.
Karatas Legrellae. — Caudex abbreviatus, basi surculifer. Folia numerosa, 9-6 pedalia, undique patentia, florescendi tempore magis expansa, basi erecta, dein arcuato-reflexa, valde rigida, rubaniformia, pollice lata et ultra, basi latiore excavata hrunneo furfurescente, mox coarctata canaliculataque dein applanata et in apicem acutum sensim attenuata; a basi ad apicem spinis valde pungentibus, recurvis , quidquam incurvis, margine instructa, apice pungentia; parallele, subtus evidentius, striata; facie viridia, lucida, dorso subglauca; superiora in bracteas abeuntia, coccinea.
Scapus centralis, brevis, circiter 10 centim. Flores numerosi (100-200) in racemo composito capituliformi 6-7 centim. in diametro densissime fasciculati : racemuli compressi, aggregati, multiflori, bracteati, rachides compressi brunneo-furfurescenti. Flores brevi pedunculati, bracteati, bractea scarioso-membranacea, approximata, carinata, lanceolata, apice ciliata, sepala æquantia, albescente sub furfurascente. Calyx adhaerens, in tubo epigyneo brevi productus, foliolis erectis, lanceolatis, carinatis, membranaceis,
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laevigatis, albidis. Corolla calyci adnata, basi gamopetala tubulosa, lobis erectis, oblongis, concavis, glabris, superne purpureis albo-marginatis, inferne alba. Filamenta corollae tubo adnata, subulata, brevia, alba; antherae basifixae, erectae, longissimae, intra corollam, sagittatae, acuminatae, sulfureae. Stylus trigonus, corolla duplo brevior, albus, erectus; stigma capitatum, trifidum, fidibus contortis. Germen triquetrum, longum, clavatum, tomento fuscescens. Ovula mutica, rotunda, biseriata. Fructus carnosus.
Differt a KX. Plumieri (Brom. Karatas auct.), floribus pedunculatis, calyce laevigato, corolla purpurea albo-marginata; foliis arcuatis, divaricatis angustioribus.
CI. Lindenius, Brasiliae, provinciae Para in caldaria Europae speciem invexit. e
Le P. Ch. Plumier, dans ses Vova plantarum americanarum genera de 1703, a fondé le genre ÆXuralas, quil distingue nettement de son autre genre Bromelia, notamment en ce que le premier a la corolle gamopétale et les graines oblongues, tandis que chez le second la corolle est polypétale et les graines cylindriques. Ce genre Karatas était fondé sur une seule espèce répandue aux Indes occidentales et nommée Karatas par les Caraïbes. Linné, qui se contenta de répartir toutes les Broméliacées qu'il connaissait en deux genres, les Promelia avec l'ovaire infère et les 7landsia avec leur ovaire supère, dit expressément qu'il adopte le genre Bromelia de Plumier et il y fait
entrer le genre Karatas comme espèce, sous le nom de Promelia
Kuaratas. Déjà Miller, Ant.-L. de Jussieu, Ch. Koch (7. swp. c.) ont fait remarquer que cette fusion était contraire à la réalité. Chaque espèce de Bromelia de Linné est devenue le type d’un genre actuel, malheureusement sans qu’il ait été tenu compte des droits résultant de la priorité. En effet, Linné ayant reconnu lui-même qu'il adoptait le genre Bromelia de Plumier, on doit considérer la première espèce citée par Plumier, comme type immuable du genre Bromelia. Or, cette espèce (p. 47) est le Bromelia pyramidata aculeis nigris, c'est-àdire le Bromelia nudicaulis de Linné ou Æoplophytum nudicaule des auteurs modernes. C’est à cette plante qu'il convient, pensons-nous, de conserver le nom de Promelia, tandis que le Brom. Karatas de Linné, qui en diffère génériquement, doit constituer un genre nouveau ou plutôt doit reconstituer le genre créé par Plumier. En effet, les droits de la vérité sont imprescriptibles. |
Ce genre Karatas se caractérise par une inflorescence capituliformie
nidulante ; un calice tubuleux, à divisions longues à préfloraison valvaire ; une corolle tubuleuse, clavée, à préfloraison imbriquée. Étamines insérées sur le tube de la corolle, courtes, à anthères basifixes. Ovaire à parois épaisses, avec des ovules peu nombreux, sur deux rangs et arrondis.
Il diffère, par plusieurs caractères, du genre Nidulariwm, qui pourra être maintenu avec une partie de ses espèces.
Le Karatas de Plumier a été décrit et figuré par Jacquin. Linné le confondit d'abord avec le Br. Acanga. I] vit dans les bois sombres, où ses feuilles atteignent parfois 24 pieds de hauteur; les Brésiliens le nomment aussi : Pita de zapateros; il fournit des fibres textiles et ses fruits sont comestibles. Ses feuilles, s’il faut en croire Lamarck, dans la PBofanique de l'Æncyclopédie, sont droites et disposées de manière à laisser un grand espace vide entre elles ; par cette disposition la plante ressemble un peu à un tonneau droit et ouvert. Elle nest pas commune dans les serres d'Europe, ce qui s'explique aisément par ses grandes dimensions. Elle est généralement connue sous le nom de Promelia Karatas L.; plus récemment M. Grisebach l'avait nommé ÂVidularium Karatas ; nous pensons qu'il faudra l'appeler Karatas Plumieri.
La plante que nous signalons aujourd'hui en est certainement voisine, mais n'est pas de la même espèce. Elle en diffère notamment par ses feuilles plus étroites, ses fleurs bractéolées, munies d'un pédoncule court et non point sessiles et surtout par les divisions du calice glabres et point laineuses, la corolle violette bordée de blanc et non pas rose.
Elle diffère beaucoup plus encore du Æaratas humilis (Bromelia humilis Jacq.).
Elle est certainement voisine sinon identique de celle figurée par Redouté, parmi ses Liliacées, à la planche 457 sous le nom de Promelia Karatas var. caulescens. Déjà Schultz fils, dans son Systema vegetabilium (tome VII, p. 1274), a émis le doute que cette plante de Redouté soit vraiment le Karatas. Nous n'avons jamais vu cette dernière espèce vivante, mais nous pouvons affirmer que la planche de Redouté diffère profondément des figures que nous connaissons du Karatas par Hernandez, par Jacquin et par Kerner (/ortus sempervirens).
Au surplus en voici toute la description :
La plante s’étale sur environ trois mètres d’envergure, tandis qu’elle ne mesure que 35 à 60 centimètres depuis le niveau du sol jusqu’au sommet de l’inflorescence.
Le caudex est droit et drageonnant à la base. Les feuilles, au nombre d’une soixantaine, garnissent toute la tige et se répandent dans tous les sens, pour former une rosace ample et régulière. Les inférieures pendent en se contournant en spirale; les moyennes, qui sont les plus longues et qui peuvent mesurer jusque 1,90, sont étalées et arquées en lame de sabre : les supérieures enfin sont ascendantes et diminuent successivement pour passer à l’état de bractées. La largeur ordinaire de toutes ces feuilles est de 4 à 6 centimètres: élargies à leur gaîne, elles s’atténuent bientôt en une région profondément canaliculée qui s’élargit doucement en s’aplanissant et puis s’atténue insensiblement en une extrémité amincie et acérée. Toute la feuille, y compris la partie vaginale et jusqu’à la pointe, est armée sur les bords de fortes épines, courbées en hamecçon, ordinairement dirigées en avant, parfois droites, rarement réfléchies en arrière et exceptionnellement dédoublées en une épine dirigée en avant et une épine dirigée en arrière. La distance entre les épines varie de 1 à 3 centimètres ; leur hauteur est de 5 millimètres environ ; leur couleur est le fauve pâle. — La gaîne des feuilles est brun-fauve sur les deux faces et cette coloration provient d’une sorte de duvet écailleux : le reste de la feuille est vert clair, bien luisant sur l’endroit et légèrement farineux sur l’envers : on distingue sur chaque face une fine nervation parallèle et de plus, sur l’inférieure, l’impression qu’y ont laissé les feuilles voisines. A l’époque de la floraison les feuilles supérieures se rubéfient vivement soit en marbrure soit en totalité.
La hampe se montre au centre de cette rosace foliaire qui s’étale comme pour montrer et encadrer l’inflorescence.
Les feuilles florales se présentent comme des feuilles successivement atténuées depuis un mètre ou soixante centimètres jusqu’à dix centimètres et même moins : c’est la partie vaginale qui demeure relativement la plus développée. Ces feuilles sont diversement dirigées : les premières sont dressées tandis que les dernières ont le limbe réfracté sur la partie vaginale : leurs épines sont fortes et serrées, plus faibles seulement sur les bords de la gaîne qui sont comme pectinés : les bords du limbe ont une propension à se révoluter: la gaîne est blanche, le reste est d’un beau rouge vif et cramoisi.
La hampe, chargée de toutes ces feuilles florales, s’élève à environ dix centimètres au-dessus du cœur de la plante.
L’inflorescence se présente sous l’apparence d’un capitule compacte, mesurant environ sept centimètres de haut et de large : elle consiste, en réalité, en une grappe composée et contractée, dont les axes, courts -et aplatis, sont épais, assez charnus et couverts de furfurescence couleur de tabac.
Chaque axe secondaire (PI. XIII, fig. 1) est muni d’une bractée commune ou spathe, large, lancéolée-triangulaire, dentée-frangée sur les bords, acuminée, membranoso-scarieuse, atteignant par son sommet le niveau supérieur du calice, blanchâtre : elle enveloppe 10 à 15 fleurs dont l’ordre de floraison est centripète.
RELLAE.
ï (Analyses)